Nouvelles du CG

Hier, en fin d’aprem, le CG m’a appelé pour me proposer, suite à un désistement, (non pas un enfant non) un rdv une demi journée avec la psy le 12 novembre !

On a été super étonné avec MonChéri parce qu’on nous avait dit à la réunion que le rdv avec la psy était le plus difficile à avoir, que souvent c’était en fin de procédure et que c’est ça qui faisait parfois prendre du retard. Du coup je suis aussi très optimiste, je me dis qu’on pourrait l’avoir « très » vite cet agrément (un couple rencontré à une réunion d’EFA nous a dit avoir eu son agrément en 7 mois) puisqu’à priori les rdv avec l’assistante sociale sont plus simples à avoir.

Nous allons donc passer l’un après l’autre puis ensemble, je vous raconte pas la matinée d’angoisse ! Enfin pour le moment je suis zen… pour le moment.

Hier soir, les premiers mots de MonChéri en rentrant ont été « je ne veux pas déménager » (avant même que j’aborde le sujet, il doit avoir un radar).
Il m’a expliqué calmement que, en gros, outre le fait que mon moral pourri était sans doute grandement du au mauvais temps et au fait que je ne travaille pas, et que financièrement c’était pas une super idée, lui avait encore plein de projets dans notre maison, qu’il voulait faire une salle de jeu dans les dépendances, et un poulailler dans le jardin, et des cabanes dans les arbres (oui je vis avec Charles Ingalls), et…

A ce moment là dans ma tête je ne pensais plus à la maison… j’étais juste bouche bée parce que… ça y est… MonChéri commence à savoir faire preuve de psychologie !

(Des années de boulot derrière, je vous rappelle que sa mère c’est Belle Maman et sa soeur c’est ma belle soeur « pas-la-gentille-l’autre » alors même s’il s’en sortait miraculeusement bien il y avait des séquelles quand même)
(Bon je le taquine comme ça mais, en vrai, vous savez à quel point MonChéri est formidable)

Tellement bouche bée que je ne lui ai même pas exposé mes propres arguments. Mais j’ai été touchée par les siens (c’est le côté Ingalls… irrésistible).
Maison en sursis donc… mais je crois que le salon va subir un lifting, les chambres aussi peut être…

Défi bichon et des rêves

Lorsque j’ai lu l’intitulé du défi bichon lancé par les canards, j’ai tout de suite pensé à ça :

Alors voilà, c’est cadeau !

——-

A part ça ici on continue nos discussions, réflexions…

Hier j’ai voulu montrer à MonChéri une vidéo de l’AFA (agence française pour l’adoption) qui présente l’adoption d’enfants à besoins spécifiques (enfants grands ou fratrie ou malades).
Arrivé à la moitié de la vidéo il me sort « attend, arrête la vidéo je ne suis plus… je suis en train de refaire les plans de la maison dans ma tête pour faire plus de chambres si on adopte une fratrie »

Et nous voilà debout, côte à côte devant notre véranda toute pourrie, à faire des plans sur la comète… « parce que si on refait la véranda, qu’on la transforme en salon, le salon actuel peut devenir notre chambre ! » « Ou même on fait un agrandissement à la place de la terrasse, regarde, l’entrée serait là et… »
Puis un peu plus tard à l’étage : « sinon si on pète tout et qu’on refait, on peut faire au moins 3 chambres au lieu de 2 ! » (on a une petite maison mais de grandes pièces, notre chambre fait 18m2, l’autre est à peine plus petite) « Regarde, si on met une cloison là, et… »

Ca fait bien longtemps que j’ai fait le deuil du « au moins deux enfants, peut être trois » (vivants j’entends), quelques années que je ne me projette plus qu’avec un enfant unique… mais d’un seul coup il m’est revenu en tête le rêve de grande tablée qui m’avaient traversé l’esprit quand nous avions visité notre maison.
Vous savez la « famille n*tella » , avec le papa beau gosse, la maman pimpante, les trois enfants blonds, le labrador, un petit matin d’été, avec les tartines, le beurre, la confiture sur le nez du petit dernier, les bols de lait, les rires…

Bon je sais bien que la famille n*tella n’existe pas, mais c’était chouette d’y repenser…

Quand MonChéri aussi a envie de taper les gens

MonChéri est très perturbé à l’idée que nous soyons à la dernière (il ne devrait pas puisque j’ai décidé ici hier que la dernière le serai pour une bonne raison, faut que je lui dise), ce qui veut dire qu’il en parle à tout le monde. Ainsi même les habitués du train du matin sont au courant de beaucoup de choses.

Sauf qu’invariablement les gens répondent « oh tu sais le fils du voisin de la boulangère de la grand mère de mon patron, ils ont fait X tentatives en PMA et puis finalement quand ils y croyaient plus/quand ils ont lancé les procédures d’adoption c’est arrivé naturellement« .

Faut savoir quand même que MonChéri assume très bien sa stérilité, au point qu’il a déjà expliqué à toute personne de son entourage en long en large et en travers que ses spermatozoïdes ne PEUVENT pas sortir ( « agénésie totale bilatérale des canaux déférents » en scientifique) pour que justement on ne lui sorte pas ce genre de phrase.
Ok il a des spermatozoïdes, mais ils sont condamnés à gueuler aux suivants « pouchez pas derrière, cha pache pas !! » la gueule écrasées contre la paroi.
visage-presse-colle-ecrase-vitre-12

Bref une grossesse naturelle est totalement exclue. Je crois que je vais finir par glisser dans la sacoche de MonChéri un schéma, pour qu’il puisse le coller devant le nez des gens pendant les explications. Je ne sais pas si le message passera mieux mais au moins ils n’oseront plus faire quelconque remarque parce qu’ils le trouveront bizarre.

Quant à moi j’ai eu ma mère au téléphone hier qui m’a sorti « j’ai essayé d’appeler hier, t’étais pas là, vous étiez à l’hôpital ? »
Y’a deux mois elle me disait « on vous en parle pas trop parce qu’on se dit que vous avez peut être pas envie de nous dire quand vous faites vos tentatives » (et je lui avais répondu que ça nous allait très bien comme fonctionnement) et maintenant à chaque fois que je l’ai au téléphone elle pose la question. Ma belle mère fait pareil.
Et après ce sont les mêmes qui vous sortent « faut pas y penseeeer« .

Bref je dois bien avouer qu’on a vraiment besoin de parler de notre parcours (et qu’on le fait aussi un peu par militantisme je crois), mais même si les remarques des autres partent d’un bon sentiment, on devrait parfois se contenter de n’en parler qu’à ceux qui savent nous écouter (heureusement qu’on en a).

3 jours d’attente

« Comme si de rien était » c’est pas facile. Encore que, comme on est dans la première semaine ça va mais je sens bien que la seconde ressemblera à toutes les autres.

Et puis MonChéri ne m’aide pas. A la seconde où il a vu les « voyageurs » à l’écho je n’ai plus eu le droit de porter quoique ce soit de lourd, et je vous raconte pas comment il a frôlé la crise cardiaque quand, le lendemain matin, il m’a vu piocher (au hasard, je prends mes tisanes pour le goût pas pour ce qui est marqué dessus) une tisane « ventre plat ».
« Mais faut pas prendre ça regarde, c’est marqué ventre plat ! On veut pas un ventre plat nous ! »
Bon je vous rassure, en temps normal MonChéri sait que « ventre plat » c’est une histoire de digestion, mais là on est en phase d’attente…

N’empêche ça me fait beaucoup rire ! Qu’est ce que ça sera si…

MonChéri a repris le boulot depuis hier. Après 15 jours de vacances.
Je déteste les lundis en général, mais alors les reprises de boulot après vacances c’est l’horreur. J’aime trop nos petites journées tranquilles tous les deux.
Enfin les prochaines vacances ne sont pas loin, il a pris ses trois semaines d’été en juin…

Du coup je me dis que c’est le moment de se mettre à chercher du boulot, je suis seule à la maison avec rien à faire (ou presque), le mariage est passé, on arrive en juin c’était la date limite que je m’étais fixée… J’ai du mal à m’y mettre il faut bien l’avouer. C’est pas que je ne veux pas bosser mais j’ai toujours ce petit espoir de… bref aujourd’hui il faudrait que je passe au pôle emploi, j’ai des questions à leur poser…

J’aime MonChéri…

Quand je lui ai fait part par sms (ouais pas cool quand j’y repense) de l’arrivée de mes règles et qu’il m’a répondu « Oh non… on est bon pour les piqûres alors… » (vous le sentez là, comment il les vit de tout son être les piqûres ?)

Quand il me dit que dimanche on est invité chez son père et qu’il y aura un des fils de sa belle mère, puis qu’il ajoute, désolé, une heure plus tard : « Euh au fait… le fils de ma belle mère… il a deux enfants… » (dont un bébé « tout neuf » ) (vous avez vu l’habile phrase qui veut dire « prépare toi psychologiquement » ? )

Il est mignon MonChéri !

Il l’a fait !

Depuis le temps que je lui proposais, ça y est, hier, il l’a fait !

(Vous admirez mon talent pour le suspens n’est ce pas ?)

MonChéri m’a fait ma piqûre !

Fort de son expérience en tripatouillage de points de suture soin de cicatrice, qu’il n’a pas aimé faire mais auquel il a survécu quand même, il a bien voulu se lancer dans le perçage de ventre l’injection d’ov*trelle (si si je suis bien en cycle spontané mais la piqûre de déclenchement ça rassure les gynécos… mouahaha).

Et il s’est très bien débrouillé !

Tout arrive mesdames… tout arrive ! 😉

Instants précieux

Quand il croise, ou rend visite à quelqu’un et qu’il me raconte, sourire aux lèvres et yeux brillants, ce que faisait leur enfant, la mimique rigolote, le mot qui fait rire, le chocolat partout autour de la bouche, le dessin fait pour lui… Non je n’aurai pas de nouvelles du collègue, de l’ami, de la cousine… Non il ne les écoutait pas. Il regardait l’enfant.

Les rides qui apparaissent au coin de ses yeux quand il rit.

Quand il revient, fier, de son magasin de bricolage préféré avec un énième truc qui ne servira jamais. Quand il récupère une chute de planche, un bout de baguette de bois, un morceaux de ferraille… parce qu' »on sait jamais, ça pourrai servir ».

Son éternelle application, même quand il s’agit de faire quelque chose dont il a horreur (dois-je lui dire que je me prendrais mille fois moins la tête si je devais faire moi même mon pansement ?).

Son éternelle hésitation quand il se retrouve devant un menu au restaurant.

Quand il m’appelle en sortant du boulot et qu’il me demande ce que je veux manger ce soir, qui en langage codé veut dire « j’ai envie d’un mac do ».

Son rire de « tu as/avais raison ».

Quand il rit avant même de sortir sa blague.

Son « hmm-hmm » dont je ne sais jamais s’il veut dire oui ou non. Ou pire, quand il me répond par oui ou par non en hochant la tête alors qu’il est derrière moi.

Quand il a trop bu en soirée et que ça le rend démonstratif (ne lui dites pas, je fais semblant d’être exaspérée).

Quand on est en essai, ou que je suis enceinte, et qu’il fait attention à tout ce que je fais/mange/dis…

Ses petits plats surprises que je n’ai pas le droit de voir ( « tu viens pas hein ! Tu viens pas ! Si le téléphone sonne c’est moi qui décroche ! ») avant qu’il ne m’apporte mon assiette dans le canapé.

Quand il essaye de deviner au toucher quelle culotte je porte.

Nos soirées hibernation, enroulés en boules dans une couverture sur le canapé, à regarder une série.

Quand il ramène du boulot un livre pour enfant, qu’il me le lit, et qu’il me dit « je le garde, il est trop bien, plus tard je lui lirai… »

Et tant d’autres choses encore…
Qu’est ce que je l’aime !

Et vous, qu’est ce qui vous fait craquer chez votre moitié(e) ?

Et nos hommes dans tout ça ?

Ce matin quand mon chéri s’est levé j’ai senti que quelque chose n’allait pas. Il « trainait » à côté de moi l’air triste. Je connais bien sa façon de faire, il a envie de raconter quelque chose mais n’ose pas se lancer, il hésite… faut dire qu’il n’a jamais été du genre très expressif, ça évolue petit à petit, avec notre parcours il a bien été obligé de faire sortir les choses.
J’ai donc posé la question qui allait débloquer la situation, « ça va mon chéri ? » (sous entendu « je vois bien que quelque chose te tracasse » ). Dernière hésitation et il se lance.

Cette nuit il a rêvé que ma sœur était enceinte et que mon beau frère se tournait vers lui en lui disant « à toi ça va on peut le dire, mais on ne dit rien à Choco » (moi même donc). Il ne me dit rien de plus mais j’ai très bien compris pourquoi ce rêve l’a bouleversé.

Je crois qu’il en a raz le bol mon chéri d’être « celui qui va » aux yeux des autres. Moi on me préserve, on ne me parle pas de telle ou telle chose, on me plaint… lui on s’en tape, personne ne prend de pincettes, les gens se permettent des réflexions (souvenez vous du « t’as du bol de pas avoir de gosses » ), on LUI demande comment JE vais, il se prend des « toi t’es un homme, ça te fait pas pareil »…

« Un garçon c’est fort, ça ne pleure pas » voilà comment on fait taire des petits garçons toute une vie, comment on enferme les hommes dans leur mutisme pour ensuite le leur reprocher.

Ce que les gens ne voient pas c’est dans quel état je récupère mon chéri le soir, quand il s’est pris ces réflexions, quand il a eu droit à une annonce de grossesse au boulot, ou parfois en pleine journée au téléphone quand vraiment c’en est trop pour lui (à tel point que je sais très bien que quand il m’appelle en pleine journée, ce qui n’est pas dans son habitude, c’est que ça ne va pas). Oui c’est un homme et peut être que ses ressentis, ses questionnements et sa façon des les exprimer sont différents des miens, mais ça ne l’empêche pas de souffrir.

Un peu de tact pour lui aussi ce serai trop demander ?