La douleur

Elle aura mis du temps à arriver, je ne m’en plains pas. Chaque année elle me laisse un peu plus respirer. Mais chaque année elle reviendra.

Hier soir chape de plombs sur mes épaules, aujourd’hui ça va un peu mieux, mais quoiqu’il en soit le 9 décembre approche.
Il y a cinq ans j’y croyais encore, je me disais qu’ils ne trouveraient rien à l’amniocentèse, que toutes ces petites choses que nous voyions aux échographies ne seraient que de simples particularités, qu’après tout si nous faisions passer des IRM du cerveau à tout le monde on trouverait chez certains de telles petites particularités sans conséquences. Mais ils ont trouvé.
Il y a cinq ans nous allions vivre les pires instants de notre vie.

Quelles conséquences aujourd’hui ? Qu’est ce qui a changé ? Je crois que ce serait trop long à énumérer, tout mon être a été remanié. Je le disais d’ailleurs à l’époque, quand il a fallu se reconstruire : « quitte à être détruite, autant aller au bout des choses, finir de tout casser, pour pouvoir se reconstruire entièrement sur des bases saines ». J’y suis allée à la masse, dans mes angoisses les plus lourdes et les plus secrètes, j’ai jeté des pavés dans les mares, soulevé des secrets de famille…

Aujourd’hui j’ai cette sensation paradoxale, celle d’être invincible autour d’une faille terrible. Achille et son talon, Superman et sa kryptonite, au choix.

Invincible, j’ai survécu, je me suis relevée, je me suis reconstruite, je suis solide… après ça je n’ai plus peur de grand chose, je me sais capable d’affronter des épreuves terribles (bon soyons honnête j’aimerai quand même éviter de revivre l’horreur quelle qu’en soit la forme et en écrivant ça je touche frénétiquement du bois), après ça les petit tracas de la vie n’ont plus la même emprise. Oui invincible, les pieds bien ancrés au sol contre vents et marées, je ne dis pas que tout va bien toujours mais je m’accroche et je rebondis, je sais que j’ai les ressources pour affronter les difficultés, je me connais, je connais aussi mes limites et les moments où j’ai besoin d’aide et, ça peut paraître étrange, mais savoir demander de l’aide c’est aussi une force. Je sais que je suis capable.

Fragile parce que mon fils est mort, pour le restant de mes jours il y aura ce manque, pour le restant de mes jours je serai une maman endeuillée, parce que ce pan de ma vie ne disparaîtra jamais, il a existé, je l’ai vécu.
Fragile parce que je vois bien que cette épreuve m’a marqué au fer rouge, qu’aujourd’hui je sais la fragilité de la vie, qu’aujourd’hui me projeter, anticiper, reste parfois difficile. J’ai regagné pas mal de notion du temps (sans réfléchir j’arrive à me situer dans le temps, à dire à quelle saison et généralement quel mois nous sommes, oui oui, c’est quelque chose que j’avais perdu) mais demandez moi ce que j’ai de prévu aux prochaines vacances voire le weekend prochain je vous répondrais « houla mais c’est loin ça ». Qui sait où il sera demain ?
Oui tout ça peut avoir des côtés positifs, connaître la fragilité de la vie c’est mieux en profiter, ne pas anticiper c’est vivre au jour le jour, souvent c’est une force, parfois c’est un handicap ou tout du moins une différence, et c’est dans ces moments de la vie de tous les jours qu’on se souvient pourquoi, pourquoi on ne sait plus, pourquoi on se sent en décalage.

Mon fils est là, tous les jours, et sa mort aussi. Ma souffrance s’envole avec le temps, mais les souvenirs restent…

Publicités

Attendre

Il y a quelques temps avec MonChéri nous écoutions Michel Berger, et celle ci on ne la connaissait pas…

Attendre attendre / D’être enfin ensemble / Mais comme c’est difficile / Comme le temps paraît long

Je ne suis pas dans une phase d’attente très sereine.

Je soupçonne une annonce prochaine de grossesse dans notre entourage. Si j’ai raison je sais qu’ils vont avoir beaucoup de mal à nous l’annoncer (et c’est c*n mais je m’en veux toujours un peu de cette culpabilité qu’ils portent), par peur de notre réaction, de tout ce que ça va raviver de l’annonce précédente, parce que depuis le temps ce « moi aussi » est devenu plus amer et qu’à moins d’un coup de fil bientôt nous ne pourrons pas renouveler cet incroyable moment (je vais tenter de faire des incantations autour du téléphone)… Aujourd’hui je doute : peut être que je me trompe, que j’appréhende tellement une telle annonce que je me persuade qu’elle va arriver, peut être parce que c’est l’anniversaire de l’annonce précédente (et ça c’est pas facile non plus)… bref si annonce il doit y avoir il y aura, et on se réjouira comme on peut parce qu’un enfant reste une bonne nouvelle, même si ça ne sera pas évident. Enfin j’espère surtout qu’on ne sera pas les derniers à l’apprendre par la gaffe de quelqu’un…

Et un truc tout bête : nous avons eu des échos assez effrayants au sujet de la nouvelle assistante sociale du service adoption qui semble se faire très vite une idée très arrêtée sur les gens qu’elle rencontre. Sauf qu’en se basant sur une rencontre d’une heure une fois par an… il me semble qu’on peut faire des erreurs… et quand je repense à notre rdv avec elle, j’ai peur… (c’est là qu’on se rend compte que notre OAA avec toutes ses rencontres nous connaît bien mieux que notre conseil départemental) (alors je vais persister à faire des incantations autour de mon téléphone).

Bon… après avoir tout posé ici ça va mieux, alors merci d’être là !

Se préparer

Je suis actuellement en train de lire l’EXCELLENT ouvrage de Johanne Lemieux : « L’adoption, mieux vivre les trois premières années après l’arrivée de l’enfant », 2ème tome de sa collection sur « l’adopteparentalité » , après « La normalité adoptive » (lu également).

metadata-image-4969285 MieuxvivrelestroispremieresanneesapreslarriveedelenfantJLemieuxp1

Si vous n’aviez que deux livres à lire sur l’adoption, ce serait ceux là. Vraiment. C’est concret, complet, détaillé. Ils amènent à se poser les bonnes questions, et donnent beaucoup de réponses, ils aident à comprendre ce qui se passe dans la tête d’un enfant adopté ET de ses parents, ils donnent des outils… Ce n’est ni « bisounours » ni mélodramatique, c’est la juste réalité de l’adoption. J’ai même très envie de les glisser entre les mains de nos proches, ils sont concernés eux aussi, et Johanne Lemieux donne un tas de conseils qui s’adressent à eux.

Bref, je lis ce livre, qui parle dans la première partie de la préparation pré-adoption, nous encourageant à ne rien laisser au hasard quant à l’organisation du départ et à l’anticipation de la vie avec l’enfant (matériellement, financièrement…).
C’est ainsi que je me suis réveillée en sursaut ce matin en me demandant s’il fallait refaire les passeports après un déménagement, question suivie de tout un tas d’autres de ce genre et d’une liste grandissante de choses à faire ou à vérifier ABSOLUMENT avant qu’on nous appelle parce que si le téléphone sonne là maintenant tout de suite (utopie bonjour), on n’est pas prêts du tout.
Puis je me suis réveillée tout à fait, je me suis levée, j’ai bu ma tisane, et ça allait mieux…

… on n’a pas besoin de refaire nos passeports… j’ai pré-re-solutionné la garde des animaux (la solution première n’étant plus fiable)… une amie a des pictogrammes à me filer…

… bref j’ai déjà barré quelques points de la liste. Ca peut paraître précipité mais je me dis qu’en anticipant on sera moins dans l’urgence, donc plus sereins (peut être), le jour où…

(Et malgré ce que cet article pourrait laisser croire, la patience est de retour 😉 je crois que je suis juste revenue à une phase d’attente active après toute une année passive).

Allez, je retourne à ma peinture, ça aussi c’est de la préparation !

 

Nous sommes allés voir…

… le film « Lion » au cinéma.

17012311575298-lion-movie

Ce film est tiré d’une histoire vraie. Un petit garçon de 5 ans se perd dans un train en Inde et se retrouve a des milliers de km de chez lui. Après quelques mois d’errance il est amené dans un orphelinat. Sa famille biologique n’est pas retrouvée, il est adopté par une famille australienne. 25 ans plus tard il décide de partir à la recherche de sa mère et de son frère biologique.

Nous l’avons trouvé magnifique ! A mon sens il devrait être vu par tous les candidats à l’adoption (et bien d’autres) tant il aborde parfaitement tous les ressentis de l’adopté enfant puis adulte.
Il illustre le vécu pré-adoption, les ruptures, les mécanismes de survie… puis la rencontre avec ses parents adoptifs, le contraste entre leur bonheur et l’incompréhension de l’enfant. Plus tard les souvenirs réactivés par une odeur, un bruit, l’OMNI (objet manquant non identifié) décrit par Johanne Lemieux, la recherche des origines, la peur de blesser ses parents adoptifs…

Il est, évidemment, très émouvant. Du début à la fin. Même MonChéri sanglotait à côté de moi. Mais vraiment magnifique !
Et pour ne rien gâcher, Dev Patel avec la barbe, les cheveux longs et les muscles… pffffiou ! Il a bien grandi le slumdog millionaire !
Et même qu’il se finit bien. Bref… allez-y !

Il a déjà tes yeux

Hier soir nous sommes allés voir « Il a déjà tes yeux » de Lucien Jean-Baptiste. C’est une comédie sur l’adoption d’un bébé blanc par un couple noir.
Soit dit en passant, décidément, entre l’adoption cette fois et le deuil d’un enfant la fois d’avant ( Dieumerci ), Lucien Jean-Baptiste c’est LE mec qui fait des films pour nous !

Bref, on a beaucoup aimé ce film, il raconte bien les préjugés, les angoisses face aux travailleurs sociaux, l’acceptation parfois difficile par la famille, la réaction touchante des proches qui nous voient attendre depuis si longtemps… et il est très drôle.

Je n’ai pas pu m’empêcher de me projeter, d’imaginer encore une fois ce jour où le téléphone sonnera, le jour où on se tiendra assis devant des personnes qui nous présenteront le dossier de notre enfant, sa photo, le jour où on le/la rencontrera lui/elle… je me suis prise à rêver que ce serait bientôt, demain…
Il n’y a pas de mal à rêver un peu.

Enfin revenons sur du concret : ça y est, notre dossier a été reçu et enregistré par le Pays B, nous sommes officiellement sur leur liste d’attente ! Quant à notre second dossier, la traduction est terminée, il est parti en légalisation et sur-légalisation dans les administrations compétentes, bientôt il décollera direction le Pays A.

Étrangement pour le moment ces nouvelles ne nous font ni chaud ni froid… enfin nous sommes contents évidemment, mais… est ce que nous prenions ça pour acquis ? Est ce que nous attendons que les deux soient enregistrés ? Que ça soit plus concret que le simple coup de téléphone de la secrétaire ? Est ce que l’idée de la longue attente à venir annihile le reste ? Toujours est-il que nous ne nous sommes pas réjoui de la nouvelle dignement.
J’ai réalisé ça hier, lorsque nous avons rencontré un couple d’amis de l’adoption en sortant du ciné et qu’ils se sont extasiés bien plus que nous à ce sujet : « Ah c’est génial ! Deux dossiers en plus ! Nous nous n’avions eu que des refus. » Honte sur nous, nous avions même oublié que nous faisons partie de la catégorie des chanceux !

Allez c’est promis, dès que nous serons enregistrés dans le Pays A, nous fêterons ça comme il se doit !

Le bonheur pathétique

Je ne sais plus à qui j’avais laissé un commentaire (Simone je crois ?) en parlant de ce bonheur pathétique que l’on traverse parfois. Vous savez ces joies d’infertiles, le moment où on se met presque à pleurer de bonheur, parce qu’on se retrouve dans la situation la moins pire ou pour un truc qui, si on le regarde de l’extérieur, est insignifiant voire effrayant.

Le problème c’est quand on s’en rend compte. Combien de fois m’est-il arrivé de passer des larmes de joie aux larmes d’amertumes : « regarde toi, pauv’ fille, à chialer pour un truc aussi idiot, y a-t-il vraiment de quoi se réjouir dans ta situation ? »

La première fois où ça vous arrive est peut être la plus marquante, je me souviens parfaitement de ce jour, au début de notre parcours, où j’ai appris que tel résultat d’analyse allait arriver au bout de trois semaines seulement au lieu des trois mois annoncés. Je me suis mise à pleurer de joie et, quasi instantanément, je me suis pris une grosse baffe en réalisant le pathétique de cette situation.

Il y a pourtant de réelles raisons de se réjouir, une victoire aussi insignifiante soit-elle reste malgré tout une victoire. Heureusement que nous gardons cette capacité à se voir chanceux, à vivre au jour le jour !

Bref, tout ça pour dire que ce weekend j’ai encore fait l’expérience de ce bonheur pathétique.
Vendredi soir, réunion EFA, je regardais les nouveaux couples en me rappelant qu’un an auparavant nous étions à leur place et constatais avec bonheur qu’en un an nous avions parcouru un beau chemin : agrément en poche, contrat avec un OAA, dossiers envoyés (ou presque) dans deux pays, plus notre place sur la liste d’attente dans notre département…
Samedi matin j’y repense et je pleure. Où est la chance et le bonheur quand on considère les années de souffrance qui sont derrière nous, la mort de celui qui aurait pu rendre la légèreté à notre vie, les années d’attente qu’il nous reste à vivre pour peut être rien au bout ? Car aussi chanceux soit on pour le moment dans notre parcours d’adoption, il n’y a aucune garantie à la fin.

L’incertitude reste décidément le véritable poison de ce parcours.

J’espère un jour pouvoir me retourner sur toutes ces épreuves et me dire que ce n’était pas vain…

Regarde le monde
Puis regarde-toi
Quand l’orage gronde
Le soleil se noie
A chaque seconde
Tu perdras la foi
A l’autre seconde
Dieu sera ton Roi

Lu / vu

Je ne vous fais pas part de toutes mes lectures ou de tout les films ou reportages que je vois sur l’adoption, mais ce weekend j’ai lu un bouquin et vu un film aussi marquant l’un que l’autre, l’un en bien… l’autre en nettement moins bien.

On va commencer par le moins bien (mon côté optimiste, faut toujours finir les choses sur une note positive) : j’ai lu « Le jour où j’ai rencontré ma fille » d’Olivier Poivre d’Arvor. Livre autobiographique sur le parcours qu’il a du traverser pour adopter sa fille, en célibataire, faute d’avoir trouvé la femme de sa vie.
Je me suis dit « chouette, une adoption par un homme célibataire, ça donnera de l’espoir à tous ceux qui se lancent » même si au fond de moi je me doutais bien que porter son nom et avoir ses relations, ça aide… (Je ne jette pas la pierre (tant que ça n’aide pas à outrepasser les lois…), n’importe qui avec de bonnes relations s’en servirait, c’est juste que forcément, tous les « Monsieur Dupont » qui liront ça ne pourront pas espérer la même chance).

Donc, pour commencer je n’aime pas le style d’écriture de ce monsieur, mais ça, c’est personnel. Ensuite toute la (grosse) première moitié du livre, Monsieur parle de sa b*te (excusez moi d’être vulgaire c’est comme ça que je le ressens, de ce que l’on comprend, un jour il aurait voulu sortir un bouquin sur le sexe et il ne l’a jamais fait… il aurait du, ça lui aurait éviter d’en parler dans un livre sur l’adoption). Il raconte sa première éjaculation, il raconte ses (très) nombreuses conquêtes, il raconte en détail (et pas forcément ceux qu’on voudrait avoir sur le côté psychologique de la chose, non non, les détails « physiques » aussi) son premier recueil pour un spermogramme…

Aaah le passage du spermogramme… magique ! Vous allez comprendre : comme vous le savez toutes sur la blogo, un spermo demande une certaine durée d’abstinence, ni trop ni trop peu, avant l’examen.
Pour commencer Monsieur ne peut pas à telle ou telle date parce que la veille ou deux jours avant il doit voir telle nana, aller à telle soirée, et que ça le ferai suer grave de devoir s’abstenir (il est célibataire… même si je ne suis pas sûre que pour lui ça change grand chose), donc il choisit la date qui l’arrange le mieux. Mais pour tout dire, ça ne l’arrange pas tout à fait, parce qu’il n’a pas de soirée ou de nana prévue entre 3 et 5 jours avant le spermo ! Alors il tente l’improvisation en draguant à tout va et en s’invitant à des soirées, mais ça ne marche pas. Du coup il se replie sur la solution « allons dans un bordel ». Si si. Non à priori l’option « branlette » n’était pas envisageable.

Bref passons à la deuxième partie du livre : lors d’un de ses voyages de boulot, au Togo, il croise un ami à qui il avait raconté qu’il aimerait bien avoir un enfant mais que tout seul c’est pas facile. Cet ami connait une famille dans une situation difficile : une petite fille de 7 ans élevée par ses oncles très pauvres parce que sa mère est décédée. Il décide donc de lui donner la fille. Il l’emmène dans la famille, la petite, à qui on a certainement demandé d’être gentille avec le monsieur très riche et de l’appeler papa, se jette dans ses bras en l’appelant effectivement « papa » alors il décide de l’adopter.

Comment ça, ça ne se passe pas comme ça une adoption ?

Non ça ne se passe pas comme ça, Monsieur le découvre avec étonnement. Rendez vous compte : il va falloir que la petite ait des papiers, qu’elle soit déclarée abandonnée puis adoptable, passer un agrément en France etc. etc. pour qu’il puisse l’adopter (et encore en passant outre la convention de La Haye, déjà signée par le Togo à l’époque) ! Avec en plus un gros méchant (dont je ne me rappelle plus la fonction mais un bonhomme important) qui lui met des bâtons dans les roues parce qu’il trouve que la façon de faire n’est pas très régulière ! Bon d’après ce qui est écrit l’autre est vraiment un abruti, mais la façon de faire n’est pas très régulière ! C’est peut être un peu facile d’aller créer l’attachement avec un enfant pour ensuite mettre tout le monde devant le fait accompli et dire « ce serait cruel pour l’enfant de refuser cette adoption » (et encore, il entame les démarches le lendemain de sa rencontre avec la petite, on ne peut pas parler d’attachement à ce moment là, deux ans plus tard à la fin des démarches, ok, d’ailleurs ça tombe bien : c’est le seul moment, des dires même de l’auteur, où on demande son avis à la gamine). C’est ce qu’il fait, et il mettra deux ans à obtenir tous les papiers pour ramener sa fille en France.

Il y aurait encore des milliards de choses à dire sur les raisons pour lesquelles une adoption ça ne doit pas (plus) se passer ainsi, sur pourquoi une adoption ça se prépare, pourquoi on ne va pas « choisir sur place », pourquoi… et les conséquences que ça peut avoir, il y a plein de professionnels de l’adoption qui expliquent ça mieux que moi. Je suis d’ailleurs étonnée que ce livre ait été publié sans que ça fasse débat dans le monde de l’adoption (enfin c’était en 2013, peut être suis-je passée à travers).

Pour ne pas rester sur des médisances, ce n’est pas mon genre, je dirais malgré tout que j’ai été touchée, à la fin, de lire son bonheur à être père. Tout ce que je peux souhaiter c’est qu’ils soient heureux tous les deux et que cette petite fille grandisse au mieux, devienne une personne bien dans ses baskets…

Le film maintenant !
Nous sommes allés voir « Ma vie de courgette » au cinéma avant hier, tiré du livre « autobiographie d’une courgette » que j’ai lu je crois il y a quelques années mais dont je n’avais aucun souvenir.
Ce film d’animation raconte le vécu d’un garçon de 8-9 ans qui se retrouve en foyer suite au décès accidentel de sa mère (alcoolique et à priori maltraitante) avec qui il vivait seul. Sans « pathos » mais très juste, il décrit très bien le ressenti de l’enfant. Il nous a beaucoup touché, tous les deux.
Cette fois je ne vais pas tout vous raconter pour ne pas vous spoiler le film au cas où vous auriez envie de le voir mais je le conseille vivement à tout le monde, d’autant plus si vous êtes dans une démarche d’adoption, ou alors pour les enseignants et leurs classes (de primaire, le film a beau être court et sans violence « visuelle », il n’est abordable à mon avis qu’à partir de 7-8 ans) s’ils ont à parler de la maltraitance (même si le film ne tourne pas qu’autour de ça).

 

Encore une naissance

Je crois que je ne l’ai pas très bien pris. Rapport à la crise de larmes qui a suivi la réception du message.

Ce qui me ruine c’est d’imaginer les scènes de joie et d’émotion avec les proches à la maternité… nous nous n’avons pas eu ça. Nous nous sommes repartis le lendemain de mon accouchement, ventre et bras vides, silencieux, le regard dans le vide. Brisés.

C’est comme ça.

Ce soir, nous allons voir Dionysos en concert. J’ai toujours adoré, mais là, leur dernier album me parle particulièrement. L’hôpital, la maladie, la mort peut être, renaître, avoir une autre vision de la vie… Nous n’avons pas vécu la même chose que le chanteur, néanmoins chaque drame de la vie se ressemble un peu, laisse des marques semblables. Les pires comme les meilleures.
« Dionysos est né deux fois ». Nous aussi. Nous nous sommes reconstruit, avec de nouvelles forces et de nouvelles faiblesses, mais nous sommes debout.

 

Dieumerci

T’as envie d’une soirée sympa, tu décides d’aller au ciné, tu regardes ce qu’il y a, tu regardes les bandes annonces, y’en a un qui a l’air pas mal… c’est parti, tu vas voir « Dieumerci ». Un mec qui décide de réaliser son rêve de gosse après avoir vécu de grosses galères, il veut devenir comédien. Sauf que…

Attention spoiler

Sauf que ce qu’ils ne montrent pas dans la bande annonce, c’est que ce film parle, en filigrane, de la perte d’un enfant.

Forcément.

On ne le sait vraiment qu’à la fin du film, mais les allusions aux anges, le mec qui regarde les enfants des autres avec tristesse… j’ai pas mis 10 minutes à comprendre.

A la fin il raconte, la perte de sa petite fille à 3 mois de vie, les médecins qui ne savent pas pourquoi, qui disent que c’est la faute à pas de chance mais que bon, ils en auront d’autres, il raconte le « pourquoi nous, qu’est ce qu’on a fait pour mériter ça »…
Et puis il y a le choix des textes (le mec prend des cours de théâtre), le choix des musiques… tout ça me parlait tellement qu’il me semblait évident que c’était du vécu pour le réalisateur. On ne peut pas parler si justement de la chose sans l’avoir vécue… c’est une vraie déclaration d’amour a un enfant perdu.
Confirmation à la fin du film : « à mon ange » …

Bref je me suis transformée en fontaine.

Un très beau film, vraiment, on regrette pas… mais bordel faut que ça tombe sur nous ce genre de « surprise ».

Défi bichon et des rêves

Lorsque j’ai lu l’intitulé du défi bichon lancé par les canards, j’ai tout de suite pensé à ça :

Alors voilà, c’est cadeau !

——-

A part ça ici on continue nos discussions, réflexions…

Hier j’ai voulu montrer à MonChéri une vidéo de l’AFA (agence française pour l’adoption) qui présente l’adoption d’enfants à besoins spécifiques (enfants grands ou fratrie ou malades).
Arrivé à la moitié de la vidéo il me sort « attend, arrête la vidéo je ne suis plus… je suis en train de refaire les plans de la maison dans ma tête pour faire plus de chambres si on adopte une fratrie »

Et nous voilà debout, côte à côte devant notre véranda toute pourrie, à faire des plans sur la comète… « parce que si on refait la véranda, qu’on la transforme en salon, le salon actuel peut devenir notre chambre ! » « Ou même on fait un agrandissement à la place de la terrasse, regarde, l’entrée serait là et… »
Puis un peu plus tard à l’étage : « sinon si on pète tout et qu’on refait, on peut faire au moins 3 chambres au lieu de 2 ! » (on a une petite maison mais de grandes pièces, notre chambre fait 18m2, l’autre est à peine plus petite) « Regarde, si on met une cloison là, et… »

Ca fait bien longtemps que j’ai fait le deuil du « au moins deux enfants, peut être trois » (vivants j’entends), quelques années que je ne me projette plus qu’avec un enfant unique… mais d’un seul coup il m’est revenu en tête le rêve de grande tablée qui m’avaient traversé l’esprit quand nous avions visité notre maison.
Vous savez la « famille n*tella » , avec le papa beau gosse, la maman pimpante, les trois enfants blonds, le labrador, un petit matin d’été, avec les tartines, le beurre, la confiture sur le nez du petit dernier, les bols de lait, les rires…

Bon je sais bien que la famille n*tella n’existe pas, mais c’était chouette d’y repenser…