Ce qui nous a été utile

Parce que ça pourrait servir à d’autres, voici une petite liste de ce qui nous a été particulièrement utile (ou nous aurait été utile) pendant le voyage :

Pour nous :
– Le « sac à jambon« , certains verrons de quoi je parle, d’autres pas du tout, le « sac à jambon » pour faire simple c’est le concept du duvet, on se fourre dedans, mais en drap léger. Quand on arrive dans un logement dont l’état de propreté n’est pas optimal, on est bien content d’avoir un drap et des taies d’oreillers propres. (Je dis « pour nous » parce que l’hôtel dans lequel nous étions avec la petit était très propre mais nous lui avions prévu aussi son sac à jambon au cas où).
– partant du même principe : des lingettes nettoyantes. C’était pas mal de pouvoir donner un coup aux endroits stratégiques. On a manqué d’une éponge et d’un torchon mais on s’est débrouillé. Nous avions pris (et utilisés) des sacs poubelles et deux rouleaux de PQ. utiles aussi des sachets refermables et/ou pinces pour fermer les sachets ouverts, parce que vive les fourmis !
– Nous avions apporté aussi des lingettes pour le corps et en dehors des changes de la petite ça nous a servi à nous à l’aéroport pour une toilette rapide (prévoir des vêtements de rechange pour le voyage en avion c’est bien aussi).
– le savon de Marseille, incontournable, pour le corps, pour les lessives à la main… ça fait du deux en un et ça évite les flacons qui explosent dans la valise.
– Si vous partez du principe que vous allez faire votre lessive à la main justement, vous n’avez besoin que de peu de vêtements, j’ai tourné avec deux bas, trois hauts et trois culottes ! Préférer les matières qui sèchent vite et bien se renseigner sur le pays et les habitudes vestimentaires (épaules et genoux couverts étaient conseillés pour nous).
– bien sûr nous sommes partis avec une pharmacie bien fournie (pour nous et pour elle), les pastilles pour purifier l’eau nous ont été très utiles, l‘HE de tea tree aussi (pour ceux qui ont l’habitude d’en utiliser) et le sérum physiologique.
– un bouquin de Johanne Lemieux pour se rafraîchir la mémoire en direct et selon les difficultés rencontrées.

Pour elle :
– L’album photo de la maison et de la famille. On voit nettement la différence dans sa réaction quand elle rencontre des gens qu’elle a vu en photo par rapport à des inconnus. Nous l’avions aussi préparé au siège auto et à l’avion de cette manière et ça nous a semblé plutôt efficace.
– un imagier photo très complet, nous a aussi aidé à communiquer (nous avions oublié les pictogrammes prévus), à la préparer au retour, à commencer à dire des mots… Nous avons manqué en revanche de petits livres qui racontent le quotidien style petit ours brun ou tchoupi, on pense que ça l’aurait encore plus aidé à comprendre certaines choses.
– des jeux, plein de jeux, là aussi on a manqué (mais acheté sur place), parce qu’il faut trouver à s’occuper tous les jours à l’orphelinat quand on n’a pas beaucoup de liberté (et pas de piscine^^), il y a des choses simples et légères : gommettes, crayons, cahier pour dessiner, ballons de baudruche, petite voitures, personnages, marionnettes, balle en mousse… Les cubes qui s’emboîtent les uns dans les autres ont eu un énorme succès, le brumisateur aussi. Nous aurions du aussi échelonner plus, ne pas apporter trop de jeux à la fois et faire tourner pour ne pas qu’elle se lasse.
– un petit sac à dos, pour y mettre les jeux justement, et la tasse à bec (ou gourde) très utile aussi.
– des biscuits, toujours sur nous quand nous allions dans les administrations avec elle ou lors du voyage. Parce que nous ne savions jamais combien de temps ça allait durer, et qu’il n’y a rien de mieux pour faire patienter tranquillement aux moments délicats. Ca on les a acheté sur place évidemment.

Je compléterais si je pense à autre chose.

Le voyage

(Je sais que les témoignages sont importants quand on est soi même dans le parcours, plein de questionnements et avide de connaître l’expérience des autres pour se préparer, voici donc mon court témoignage, si d’autres questions vous viennent, pour approfondir certaines choses ou sur des sujets que j’aurais peut être oublié d’aborder n’hésitez pas, je pourrais y répondre, ou non, en public, ou non, mais n’hésitez pas 😉 )

Nous sommes partis le 5 mai, tôt, pour arriver le 6 là bas, tôt également (décalage horaire, longue correspondance…).
A peine posés les pieds sur le sol du pays, le correspondant local nous emmène au service adoption pour signer des papiers pour le début de la procédure, puis chez l’avocate pour signer des papiers encore. On est complètement décalqués après beaucoup d’heures sans sommeil (on a quasi pas dormi dans l’avion, on a peu dormi la nuit d’avant…), les gens nous parlent mais on a du mal à réagir, bon tout le monde est compréhensif.
La bonne nouvelle c’est que comme nous avons réussi à voir tout ce monde rapidement nous pouvons rejoindre dès aujourd’hui la ville où se trouve l’orphelinat. 4 à 6h de route en temps normal, pas parce qu’il y a beaucoup de km, juste à cause de la circulation, 3h30 avec notre super chauffeur. Il faudrait trois articles au moins pour vous décrire la conduite là bas, mais on s’y est plutôt bien fait, depuis notre retour on trouve les trajets en voiture vachement monotones quand même.
Et puis les paysages, les trucs improbables sur le bord de la route, la végétation et la faune (« euuuuh c’est des chauves souris les trucs énorme là ? » « Oui oui ») (et encore je vous dis pas tout)… on est décalqué mais c’est impossible de fermer les yeux, ou alors pas longtemps, il y a trop à voir !
C’est la toute fin d’après midi, notre correspondant nous emmène… à l’orphelinat. Je n’imaginais pas faire une rencontre dans ces conditions, nous déphasés, elle (toute belle dans une robe bleue) qu’on nous met dans les bras sans prendre le temps de s’apprivoiser (d’autant qu’on le saura après mais à cette heure là les enfants sont couchés). Elle hurle, forcément, et on semble attendre de moi que j’arpente la pièce pour la calmer (il y a beaucoup de monde autour de nous), moi je préfère qu’une nounou la reprenne pour faire connaissance tranquillement alors qu’elle est calme dans ses bras, le fait est que nous arrivons de cette manière à lui parler et échanger quelques regards sans pleurs. Nous ne restons pas longtemps, il est tard, nous allons prendre possession de notre chambre dans une chambre d’hôtes à 2 minutes à pied de l’orphelinat.

Le lendemain est à nos yeux la vraie rencontre, celle dans de bonnes conditions pour tout le monde. S. pleure quand on me la met dans les bras mais peu de temps. Nous sommes installés dans une pièce à l’écart (un dortoir pour les adultes), nous avons un petit accès à l’extérieur. S. est assez figée (on ne s’attendait pas à autre chose, à vrai dire on imaginait même pire) mais elle observe beaucoup, manipule les jouets que nous avons apportés et cherche même le contact… avec ses pieds.
On nous avait dit 8h-12h mais on se rendra vite compte qu’en fait à 11h les enfants sont couchés, le fait est que le premier jour à 11h S. s’endort dans les bras de papa, épuisée. Aussi, rapidement, nous accorderons nos heures de visites à ses heures à elle, nous faisons 8h-11h et 14h-17h. Au bout de quelques jours nous demandons aussi à pouvoir lui faire les soins et lui donner ses repas.
Le deuxième jour déjà il y a un gros changement, son visage s’ouvre, elle participe, joue activement et nous avons même des sourires ! Elle ne quitte pas nos bras, refuse de poser le pied par terre, même changer de bras est angoissant pour elle.

A partir de là, chaque jour il y aura des évolutions. Des câlins, des rires, plus de pleurs quand elle nous voit arriver mais quand elle nous voit repartir, des bras tendus, des mots qui sortent de sa bouche, les pieds enfin posés par terre, marcher d’abord, puis courir et se précipiter dans nos bras quand passent des inconnus (ou juste pour le plaisir)…
Notre petite S. est curieuse de tout, elle aime rire, et croyez moi, elle est très loin d’être bête, on sent qu’elle analyse et réfléchit beaucoup et on est souvent bluffé.
Elle nous a vite montré son caractère aussi, quand on dit non elle se fâche, lève parfois la main et/ou se met à pleurer à chaudes larmes. C’est devenu aujourd’hui beaucoup plus rare, pour nous c’étaient des réactions de peur et de défense (à l’orphelinat ils sont très bien nourris et soignés, mais côté bienveillance du personnel ce n’est pas toujours ça…), aujourd’hui elle fait toujours la gueule quand on dit non (forcément, on ne va pas s’attendre à l’inverse) mais ça ne dure jamais longtemps.
Il y a pas mal de phase maman où papa est tout juste toléré, il y a eu aussi quelques phases papa, et des phases d’équilibre.
Au début nous l’appelions par ses deux prénoms, prénom d’origine (gardé en deuxième prénom) et prénom que nous avons choisi, au bout de huit-dix jours nous n’utilisions plus que S.

Beaucoup plus rapidement que prévu (même pas trois semaines), pour notre plus grand bonheur, une date de jugement nous est annoncée. Il faut retourner à la capitale, S. nous rejoindra là bas avec la directrice de l’orphelinat et une nounou.
On ne fait pas les fiers le jour du jugement, tout est très cérémonieux, mais le juge nous donne le graal, à partir de ce jour S. reste avec nous, elle est officiellement notre fille !!!
Nous allons maintenant vivre à l’hôtel (avec piscine) jusqu’à ce que nous ayons obtenu le passeport de S. puis son visa pour qu’elle puisse rentrer en France. Mais avant de pouvoir faire tout ça il faut attendre que le jugement soit édité, signé, tamponné… ça mettra plus d’une semaine, sans ça nous aurions battu le record du séjour le plus court depuis longtemps dans le pays.
En attendant que nous ayons les papiers du jugement nous ne pouvons pas sortir de l’hôtel car rien ne prouve que S. est notre fille et la population locale a parfois peur des vols d’enfants et font des signalements à la police (à l’hôtel ils sont habitués, je crois qu’ils voient passer les adoptants de tous les pays) mais de toute façon vu que le climat actuel est un peu tendu nous ne sommes quasi jamais sortis de nos « lieux de vie », si ce n’est pour faire les courses et les papiers. C’est un peu dommage, nous aurions aimé en voir plus, mais sécurité avant tout.

S. s’adapte très vite à sa nouvelle vie à l’hôtel. Les premiers jours il y aura deux ou trois coups de blues mais ça ne dure pas. Généralement elle dort bien la nuit et nous fait de grosses siestes, il arrive parfois qu’elle fasse des terreurs nocturnes. On découvre très vite aussi qu’elle a besoin d’être contenue dans son sommeil, sinon elle roule énormément et chouine en dormant, nous réduisons donc son espace dans le lit grâce à un savant système d’empilage de coussins !
A l’heure du coucher elle nous fait des cabrioles sur le lit, elle chante, nous fait des mimiques incroyables, impossible de rester sérieux les premiers soirs, l’endormissement prend « des heures », on finit par prendre un air plus ferme (en se cachant derrière nos mots fléchés pour ne pas qu’elle nous voit rire), ça marche, elle s’endort plus vite. Et pour faire les fous sur le lit, on se donne un autre horaire en journée !
Nous avions peur qu’elle soit effrayée par la piscine mais pas du tout, elle y est à l’aise tout de suite. Nous y allons matin et soir et elle s’en donne à coeur joie ! Avant notre départ elle en était à se laisser flotter sur le dos avec ses brassards en battant des pieds, à l’aise je vous dis !
Tout le long du séjour, alors qu’elle voit le même personnel chaque jour, elle fera « la tronche » aux gens, se précipitant dans nos bras à leur approche et ne leur souriant que lorsqu’ils sont au loin, trop loin pour venir la prendre. Très bien.

Enfin jeudi dernier en début d’après midi l’ambassade nous appelle pour nous dire que le visa est arrivé. MonChéri y court puis va faire changer nos billets et acheter celui de la petite pour un retour le lendemain ! Dans l’avion (partis le matin arrivés le soir) la demoiselle joue tranquillement et dort !

Encore une fois les capacités d’adaptation de notre fille nous bluffent. Elle nous a fait une nuit de terreurs nocturnes (faut bien que ça sorte d’une façon ou d’une autre quand même) mais sinon elle a repris son rythme, ses nuits, ses siestes, son appétit… Elle traverse la maison en semant des jouets, elle essaie de sympathiser avec le chat mais se tient à distance de la chienne (l’une de nos chiennes est morte pendant que nous étions là-bas, pas facile comme situation pour moi qui n’ait pas pu accompagner ma chienne et pour ma mère qui a du prendre la décision…) pourtant au vue des caractères de l’un et de l’autre elle ferait mieux de faire l’inverse !
Les mots français arrivent. Nous elle nous appelle tous les deux par le mot « maman » de sa langue d’origine (quoiqu’elle fait maintenant une légère variante pour MonChéri) !
Elle nous comprend très bien et elle a toujours su très bien communiquer avec nous même sans un mot de français.

Nous étions bien préparés, nous avons beaucoup lu et participé à des réunions, soirées débat… tout ça nous a beaucoup aidé, nous a probablement évité des erreurs, nous a donné des clés, que faire, que ne pas faire dans telle ou telle situation… mais il faut dire aussi que nous sommes tombés sur une perle, notre fille est pleine de ressources et son début de vie auprès de sa mère biologique (quelques indices nous font dire qu’elle était aimante malgré la situation) lui a probablement donné les armes pour affronter les ruptures, l’orphelinat, et recréer des liens ensuite.

Une dernière chose : je l’avais déjà dit, ce voyage était pour nous deux le premier gros voyage hors frontières, en avion… (hormis pour moi qui l’avais pris à 8ans… il y a longtemps donc, et pour un temps très court). Gros défi !
Eh bien tout s’est très bien passé. Pour être très honnête, la première semaine on n’était pas très très sereins, plutôt dans le « plus jamais on ne voyagera »… et puis quand on s’est rendu compte qu’on savait très bien se débrouiller et que tout allait bien on s’est détendu et aujourd’hui d’une part on est assez nostalgique du pays mais en plus croyez moi on est prêts à repartir voyager et découvrir d’autres endroits sur la planète !

Rentrés

Finalement il n’aura même pas fallu six semaines, nous sommes rentrés hier, à trois, heureux, comblés.
Nous avons eu le jugement très rapidement, la paperasse ensuite a été un peu longuette (on se tapait toujours les weekends au milieu, ça repoussait chaque étape de deux jours) mais elle était alors avec nous, nous étions à l’hôtel, dans la piscine, au resto… cool quoi !

Notre petite fille a continué son évolution de manière fulgurante. Elle est très vive d’esprit, curieuse de tout et très joyeuse. Elle est plutôt cool, la journée d’avion s’est très bien passée entre jeux et siestes, et là, alors que nous avons chamboulé tous ses repères, elle joue, rit, chantonne… et a fait sa nuit complète d’une traite alors que nous nous attendions à une nuit chaotique (elle fait parfois des terreurs nocturnes).
Elle nous est déjà très attachée, en présence d’inconnus elle vient tout de suite se rassurer dans nos bras. Elle est très câline, elle aime les bisous et nous prendre par le cou pour nous serrer très fort entre ses bras.
Elle ne nous parle pas encore français mais nous comprend déjà très bien et sait très bien se faire comprendre.
Elle a son caractère, elle n’aime pas qu’on lui dise non, mais ne boude jamais longtemps. Elle a aussi eu des réactions de peur et de défense lorsque nous lui disions « non » mais nous avons à priori réussi à la rassurer, elle ne réagit plus aussi fortement.

Ce que nous vivons est merveilleux, cette petite fille, notre petite fille, est incroyable, une vraie force de la nature.

Il est tard… je repasserai 😉

Message rapide

Juste pour « rassurer » tout le monde, notre voyage aller s’est bien passé, nous avons vu rapidement notre fille le 6 au soir et depuis nous y allons tous les jours.
C’est impressionnant comme les choses vont vite (et bien), mardi, première vraie journée avec elle, elle était toute figée mais depuis hier (jour 3 déjà entamé ici) son visage change, elle se détend, s’ouvre, joue, sourit…
J’ai déjà de gros câlins (de toute façon elle refuse qu’on la pose) et des bras tendus vers moi, elle est un peu moins à l’aise avec MonChéri mais ils s’amusent bien quand même tous les deux. Que d’émotions ! Et quelle petite fille incroyable !

Nous n’avons pas le temps de faire grand chose d’autre, le midi on rentre pour manger (le temps de sa sieste) puis le soir on est crevés, on rentre, on raconte la journée aux proches, on mange et dodo. De toute façon il y a un climat particulièrement tendu dans le pays en ce moment, alors déjà qu’on n’y allait pas pour le tourisme, là il vaut mieux rester tranquille.

Vous risquez de devoir attendre mon retour pour avoir un récit plus détaillé, on espère que les démarches iront vite (autour de 6 à 8 semaines pour les dernières adoptions, on espère être du côté des 6…)

A bientôt !

J-6

J-6, c’était mon dernier jour de boulot.
J’ai laissé les petits (et les collègues), non sans un léger pincements au cœur, ma mission là bas est terminée mais c’est l’aventure de ma vie qui commence, ce dernier jour de boulot c’était aussi une grande étape vers notre départ !

Nous sommes prêts, depuis une semaine déjà : paperasse, vêtements, affaires pour la petite, anti-moustiques et autres trucs en « anti » (antibio, anti-diarrhéique, antiseptique…), alors on trépigne un peu, mais ça va, on gère.

Nous avons eu le correspondant local au téléphone le weekend dernier, en entendant sa voix, son accent, j’ai eu envie de sauter là tout de suite maintenant dans l’avion, envie de voir enfin ce pays, ces gens, qui nous offrent le plus beau des cadeaux. Il s’est montré rassurant et optimiste, pour lui nous ne devrions pas avoir de retard dans les procédures.

Ces derniers jours, on a souligné nos « dernières fois avant longtemps », dernier samedi seule à la maison pour moi, dernier ciné, dernier ci, dernier ça…

Cette semaine la famille se succède à la maison, là ma mère qui vient chercher nos animaux, puis mon frère, puis mon père pour le départ. Ca va passer vite… peut être, le temps a toujours tendance à s’étendre quand on est impatient !

Vivement, vivement, vivement !!!

Préparatifs

Que dire ? Je n’ai plus le temps de passer ici, on ne touche plus terre, dans tous les sens du terme, des listes de choses à faire ont envahi la maison et dès qu’on pense être arrivée à bout d’une, une nouvelle apparaît.
C’est grisant.
Chaque jour tout ça devient un peu plus réel, chaque jour nous rapproche d’elle.

Rdv avec notre OAA, revoir le protocole, le déroulé du voyage, leur dire combien on plane !

Rdvs médicaux… Des vaccins tiens, un dans chaque bras l’autre jour, hépatite A et rage. Ca fera des anecdotes rigolotes à raconter à notre fille, vous auriez vu la tête de MonChéri quand le médecin a sorti les piqûres (et en plus il va s’en prendre encore quelques doses car pas à jour de certains vaccins) !

Achats surréalistes : « Chéri… y’a des couches dans notre caddie… », rentrer dans des magasins dans lesquels on n’a plus mis les pieds depuis des années, avoir encore un peu de mal à s’y sentir légitime, mais regarder les ventres ronds qui le peuplent sans aucun pincement au coeur.

Des cadeaux… je crois qu’on a de quoi l’habiller avec une tenue différente chaque jour jusqu’à ses cinq ans sans jamais faire de lessive. Et la générosité incroyable des collègues de MonChéri qui nous offrent le plus beau des cadeaux : du temps.

Fêter la nouvelle : ça fait 15 jours qu’on ne mange plus chez nous les soirs, ou alors avec des invités.

Se préparer pour elle, reconstituer son histoire, construire le récit de ce qui l’aura menée jusqu’à nous, préparer les souvenirs…

Mesurer notre chance.

Le jour de sa naissance

L’une des premières choses que j’ai cherché après l’Appel, c’est à savoir ce que nous faisions le jour de sa naissance. Merci le blog, j’ai eu ma réponse.
Ce jour là j’avais rdv chez l’acupunctrice. Je me souviens de cette séance. A cette période je n’allais pas très bien, nous venions de laisser nos dossiers à notre OAA pour qu’ils soient envoyés et nous nous retrouvions soudain avec plus rien d’autre que l’attente devant nous. Après des mois de mouvements, entre l’agrément, les courriers, les montages de dossiers… plus rien si ce n’est des questionnements sur mon avenir professionnel, sur moi-même, une maison qui me déprimait toujours plus… Mais ce jour là j’avais rdv chez l’acupunctrice et décidé de changer les choses. J’ai décidé d’entamer une thérapie, qui a changé ma vie, MonChéri avait fini par admettre l’idée d’un déménagement, qui a changé notre vie aussi.
C’est dingue de se dire qu’à des milliers de km de distance, le jour de la naissance de notre fille a été le déclic du début d’une nouvelle vie pour nous, et nous ne savions pas encore à quel point !

MonChéri aime dire autour de nous que notre fille a attendu, attendu que les travaux soient finis, que nous ayons la nouvelle voiture, une nouvelle carte bancaire pour voyager, et les conditions idéales côté boulot. En effet MonChéri n’ayant pris aucune vacances depuis l’été dernier il se retrouve avec ses cinq semaines + deux mises de côté lors de son arrêt pour son poignet + une semaine en heures supp… soit huit semaines en tout, soit la durée prévue du voyage. Initialement nous imaginions devoir faire une partie en « sans solde », et bah même pas ! Ensuite monsieur prendra les dix semaines de congé adoption, le pied ! Et moi ? Mon CDD prend fin, je pourrais prendre le temps d’accueillir ma poupette ❤
Un autre truc absolument merveilleux c’est qu’étant de janvier, elle ne rentrera à l’école qu’en 2020 (avec sa cousine !). Pas besoin de se battre ou de se justifier pour retarder son entrée à l’école, elle va bénéficier de plus d’un an pour pouvoir se poser tranquillement, s’attacher, s’enraciner… un vrai luxe au regard de certaines situations, une vraie nécessité pourtant pour pouvoir entrer dans l’apprentissage sereinement.
Non nous n’imaginions pas avoir une poupette si petite. Nous nous préparions à accueillir un enfant de trois-quatre ans, nous pensions école mais pas couches ou lit à barreaux. Nous sommes ravis, ravis de savoir que notre fille n’aura vécu «  » »que » » » deux années en orphelinat avant son arrivée chez nous, ravis de ces étapes inattendues que nous pourrons vivre avec elle.
Heureux, tellement heureux !
MonChéri s’est détendu à mesure que les papiers officiels de proposition puis de « démarrage » de la procédure sont arrivés, il a fini par prononcer lui aussi ces deux mots magiques : « ma fille », il est en train de devenir papa, c’est tellement beau à voir, et il n’arrive plus à travailler, c’est rigolo !
C’est notre tour, notre tour, on commence doucement à réaliser. La peur du voyage a fait place à l’impatience de vivre cette extraordinaire aventure. Et désormais j’arrive à dormir une nuit sur deux, il y a du mieux !
Nous avons rdv là bas le 6 mai et rencontrerons probablement notre fille le 7… là, ça devient concret !
Alors on prépare, on prépare, c’est du temps presque plein (j’ai mis plusieurs jours à pouvoir écrire cet article), et on se prend des coups de speed : il faut tel et tel papier, c’est nouveau (et ça te rappelle que tu ne soufflera vraiment que le jour où tu rentrera avec elle dans les bras). Va, courre les administrations, ce n’est que le début, parait qu’au retour, on s’amusera avec la CAF et la sécu ! Problèmes de riches 😉

Le prénom

CVendredi nous avons fini par choisir le prénom de notre fille..

Il faut savoir que MonChéri est un éternel indécis (qui se soigne, un peu), choisir son menu au restaurant est parfois très long, alors choisir le prénom de sa fille… vous imaginez ! Avec une liste de deux, puis quatre prénoms, gros défi… par élimination nous sommes revenu à deux, puis je lui ai demandé de trancher. Il l’a fait en signant pour nous trois sous un petit message destiné à des amis… celui qui avait ma préférence depuis longtemps, celui qui a la même initiale que MonChéri quand moi je partage celle de notre tout-petit, celui qui m’est apparu comme une évidence quand j’ai vu la photo de notre fille…S.

La lessive des petits vêtements

Ca y est, toutes les annonces importantes sont faites, pfffiou que d’émotions ! Je vous la fais courte : c’est l’euphorie. Ma mère est devenue intenable, mais c’est drôle, je viens de recevoir un message qui parle de cape de bain licorne…

Nous on a commencé à basculer dans un monde qui nous était jusque là interdit, à la mode rose-froufrou-pailleté de surcroît. Tout ça nous paraît surréaliste !
J’ai remonté du garage les quelques cartons qu’on nous avait donné il y a bien longtemps, j’ai fait du tri et des lessives. Bah je vous jure, des mini-fringues qui sèchent sur un étendoir, c’est grisant.

D’ailleurs la grande question du weekend était « mais quelle taille va t-elle porter ??? », ce qui fait qu’aujourd’hui au boulot, sous l’oeil amusé de mes collègues, j’ai analysé tous les poids et taille des enfants pour en conclure ce qu’on savait déjà : notre fille n’est pas un gros gabarit, alors avec le 18 mois-2 ans, on devrait s’en sortir.

J’ai cru retrouver le sommeil mais ça n’a duré qu’une nuit. En bonus, cette nuit MonChéri avait aussi l’oeil ouvert, alors à 4h du mat on était en train de débattre sur la nécessité de prévoir une veilleuse dans sa chambre, et on s’imaginait déjà en témoignage dans une soirée EFA !

On est allé faire quelques achats pour le voyage, lors de notre traversée d’un magasin de sport on est tombé devant le rayon « maillot de bain pour bébé ».
On a perdu le contrôle…
Trois maillots de bain.

On a trouvé son doudou aussi.

Tout devient de plus en plus concret, nous préparons le voyage, le pendant, l’après… et je me prends à rêver de la rencontre, moi qui n’ai jamais pu me projeter vraiment là dessus, il fallait que je sache qui j’allais rencontrer. Et on a hâte !
MonChéri se veut prudent, je crois que seul le fait d’avoir signé l’adoption de sa fille chez le juge le rassurera pleinement, mais il se laisse aller quand même, se projette, rêve… On pense à toutes les premières fois que nous allons vivre, et MonChéri tremble déjà de ses chutes à vélo !

Allez, le temps qu’il reste à attendre n’est rien au regard de celui qui est derrière nous. Bientôt nous serons trois.

Planer

Deuxième nuit, j’ai dormi, un peu. Réveillée à 3h du mat, impossible de refermer l’oeil alors…

On nous avait dit : « C’est incroyable les messages qu’on reçoit après l’annonce, on ne se rend pas compte combien les gens sont nombreux à attendre derrière nous, combien ils sont touchés par notre histoire ».
C’est vrai. Ca vient de partout (et encore on n’a pas fini de l’annoncer à tout le monde) et puis ça vient de vous aussi !
J’ai lu et relu tous vos messages, ils m’ont énormément touché, peut être arriverai-je à vous répondre individuellement plus tard, vous le mériteriez…
Merci à vous pour tous ces messages incroyables et si touchants, merci pour les soutien de ces dernières années, aux lectrices de l’ombre : bienvenue à la lumière et merci merci !

On nous avait aussi parlé de cette sensation de planer, de ce petit nuage… Je n’aurais jamais imaginé un tel nuage. Je suis carrément en orbite ! Pour tout vous dire, moi qui pensais pleurer comme une madeleine le jour où… et bien même pas, je suis dans un état au delà des larmes (bon j’dis pas, ça coule quand même des fois). J’ai l’impression d’être un ballon gonflé à l’helium que personne ne tient par la ficelle. Je plane tellement à dix mille que j’ai même du mal à répondre aux questions qu’on me pose, j’ai un temps de réaction énorme. Un truc incroyable ! Je suis partie en l’air dès le moment où nous avons répondu « oui c’est notre fille », MonChéri lui a pris les escaliers au départ mais là il commence à être sérieusement atteint aussi ! Il l’a sa fifille à son papa, il en a tellement rêvé !

Paradoxalement, ou pas, j’ai aussi énormément de mal à réaliser que ça arrive, là, pour de vrai. Ou plutôt que là, maintenant, il nous reste un bon mois avant de partir (pas encore de date précise), qu’on va vraiment partir, et que toutes ces choses à faire qu’on avait listé il va falloir les faire, pour de vrai. Heureusement que nous avions pris toute l’avance possible, la chambre est prête, nous allons juste récupérer un lit à barreaux… parce qu’on ne s’imaginait même pas avoir un enfant si jeune (il y en a sans doute qui, à cet âge sont en lit de grand on ne sait pas comment elle dort à présent, peut être aura t-elle besoin de ça pour la rassurer).

Je dévore des yeux les photos de ma fille (ma fille !!! Je me répète ça en boucle, la sensation est incroyable), moi qui avait peur de trouver mon enfant laid, j’ai finalement eu le coup de foudre, elle est tellement belle ! Tellement Belle ! (peut être plus tard, un article privé…). Nous ne lui avons toujours pas choisi de prénom, aux deux qu’on pensait devoir départager se sont ajoutés d’autres qui étaient dans nos listes précédemment.

Les annonces, quels moments incroyables ! Et encore, on n’a pas fini, c’est difficile de se contenir mais il y a des situations à ne pas louper : aujourd’hui la famille de MonChéri (un anniversaire, occasion rêvée non ?), et nos amis d’EFA que nous devions justement voir. Et puis mon père et ma belle mère qui arrivent samedi pour passer le weekend… ça va être cosmique !

10 ans, c’est le temps qu’il aura fallu pour faire famille et pour connaître un moment comme celui ci. Et 3 ans, 3 ans seulement d’agrément. Ca aussi c’est incroyable, inespéré, j’ai conscience que ça peut faire du mal à beaucoup de personnes en attente, mais je me dis qu’on peut aussi donner de l’espoir à d’autres. On a le c*l bordé de nouilles (excusez l’expression) et ça c’est incroyable, après notre vécu, se retrouver du côté de la chance (je continue à toucher frénétiquement du bois), notre petit veilleur n’y est peut être pas pour rien…