Neuf mois

Il y a neuf mois (et quelques jours) S. est devenue officiellement notre fille.

Faut-il y voir un hasard si, dans une nouvelle phase de régression, S. nous fait des simulacres d’accouchement ?

Je ne sais pas. Je sais juste qu’après avoir porté et nourrit des dizaines de fois un bébé de douze kilo le mois dernier, ces jours ci il faut la hisser de dessous les couvertures, ou de l’intérieur d’un tunnel… et la sécher. Surprenant non ?!

Et moi ? Règles douloureuses, grosse fatigue et à fleur de peau… je crois que je suis en post-partum.

Les gens

J’avais commencé à écrire cet article il y a un moment et finalement j’avais décidé de juste ravaler ma haine.

Et puis en fait non.

J’en peux plus des gens (c’est vaste vous me direz, je ne vise pas tout le monde, juste les gens) (je crois que « les gens » dans mon esprit c’est une insulte polie).

Avant de revenir avec S. on avait prévenu : attention elle sera probablement très intimidée mais de toute façon, même si ce n’était pas le cas, il n’est pas souhaitable qu’au départ elle aille vers tout le monde et que tout le monde s’en occupe. Encore une fois merci J. Lemieux et les mots que nous lui avons emprunté.
Au début tout le monde a plutôt bien respecté la consigne pour ceux qui l’avaient eu, quand aux autres, aux inconnus etc. de toute façon S. était agrippé à nous et se cachait si quelqu’un approchait.

Et puis, au bout d’un certain temps, elle a fini par se détendre et sympathiser avec le monde. Au départ on s’est dit « chouette, c’est plutôt bon signe ! ». C’était sans compter les gens, les gens qui ont pris ça comme le feu vert pour faire n’importe quoi, et nous qui, bêtement, encore dans notre idée de « c’est bien elle s’ouvre au monde » n’avons pas réagi tout de suite (et croyez moi je m’en veux à mort).

Les gens sont devenus c*ns, à faire n’importe quoi pour être celui qui aurait le plus d’interactions, de bisous ou de câlins, pour être celui qui aura la cote auprès de S.
Je sais que certains se comportent comme ça d’office devant un gamin, je sais aussi que le statut « adopté » de ma fille accentue le phénomène, on était prévenus mais de le vivre ça demande un temps d’adaptation quand même… Bref, les gens n’en peuvent plus, même les professionnels sortent de leur rôle (genre les secrétaires médicales qui sortent de derrière leur bureau pour demander un bisou parce qu’ « elle est tellement mignonne, c’est une histoire tellement incroyable », ou pire, et là ça m’a fait sortir de mes gonds, les animatrices du lieu d’accueil parent-enfant qui gardaient une attitude tout à fait professionnelle avec les autres enfants mais monopolisaient ma fille « qu’est ce qu’elle est attachaaaante » ). Le pire du pire ? Une collègue de MonChéri qui prend ma fille dans ses bras et lui dit « voilà, maintenant t’es mon bébé ! », croyez moi la collègue s’en est pris plein la poire.

Ca a été le déclencheur. On s’est rendu compte qu’il allait falloir faire un retour en arrière immédiatement parce que notre fille était en train de trouver là une solution à son angoisse du rejet : se faire aimer de tout le monde et de n’importe qui.

Alors j’ai fui les gens, et l’arrêt de MonChéri est arrivé peu de temps après donc on s’est refait un petit cocon à trois. Plus de visites à son boulot (je vous jure, ses collègues, j’avais envie de les empaler), plus de visites au lieu d’accueil…

Aujourd’hui MonChéri a repris le boulot et je recommence à sortir. C’est peut être pour ça que cet article m’est revenu d’ailleurs, parce qu’à nouveau je me heurte à des gens qui perdent leurs neurones en présence de S. Sauf qu’aujourd’hui nous ré-apprenons à notre fille qu’elle a le droit de dire « non » si elle ne veut pas de bisous, et qu’on ne montre pas le même degré d’intimité envers la famille ou les amis qu’envers quelqu’un qu’on croise occasionnellement ou qu’on rencontre pour la première fois.

C’est pas évident quand on est du genre à ne pas faire de vagues, mais maintenant on sort les dents…

Notre famille (article un peu MILK, mais j’ai le droit quand même)

Au dessus de notre lit, deux cadres, deux portraits, notre fils, notre fille. Ces deux cadres accrochés j’ai ressenti un certain accomplissement, ce sentiment d’avoir ma famille au complet.

Oui, même si mon fils me manque, d’autant plus en vivant aujourd’hui avec S. tout ce que nous aurions du vivre d’abord avec lui, comme si je me rendais d’autant plus compte de tout ce qui nous a été arraché par sa mort. Mais c’est un fait, c’est comme ça, sa place dans la famille est celle-ci, celle de l’aîné qui n’est pas né vivant, et sa place est importante.

Et même si parfois je me dis « ce qu’on vit aujourd’hui est merveilleux, pourquoi ne pas le vivre une seconde fois ? », la demi-seconde qui suit je me dis « ce qu’on vit aujourd’hui est tellement merveilleux, pourquoi risquer de briser tout ça ?! »

Bref, notre famille au complet, une famille atypique, une famille dont je suis fière. Sur ce mur, au dessus de notre lit, deux portraits résument à eux seuls à quel point notre combat a été grand pour devenir parents.

Aujourd’hui, chaque jour, je pose un regard émerveillé sur ma fille, mon incroyable fille qui se reconstruit une vie en composant avec l’ancienne. Et même si je sais que notre présence n’y est pas pour rien, je vous assure que nous sommes surtout spectateurs de cette force qu’elle déploie et de ses réussites. Nous sommes là en soutien (bon soutien quand même, envoyons nous des fleurs un peu), mais c’est elle qui fait le gros du boulot !

Aujourd’hui on nage dans le bonheur d’une vie de famille où chacun sait combien elle est précieuse, une vie de famille tellement normale mais tellement extraordinaire à nos yeux. Voir MonChéri faire du toboggan au parc dans n’importe quel sens juste pour faire marrer sa fille, la voir « l’escalader » (MonChéri aurait-il pris un peu de ventre ? Hum hum..) le matin dans le lit pour lui faire un câlin, se serrer tous les trois dans le canapé… me procurent une joie immense. Intérieurement je suis la pire des « MILK », chaque petites choses faites ou dites par ma fille mériteraient la une d’un journal, ou une publication fb, ou au moins que j’appelle l’intégralité de ma famille et de mes amis, toutes discussions ne pourraient tourner qu’autour d’elle sans problème… mais bon… je me contiens… je sais…

Mais quand même, que notre fille depuis quelques temps nous dise plusieurs fois par jour : « maman, ‘t’aime » et « papa, ‘t’aime », je n’allais pas le garder pour moi !

Régression ?

Hier, aujourd’hui, S. s’allonge par-terre, me tend les bras : « bébé, câlin » – je la prends, elle se laisse porter, de tout son poids, poupée de chiffon, se blottit contre moi… « Biberon » – je lui donne le biberon, puis elle redescend, s’allonge et recommence : « bébé, câlin »…

10 fois, 20 fois peut être. On ne compte pas. On fait et puis c’est tout.

Et puis, pour la première fois, elle a pointé du doigt le premier classeur et demandé à voir les photos des moments passés avec nous à l’orphelinats, elle qui jusqu’à présent ne voulait voir que le second, celui du jugement et de l’après, ou seulement la toute première partie du premier : le récit de l’appel et de notre préparation…

Alors, on régresse ou on avance ? 😉

Anniversaire

Voilà une situation particulière qui peut se résumer en une phrase surprenante : ma fille de quelques mois va avoir trois ans.
Si si. Elle est ma fille. Depuis quelques mois. Et dans quelques jours elle aura trois ans.

Nous préparons fièrement son anniversaire, nous lui avons expliqué cette journée particulière et elle l’attend ( « S. quel âge vas-tu avoir ? » « T’ois » dit-elle… avec ses dix doigts en l’air !)… mais lorsque j’ai accouché de mon fils, j’ai réalisé que la personne pour qui un anniversaire a le plus de signification n’est pas celle qui le fête mais celle qui a enfanté. Elle sait ce qui s’est passé ce jour là, en détail, tout est imprimé, heure par heure, le temps, les odeurs, les visages, la douleur… Cette journée elle en a un réel souvenir.

Il y a trois ans une autre femme a mis au monde ma fille. J’aurais aimé être là, savoir, heure par heure, être au premier rang de la découverte de cette enfant, de son premier regard… mais l’histoire ne devait pas être celle là, elle seule connaît les secrets de cette journée. Il y a trois ans elle a mis au monde sa fille, la mienne, et la prise contre elle.
Aujourd’hui, je pense à elle, elle qui a accompagné, porté, soigné sa/ma fille durant ses premiers mois et qui a du se résigner à l’abandonner. Elle n’a pas été que génitrice, elle a été sa maman comme je le suis aujourd’hui. La douleur de la décision, la douleur de la séparation, la douleur du vide… je l’ai vécu d’une autre manière, mais comment vit-on de savoir son enfant encore vivant quelque part mais pas auprès de soi ? Que vit-elle aujourd’hui ?

Il y a quelques temps nous discutions avec MonChéri de tous ces « fantômes » qui composent notre famille. Il y a « papa, maman et S. », trio bien vivant et inséparable, et puis il y a un fils/frère aîné quelque part dans les étoiles et une première maman quelque part dans ce monde. Il faut composer avec, construire autour, donner une juste place à chacun…

En attendant, dans quelques jours, notre fille va fêter ses trois ans… et elle, comment va -telle le vivre ?

Merci 2019 !

Me voilà avec un peu de temps pour moi, comme d’habitude à cette période je suis allée lire l’article de l’année dernière, voir de quelle façon je portais mon espoir. Quelle émotion de se retrouver un an après avec notre vœux le plus cher exaucé ! Oui cette année nous avons été chanceux.

Noël est passé, tellement plus léger, tellement plus heureux… tellement étrange pour nous qui l’avons fui si longtemps. Mille fois j’ai pensé à toutes celles et ceux pour qui cette période est devenue un supplice. Je n’oublierai jamais.

Notre petite S., elle, n’aura pas été très chanceuse pour Noël puisque le 24 au soir elle était au lit à 19h avec 40 de fièvre (et nous de vivre nos premières nuits de parents d’enfant malade), ça n’a pas empêché les étoiles dans les yeux le lendemain matin heureusement.
Notre souhait de ne pas la voir crouler sous les cadeaux-babioles a été relativement bien respecté jusque là, elle a eu de beaux jouets et elle en est ravie.

Pour le reste, notre demoiselle traverse de nouveau une période d’angoisses pour une raison que nous n’avions absolument pas anticipée : sa tentative de propreté. Eh oui, ça aussi ça demande du lâcher prise, et le lâcher prise est encore difficile malgré tout… Retour en arrière, on attend que ça se tasse.
En revanche elle a passé avec succès et sans stress ses premières heures sans nous, à la maison, de jour, avec une baby-sitter qu’elle connaît bien. La possibilité d’un resto en amoureux se profile.
Quant au sommeil est une affaire qui roule.

Voilà, nous terminons 2019 avec, à nos côté, notre fille merveilleuse. S. est un soleil vivant, elle ne laisse personne indifférent avec sa joie de vivre et son regard intense. Elle est une petite fille à la fois sensible et forte, plusieurs personnes m’ont déjà dit : « elle s’en sortira toujours dans la vie, ça se sent » et je le crois volontiers.

Que nous souhaiter pour l’année à venir ? Encore et toujours du bonheur, une vie paisible avec ses plaisirs simples. Et puis une reprise du boulot en douceur pour moi, une entrée à l’école tranquille pour elle.
L’aboutissement de notre quête laisse place à d’autres projets, peut-être pourrais-je renouer avec d’anciennes envies ?

A tous je vous souhaite une année aussi chanceuse que celle que nous venons de vivre, et rdv dans un an pour le bilan !

Poser les valises

Il y a une grosse semaine avec MonChéri on se faisait la réflexion que, ça y est, notre petite S. semblait avoir posé ses valises. Beaucoup plus sereine, beaucoup plus ouverte, beaucoup plus spontanée… comme si elle était enfin redevenue une petite fille insouciante.

Quand elle voit un autre enfant elle n’a plus peur, au contraire. Elle n’est plus dans l’auto-contrôle, elle ose faire de potentielles bêtises, mettre le bazar, exprimer ses désirs, se rouler par terre de mécontentement comme tout enfant de son âge… Elle papillonne autour de nous, vient chercher un bisou et repart à ses explorations, à ses jeux, vers ses copains…
Ses peurs ne sont plus envahissantes et plus vite rassurées, un simple regard suffit parfois.

Le sommeil est plus serein, il semblerait (*touche frénétiquement du bois*) que nous ayons trouvé une bonne recette : un sieste très tôt (endormissement en ma présence), qui permet d’être suffisamment reposée pour le reste de la journée mais suffisamment fatiguée le soir pour s’endormir, seule, tranquillement. Espérons que ça dure. Les nuits ça dépend, mais globalement les terreurs nocturnes sont plus rares et on se lève moins.

De façon très surprenante c’est arrivé d’un coup, alors que juste avant nous traversions une phase de grosses angoisses, de tests et de sommeil terrible, mais je crois que cette période a été le déclencheur chez moi d’une attitude plus sereine et d’une plus grande confiance en moi : « je suis sa mère, je connais ma fille, on va se sortir de là ».

Nous savons qu’une difficulté pourra faire réapparaître son insécurité, alors on croise les doigts pour que la tentative prochaine de la faire garder ne sera pas trop angoissante pour elle, on espère que les vacances prévues en début d’année ne la chambouleront pas trop, que la reprise du boulot de MonChéri après ces congés ne la feront pas « replonger »… mais il faut y aller et y aller confiants, tout ça ce sont des apprentissages et des étapes nécessaires pour encore mieux se construire. En attendant on se réjouit de voir notre petite fille aussi épanouie !

Wonder mum ? Ahahaha…

Tout est-il rose ? Non évidemment.
Les blogs de parents ne donnent souvent à voir que les moments parfaits, ou du moins ceux qui finissent quand même bien.
Je me suis dit qu’il serait malhonnête de ne dire que ça, de passer pour la « wonder-mum » d’un enfant parfait.

S. est une enfant de son âge. Elle dit (ou hurle) « non », se roule par-terre, fait des colères, emm*rde le chat, désobéit…
S. est une enfant adoptée et nous fait passer des tests, plein de tests. Oh ce n’est pas « si pire » et ce n’est pas l’essentiel de la relation et des échanges qu’on a avec elle, loin de là, mais il faut tenir le cap, garder en tête le pourquoi, tenir bon dans le comment, se souvenir que ce n’est qu’une étape et que ça passe (souvent très vite du moment où on a la bonne réponse). Ca passe et on oublie, pourtant ça aide de se retourner parfois et de voir tout le chemin accompli. Le plus dur pour mon petit coeur jusqu’à présent ? Devoir expliquer à ma fille qu’elle n’a pas besoin de chercher une autre maman dans notre entourage, que je suis sa maman et que je le resterai, et comprendre à ses réponses, ses attitudes, que c’est encore trop dur à croire pour elle. Mais ça aussi c’est passé, c’était il y a quelques mois, et ça n’a pas duré longtemps.
Encore une fois c’est en le vivant qu’on se rend compte combien l’agrément n’est pas juste une intrusion dans notre vie privé (heureusement on ne l’a pas vécu ainsi) et combien se préparer et se nourrir de témoignages est nécessaire.

Moi. Moi je suis un être humain, avec mes bons et mes mauvais jours, ma sensibilité, ma patience (pourtant bien exercée) et ses limites (quand même). Des idéaux et des principes (pourtant peu nombreux mais que je découvre bel et bien existants) à faire tomber. Il n’y a pas de parents parfaits… ah… oui… c’est vrai. Parfois je réagis mal, souvent en sachant que je vais droit dans le mur, que ça va ne faire qu’empirer la situation, que peut être il vaudrait mieux user de tel stratagème, commencer par souffler un bon coup… mais quand le souffle n’est plus là on reste bloqué dans sa mauvaise direction. Alors je me déteste, je me trouve horrible et me promet de ne plus me laisser avoir par mon emportement, de rester zen et… ah m*rde.
Heureusement ces moments là ne sont pas non plus l’essentiel de ma relation avec elle et de nos échanges, loin de là, mais « on ne parle pas des trains qui sont à l’heure », le mauvais à tendance à trop rester à l’esprit.

Je sais qu’il faudrait que je prenne un peu plus de temps pour moi, je sais que c’est même capital et que ma patience est directement due à ça. C’est mon prochain objectif, dans un mois MonChéri sera en arrêt (opération du poignet) puis en congé, pour deux mois en tout, ça permettra de souffler.

La violence éducative ordinaire expliquée… par ma fille

S. a très naturellement pris sa place au milieu de tous ses papys-mamies, tatas-tontons, cousins-cousines… Elle a été accueillie comme une princesse et tous sont devenus très importants pour elle.
Les angoissés ont été rassurés, les méfiants sont conquis (traduire : ma BM, qui nous demandait sans arrêt si on ne pouvait pas se contenter d’un petit blanc, est raide dingue de S. , qui le lui rend bien) et même les plus jeunes, d’abord déçus par cette cousine qui ne se laissait pas approcher, sont maintenant ravis de compter ce petit bout-en-train dans leur rang !

De toute la famille que nous voyons régulièrement, une seule personne n’a toujours pas les faveurs de notre demoiselle. S. se contente de dire poliment bonjour et au revoir mais refuse absolument plus de contact avec… ma belle-soeur, qui essaie de le cacher mais que je sens très vexée.
Nous n’avons pas (encore) osé lui expliquer pourquoi, mais nous, nous le savons très bien. Notre fille, depuis son arrivée, observe beaucoup le comportement des adultes envers les enfants, et ma BS, j’en ai déjà parlé, est adepte de la fessée et autres VEO. Pas une visite ne se passe sans qu’un geste ou une parole de ma BS envers ses filles ne fige notre demoiselle qui, une fois à la maison, verbalise beaucoup (heureusement).

« Tatie… colère Tatie ! … peur ! »

Ça vaut tous les discours…

Le sommeil

Ahahaha…

(Précision : loin de moi l’idée de me plaindre, on a tellement détesté et envié tout ceux qui nous disaient « pfff j’en peux plus des nuits pourries, t’as de la chance toi tu dors la nuit blablabla » que je ne ferai pas l’affront de tenir de tels propos).

Je l’avais déjà dit ici, c’est un fait, les enfants adoptés ont plus souvent des problèmes de sommeil que les autres (qui déjà, à en entendre beaucoup, ne sont pas toujours simples^^), nous étions donc prévenus. Je pense d’ailleurs qu’on ne s’en sort pas si mal, dans le sens où ça pourrait être bien pire.
Autre chose, dans les premiers temps l’attachement de l’enfant envers ses parents peut donner deux résultats parfaitement opposés mais parfaitement logiques : soit ça le sécurise et les nuits, d’abord difficiles, deviennent plus sereines, soit il a d’autant plus peur de perdre ses parents et les nuits d’abord plutôt calmes deviennent compliquées.

Bon bah, on fait partie du deuxième cas de figure.

Pour le sommeil en lui même on est abonnés aux terreurs nocturnes (plus rarement aux vrais réveils et cauchemars), au début ça allait, et puis c’était de plus en plus et ça arrivait même pendant les siestes (avec une intensité décuplée, impressionnant). Beaucoup de personnes nous ayant conseillés l’homéopathie nous avons fini par prendre rdv avec une généraliste homéopathe à côté de chez nous.
Ô miracle (n°1), S. a accepté d’être auscultée, dans mes bras, une femme ça change tout, nous voilà soulagés.
Ô miracle (n°2), il semblerait (toujours être prudent) qu’effectivement les terreurs nocturnes diminuent en nombre et en intensité. Reste quelques exceptions : pleine lune, sieste sautée ou journée particulièrement chargée, mais globalement on se lève moins la nuit.

Moins facile : les endormissements. Un éternel recommencement. On trouve LA façon de faire, ça roule pendant dix jours, et d’un coup c’est fini.
S. a toujours eu du mal à lâcher prise…
D’abord on restait dans sa chambre, puis devant sa porte (assis sur des coussins avec une série^^), puis la porte de plus en plus fermée, puis elle s’endormait parfaitement seule… puis MonChéri a repris le boulot.
Une discussion a réussi à apaiser les choses un moment, et puis… Alors, on a été tenté de revenir en arrière, se disant qu’on était peut être allé trop vite ou qu’elle avait peut être besoin de faire un pas en arrière pour mieux sauter… mais le problème c’est que tout ce qu’on pourrait penser être des gestes/paroles/présence/regards apaisants aidant à s’endormir ne font que l’empêcher de lâcher prise et la relancent dans sa lutte contre le sommeil, et notre présence dans sa chambre, à laquelle elle n’était plus habituée, rendait l’endormissement encore plus long.
(L’autre problème, il faut bien l’avouer, c’est que l’endormissement c’est LE moment où j’ai le moins de patience, où, arrivée au bout de ma journée, même si les journées se passent très bien, j’ai vraiment besoin d’une pause. Me lever la nuit est même moins difficile pour moi. MonChéri jusqu’à présent était plus patient mais le voilà en pleine grosse période de boulot et ça devient moins facile).
Alors, quelques temps, y aller deux ou trois fois quand elle appelait suffisait… Et puis elle s’est mise à appeler en boucle (mais vraiment : « maman-maman-maman-maman-maman-maman… »), y aller ne faisait que la relancer. Alors pendant un temps lui dire en la couchant « on t’entend mais on ne vient qu’en cas de réel souci » a fonctionné, elle appelait parfois « pour de vrai » (la façon d’appeler était très différente de la boucle « maman-maman-maman ») mais plus rarement, et elle s’endormait rapidement.

Voilà qui nous amène à dimanche soir dernier où, à peine sortis de la chambre, elle s’est mise à hurler façon cochon qu’on égorge. Nous revoilà donc au stade tâtonnement.
Pour la millième fois j’envisage de « camper » de nouveau dans sa chambre pour l’endormir sans savoir si c’est réellement une bonne idée.
Hier soir elle a tenu absolument à dormir dans le lit « de grand », où elle fait la sieste depuis quelques temps déjà, mais ça n’a rien changé (enfin une fois endormie elle y a quand même bien dormi – moi pas du tout de peur que la nuit se passe mal – et elle était très très fière ce matin !).

Je suis tout à fait intéressée par vos expériences sur le sujet alors… lâchez vous en commentaires !

(Je précise pour finir qu’on a un rituel avant dodo qui lui ne change pas : temps calme et histoires dans le salon, maintenant granules sur le chemin de la chambre, boire un coup et faire des câlins avant d’aller dans le lit, paroles apaisantes une fois dans le lit, et dodo… en théorie).