Déconfinement

Voilà, à partir de demain nous serons un peu plus libres.
Quoique la prudence fait qu’on ne fréquentera pas tout de suite les lieux de rencontre et d’activités où nous avions l’habitude d’aller, donc bon… balades… maison…
Et puis cette semaine MonChéri va reprendre le boulot… moins de temps à trois, à profiter…
Retour à une vie pas tout à fait normale mais un peu plus terre à terre, il va falloir prendre les rdv que l’on a pas pu prendre ces deux derniers mois, dentiste, ophtalmo, véto… comme des milliers d’autres personnes, ça va être l’orgie…

Donc en fait, pour tout vous dire, on a juste super les boules.

Bon ok, cette situation, c’était pour des raisons dramatiques, et puis on ne peut pas rester indéfiniment sans bosser, mais en gros privilégiés que nous sommes, j’en ai bien bien conscience, on se satisfaisait pas mal de tout ça.

Cette expérience va -telle nous amener à changer quelque chose dans notre vie ?
Ici je ne sais pas, notre conscience écologique est déjà bien développé, on consomme déjà peu, et en très grande partie local, bio, d’occasion… Je suis déjà convaincu de la nécessité d’une décroissance, d’un changement radical de nos modes de vie et de consommation, cette pandémie n’a pas été une surprise, c’était attendu, ça fait bien longtemps que certains tirent la sonnette d’alarme… Y aura -il une prise de conscience globale ? J’espère mais j’en doute quand même…

Au moins on a eu le temps de faire un potager, l’entretien de la maison, du jardin, plein de petits bricolages qui auraient pu attendre encore des mois voir des années… et puis, moi qui espérais voir revenir certains de mes projets, étouffés par dix années d’infertilités, je ne suis pas déçue, très surprise par la tournure que ça a pris, mais infiniment heureuse !
(Pour les curieux, je vais publier un article privé, mais je vous préviens, ça n’a aucun lien avec les thèmes de ce blog ! Ca parle juste de ma passion, de mon parcours pro, et de la drôle de tournure que ça prend ! Mot de passe par mail : jaimepaslechocolat@yahoo.fr )

Confinement

Ca manque un peu d’originalité dans le thème mais, que voulez vous, c’est l’actualité.

Confinés nous sommes. Je dois vous dire un truc : ça ne change pas beaucoup mon quotidien. Certes nous n’avons plus accès à la médiathèque, à la ludothèque, au parc… toutes ces petites sorties qui agrémentaient nos vies à S. et moi, mais en échange on a MonChéri à la maison, et ça c’est cool (soit dit en passant, pour MonChéri, entre le congé adoption, les vacances, son arrêt pour opération et maintenant le confinement… y’a pas à dire, on a accueilli notre fille dans des conditions optimales avec beaucoup de temps à trois pour cette première année). Et puis on a un jardin, alors on ne va pas virer claustrophobes.

Bref, le gros changement, c’est pour les autres et ça me fait tout drôle de savoir que, pour une fois, je ne vis pas à l’envers du monde. Contraints et forcés, les gens se mettent au rythme qui est le mien et, même si j’ai bien conscience que tout cela arrive dans des circonstances terribles, qu’économiquement certains vont en souffrir et que ceux qui sont contraints de travailler vont trimer trois fois plus alors que ce sont déjà ceux qui sont usés par un système défaillant, je pense aussi qu’il y a beaucoup de monde à qui ça va faire du bien.
Arrêter de courir pour le boulot, de s’y surinvestir pour pas grand chose, arrêter de consommer à outrance.
Rester chez soi, prendre le temps, retrouver ses enfants, son conjoint, se contenter de choses simples, voir vraiment ce qui nous entoure…
Qui sait ? Peut être qu’à la fin ils seront nombreux à décider d’opérer un gros changement dans leur vie. J’ai l’espoir que cette « guerre » amènera les gens à se questionner, à remettre certaines choses en question, pour eux, pour l’humanité et pour la planète.

Bref, à ceux que ça concerne : bienvenue dans mon monde, profitez, ralentissez.

Pour ceux qui sont au front : le monde vous soutien, courage à vous.

A tous, prenez soin de vous et des autres, même si ça nécessite de rester chez soi à se regarder le nombril.

Anniversaire

Voilà une situation particulière qui peut se résumer en une phrase surprenante : ma fille de quelques mois va avoir trois ans.
Si si. Elle est ma fille. Depuis quelques mois. Et dans quelques jours elle aura trois ans.

Nous préparons fièrement son anniversaire, nous lui avons expliqué cette journée particulière et elle l’attend ( « S. quel âge vas-tu avoir ? » « T’ois » dit-elle… avec ses dix doigts en l’air !)… mais lorsque j’ai accouché de mon fils, j’ai réalisé que la personne pour qui un anniversaire a le plus de signification n’est pas celle qui le fête mais celle qui a enfanté. Elle sait ce qui s’est passé ce jour là, en détail, tout est imprimé, heure par heure, le temps, les odeurs, les visages, la douleur… Cette journée elle en a un réel souvenir.

Il y a trois ans une autre femme a mis au monde ma fille. J’aurais aimé être là, savoir, heure par heure, être au premier rang de la découverte de cette enfant, de son premier regard… mais l’histoire ne devait pas être celle là, elle seule connaît les secrets de cette journée. Il y a trois ans elle a mis au monde sa fille, la mienne, et la prise contre elle.
Aujourd’hui, je pense à elle, elle qui a accompagné, porté, soigné sa/ma fille durant ses premiers mois et qui a du se résigner à l’abandonner. Elle n’a pas été que génitrice, elle a été sa maman comme je le suis aujourd’hui. La douleur de la décision, la douleur de la séparation, la douleur du vide… je l’ai vécu d’une autre manière, mais comment vit-on de savoir son enfant encore vivant quelque part mais pas auprès de soi ? Que vit-elle aujourd’hui ?

Il y a quelques temps nous discutions avec MonChéri de tous ces « fantômes » qui composent notre famille. Il y a « papa, maman et S. », trio bien vivant et inséparable, et puis il y a un fils/frère aîné quelque part dans les étoiles et une première maman quelque part dans ce monde. Il faut composer avec, construire autour, donner une juste place à chacun…

En attendant, dans quelques jours, notre fille va fêter ses trois ans… et elle, comment va -telle le vivre ?

Merci 2019 !

Me voilà avec un peu de temps pour moi, comme d’habitude à cette période je suis allée lire l’article de l’année dernière, voir de quelle façon je portais mon espoir. Quelle émotion de se retrouver un an après avec notre vœux le plus cher exaucé ! Oui cette année nous avons été chanceux.

Noël est passé, tellement plus léger, tellement plus heureux… tellement étrange pour nous qui l’avons fui si longtemps. Mille fois j’ai pensé à toutes celles et ceux pour qui cette période est devenue un supplice. Je n’oublierai jamais.

Notre petite S., elle, n’aura pas été très chanceuse pour Noël puisque le 24 au soir elle était au lit à 19h avec 40 de fièvre (et nous de vivre nos premières nuits de parents d’enfant malade), ça n’a pas empêché les étoiles dans les yeux le lendemain matin heureusement.
Notre souhait de ne pas la voir crouler sous les cadeaux-babioles a été relativement bien respecté jusque là, elle a eu de beaux jouets et elle en est ravie.

Pour le reste, notre demoiselle traverse de nouveau une période d’angoisses pour une raison que nous n’avions absolument pas anticipée : sa tentative de propreté. Eh oui, ça aussi ça demande du lâcher prise, et le lâcher prise est encore difficile malgré tout… Retour en arrière, on attend que ça se tasse.
En revanche elle a passé avec succès et sans stress ses premières heures sans nous, à la maison, de jour, avec une baby-sitter qu’elle connaît bien. La possibilité d’un resto en amoureux se profile.
Quant au sommeil est une affaire qui roule.

Voilà, nous terminons 2019 avec, à nos côté, notre fille merveilleuse. S. est un soleil vivant, elle ne laisse personne indifférent avec sa joie de vivre et son regard intense. Elle est une petite fille à la fois sensible et forte, plusieurs personnes m’ont déjà dit : « elle s’en sortira toujours dans la vie, ça se sent » et je le crois volontiers.

Que nous souhaiter pour l’année à venir ? Encore et toujours du bonheur, une vie paisible avec ses plaisirs simples. Et puis une reprise du boulot en douceur pour moi, une entrée à l’école tranquille pour elle.
L’aboutissement de notre quête laisse place à d’autres projets, peut-être pourrais-je renouer avec d’anciennes envies ?

A tous je vous souhaite une année aussi chanceuse que celle que nous venons de vivre, et rdv dans un an pour le bilan !

Le sommeil (2)

Aaaaah, le sommeil, un bon sujet « problème de riche » (j’en suis consciente et j’en remercie la vie chaque jour) qui ne se tarit jamais !

S. a finalement trouvé toute seule la solution pour s’endormir tôt et très rapidement le soir… faire la grève de la sieste.

Sauf que, d’évidence, elle a encore besoin de la sieste. Rapport au fait qu’elle se transforme en gremlins plus ou moins tôt dans l’après-midi (edit : et aux monstrueuses terreurs nocturnes la nuit venue). Faute de mieux on maintien un (long) temps calme dans son lit et on renonce à toute vie sociale.

Phase normale, c’est de son âge, me direz vous…

… vous avez des techniques de survie en attendant que ça se stabilise?

Où l’on reparle du déménagement

Rappelez-vous combien je vous ai saoulé il y a deux ans (et même bien avant) avec mon déménagement. Vous pensiez que c’était fini ? Eh bah non !

Non, je vous rassure je n’ai pas la bougeotte, on ne va pas re-déménager. On a simplement croisé l’acheteur de notre maison. Souvenez-vous, ils m’avaient marqué dès le départ, ici, puis après, on sentait bien qu’il y avait en eux quelque chose qui nous faisait écho…

Bref, forcément la discussion a été tout de suite axée sur la merveille que je tenais dans mes bras, donc sur les enfants, et de fil en aiguille nous nous sommes rendus compte qu’ils avaient acheté notre maison pour la même raison que nous nous la vendions : changer d’air après la perte d’un enfant, une fille pour eux. A six mois de grossesse. Par IMG.

Et pour nos deux couples ce déménagement a été salutaire. Ils ont eu un petit garçon dans cette maison qui n’a pas vu naître le nôtre, et ils en attendent un second.
Ça fait tellement plaisir de savoir que la vie a repris le dessus dans cet endroit ! J’avais tellement peur qu’il soit maudit et qu’on leur ait vendu les emm*rdes avec la maison…
On est invité à y revenir boire un verre « un de ces jours », je dois dire que j’en ai bien envie.

Mais quand même c’est dingue, cette maison qui a réuni ces mêmes histoires…

Il en faut peu…

Se décider à acheter ce pantacourt bermuda mais qu’est ce que je suis nulle en fringue pantalon de sport, léger, souple, arrivant juste en dessous du genou, que je zieute depuis quelque temps.
(Excuse : ) Parce que ça sera quand même plus agréable pour le yoga l’été.
(Vraie raison : ) Parce qu’il serait parfait pour… voyager, si… on est chanceux.

Rentrer.

Regarder l’étiquette.

Lire « made in Là-Bas ».

Sourire béatement pendant des heures.

Comment j’ai eu trente ans

Ce jour là MonChéri s’est couché à 3h du mat, trop pris dans son jeu, alors jusque là je n’ai pas bien dormi (mais il a été le premier à me souhaiter mon anniv).
A 9h, alors que je me levais doucement (jour de repos), que ma tartine était beurrée et ma tisane bien chaude, MonChéri s’inquiète : il va être en retard. En pyjama, l’oeil flou, je laisse tartine et tisane pour le conduire à la gare. Je rentre. Ma clé se coince dans la serrure du portail.
Je passe par dessus, joue au Tetris dans l’armoire pour accéder à la caisse à outil, me fait tomber un truc lourd sur le pied et commence à me dire que cette journée pue. Je récupère une pince, du dégivrant, ma clé, je bois ma tisane plus très chaude et mange ma tartine en espérant que le chat ne l’a pas léchée entre temps.
Je ressors, pour aller à la banque (prêt pour l’achat d’une voiture, ou comment nos voitures ont la bonne idée de nous lâcher alors qu’on prépare un voyage de deux mois au bout du monde) (« vous avez des enfants » qu’ils nous ont demandé, les concessionnaires, tous, « va te faire mettre » j’ai pensé, fort, à chaque fois), ma clé se re-coince, je dégaine la pince, casse la clé. Je passe par dessus, prend la voiture (heureusement restée de l’autre côté), vais voir ma banquière.
Je rentre, je fais Bob le bricoleur pour forcer l’ouverture du portail pour pouvoir rentrer la voiture, me n*que les mains au passage, puis retourne la maison à la recherche d’un cadenas, d’une chaîne, d’un antivol, n’importe quoi pour tenir le portail fermé. Je rentre, me pose trois secondes.
Ma soeur me propose un resto, je ressors. Je fais trois fois le tour du centre ville pour trouver une place, je me gare, je vais chercher un ticket à l’horodateur, le pose sur le tableau de bord, il s’envole avant que la portière soit fermée, sous la voiture (là j’hésite à m’allonger par terre pour pleurer en tapant des pieds et des mains mais je me retiens), puis un peu plus loin, je le rattrape. Je vais manger.
Après manger je retourne à la maison, j’avais oublié un « détail » : pour la signature électronique du prêt il faut passer par mon « espace personnel » auquel je ne me suis jamais connecté et dont je ne connais pas le code d’accès. Je retourne le classeur « banque », trouve le code (obsolète) de MonChéri mais pas le mien. Le site me propose de m’en envoyer un nouveau… par la poste, ou sur l’application smartphone. Je dois signer ce contrat tout de suite pour avoir les sous à temps, et je n’ai pas de smartphone (je pousse des cris hystériques chez moi).
J’envoie deux messages désespérés à ma banquière. Je reçois un nouveau code par sms (merciiiiii), me connecte. Le site plante. Cinq fois. Puis je n’accède plus du tout au dossier. J’insulte mon PC. Ma banquière m’appelle pour savoir si j’ai eu un nouveau code, je lui dis que oui, mais que ça a planté, cinq fois, et que j’insulte mon PC mais que ça marche pas mieux. Elle me répond qu’elle a souvent essayé aussi mais toujours sans résultats, elle me renvoie un dossier. Ca ne marche pas. J’essai de négocier avec la Vie pour retrouver mes 29, parce que décidément trente c’est la merde. Ca marche pas. J’abandonne. Je retourne en ville parce que le soir c’est resto.

Ma soeur m’avait parlé deux jours plus tôt d’une décennie prometteuse. J’espère que le reste ne sera pas à l’image du premier jour !

Bilan et vœux

(Le titre original de ouf)

Voilà, après un Noël que nous avons réussi à garder « confortable », loin des grandes tablées incluant femmes enceintes, nouveaux-nés et donc discussions parentalité-centrées, l’année tire à sa fin et une nouvelle année approche. C’est le moment où chacun dresse le bilan des mois passés et souffle ses vœux pour ceux à venir.

Comme d’habitude, je suis allée lire l’article de l’année dernière… et je ne m’étais pas trompée (bon ok vu les circonstances c’était plutôt facile de deviner) : peintures, bricolages ? Fait, et même bien plus vite que ce que j’imaginais. Nouveau boulot ? J’y suis, après un début compliqué j’ai fini par y faire ma place.
Quant au frétillement de cerveau espéré, là nous avons été plus qu’exaucés : aujourd’hui ce n’est plus un frétillement, c’est le carnaval de Rio dans nos têtes !

Et encore, j’ai du bol, une nuit sur deux j’arrive à dormir correctement !

Et maintenant ? Pour 2018 je ne me faisais pas d’illusions, mais aujourd’hui je regarde l’année à venir avec tout l’espoir du monde sans oser le dire trop fort de peur de Dame Nature, La Vie, Le Destin, que sais-je, ne vienne encore nous couper l’herber sous le pied. Des épreuves sont nés les superstitions et il y a des choses que je ne m’autorise plus à dire, des certitudes, des précisions, des désirs, des tournures de phrases que je ne prononce plus ou que je ne supporte plus d’entendre, auxquelles je trouve des airs de « mauvais sorts »…

Alors que dire ? Comment le dire ? Que nous souhaiter pour 2019 ?

Peut être tout simplement la chance.

Oui, d’être chanceux comme nous le sommes depuis que nous avons mis les pieds dans l’adoption. Suffisamment chanceux pour pouvoir, avec joie, prendre part l’année prochaine aux grandes tablées de Noël qui, je dois bien le dire, me manquent, mais que, pour ma survie psychologique, je fuis.

A vous tous je vous souhaite aussi la chance dans tous vos projets et dans votre quotidien. Que la vie vous soit douce. Que la lumière au bout du tunnel apparaisse à ceux qui traversent les épreuves.