Dire au revoir (2)

Il y a exactement deux ans, j’écrivais un article dans lequel je me demandais s’il fallait annoncer à notre centre PMA qu’ils ne nous reverraient plus. Je ne l’avais pas fait mais ça me trottait dans la tête régulièrement.

Nous avons déménagé et du jour où nous avons commencé à signaler notre changement d’adresse je savais qu’il allait aussi falloir les recontacter eux. Si si. Parce qu’ils conservent encore dans une de leur cuve d’azote quelques paillettes de spermatozoïdes de MonChéri, douloureusement récoltés par biopsie testiculaire il y a exactement 7ans, et que de temps en temps ils nous envoient un courrier pour savoir ce que nous voulons en faire (bon je crois qu’on n’a même pas répondu au dernier).

Alors hier je me suis enfin décidée, j’ai signalé notre changement d’adresse et j’en ai profité pour dire au revoir et remercier tout le monde, en leur indiquant que notre chemin était ailleurs.
Et parce que le temps de la PMA n’est pas celui de l’adoption, j’ai reçu une réponse, très sympathique, dans l’heure. J’avais oublié comme les choses peuvent être rapides dans un autre monde !

(Dois-je vous dire que j’attends toujours le compte rendu de l’AS pour l’envoyer à notre OAA ? 😉 )

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2 ans

Demain, deux ans d’agrément !

Et le temps jusque là est passé plutôt vite.
Nous avons eu de la chance. La chance d’avoir été rapidement acceptés par un OAA, la chance d’avoir deux dossiers à l’international en plus de celui dans notre département, la chance que les choses avancent, doucement mais sûrement.

Nous avons la chance de l’espoir.

Deux ans loin de la PMA. Si vous saviez combien de fois des gens m’ont demandé si je n’envisageais pas d’y retourner… Ah nononononononononon, plus jamais (blablabla ne jamais dire jamais blablabla). Plus jamais la PMA, son rythme harassant qui m’a gâché la vie, ses faux espoirs et ses souffrances répétées mille et mille fois. Plus jamais mon corps abandonné aux médecins, touché, troué, malmené, abîmé…
La PMA m’a offert une grossesse… pour un enfant mort. Je ne garde de ce parcours que beaucoup trop de souffrances.

La PMA est un « non-choix » (pas taper, ce n’est aucunement un jugement de valeur). Parce que lorsque vous voulez un enfant issu de votre ventre et que c’est biologiquement impossible, vous n’avez aucune autre solution.
Il nous a fallu du temps et vivre des deuils, mais l’adoption nous l’avons choisi. Et c’est peut être ça qui rend le parcours plus serein.

Deux ans donc. Même un peu plus. Le chemin de l’adoption commence avant l’obtention de l’agrément.

Et neuf ans. Neuf ans que je rêve de mon enfant.

Dire au revoir ?

Faut-il appeler la PMA pour leur dire au revoir ?

Ca fait des semaines que je me pose la question.
Parfois je m’attends même à ce qu’ils m’appellent pour savoir ce qu’on devient…
Mouais… ça vous fait douter hein ?! Mais on faisait tellement partie des meubles là bas que je me dis qu’ils doivent quand même se poser des questions sur notre absence. Et puis on a fini par bien les aimer, après tout ce temps…

(Faut dire que j’ai toujours peur d’inquiéter les gens pour rien, je vous jure c’est une vraie angoisse chez moi.)

En même temps, on les avait prévenu que cette FIV serait la dernière, ils ne voulaient pas nous croire…

Bref, oui, parfois, je me tâte à appeler, ou à envoyer un mail. Peut être pour clore officiellement ce long chapitre de notre vie aussi.

Mais est-il clos ? Si notre dossier n’est retenu nulle part, ne serons nous pas tenté de recommencer ? Je n’en ai aucune envie, mais nos certitudes pourraient bien vaciller devant la trop longue attente promise pour un pupille…

Pourvu que cet OAA nous accepte, et/ou que l’AFA retienne notre candidature, pourvu que les procédures ensuite se passent bien, que notre enfant arrive vite (enfin autant que ce soit possible en adoption)…

Pendant longtemps j’ai espéré ne plus avoir à me poser la question de l’adoption, maintenant j’espère ne plus avoir à me poser la question de la PMA. La Vie et ses drôles de paradoxes…

Au courrier hier

Je passe tellement de temps à vous parler de mon courrier que la boîte aux lettres mériterait une catégorie à elle seule.

Hier quand je suis rentrée, j’ai trouvé MonChéri en plein craquage, les yeux bouffis.
« Voilà la mauvaise nouvelle… et la bonne ».
Pas d’embryons congelés et… notre agrément.

La page qui se tourne, c’est forcément un peu douloureux, pas sûr que nous retournions en PMA. Et puis plein de craintes dans sa tête : et si on y arrive jamais, et s’il ne peut jamais lire tous ces chouettes bouquins qu’il voit passer tous les jours au boulot et qu’il s’imagine lire un jour à notre enfant, et si on y arrive et que sa mère sort des horreurs à notre enfant dès qu’on a le dos tournés, et si…
Et puis la culpabilité toujours.

J’ai répondu point par point, que sa mère on allait la latter… euh, la briefer, et qu’elle est capable d’évoluer, que même si on devait finir sans enfant on serait très heureux tous les deux mais que pour le moment on allait tout faire pour y arriver, et concernant la culpabilité je lui ai dit que j’avais bien prouvé moi même que je n’étais pas capable de faire grand chose avec mes gamètes non plus (sauf miraculeusement, une fois, mais…).

En tout cas, ça fait quelques jours que MonChéri est à fond dans les « fiches pays », les OAA, l’AFA. Il a acheté une mappemonde…

Enfin voilà, après seulement 5 mois de procédure, et une semaine d’attente du courrier (on est chanceux c’est allé très vite), nous avons notre agrément.
La notice dit « pour un enfant » (on avait parlé d »un ou deux » en entretien mais peu importe, je me dis que c’est pas plus mal qu’ils n’aient pas retenu le « deux » , un ça sera déjà un gros chamboulement), « le plus jeune possible » (là je m’interroge, dans nos rapports il est bien question de 0-5ans, c’est notre projet, j’espère que cette formulation ne nous mettra pas des bâtons dans les roues).
On l’a !

Yeux secs

D’abord tout plein de merci et de bisous, je n’ai pas pris le temps de répondre à vos commentaires mais tous m’ont profondément touché.

Je ne vais pas bien en dedans, mais ça n’arrive pas à sortir. Peut être tout simplement parce que je n’ai pas le temps. Boulot, boulot, boulot, problème de voiture, rentrer, manger, faire le ménage parce que mon père et ma bm-la-gentille arrivent demain pour le we, dormir…
Hier soir avec MonChéri on s’est muré chacun dans nos souffrances. Ca ne sort pas.
Ca va faire mal le jour où…

Et puis le courrier concernant nos embryons qui n’arrive pas. « Vous l’aurez avant votre pds » qu’il avait dit le gentil biologiste. Ah ah…
On ne se fait pas d’illusion mais finalement c’est peut être ça qu’on attend pour craquer.

DPO9

Ce midi j’ai eu un élan d’optimisme… jusqu’au moment où je suis allée me fourrer ma progestérone, que je suis tombée pile sur mon col, et que j’ai eu cette impression qu’il était plutôt mou… (col qui ramolli = ça pue les règles)

Depuis j’essaie de me dire que c’était peut être juste une impression, qu’à 9DPO ce serai quand même vachement tôt pour avoir un net changement… mais en vérité je suis juste découragée.

Tellement marre de ce parcours, de la PMA, de cette sensation de me faire labourer le coeur, le corps, l’âme, sans arrêt. Juste envie de pleurer…

Marre d’être à nouveau juste « dans l’attente de » au point que la vie de tous les jours me devienne insupportable. La PMA gâche ma vie professionnelle parce que je n’arrive même plus à me projeter à moyen terme, donc à m’investir. La pause m’avait fait du bien sur ces points, mais on replonge vite…

J’ai un peu honte, parce que « il y a pire » , parce que « tant que la pds n’est pas faite blablabla » , parce que…
Mais p*tain je morfle…

DPO5 (et demi)(bah oui quoi, c’est le soir)

Aujourd’hui, si tout va bien, nos embryons ont atteint le stade blasto, d’ici 48h peut être qu’ils s’accrocheront.

Jusque là, tout va bien. J’ai vécu sans prise de tête, en oubliant même parfois que je couve (j’ai proposé à MonChéri de finir sa bière l’autre soir, en voyant son regard horrifié je me suis souvenu) mes heures de fourrage de progestérone sont d’ailleurs très aléatoires.
Je sais qu’à partir de demain, ça sera plus compliqué. Les montagnes russes émotionnelles, y croire, et puis non, pourquoi pas/à quoi bon, et si, et si…

Il y a des moments où je pense à cette soit disant vision que ma mère a eu de nous avec des jumeaux garçons. Et si c’était eux ?
Mais ça se trouve, une vision de ma mère c’est comme les voeux, ça s’annule si on les dit à voix haute… et puis bon, les visions, ma mère… elle a peut être juste pris ses désirs pour une réalité…

J’avoue ne pas avoir vraiment l’esprit à mon travail, tout en me disant qu’au moins ça occuperait mon esprit. Je suis en arrêt jusqu’à mardi, objectivement physiquement j’aurais tout à fait pu reprendre demain, d’un autre côté un peu de repos me fait du bien, 40h à 50h hebdo, j’ai du mal à tenir le rythme (mais ce n’est l’affaire que de qq mois, en septembre j’aurai moins d’heure… ou je serai en congé mat).

Et si ça ne marche pas, on fait quoi ?

Ah si je pouvais poser mon cerveau… ou avancer de quelques mois, voir où j’en serai dans six mois. Peut être enceinte, peut être en train d’avancer sur notre chemin de l’adoption. Le tout se mélange dans ma tête, un moment je pense à cette éventuelle grossesse, l’instant d’après je suis en train de faire une liste de ce qu’il faudra mettre dans la valise si un jour on va chercher notre enfant dans un lointain pays.
La commission approche, j’ai du mal à réaliser qu’après il faudra plonger dans cette nouvelle étape, prometteuse mais aussi très longue : trouver notre fil rouge, attendre…

A ce propos on en a eu une « belle » de Belle-Maman : « vous allez adopter un français hein ?! (bien sûr le sous entendu était « un bien blanc » ) Parce que quand même, les étrangers… enfin, c’est vous qui allez vivre avec hein… ».
Heureusement, je n’étais pas là… MonChéri l’a gentiment envoyé bouler (il est beaucoup trop gentil).

Pas de souci Belle-Maman, il sera français puisqu’il sera notre enfant. Après, la couleur, les origines et moi, on vous emm*rde !
Je vous jure qu’à la moindre remarque de ce style devant notre enfant, au moindre comportement déplacé, à la moindre comparaison, injustice… jamais elle ne le revoit, jamais elle ne me revoit.

Transfert

Un article rapide pour vous raconter…

Bon je commence par une anecdote rigolote et qui n’a rien à voir, mais ça m’a tellement agacée/fait rire (oui les deux c’est possible) qu’il faut que ça sorte :
Peu avant que je parte pour le transfert j’entends quelqu’un sonner à mon portail, j’y vais, et là le monsieur commence en me disant « bonjour, vos parents sont là ? »

Ouais je fais très jeune, c’est bien, ou plutôt ça sera bien plus tard, mais là pour le moment des fois c’est lourd. Je lui ai donc répondu que c’était moi la propriétaire de cette maison (bordel !). (Tout ça pour essayer de me vendre du surgelé).

Bref ensuite je suis partie direction l’hôp… ah non, la ville parce qu’il y a grève des trams et que MonChéri est bloqué. C’est toujours quand on doit y aller qu’il y a ce genre de soucis.
On a fini par arriver, avec nous dans la salle d’attente le couple qui partageait notre chambre mardi. Ils passent puis c’est notre tour, avec le jeune biologiste qu’on aime bien et qui se décarcasse pour nous.

5 embryons ! Les 5 se sont développés !
Dans le lot il y en a 3 qui ne sont pas tip top et qu’ils vont essayer de pousser jusqu’au stade blasto pour voir si… mais peu de chance qu’ils soient congelés.
Les deux autres… sont maintenant au chaud 😉

Ouais j’avais dit que non, j’avais dit que déjà que ma grossesse, si grossesse il y a, serait suffisamment stressante comme ça, qu’on allait s’éviter le risque d’une gémellaire…
Bon maintenant on va dire que quitte à ce qu’elle soit stressante, autant qu’elle le soit pour une « bonne » raison…

Non c’est surtout qu’on avait convenu que si pas de congelables on en transférait deux. Voilà, c’est fait !

Alors s’il vous plait le duo de choc là, tout ce que je demande c’est que vous arriviez au bout, seul ou à deux, mais vivant(s) et en bonne santé (bordel !).

DPO1

Une semaine d’arrêt, mes pauvres, vous risquez d’en « bouffer » de mes articles.

DPO1, il est midi, je suis toujours dans mon canapé, pas lavée.
Les chiennes ronflent sur leur couverture à côté de moi, le chat dort sur moi avec un air béat.

On pourrait croire à sa tête que c’est la meilleure sieste de sa vie, mais je vois lui vois souvent cet air là, le chat a une vie difficile, le chat a chaque jour le défi à relever de faire ma meilleure sieste de sa vie. Le chat est très fort, je pense qu’il relève ce défi haut la patte chaque jour. Aujourd’hui je l’aide, je lui cède mes jambes comme matelas (et je me demande quand est ce que je vais bien pouvoir prendre ma douche).

Je soupçonne le chat de me trouver encore plus agréable quand je suis sous progestérone. Ca le rend toujours très collant.

Collant… comme la progestérone. Bordel trois fois par jour en plus. RIP mes culottes…

A part ça je goûte au « plaisir » d’une FIV « normale ». Comprenez : qui ne se transforme pas en hyperstim. Je ne suis certes pas au meilleur de ma forme mais :
– je ne limite pas mes déplacements au minimum vital (toilettes) (bon ok mes déplacements actuellement sont quand même très limités, voir début de l’article) je vais être capable de me faire à manger ce midi,
– je me déplace sans devoir me tenir aux meubles,
– je peux me mettre en position assise plus de 2 minutes sans me sentir mal,
– je n’ai pas l’impression que mon vagin a été une autoroute (bon pas tellement de rapport avec l’hyperstim, plutôt au fait qu’il n’y avait pas 20 follicules à ponctionner),
– je n’ai pas un ventre de femme enceinte.

Là je me rappelle de mon ancienne gynéco qui, au moment des transferts, me disait « mais vous n’avez pas mal au ventre ??? » ce à quoi je répondais avec un sourire « si un peu, mais ça va ». Je pensais que c’était normal.

J’ai du mal à réaliser que j’y suis, tout comme au début de mon traitement. Suis-je trop focalisée sur le « étape par étape » ? Trop consciente que tout peut s’arrêter du jour au lendemain ? Suis je trop « blasée » ? Trop habituée ?
Je ne pense même pas vraiment au transfert, ou alors juste comme un rdv auquel il faudra se rendre demain. J’ai un peu vécu ma ponction de cette façon, je suis venue en étant déjà dans l’attente du moment où j’allais pouvoir repartir.
J’ai l’impression d’être spectatrice, que ce n’est pas à moi que ça arrive, qu’on parle de quelqu’un d’autre.

Ca a l’avantage de ne pas me faire souffrir ou « psychoter » à outrance. Mais c’est perturbant quand même, et un poil culpabilisant pour ces embryons que je ne « porte » pas dans mon esprit comme j’ai pu « porter » les autres en attendant de les avoir en moi. Oui c’est idiot.

J’attends. J’attends juste que ça passe. J’attends peut être un résultat pour espérer vraiment.