DPO5 (et demi)(bah oui quoi, c’est le soir)

Aujourd’hui, si tout va bien, nos embryons ont atteint le stade blasto, d’ici 48h peut être qu’ils s’accrocheront.

Jusque là, tout va bien. J’ai vécu sans prise de tête, en oubliant même parfois que je couve (j’ai proposé à MonChéri de finir sa bière l’autre soir, en voyant son regard horrifié je me suis souvenu) mes heures de fourrage de progestérone sont d’ailleurs très aléatoires.
Je sais qu’à partir de demain, ça sera plus compliqué. Les montagnes russes émotionnelles, y croire, et puis non, pourquoi pas/à quoi bon, et si, et si…

Il y a des moments où je pense à cette soit disant vision que ma mère a eu de nous avec des jumeaux garçons. Et si c’était eux ?
Mais ça se trouve, une vision de ma mère c’est comme les voeux, ça s’annule si on les dit à voix haute… et puis bon, les visions, ma mère… elle a peut être juste pris ses désirs pour une réalité…

J’avoue ne pas avoir vraiment l’esprit à mon travail, tout en me disant qu’au moins ça occuperait mon esprit. Je suis en arrêt jusqu’à mardi, objectivement physiquement j’aurais tout à fait pu reprendre demain, d’un autre côté un peu de repos me fait du bien, 40h à 50h hebdo, j’ai du mal à tenir le rythme (mais ce n’est l’affaire que de qq mois, en septembre j’aurai moins d’heure… ou je serai en congé mat).

Et si ça ne marche pas, on fait quoi ?

Ah si je pouvais poser mon cerveau… ou avancer de quelques mois, voir où j’en serai dans six mois. Peut être enceinte, peut être en train d’avancer sur notre chemin de l’adoption. Le tout se mélange dans ma tête, un moment je pense à cette éventuelle grossesse, l’instant d’après je suis en train de faire une liste de ce qu’il faudra mettre dans la valise si un jour on va chercher notre enfant dans un lointain pays.
La commission approche, j’ai du mal à réaliser qu’après il faudra plonger dans cette nouvelle étape, prometteuse mais aussi très longue : trouver notre fil rouge, attendre…

A ce propos on en a eu une « belle » de Belle-Maman : « vous allez adopter un français hein ?! (bien sûr le sous entendu était « un bien blanc » ) Parce que quand même, les étrangers… enfin, c’est vous qui allez vivre avec hein… ».
Heureusement, je n’étais pas là… MonChéri l’a gentiment envoyé bouler (il est beaucoup trop gentil).

Pas de souci Belle-Maman, il sera français puisqu’il sera notre enfant. Après, la couleur, les origines et moi, on vous emm*rde !
Je vous jure qu’à la moindre remarque de ce style devant notre enfant, au moindre comportement déplacé, à la moindre comparaison, injustice… jamais elle ne le revoit, jamais elle ne me revoit.

Non je ne le dirai pas

Non je ne ferai pas de voeux.
Hier soir, aujourd’hui, j’ai juste une pensée pour ceux et celles pour qui les fêtes sont surtout une souffrance et je sais qu’il y en a beaucoup.

Je suis peut être aigrie. Peut être. Tant pis.
L’autre jour dans la voiture j’ai failli pleurer sur « petit papa noël » (je suis une nounou pleine d’abnégation), alors bon…

Et si vous voulez une anecdote rigolote, à l’instant MonChéri a voulu nous mettre de la musique pendant qu’on se prépare pour le repas d’à midi… il a mis « Help » des Beatles. C’était pas fait consciemment, mais c’est plutôt parlant.

Hier soir nous avons mangé avec ma belle mère, qui nous a redemandé où en était notre procédure pour l’agrément. Elle pensait que nous aurions un enfant d’ici deux-trois ans, quand on a répondu « au moins 7 pour un pupille » elle s’est tournée vers MonChéri et lui a dit, avec son tact légendaire, « mais tu sera vieux ! ».
Puis elle a enchaîné sur la PMA, en nous demandant si on avait vraiment laissé tomber. A la réponse de MonChéri j’ai compris qu’il ne voulait pas lui parler de la FIV, tant mieux.
Alors elle a conclu en disant qu’il n’y aura pas à attendre de bébé en 2016, que ce soit pour nous ou pour ma belle soeur (puisqu’elle se sépare de son mari).
C’est con mais ça m’a donné espoir, ça fait 7 ans qu’on nous souhaite « un bébé dans l’année », alors peut être que si on ne nous le souhaite pas il viendra.

Bref, que ces jours ci soient le plus doux possible pour vous toutes et tous.

Quand MonChéri aussi a envie de taper les gens

MonChéri est très perturbé à l’idée que nous soyons à la dernière (il ne devrait pas puisque j’ai décidé ici hier que la dernière le serai pour une bonne raison, faut que je lui dise), ce qui veut dire qu’il en parle à tout le monde. Ainsi même les habitués du train du matin sont au courant de beaucoup de choses.

Sauf qu’invariablement les gens répondent « oh tu sais le fils du voisin de la boulangère de la grand mère de mon patron, ils ont fait X tentatives en PMA et puis finalement quand ils y croyaient plus/quand ils ont lancé les procédures d’adoption c’est arrivé naturellement« .

Faut savoir quand même que MonChéri assume très bien sa stérilité, au point qu’il a déjà expliqué à toute personne de son entourage en long en large et en travers que ses spermatozoïdes ne PEUVENT pas sortir ( « agénésie totale bilatérale des canaux déférents » en scientifique) pour que justement on ne lui sorte pas ce genre de phrase.
Ok il a des spermatozoïdes, mais ils sont condamnés à gueuler aux suivants « pouchez pas derrière, cha pache pas !! » la gueule écrasées contre la paroi.
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Bref une grossesse naturelle est totalement exclue. Je crois que je vais finir par glisser dans la sacoche de MonChéri un schéma, pour qu’il puisse le coller devant le nez des gens pendant les explications. Je ne sais pas si le message passera mieux mais au moins ils n’oseront plus faire quelconque remarque parce qu’ils le trouveront bizarre.

Quant à moi j’ai eu ma mère au téléphone hier qui m’a sorti « j’ai essayé d’appeler hier, t’étais pas là, vous étiez à l’hôpital ? »
Y’a deux mois elle me disait « on vous en parle pas trop parce qu’on se dit que vous avez peut être pas envie de nous dire quand vous faites vos tentatives » (et je lui avais répondu que ça nous allait très bien comme fonctionnement) et maintenant à chaque fois que je l’ai au téléphone elle pose la question. Ma belle mère fait pareil.
Et après ce sont les mêmes qui vous sortent « faut pas y penseeeer« .

Bref je dois bien avouer qu’on a vraiment besoin de parler de notre parcours (et qu’on le fait aussi un peu par militantisme je crois), mais même si les remarques des autres partent d’un bon sentiment, on devrait parfois se contenter de n’en parler qu’à ceux qui savent nous écouter (heureusement qu’on en a).

Dur dur…

La journée d’hier a été difficile, la fin de soirée tout simplement horrible ( = pleurer toutes les larmes de mon corps face à un MonChéri impuissant devant cette souffrance et à qui j’en voulais d’ailleurs d’avoir eu des mots maladroits).

Ce matin je lui ai envoyé un message pour lui expliquer. Lui expliquer que j’ai parfois l’impression de ne pas vivre, de n’être que spectatrice de la vie des autres qui avance. Que je ne supporte pas de voir les autres, notre entourage, avancer et vivre comme si de rien était et/ou comme si tout était oublié, alors que ma vie à moi est bouleversée à jamais. Que souvent j’ai l’impression de porter seule quelque chose de trop lourd.

Ceci dit je ne sais pas quelle attitude me conviendrait chez les autres, je ne supporte pas ce « comme si de rien était » mais je ne supporterai pas mieux qu’on me regarde avec encore une immense pitié (ceci dit ma copine-témoin a su trouver le juste milieu et ça fait du bien, elle est une des seules personne de notre entourage à me parler de mon fils régulièrement, à le nommer vraiment, d’autres m’en parlent mais plus rarement, ils ont peur de mes larmes. Merci copine, tu m’es précieuse…).
Je crois que je voudrais juste que les gens arrêtent d’être cons. Oui je pense vraiment que c’est ça qui me pèse le plus.

Quand je vois ma belle mère qui, samedi encore, me disait qu’elle ne viendrait pas au mariage parce qu’elle ne veut pas voir « les c*nnards »… j’hallucine, l’amour qu’elle porte à son fils est donc moins fort que la haine qu’elle porte à son ex ? 20ans après leur divorce ! Elle n’a rien retiré de l’épreuve que nous avons vécu ? Elle n’a pas pensé que la vie était trop incertaine pour se la pourrir avec des bêtises ? Elle ne s’est pas dit que les enfants sont la chose la plus précieuse au monde ?
Moi j’aimerai bien pouvoir me dire qu’on jour j’assisterai au mariage de mon fils…

Quand je vois ma mère qui est en train de détruire à petit feu ma petite soeur comme elle l’a fait avec nous tous et qui ne comprend pas après qu’on s’éloigne…

MonChéri m’a appelé suite à mon message, on a discuté, ça va mieux. Je ne peux jamais resté fâchée après lui bien longtemps, je crois que je l’aime trop pour ça.

Parfois j’aimerai ne pas avoir raison…

Quand mon chéri est rentré ce soir, il m’a dit « t’avais raison pour ma sœur, elle est enceinte ».

Il est passé voir sa mère en rentrant du boulot (admirez la méthode pour m’épargner une visite à sa mère tout en la contentant elle, mon chéri est formidable), il lui a tiré les vers du nez.
« Tu lui diras pas que je te l’ai dit ! Et tu feras comme si tu étais surpris quand elle l’annoncera hein ! »
Chère belle maman c’est gentil de vous pré-occuper de la façon dont nous vivons la nouvelle, dites vous que c’est bien mieux que nous l’ayons su à l’avance parce que je ne garantis rien quant à notre réaction s’il avait fallu encaisser ça sans « préliminaires » (je ne garantis rien quant à notre réaction tout court d’ailleurs).

Elle n’a pas parlé d’une éventuelle bouderie, alors pourquoi donc ma chère BS n’a t-elle pas appelé ? « Peut être qu’elle se sentait trop mal » a dit mon chéri… ouais bah dans ce cas maintenant elle peut se sentir doublement mal. Et puis j’y crois pas…
Franchement entre son silence à elle et la belle mère qui a « oublié » ça fait un peu celles qui ont autre chose à penser maintenant.

Je n’ai pas encore explosé en sanglots, je n’ai versé que quelques larmes. Mon chéri a tenté un « allez, on s’en fout des autres » peu crédible du fait des larmes qui coulaient aussi sur ses joues.
On a mangé notre quiche à même le plat, fait des pronostics quant au temps qu’elle restera avec son mari une fois que son gamin sera né, gagatisé devant le chat (en bons vieux infertiles aigris et gâteux que nous sommes) qui, sur mes genoux, essayait de nous voler des bouts, puis on est allé s’enrouler dans le canapé pour regarder les derniers épisodes d’How I Met Your Mother.

Je n’ai pas envie de la voir, pas envie de l’entendre. Je ne suis pas sûre de réussir à sourire, à faire « comme si » , à mettre ce p*tain de masque. Et c’est encore moi qui vais être la méchante. Parce qu’elles veulent bien être compréhensives (la mère et la fille, même combat) mais pas plus de dix minutes, après ce n’est plus de la souffrance, c’est de l’égoïsme hein ! Faut pas abuser berdol ! Faut se réjouir, faut appeler pour prendre des nouvelles tous les trois jours…

Je suis sur les nerfs, la nuit va être longue…

Colère et déception

D’abord je tiens à vous remercier pour tous les messages de soutien que j’ai reçu mardi, pour vos pensées. Bien sûr le titre de mon article ne s’adresse pas à vous.
« On » pourrait me dire (si toutefois « on » était au courant de ce blog) qu’ici ce n’est que du virtuel, que ça ne vaut pas grand chose… oui mais ici derrière les ordinateurs il y a de vraies personnes, avec chacune un cœur gros comme ça !

Alors que certaines personnes de notre entourage proche en semble dépourvu.

Je ne suis pas ultra exigeante, je ne tenais pas à ce que la terre entière nous appelle larmoyante, mais beaucoup de personnes nous ont témoigné leur affection alors que nous nous n’y attendions pas forcément, que ce soit mardi ou les jours précédents, en nous disant qu’ils penseraient fort à nous…

Mon père, profitant d’être dans la région, est passé nous voir en début de weekend pour me dire qu’il penserait fort à nous, que de toute façon il pense très souvent à notre petit L, qu’il fait partie de la famille quoiqu’il en soit, qu’il pense à lui chaque fois qu’il garde la petite de mon frère (ils auraient du avoir deux mois d’écart), qu’il a « parlé » de lui à mes grands parents quand il est allé sur leur tombe à la Toussaint… qu’il nous en parle peu parce que sinon je pleure, il pleure… pas très joyeux tout ça, mais qu’il pense à lui et à nous très souvent.
Ma mère qui était là (mes deux parents, divorcés, habite à 500km de chez nous) est venue avec nous au cimetière mardi.
Même le père de chéri, qui a plus souvent été aux abonnés absents pendant une longue période de la vie de mon homme, nous avait dit le dimanche précédent qu’il penserait à nous. Son père avait été très touché par la perte de notre fils.

Il y a eu deux grandes absentes mardi. Pourtant de celles dont il était évident pour moi que nous recevrions au moins un message. Ma belle mère et ma belle sœur ne nous ont pas appelé, pas envoyé de message, rien dit les jours précédents. Ce n’est pas tant pour moi que je voulais ces messages, mais pour mon fils, nos familles n’ont pas le droit de l’oublier, il est l’un des leurs…

Ma belle mère, que mon chéri a appelé le soir, avait tout simplement oublié. Quand mon chéri lui a dit qu’on était allé au cimetière elle a demandé pourquoi. Oublié ! Comment a t-elle pu ?! Elle qui fait la gueule le jour de son anniversaire si on appelle le soir plutôt que le matin à l’aube parce qu’on est sensé y penser avant même d’avoir posé le pied par terre ! Elle qui fait la gueule si on oublie sa fête !

Quant à ma belle sœur nous n’avons toujours pas de nouvelles. La connaissant ça me paraîtrait quand même très bizarre qu’elle ai oublié (elle est pire que sa mère, c’est une psychorigide de la date et des principes). La connaissant l’argument « elle avait peut être peur d’être maladroite en envoyant un message » ne tient pas non plus. Ma BS n’a jamais peur d’être maladroite, ma BS est convaincue qu’elle ne l’est jamais d’ailleurs et se permet de balancer les pires horreurs… Par contre il ne faut rien lui dire, elle prend tout mal.

Non, là, mon côté peut être parano me dit qu’elle fait la gueule et qu’elle a voulu se venger de quelque chose. Je pense notamment au fait qu’elle nous reproche de ne pas avoir été assez présents après sa GEU en avril.

Et là j’ai encore failli faire un paragraphe pour me justifier une énième foisr. Il va vraiment falloir que je me mette en tête que je n’ai pas à me justifier de ne pas avoir été présente pour écouter les exagérations de ma BS alors que j’avais perdu mon fils quatre mois plus tôt.

Ou alors elle est enceinte, comme je le soupçonne depuis le fameux apéro diabolo, et elle est tellement focalisé sur sa grossesse que le reste ne compte plus.
On pourrait même imaginer un mix des deux puisque quand elle est enceinte elle est encore plus conne insupportable et rancunière.

Bref quoiqu’il en soit j’aurai du mal à lui trouver des excuses, d’ailleurs si elle appelle je laisserai mon chéri répondre, moi pour le moment je ne peux pas…
Il faut vraiment que j’arrête d’attendre quoique ce soit de certaines personnes…

Apéro

« Elle prend un diabolo ?!
P’tain dites moi qu’il y a de l’alcool dans un diabolo !
… y’en a pas hein…
P’tain la garce, ça sent l’annonce très bientôt ça. »

(ma belle sœur vous vous en doutez… alors je me pend tout de suite lance les paris ou j’attends encore un peu ? )

« T’as de la chance de pas avoir de gosses »

Quand on galère à avoir des enfants il y a beaucoup de réflexions qui reviennent. Le fameux « c’est dans ta tête » « je connais la cousine de la voisine de la boulangère… » … mais dans un autre style on a aussi très régulièrement le « franchement t’as du bol de pas avoir de gamins, pourquoi t’en veux ?! Quand je vois la galère avec les miens… » (vous sentez vous aussi la bouffée de violence qui monte ?).

Hier c’est mon chéri qui a eu droit à cette dernière, il a répondu de façon très « soft » : « bah justement j’ai hâte de connaître ces galères » et vraiment, vraiment, je l’ai trouvé gentillet.
Moi à ce genre de parent plaintif j’ai déjà répondu « bah si tu veux on échange ton fils en bonne santé contre le mien qui va peut être mourir » (c’était qq jours après mon écho du premier trimestre), aujourd’hui je pourrai aussi répliquer que « c’est sûr le mien de là où il est il est pas trop emmerdant ».

Non mais zut quoi ! Je ne jette pas la pierre à ces parents de se sentir parfois débordés, d’avoir envie de tranquillité… loin de là, je ne suis pas folle, je sais bien qu’un jour ça m’arrivera aussi d’avoir du mal à encaisser X nuits quasi blanches pour cause de bébé malade… seulement je pars du principe qu’on peut se plaindre de tout dans la vie, mais pas à n’importe qui (en tout cas certainement pas dans cette forme là).

En parlant de ça, je tombe régulièrement sur des articles, des discussions etc. qui parlent de la difficulté à être parents et du tabou qu’il y a autour de ça, que les gens disent toujours « c’est que du bonheur » que jamais on entend parler des « côtés obscurs ».
Je suis toujours étonnée de cette constatation, je n’ai jamais vu de tabou moi, au contraire j’ai l’impression de ne voir, entendre et lire QUE le pire (et je ne parle pas seulement des nuits blanches, des hurlements, du couple mis à mal etc. mais aussi de la DPP, de ce qu’on appelle la difficulté maternelle…) au point que parfois je flippe et me demande si c’est une bonne idée de vouloir un enfant. Rassurez vous ça ne dure qu’un quart de seconde.

Encore une fois il n’y a aucun jugement dans mes propos, je sais que je suis à l’abri de rien, je ne suis pas en train de dire que moi je serai toujours au top. Mon parcours ne me protège pas de tout ça (même si ce parcours fera de moi une mère différente de celle que j’aurais pu être il y a 5 ans).
Et, pour revenir à la réflexion du début de cet article, je me pose souvent la question : « mais puisque c’est si terrible que ça, pourquoi as-tu fait/ veux tu un autre enfant ? » (puisque dans une très grande majorité des cas ce sont des parents de plusieurs enfants ou en projet de l’être qui nous disent ça), je n’ai jamais osé la poser de vive voix et pourtant c’est un vrai mystère pour moi (ou pas 😉 ).

Ma belle soeur

Aujourd’hui j’avais envie de vous parler de la soeur de mon chéri (à ne pas confondre avec « ma belle soeur la gentille » qui est l’amie de mon frère).

En ce moment je suis dans une phase où je culpabilise un peu de penser de mauvaises choses à son propos.
A chaque fois c’est pareil, on s’en prend plein la tronche alors je lui en veux et je dis à qui veut bien l’entendre à quel point elle est mauvaise. Et puis comme par miracle les jours où j’appréhende vraiment d’aller la voir et que je me prépare au pire… elle est adorable. Mais vraiment. La belle soeur idéale, compréhensive tout ça tout ça…

Bon faut être honnête, ça n’arrive que deux fois par an. Mais comme je suis trop conne bonne ça suffit à me faire culpabiliser, je me dis que c’est moi la méchante, que j’ai peut être un peu exagéré les choses…
Sauf qu’on peut être sûr que dans les semaines qui suivent : grosse claque dans la tronche, elle nous sort une horreur comme jamais on aurai imaginé qu’elle puisse nous en sortir.

Alors aujourd’hui je fais ma thérapie. Ok la dernière fois ma belle soeur a été adorable, mais pour bien me mettre en tête que ça ne durera pas, je vais vous donner deux beaux exemples de moments où on a eu droit au fameux « retour du bâton ».

D’abord celui qu’elle nous a fait pendant sa grossesse.
J’ai arrêté la pilule bien avant que ma belle soeur se marie. Je me souviens dire à une amie à l’époque « pfff elle va se marier puis ils vont essayer de faire un môme… si je suis pas enceinte d’ici là et qu’elle me passe devant je vais déprimer ». Mouahaha dois-je préciser qu’aujourd’hui elle a une fille de trois ans ?
Juste après son mariage nous avons commencé les examens, l’azoospermie de mon chéri a vite été révélée. Ma belle soeur, qui nous savait en essai, a été prévenue (ma belle mère aussi un peu plus tard, faudra que je vous raconte sa réaction un jour, ma belle soeur a de qui tenir).
Trois mois plus tard elle nous annonce qu’elle est enceinte, une annonce faite de façon très délicate => phase « je culpabilise »

Quelques semaines plus tard, une vraie mégère !
Alors que mon chéri subit sa biopsie testiculaire (charcutage de boules) et que nous faisons notre première FIV, Madame se plaint que nous ne nous intéressons pas à sa grossesse, qu’on ne lui demande pas si elle sent le bébé bouger, ni les comptes rendus de ses rendez-vous gynéco. Noooon elle est sérieuse là ?
Puis elle vient à la maison (c’est rare). Mon chéri se fait traiter d’incapable : il lui parle d’un petit bricolage qu’il prévoit de faire. Réponse : « toi faire ça ? J’aimerai bien voir ça ! Pfff…  » Euuuh elle connait bien son frère ou pas ? Mon chéri c’est Bob le bricoleur !
Puis à propos de l’énorme tranchée que mon chéri (tout juste remis de la biopsie) est en train de creuser tout autour de la maison pour réduire, de beaucoup, la facture des travaux de drainage que nous devons faire : « Pffff tout ça par fierté mal placée parce que tu veux dire que tu l’as fait toi même, t’aurais mieux fait de payer ».
Euuuuh elle connait vraiment son frère ou pas (bis) ? Il a tellement été humilié de cette façon quand il était enfant (bah oui entre ma BS et ma BM le pauvre il en a mangé…) qu’on ne peut pas dire qu’il soit « fier ». Et puis elle qui a été élevée dans un milieu très très modeste a bien vite oublié ce que c’est depuis qu’elle s’est mariée avec un homme riche (j’y reviendrai).

Et puis il y a eu cette année. Quelques petits mois après la perte de notre bébé, elle a fait une grossesse extra utérine (« GEU » pour les geek et les médecins).

Quand ma belle mère a appelé mon chéri pour lui dire que sa soeur était à l’hôpital et pourquoi, j’ai eu, je l’avoue, une réaction très très violente.
D’abord parce que j’avais très bien compris ce que ça voulait dire. Ils prévoient le deuxième. Et c’est, je trouve, la plus belle c*nnerie du monde : leur couple c’est le titanic, on sait qu’ils vont se bouffer un iceberg et couler, et en plus la façon dont ils traitent la première ne laisse pas présager qu’ils prennent franchement du plaisir (ou alors un plaisir sadique) dans leur rôle de parents (mais j’y reviendrai aussi). Et toi t’es à côté avec ton couple qui sue l’amour et le respect par tous les pores, le ventre et les bras vide, et tu pleures.
Puis parce que, connaissant la famille, je savais que j’allais entendre parler de cette GEU en long en large et en travers pendant des temps et des temps alors qu’on ne me parlait déjà plus de mon fils, et qu’il risquait d’y avoir des gens pour se permettre de comparer l’incomparable.

Il a fallu aller à l’hôpital pour la voir, traverser des couloirs et des services que je ne connais que trop bien et qui ne sont que mauvais souvenirs. Une fois arrivée dans la chambre, après avoir ravalé mes larmes, ma belle soeur est adorable. Elle minimise son mal et me dit qu’elle sait que c’est difficile pour moi d’être là, elle me dit que ce n’est pas bien grave ce qu’elle vient de vivre, une trompe elle en a une autre, et puis elle n’avait pas eu le temps de se projeter, elle ne savait même pas qu’elle était enceinte => phase « je culpabilise ».

Une fois rentrée chez elle, elle joue les mourantes. Sa mère est là H24 pour s’occuper de la maison et de la gamine, nous nous gardons le chien (pourquoi ? Puisque ma BM était là elle aurait bien pu… surtout que ça se passe mal et qu’on doit finalement lui rendre). Quand on passe la voir elle (est debout et) affiche ses pansements et chouine parce que « l’infirmière va arriver, les piqûres tous les jours c’est trop dur » (hum hum…)…
Je veux bien entendre que ce n’est pas anodin comme opération, mais pour mes hyperstim j’étais scotchée à mon canap pendant 10 jours et j’ai jamais rameuté la terre entière, bref…

Mon chéri a beaucoup de boulot, on sait qu’elle a la visite de sa belle famille donc qu’elle n’est pas seule, ça fait déjà quinze jours qu’elle a été opérée… mon chéri ne prend pas le temps de l’appeler pendant les deux semaines suivantes (quant à moi je n’appelle jamais, je considère que chacun gère son côté de famille et puis en plus, vu ma réaction, il valait mieux que je me taise).
Alors elle a fait la gueule.
Elle a fait la gueule parce que, elle, quand on a perdu notre fils, elle a été présente (certes… mais tiens ! N’avais-je pas prédit une comparaison ?!).

Par raz-le-bol je lui ai envoyé un mail, très gentil, pour tenter de lui faire comprendre pourquoi ni moi, ni mon chéri, étions en mesure de faire plus pour elle, en lui disant que j’en étais désolée. Mais elle l’a mal pris.
Je me suis (encore) posée la question de savoir si c’était vraiment nous qui étions égoïstes, mais beaucoup de personnes à qui j’ai fait part de la situation m’ont assuré que non.

Il y en a, et en aura, encore tellement à raconter ! Je pourrai vous faire au moins autant d’épisodes que plus belle la life ! D’ailleurs observez bien, j’ai créé une catégorie spéciale juste pour ça ! 😉