Un weekend « mamies » dont je me serai bien passé

Ma mère :

Tu devrais ci.

Tu ne devrais pas ça.

Ah bon tu fais ça ?

Et pourquoi tu ne fais pas ça ?

La mère de MonChéri :

Mais elle ne sait pas faire ça ?

Et ça alors, quand est-ce qu’elle va s’y mettre !

Et ça, toujours pas mieux ?

Pourquoi elle ne fait pas ça ?

Mais allez vous faire… !!!!!!!!!!! BORDEL !!!!!!!!!!!!

(Hum désolée, fallait que ça sorte…)

(Besoin de soutien moral là, vraiment)

(Vous pouvez vous lâcher)

Les gens

J’avais commencé à écrire cet article il y a un moment et finalement j’avais décidé de juste ravaler ma haine.

Et puis en fait non.

J’en peux plus des gens (c’est vaste vous me direz, je ne vise pas tout le monde, juste les gens) (je crois que « les gens » dans mon esprit c’est une insulte polie).

Avant de revenir avec S. on avait prévenu : attention elle sera probablement très intimidée mais de toute façon, même si ce n’était pas le cas, il n’est pas souhaitable qu’au départ elle aille vers tout le monde et que tout le monde s’en occupe. Encore une fois merci J. Lemieux et les mots que nous lui avons emprunté.
Au début tout le monde a plutôt bien respecté la consigne pour ceux qui l’avaient eu, quand aux autres, aux inconnus etc. de toute façon S. était agrippé à nous et se cachait si quelqu’un approchait.

Et puis, au bout d’un certain temps, elle a fini par se détendre et sympathiser avec le monde. Au départ on s’est dit « chouette, c’est plutôt bon signe ! ». C’était sans compter les gens, les gens qui ont pris ça comme le feu vert pour faire n’importe quoi, et nous qui, bêtement, encore dans notre idée de « c’est bien elle s’ouvre au monde » n’avons pas réagi tout de suite (et croyez moi je m’en veux à mort).

Les gens sont devenus c*ns, à faire n’importe quoi pour être celui qui aurait le plus d’interactions, de bisous ou de câlins, pour être celui qui aura la cote auprès de S.
Je sais que certains se comportent comme ça d’office devant un gamin, je sais aussi que le statut « adopté » de ma fille accentue le phénomène, on était prévenus mais de le vivre ça demande un temps d’adaptation quand même… Bref, les gens n’en peuvent plus, même les professionnels sortent de leur rôle (genre les secrétaires médicales qui sortent de derrière leur bureau pour demander un bisou parce qu’ « elle est tellement mignonne, c’est une histoire tellement incroyable », ou pire, et là ça m’a fait sortir de mes gonds, les animatrices du lieu d’accueil parent-enfant qui gardaient une attitude tout à fait professionnelle avec les autres enfants mais monopolisaient ma fille « qu’est ce qu’elle est attachaaaante » ). Le pire du pire ? Une collègue de MonChéri qui prend ma fille dans ses bras et lui dit « voilà, maintenant t’es mon bébé ! », croyez moi la collègue s’en est pris plein la poire.

Ca a été le déclencheur. On s’est rendu compte qu’il allait falloir faire un retour en arrière immédiatement parce que notre fille était en train de trouver là une solution à son angoisse du rejet : se faire aimer de tout le monde et de n’importe qui.

Alors j’ai fui les gens, et l’arrêt de MonChéri est arrivé peu de temps après donc on s’est refait un petit cocon à trois. Plus de visites à son boulot (je vous jure, ses collègues, j’avais envie de les empaler), plus de visites au lieu d’accueil…

Aujourd’hui MonChéri a repris le boulot et je recommence à sortir. C’est peut être pour ça que cet article m’est revenu d’ailleurs, parce qu’à nouveau je me heurte à des gens qui perdent leurs neurones en présence de S. Sauf qu’aujourd’hui nous ré-apprenons à notre fille qu’elle a le droit de dire « non » si elle ne veut pas de bisous, et qu’on ne montre pas le même degré d’intimité envers la famille ou les amis qu’envers quelqu’un qu’on croise occasionnellement ou qu’on rencontre pour la première fois.

C’est pas évident quand on est du genre à ne pas faire de vagues, mais maintenant on sort les dents…

Mais… pourquoi ?

Question entendue plusieurs fois, depuis notre arrivée (y compris trois jours après) :

« Et aloooors, vous lui avez montré des dessins animés ???!! »

Euh… Non.

« Mais de toute façon les écrans sont partout, c’est devenu une norme sociale, tout passe par les écrans, elle va être en décalage si vous ne la laisser pas apprendre à manipuler un écran maintenant et si vous ne la laissez pas regarder les dessins animés que les autres regardent » (ma mère, qui d’autre…).

Euh… Non quand même.

Il y a peut être d’autres choses à lui montrer avant, non ?

Grrrrrr

« Et vous n’allez pas repasser un agrément pour avoir un autre enfant ? »

Ma mère, avant même l’appel des milliards de fois, après l’appel alors que nous n’étions même pas encore partis, et encore maintenant évidemment…

Je lui ai dis, x fois, que, non, nous n’aurons pas d’autres enfants et que le « mais elle va être toute seule » n’est pas un argument valable à mes yeux, ni assez grand en face de tout ce qui pèse pour nous dans la balance du « non », dont je lui ai fait l’exposé en long en large et en travers. Mais, y’a pas, faut qu’elle y revienne.

La projection sur plusieurs enfants voilà bien longtemps qu’elle est enterrée, et même si j’ai eu de très rares moments de nostalgie sur la « famille nut*lla » (vous savez, les blonds qui sourient au petit déj), croyez moi je ne me vois pas avec plusieurs enfants (et puis de toute façon on n’est pas blonds).

Laissez moi profiter de notre fille tant attendue, vivre tout ce que nous avions rêvé de vivre, quitter enfin les années d’attente et d’incertitude. 10 ans, c’est bon, j’ai eu mon compte, rêver d’un enfant qui ne sera peut être jamais, pareil, je ne l’ai que trop vécu.

Et puis il faut bien rappeler que S. est notre deuxième et que le seul enfant qu’on regrettera c’est le premier. Ce n’est pas le petit frère qui manquera mais le grand. C’est ce que je me disais l’autre jour dans la voiture, que ça aurait été chouette d’avoir notre L. à l’arrière à côté de sa sœur. Ca l’a fait grandir d’un coup dans mon esprit, moi qui ne me l’imaginait que comme il a été, je le voyais d’un coup « grand » garçon comme il aurait du être aujourd’hui.

Il y a des choses que le bonheur n’efface pas…

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A part ça on n’a pas eu de réflexions pénibles ou de curiosité malsaine jusqu’à maintenant, si ce n’est une voisine qui demandait avec insistance si tout se passait bien en donnant l’impression de vouloir entendre que ce n’était pas le cas (mais peut être que c’est moi qui l’ai interprété comme ça connaissant l’avis de la personne sur « les enfants adoptés qui posent toujours problème »). Bon, on ne passe plus inaperçu ça c’est certain, mais les regards que l’on croise sont bienveillants, enfin, pour tout dire, la plupart du temps on ne fait pas vraiment attention.

Où l’on se demande ce qui passe par la tête des gens…

Sondage : qui serait prêt à envisager de donner à son enfant le prénom d’un enfant mort dans son entourage quelques années auparavant ?

Avec toutes les naissances cette année autour de nous, une de mes angoisses étaient qu’on nous « pique » un prénom de notre liste. Mon regard était tourné notamment vers le cousin de MonChéri, car vu le prénom du premier je savais que nous avions les mêmes goûts. J’avais même imaginé pire, sans pour autant m’attarder sur cette idée, non, ils n’oseraient quand même pas donner à leur enfant le prénom de notre tout-petit…

« Il s’appelle L. »

Personne n’a voulu nous l’annoncer d’ailleurs, il a fallu qu’on aille chercher l’information, parce que quand même, il était prévu pour décembre, on était en droit de penser que le 10 janvier cet enfant était né !
Parait que quelqu’un a même tenté de les faire changer d’avis.

« Il s’appelle L. » et je n’arrive même pas à leur en vouloir d’avoir tant aimé ce prénom, moi qui regrette de ne pas pouvoir le prononcer à voix haute à longueur de journée, moi qui n’arrive pas à vibrer, pour aucun prénom (de garçon) de notre liste, autant que pour celui-ci.

Mais quand même. On ne se voit pas si souvent, mais on se voit. Comment pourrais-je supporter maintenant ces réunions de famille où le petit L. , bien vivant, qui sera là, ne sera pas le mien et viendra souligner plus encore l’absence de mon fils. Son prénom est l’un des rares signes « visibles » de son existence, il y a quelques photos, deux-trois objets souvenirs, mais surtout il y a son prénom, dans notre livret de famille, et dans l’esprit de tous, ou au moins de certains… Et maintenant, que va évoquer ce prénom pour eux ? A qui vont-ils penser ? Quand on sait combien il est difficile de faire exister un enfant décédé aux yeux des autres.

« Il s’appelle L. » , j’ai déjà trop souvent l’impression qu’on nie l’existence de mon enfant, mais là c’est pire que tout…

De la vision de la vie (2)

Hier, ma belle-sœur et son mari passent à l’improviste boire le café. Ils admirent l’avancée des travaux, nous discutons de la « troisième chambre ».

Je parle à ma BS de ces lits superposés que ma mère m’a proposé pour la chambre d’enfant, celui que mon beau-père avait amoureusement transformé, pour ma petite sœur, en lit-maisonnette, avec des petits volets, un toit et tout et tout… que moi je trouve trop chouette mais que MonChéri n’aime pas… donc que nous ne prendrons pas.

« Bah qu’est ce que tu t’en fous de son avis, c’est pas « sa partie » « 

 Ah…

Je vous propose un concours de réparties, moi sur le coup je ne suis absolument pas douée (mais je crois que mon regard s’est exprimé à la place de ma bouche) mais depuis j’en ai pas mal qui me passent par la tête…

L’âge

Aujourd’hui MonChéri commençait ses vacances (est-ce utile de préciser que ce seront des « vacances-bricolage » ? ) mais hier MonChéri travaillait.

Hier MonChéri travaillait et Belle-Maman était là, avec son compagnon venu nous aider pour l’extérieur… On a fait des tas de branches colossaux ! Dans l’ancienne maison on les aurait brûlé mais maintenant on a des voisins… je vous raconte pas le bordel que ça va être pour emmener tout ça à la déchetterie.

Mais je m’égare… MonChéri travaillait et Belle Maman était là. (Vous la sentez la détresse là ?)
J’appréhendais beaucoup cette journée qui, finalement, s’est plutôt bien déroulée. J’ai fait des efforts de communication et elle était de bonne humeur…

D’ailleurs elle a voulu être gentille Belle-Maman. Elle a voulu nous aider dans notre parcours pour avoir un enfant. Elle m’a donné la solution !
Eh oui, parce qu’elle a entendu (où ? par qui ?) que pour que ça marche il faut faire une FIV à Montpellier. Là-bas (à beaucoup de km de chez nous) ils sont bien, et ça marche, alors qu’ici, et à l’autre grande ville pas trop trop loin mais quand même, ils sont nuls et ça marche pas (habitants de la région montpelliéraine réjouissez vous).

Bon, ça partait d’un bon sentiment alors j’ai gardé le sourire et je lui ai dit que des fois, bons ou pas bons, ça ne marche pas, et que de toute façon nous ne voulions absolument pas revenir en PMA.

« Oui mais l’adoption ça va prendre combien de temps ? « MonChéri » il va être vieux ! »

Je suis restée cordiale (j’accepte les applaudissements), je lui ai expliqué qu’on pouvait être appelé demain (notez l’optimisme) comme dans cinq ans ( « Bah oui justement, tu te rends compte il va bientôt avoir 40 ans !!! » ) et que dans l’adoption nous sommes plutôt considérés comme un couple jeune bon ok surtout moi « Quoi ?! Y’a des gens qui adoptent à 50 ans ?! » (bah oui, parce qu’après 40 on passe directement à 50).

Me voilà à expliquer, presque patiemment, que nombres de couples sont comme nous, à avoir eu un long parcours médical avant de se lancer dans l’adoption et que si nous nous avons commencé les essais très jeunes ce n’était malheureusement pas le cas de tout le monde.

J’aurais peut être du lui embrouiller l’esprit en lui disant que si on nous appelait dans deux ans pour un enfant de 4 ans MonChéri aurait alors eu 37 ans à la naissance de l’enfant. Elle n’a pas eu l’air de trouver ça si vieux, 37 ans, quand c’était sa fille… Promis la prochaine fois j’essaie !
Oui, « la prochaine fois », parce qu’elle nous le sort souvent le coup de l’âge de MonChéri (en alternance avec « mais vous pouvez pas adopter un blanc français ? » ). Il adore…

*Soupir* … en même temps une visite de Belle-Maman sans réflexion, ce n’est pas une vraie visite de Belle-Maman…

La délicatesse

La délicatesse, je suis sûre que ce simple mot évoque quelque chose en vous, une personne, une situation… Que ce soit une infirmière qui sait toujours se montrer infiniment délicate avec vous ou qu’au contraire vous ayez vécu une situation douloureuse où vous vous êtes demandé où était passé le tact (et l’intelligence) de votre belle soeur…

Hier j’ai vécu les deux en l’espace de quelques heures.

Hier nous avions rendez-vous à la banque. Notre banquière, on la connaît depuis plusieurs années maintenant, on l’appelle par son prénom, souvent un tutoiement lui échappe, et on rigole toujours bien tous les trois. Notre banquière, je la croise maintenant toutes les semaines en emmenant l’un des garçons que je garde à son activité. Et notre banquière jamais jamais jamais mais vraiment jamais, ne nous a demandé « et alors vous c’est pour quand ? Vous êtes mariés, vous êtes propriétaires, faut faire un gamin maintenant ! ». Jamais.
Du coup je n’appréhende jamais un rendez-vous à la banque parce que je sais que le sujet ne sera jamais abordé.

Notre banquière a eu notre livret de famille entre les mains il y a quelques années quand nous avons fait racheter notre prêt par « sa » banque. Je me suis toujours demandé si elle avait tourné la page « époux-épouse » ce jour là, si elle avait vu la page « 1er enfant », je me suis toujours douté que oui vu que jamais le sujet de la maternité n’a été abordé. Hier elle a du reprendre notre livret de famille, refaire des photocopies, j’ai maintenant la certitude qu’elle le sait, j’ai aperçu la photocopie.

Vous me direz peut être que pour vous la délicatesse aurait été qu’elle nous présente ses condoléances, qu’elle nous dise un petit mot gentil. Mais moi cette réaction me va tout à fait. Je continuerai à aller à la banque sereinement, parce que je sais que là bas je n’aurai jamais à devoir entendre une question douloureuse, je sais qu’elle n’abordera pas le sujet tant que nous ne le ferons pas, et je suis certaine que le jour où nous lui demanderons de débloquer notre épargne pour aller au bout du monde, là elle se montrera encore infiniment délicate en nous disant qu’elle est très heureuse pour nous après tout ce qu’elle aura deviné de notre vécu.

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Et puis nous sommes rentrés chez nous, ma belle-mère était invitée pour le repas. A table elle nous parle de sa voisine à qui on vient d’annoncer que son fils de deux ans allait mourir : « Non mais t’imagines toi ! On t’annonce que ton enfant va mourir ! T’imagines ! »
MonChéri et moi avons répondu en même temps : « oui, oui, on sait bien ce que ça fait oui… ».
« Ouais mais le sien elle l’a élevé pendant deux ans ! »

Est ce qu’ils tirent à la courte-paille ?

Hier, le portable de MonChéri sonne alors que nous nous apprêtions à déjeuner (à 16h… ouais), sa soeur. Aux réponses de MonChéri je comprends que :
1 : elle attend une fille
2 : un de leur cousin va aussi avoir un gamin.

Là, devant mon poireau au jambon, je me suis demandé si j’allais réussir à le manger ou si j’allais m’étouffer dans mes larmes comme tant d’autres fois… et puis j’ai décrété que non, je vivrais très bien cette annonce, parce que quand même, le poireau au jambon c’est une tuerie (si vous n’avez jamais essayé, le principe est simple : c’est comme les endives au jambon sauf qu’on les remplace par des poireaux) ce serait dommage de ne pas en profiter. Puis c’est pas comme ci on ne se doutait pas que ça arriverait, en couple depuis 2-3 ans, ils venaient d’acheter un appart, ont tous les deux un boulot stable…

MonChéri raccroche et me dit « mon cousin va être papa… c’est bizarre, je l’ai vu y’a un mois il ne m’a rien dit », je mange mon poireau au jambon puis MonChéri me dit « sa nana est enceinte de 5 mois » (et encore un peu plus tard viendra aussi « et c’est un garçon »).
Je crois que MonChéri me connait très très bien maintenant, il distille l’information morceau par morceau pour me laisser le temps d’encaisser.

Alors la colère est montée et j’ai posé cette question à MonChéri : « Tu crois qu’ils tirent à la courte-paille pour savoir qui nous annoncera les grossesses à chaque fois ? »
Non parce qu’on a vu quand même du monde ces derniers mois, y compris les futurs parents en question, personne ne nous a rien dit. Je veux bien entendre que ce n’est pas une nouvelle facile à nous donner, mais merde, se rendre compte qu’on est les derniers crétins au courant ça ne fait qu’en rajouter une couche. Et on l’a vécu un paquet de fois.

MonChéri a tenté d’atténuer les choses en me disant que c’était bien dans le style de son cousin de ne prévenir personne. Mouais…
Bref, j’ai décidé que je ne pleurerai pas, qu’il allait bien falloir que je me blinde parce que d’ici qu’on ait notre enfant on va en subir des annonces, mais que là maintenant tout de suite il fallait absolument que j’aille promener les chiennes. J’y suis allée, j’ai appelé une copine, j’ai pleuré. Juste un peu.
Une fois rentrée j’ai décrété que, puisque c’était comme ça, il fallait absolument que je finisse là maintenant tout de suite le tri des vêtements pour garçon et qu’on leur donnerait. MonChéri, qui encore une fois me connait trop bien, n’a rien objecté et m’a regardé m’affairer de loin, en vaquant à ses propres occupations, en surveillant quand même de temps en temps que je n’étais pas coincé sous une avalanche de cartons (je vous l’ai dit, il y en avait une grosse montagne).

Est ce qu’un jour les annonces de grossesse ne nous font plus rien ? Est ce qu’avec un enfant dans les bras on le vit mieux ?

(Edit : le soir pour se faire du bien on a fait ciné-resto… on a mangé au Courtepaille ! Mouahaha…)

La certitude des autres

On ne cesse de l’entendre : « Vous êtes jeunes, vous aurez un enfant ».

Ca part d’un bon sentiment, on veut nous rassurer. Parfois il y a une note d’amertume, dans les sous-titres on peut lire : « je vous envie ».

Alors oui c’est vrai, je ne peux nier cette chance, je suis jeune, et MonChéri… fait plus jeune que son âge. Les gens oublient que mon âge n’est pas le sien, ou l’inverse…

Mais ce qui est le plus dur à entendre c’est la certitude des gens.

J’ai entendu pendant des années des certitudes, des « y’a pas de raisons »… et s’il y a bien une chose que j’ai appris c’est qu’on ne peut jamais, jamais, jamais être sûrs de rien.
Parce qu’il n’y avait pas de raisons que nous soyons infertiles, parce que tout le monde était sûr que la FIV allait marcher, si ce n’était pas la première c’était le seconde et ainsi de suite, pareil pour les IAD, et que quand ça a marché une fois ça remarchera…

Et surtout vous savez, il n’y avait « pas de raisons » pour que mon fils soit malade…

Alors maintenant, je suis malade de la certitude, c’est presque de la superstition. Quand on me dit « je suis sûr » j’ai l’impression qu’un sort est jeté, que forcément l’inverse arrivera… C’est mon « abracadabra » à moi, sauf qu’il ne fait pas trop rêver.
Je sais que dans ce monde où rien n’est certain, quand on me dit « vous aurez un enfant » ça veut dire que nos chances sont optimales, je devrais le prendre comme un encouragement… mais s’il vous plait, prenez soin de mon cerveau, espérez haut et fort mais ne soyez sûrs que silencieusement.