La famille nut*lla refait un petit passage

Une journée EFA.
Un « Et vous ne vous relancez pas dans un agrément ? »
Moi : « Non, on a toujours dit qu’on s’arrêterait là, pour un milliard de raisons, blablabla… »
MonChéri : « … et puis j’ai bientôt 41 ans, là on a eu de la chance, ça a été vite, et puis elle va bien, ça se passe bien, mais s’il faut attendre 5, 6 ans ou plus, c’est pas la peine, blablabla… »

Discussion autour du nombre important de naissances sous x cette année dans notre département, en plus de l’arrivée à l’adoption de pupilles assez jeunes car enfin les services sociaux commencent à bouger concernant les enfants délaissés par leurs parents, et puis le nombre de candidats qui baissent car parcours trop décourageant pour beaucoup et commission d’agrément plus exigeante et opposant plus de refus… donc délai d’attente qui raccourci….
« Vous avez toutes vos chances ! »

Moi : « Ah oui mais non, on a toujours dit qu’on s’arrêterait là, pour un milliard de raisons, blablabla… »
MonChéri : « Ah ouais ?! Hey, ça donne envie… »
Moi :

(Bon sauf que je suis pas un mec mais vous voyez l’idée)

Le pire c’est que le lendemain matin il récidivait : « L’avantage si les assistantes sociales viennent pour une enquête d’agrément c’est que la maison est déjà sécurisée ! »

Ca a été un véritable choc, j’ai mis trois jours à m’en remettre (si si, c’est surprenant mais je l’ai vraiment vécu comme quelque chose de violent), je me suis retournée le cerveau (« Mais pourquoi il me parle d’un autre enfant ?! J’aime trop notre fille pour pouvoir en aimer un autre ! Et puis on est bien là, pourquoi changer et prendre le risque de tout chambouler ?!! … Mais s’il me le demande vraiment je ne pourrais jamais lui refuser ça ! ») et j’ai fini par adopter la position de « arrête d’y penser (ahaha), c’était probablement des mots en l’air, tu verra bien s’il en reparle ».

Bon après deux nuits un peu courtes il a l’air un peu moins chaud quand même…

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Papa travaille

Lundi, vous n’avez pas pu passer à côté, c’était la rentrée. Pour une fois je n’ai pas maudit toutes ces photos de petits écoliers et tous ces commentaires fiero-larmoyant de parents. Non, cette année j’ai juste remercié le hasard d’avoir fait naître ma fille quelques tous petits jours après 2016, de sorte que sa rentrée à l’école n’aura lieu que l’année prochaine. Nous ne l’aurions pas mise maintenant de toute façon, mais là, au moins, nous sommes tranquilles.

Mais hier, mardi, c’était la rentrée pour nous, avec un jour de décalage. Le jour tant redouté… MonChéri est retourné au boulot, après 4 mois sans travailler, entre congés payés et congé adoption, ici et là-bas.

4 mois quel luxe ! Nous sommes bien heureux d’avoir eu tout ce temps pour commencer cette vie à trois, mais quel déchirement hier. MonChéri est triste de ce temps qu’il ne passera plus avec sa fille, moi j’appréhende un peu de me retrouver seul « commandant à bord » la journée, notre équipe parentale fonctionnait plutôt bien comme ça, et c’était rassurant de savoir que l’autre pouvait prendre le relais en cas de besoin.

Bien sûr nous avions expliqué à S. la situation. Elle connaît bien le lieu de travail de son papa, et pour ce premier jour nous sommes allés le chercher le soir (l’occasion de vivre une scène dont j’ai toujours rêvé : voir mon enfant se jeter dans les bras de son père, en plein conseil client, en s’exclamant « papa !! » soit dit en passant les deux collègues qui ont assisté à la scène devaient être presque aussi émus que moi vu leurs têtes !). La nuit qui a précédé n’a pas été très bonne, elle a probablement senti notre appréhension, la nuit suivante non plus. Les journées en revanche se passent bien, de temps en temps elle me parle de « papa » mais répondre « papa est au travail » lui suffit. La demoiselle a quand même ravalé ses grosses colères, preuve que tout ça la chamboule pas mal.

Moi je nous prépare un planning de sorties régulières : médiathèque, ludothèque, lieu d’accueil parents-enfants, sorties au parc… Un réseau que je connais bien de part mon boulot, ce qui m’a valu d’ailleurs mon premier « ah, une nouvelle petite en garde ? » « Non, cette fois c’est la mienne ! ».

Mais cette reprise du boulot, d’un train-train quotidien « normal », c’est aussi quitter l’exceptionnel pour s’inscrire pour de bon dans cette vie de famille dont on a toujours rêvé… quoique après tant d’années… même ça ça parait surréaliste !

« Non »

Ou comment l’étape redoutée de tous devient le plus grand bonheur des parents adoptants.

Ca y est notre fille dit « non », ça y est elle se met dans de très grandes colères lorsqu’elle est contrariée.

Ca surprend quand ça arrive, mais nous sommes contents car elle était bien trop docile notre poulette, trop soucieuse de ne pas déplaire. Il y a beaucoup d’enjeu derrière, prendre le risque de fâcher ses parents ce n’est pas rien pour un enfant dont la plus grande peur est justement de les perdre, sachant d’expérience que perdre un parent pour une raison incompréhensible pour lui… c’est possible.

On en est là donc. Elle ose dire « non », elle ose se mettre en colère, pas juste avec des yeux noirs et une mine boudeuse, non, vraiment ! C’est qu’elle se sent suffisamment en confiance pour le faire. En voilà une belle étape !

Alors il y a les « non » que l’on respecte, ceux que l’on contourne habilement en la laissant faire des choix… et les autres (et les nôtres !) que l’on traite toujours avec bienveillance… mais pas dans le sens qu’elle voudrait !

« Grosse colère » est dans notre top 3 des lectures du moment ! On s’est inspiré du livre pour lui faire une boite à colère, pour le moment ça fonctionne plutôt bien.

Pour le reste elle dit enfin « maman » (et tant d’autres choses !) depuis une quinzaine de jours et quel plaisir d’entendre ce petit mot ronronné à mon oreille quand elle se serre contre moi pour un câlin… (parce que les colères sont loin d’être ce qui caractérise le plus notre joyeuse petite S.).

Evolution (2)

Nous avons passés les deux ans et demi pile de S., le premier « moiniversaire » de notre retour en France, ça fait maintenant cinq semaines, et tout roule !

S. est très à l’aise maintenant quand nous sommes « en public », elle ne fait plus attention aux gens autour (sauf s’ils la fixent), ce qui fait qu’elle demande même à descendre de mes bras pour marcher (nouvel apprentissage : dans la rue il faut donner la main).
Elle semble petit à petit faire la part des choses entre les inconnus-inconnus (gens dans la rue, caissièr(e)s) qu’elle ignore maintenant (avant soit elle se méfiait, soit ils lui semblaient sympa et elle se comportait comme si on lui présentait des connaissances), et les encore inconnus pour elle mais par pour nous, pour lesquels elle comprend vite, vu notre réaction, qu’ils sont sympa et qu’elle peut « créer du lien ».
Quant aux proches qu’elle a déjà vu elle est contente de les revoir ! Elle a même commencé à vraiment interagir et jouer avec notre nièce de cinq ans l’autre jour alors que jusqu’à maintenant les enfants c’était pas trop son truc.

Au niveau du sommeil, on a fait connaissance avec les cauchemars… je vous le dis, il vaut mieux les terreurs nocturnes où l’enfant dort et qu’il faut « juste » attendre que ça passe, que le cauchemar où il faut attendre que ça passe puis le rendormir ! Bon, on ne se plaint pas, on a eu une nuit où elle a mis trois heures à se rendormir (j’ai fini dans le petit lit « de grand » qui attend qu’elle grandisse) mais pour les fois suivantes elle s’est vite rendormie.
En cherchant des solutions pour contenir S. dans son sommeil (elle bouge énormément et ça la dérange dans son sommeil) j’ai fini par demander à une copine de me coudre un boudin en guise de tour de lit, c’est top, S. le rapproche même d’elle pour se faire un véritable cocon dans lequel elle ne peut plus rouler, calée en plus avec deux ou trois doudous.

Elle mange toujours aussi bien, nos invités sont impressionnés par son appétit et par le fait qu’elle mange des asperges avec autant de plaisir que des pâtes ! Elle est bien cette petite, elle n’aime pas les sauces ni les boissons sucrées et autres jus de fruits, et elle préfère le pain à tout ce qui est gâteau, on se garde bien d’insister… Par contre elle adooore le parmesan, c’est l’ingrédient magique quand la demoiselle boude les haricots verts (je l’ai accidentellement dégoûté des haricots une fois en mettant trop d’ail).
Confession : nous en sommes à notre troisième « fast food » avec elle (on a un peu manqué de « hamburger-frites » quand on était là bas), et même si c’était dans un différent à chaque fois, au troisième, à peine passé les portes, elle avait compris dans quoi nous étions.

Elle communique toujours aussi bien, les mots continuent à sortir.
Niveau propreté, on n’a pas insisté, on ne lui demande qu’une chose : dans la petite piscine qu’on a mis dans le jardin il ne faut pas faire ses besoins mais demander le pot si elle a envie. Elle a très bien compris, elle demande, s’assoit dessus trois secondes avant de nous dire  » ‘ini « , évidemment il n’y a rien dans le pot (ni dans la piscine cela dit, elle attend la couche) mais au moins elle s’assoit dessus^^.

Elle a arrêté ses phases « glu », enfin évidemment elle demande à être rassurée parfois, mais ce n’est plus envahissant et empreint d’angoisse comme ça l’a été. Il y a un moment qui reste très angoissant pour elle c’est quand on se prépare à sortir tous les trois, elle adore sortir, elle est super contente quand on lui dit qu’on va se balader, mais au moment où on se prépare il lui faut les bras, elle a trop peur qu’on parte sans elle.
A côté de ça, on sent que l’attachement à son papa (qu’elle appelle bien « papa » maintenant) se « met en route », il y a moins de moments « que maman », elle ne le repousse plus bien au contraire, il y a même des moments « que papa » où je n’existe plus ! (Je ne me roule pas aussi bien par terre). En conséquence j’ai moins envie de mordre les gens qui s’approchent « trop » d’elle, il était capital que l’attachement envers tous les deux soit en bonne voie avant de pouvoir laisser approcher quelqu’un d’autre.

Elle a déjà pris nos mimiques.

Elle fait des milliards de câlins, demande des milliards de bisous. C’est le bonheur ! ❤

De la suite dans les idées…

Hier, visite de ma soeur et de toute sa smala. On est très proches alors c’est la troisième fois, S. est désormais à l’aise avec eux et joue beaucoup avec ses grands cousins adolescents, moins avec le plus jeune de sept ans, elle se méfie beaucoup des enfants de son âge et un peu plus grands, avec les plus petits qu’elle ça a l’air d’aller.

Le pauvre petit dernier de ma soeur faisait déjà doublement la tête : sa cousine ne joue qu’avec les grands et en plus tout le monde a le regard tourné vers elle et non plus vers lui qui était jusqu’à présent le « petit-mignon », mais la coquine en a rajouté une couche… alors que son cousin s’amusait à se faire chronométrer en train de faire un puzzle simple le plus rapidement possible, S. qui n’aime pas trop qu’on touche à ses jouets a décidé de se réapproprier son bien, mais face à la réticence de son cousin elle a trouvé un stratagème, elle lui a tendu un livre et une fois qu’il avait les mains prises elle s’est dépêchée d’attraper des pièces du puzzle et de se barrer en courant (et en se bidonnant parce que nous même étions morts de rire).

Je crois qu’on ne va pas s’ennuyer…

Sinon, aujourd’hui, rdv en consultation adoption. Le médecin n’a pas pu la toucher. Vu sa peur des docteurs et le fait qu’elle soit globalement en bonne santé, inutile de la traumatiser maintenant, le bilan complet attendra qu’elle soit moins farouche. On a apprécié son approche.
(Et à peine sortis du bureau du médecin, la demoiselle fanfaronnait dans le couloir^^)

Evolution

Bientôt trois semaines depuis notre retour en France, déjà/seulement !

Notre petite S. est comme un poisson dans l’eau dans sa maison. Nous avons maintenant notre petites routines, nos habitudes, c’est important pour elle.

Nous avons commencé à voir, par de brèves visites, nos proches et ça se passe plutôt bien. Timide aux premiers abords, elle finit généralement par proposer d’elle même des jeux, sourire, puis lâcher mes bras et descendre de mes genoux pour rapporter tout le contenu de sa chambre, tout en faisant bien attention à notre présence et sans non plus être à son maximum de détente (nos invités entendent peu le son de sa voix alors qu’elle est bavarde !).
Nous avons aussi fait quelques sorties « en public ». Si pas trop de monde elle est à l’aise (jardinerie animalerie, elle courait dans les rayons, on lui a montré les animaux, elle adooore les lapins), s’il y a plus de monde elle reste dans nos bras et observe mais plus ça va, plus elle semble confiante.
On alterne journée avec nouveauté et journées tranquilles pour ne pas la surcharger.
(On a vu le médecin aussi, elle n’a pas du tout aimé…)
Elle aime beaucoup la voiture, dans son siège auto elle voit bien le paysage.

Elle a fini par s’habituer aux animaux, elle a même la fâcheuse tendance à vouloir poursuivre le chat. Alors on explique qu’il n’aime pas ça… Malgré tout le chat reste confiant et patient, plus que je ne l’aurais pensé.

Les terreurs nocturnes diminuent, voilà plusieurs nuits que nous n’avons pas eu besoin de nous lever, on ne prend pas ça pour acquis mais c’est une bonne chose. S. est une très bonne dormeuse, 10-11h de sommeil la nuit, 2-3h de sieste.

Elle accepte désormais de goûter la plupart des aliments qu’on lui propose et on peut dire qu’elle s’intègre bien à la culture française : elle aime le fromage, même assez fort ! Elle adore les olives et les carottes rappées, les haricots verts et les petits pois (et ça c’est cool) et voue un culte aux frites, évidemment.
Elle se débrouille plutôt bien avec la cuillère, sachant qu’elle ne connaissait pas ça avant.

Elle aime jouer au sable, à la pâte à modeler (son père aussi^^), à la dînette et à la poupée (avec laquelle elle est extrêmement douce, pourtant pas vraiment ce que nous avons vu à l’orphelinat dans les comportements des nounous), et aussi à éparpiller ses jouets de partout. Elle adore regarder encore et encore ses imagiers pour nous faire répéter encore et encore des mots.

Elle est lancée sur le langage, nous avons chaque jour de nouveaux mots : tiens, donne, met(-là), boire, banane, ballon, bouée, lapin, grenouille, gâteau, oiseau, crème, lunettes, fini, bulle… plus de nombreux bruits d’animaux ou autres (broum, pimpon, miam…). Ce qui est rigolo c’est que nous avons vu certains « mots » (impossible de vous dire si c’était de vrais mots ou des mots de bébé) qu’elle utilisait là-bas se ré-attribuer à des choses d’ici et donc à une nouvelle définition, c’est le cas par exemple de « grenouille » qu’elle prononce en un mot proche en sonorité que nous l’entendons dire depuis longtemps.
On a aussi « papa » (il est content !) et… « caca » (ouais, elle est glamour notre fille), parce que S. nous prévient quand elle fait dans sa couche (peu importe quoi, ça reste « caca » mais avec la main devant ou derrière c’est selon…). On a donc commencé à expliquer le concept du pot, l’objet trône en double exemplaire dans le salon (à la base c’était pour en avoir un à chaque bout de la maison mais elle les rassemble), elle a très bien saisi le lien mais pour le moment ça s’arrête là et on ne va pas trop l’embêter avec, elle a déjà beaucoup à gérer.

Elle avait l’habitude depuis le début de voir papa s’absenter, là bas pour les papiers, ici pour les papiers aussi. La plupart du temps on essaie de viser le temps de la sieste pour que l’un de nous s’absente mais il faut aussi qu’elle s’habitue à nous voir partir, surtout pour bien se rendre compte que nous revenons toujours. Alors j’ai fait mes premières sorties moi aussi, d’abord courtes (bien passées même si ensuite elle me regardait un peu de travers quand j’allais chercher quelque chose dans la placard de l’entrée) puis une plus longue aujourd’hui où je n’étais pas là pour le repas du midi et l’endormissement de la sieste. J’avais pris bien soin de lui expliquer avant et elle m’a très bien compris : du moment où je lui ai dit elle s’est tourné vers son père et n’a plus voulu que je m’occupe d’elle (en me souriant quand même) jusqu’à mon départ !

Elle est pourtant très maman, c’est même une vraie glu avec moi à certains moments de la journée (alors qu’à d’autres moments je peux tout à fait vaquer à mes occupations, enfin quand j’ai des occupations autres que la regarder^^, sans soucis même s’il faut que j’aille dans le garage ou dans le jardin alors qu’elle reste dans la maison avec son père), surtout aux réveils, comme si il fallait se remettre d’un long sommeil « loin » de nous (ça a commencé avant que je m’absente donc pas de lien), et elle le prend très mal si je dois la faire patienter parce que j’ai des choses dans les mains, ou pire, si je dois la poser parce qu’il faut bien que j’aille aux toilettes !
La technique trouvée pour répondre à son besoin sans que ça ne devienne « trop » (parce que ça devenait compliqué) est de lui dire « ok tu as besoin d’un câlin je te prends mais je ne te sers pas « d’âne de bât », si tu veux jouer et te déplacer tu descends de mes genoux ».
Elle a bien compris et ça fonctionne plutôt pas mal, les temps « glu » tendent à se raccourcir, mais il y a toujours des moments où elle panique malgré tout si je dois la poser. Nous nous sommes donc posés un moment pour lui expliquer qu’effectivement, sa première maman (nous avons utilisé le mot dans sa langue maternelle) un jour l’avait laissée et était partie sans jamais revenir et que ça avait du être très dur pour elle, mais que papa et maman avaient décidé d’avoir S. que nous sommes heureux d’être ses parents et de nous occuper d’elle, que nous ne la laisserons pas et que nous reviendrons toujours. Réaction impressionnante de la demoiselle qui, lorsqu’on a évoqué sa première maman, était au bord du sanglot, et qui une fois la discussion terminée a tendu les bras vers on papa pour lui faire un câlin, acceptant enfin de quitter mes bras.
Après, vu tout ce qu’elle vit comme chamboulements et nouveautés, on ne peut que comprendre qu’elle ait parfois besoin de faire le koala !

Son degré de compréhension est, vous l’aurez compris, très impressionnant, sa mémoire aussi.
C’est assez déroutant de voir cette petite fille à la fois si grande et si petite. D’un côté la maturité d’un enfant qui a du ne compter que sur lui même bien trop tôt et trop longtemps, de l’autre l’immaturité d’un enfant qui a été mis sur « pause » à un certain stade de développement et qui doit rattraper certaines étapes, avec par dessus les angoisses d’abandon qui la rendent très vulnérable.
(Et là on réalise encore mieux la nécessité d’un agrément et d’une bonne préparation. Non ce ne sont pas des enfants « lambda », il faut vraiment des parents qui tiennent la route en face d’eux.)

Nous avons d’ailleurs eu, et avons encore, des passages par les fameuses phases de régressions. A l’hôtel, quand nous étions là bas, pendant quelques jours elle s’est mise à babiller comme un bébé et à marcher à quatre pattes. Ici elle a sucé son pouce quelques jours… sauf que comme elle a horreur d’avoir les mains sales elle nous demandait vite de lui essuyer la bave (elle a une sensibilité particulière au « sale », un point de feutre sur sa peau la perturbe énormément, une saleté dans son bain la fait sortir, c’est très surprenant, mais on connaît déjà ce profil d’enfant, le dernier de ma soeur était exactement pareil, elle lui ressemble beaucoup, même physiquement, c’est rigolo).

De notre côté, nous sommes tous les deux déjà très attachés à notre fille. MonChéri est tout attendri et fier, et moi qui craignait de ne pas réussir à aller au contact de mon enfant (voir mon article quelques jours avant l’appel) je dévore ma fille de bisous.
Pour MonChéri le côté « très maman » et surtout les moments où elle le repousse sont un peu difficiles à vivre même s’il sait que c’est normal. Il a aussi pleinement réalisé combien l’enfance qu’on a vécu et l’éducation qu’on a reçu remontent face à son propre enfant et dit lui même qu’heureusement toutes ces années d’attente et de préparation lui ont permis d’y réfléchir et de travailler dessus, qu’il n’aurait pas été le même père si nous n’étions pas passé par tout ça, il s’en sort merveilleusement bien.
Quant à moi j’ai envie de mordre toutes les mains qui s’approchent de ma fille (autres que celles de son père évidemment, je fond quand je les vois ensemble), et j’angoisse à l’idée qu’elle tende les bras à quelqu’un d’autre que nous. Je me laisse l’été pour continuer à mordre, après on verra.