Evolution (2)

Nous avons passés les deux ans et demi pile de S., le premier « moiniversaire » de notre retour en France, ça fait maintenant cinq semaines, et tout roule !

S. est très à l’aise maintenant quand nous sommes « en public », elle ne fait plus attention aux gens autour (sauf s’ils la fixent), ce qui fait qu’elle demande même à descendre de mes bras pour marcher (nouvel apprentissage : dans la rue il faut donner la main).
Elle semble petit à petit faire la part des choses entre les inconnus-inconnus (gens dans la rue, caissièr(e)s) qu’elle ignore maintenant (avant soit elle se méfiait, soit ils lui semblaient sympa et elle se comportait comme si on lui présentait des connaissances), et les encore inconnus pour elle mais par pour nous, pour lesquels elle comprend vite, vu notre réaction, qu’ils sont sympa et qu’elle peut « créer du lien ».
Quant aux proches qu’elle a déjà vu elle est contente de les revoir ! Elle a même commencé à vraiment interagir et jouer avec notre nièce de cinq ans l’autre jour alors que jusqu’à maintenant les enfants c’était pas trop son truc.

Au niveau du sommeil, on a fait connaissance avec les cauchemars… je vous le dis, il vaut mieux les terreurs nocturnes où l’enfant dort et qu’il faut « juste » attendre que ça passe, que le cauchemar où il faut attendre que ça passe puis le rendormir ! Bon, on ne se plaint pas, on a eu une nuit où elle a mis trois heures à se rendormir (j’ai fini dans le petit lit « de grand » qui attend qu’elle grandisse) mais pour les fois suivantes elle s’est vite rendormie.
En cherchant des solutions pour contenir S. dans son sommeil (elle bouge énormément et ça la dérange dans son sommeil) j’ai fini par demander à une copine de me coudre un boudin en guise de tour de lit, c’est top, S. le rapproche même d’elle pour se faire un véritable cocon dans lequel elle ne peut plus rouler, calée en plus avec deux ou trois doudous.

Elle mange toujours aussi bien, nos invités sont impressionnés par son appétit et par le fait qu’elle mange des asperges avec autant de plaisir que des pâtes ! Elle est bien cette petite, elle n’aime pas les sauces ni les boissons sucrées et autres jus de fruits, et elle préfère le pain à tout ce qui est gâteau, on se garde bien d’insister… Par contre elle adooore le parmesan, c’est l’ingrédient magique quand la demoiselle boude les haricots verts (je l’ai accidentellement dégoûté des haricots une fois en mettant trop d’ail).
Confession : nous en sommes à notre troisième « fast food » avec elle (on a un peu manqué de « hamburger-frites » quand on était là bas), et même si c’était dans un différent à chaque fois, au troisième, à peine passé les portes, elle avait compris dans quoi nous étions.

Elle communique toujours aussi bien, les mots continuent à sortir.
Niveau propreté, on n’a pas insisté, on ne lui demande qu’une chose : dans la petite piscine qu’on a mis dans le jardin il ne faut pas faire ses besoins mais demander le pot si elle a envie. Elle a très bien compris, elle demande, s’assoit dessus trois secondes avant de nous dire  » ‘ini « , évidemment il n’y a rien dans le pot (ni dans la piscine cela dit, elle attend la couche) mais au moins elle s’assoit dessus^^.

Elle a arrêté ses phases « glu », enfin évidemment elle demande à être rassurée parfois, mais ce n’est plus envahissant et empreint d’angoisse comme ça l’a été. Il y a un moment qui reste très angoissant pour elle c’est quand on se prépare à sortir tous les trois, elle adore sortir, elle est super contente quand on lui dit qu’on va se balader, mais au moment où on se prépare il lui faut les bras, elle a trop peur qu’on parte sans elle.
A côté de ça, on sent que l’attachement à son papa (qu’elle appelle bien « papa » maintenant) se « met en route », il y a moins de moments « que maman », elle ne le repousse plus bien au contraire, il y a même des moments « que papa » où je n’existe plus ! (Je ne me roule pas aussi bien par terre). En conséquence j’ai moins envie de mordre les gens qui s’approchent « trop » d’elle, il était capital que l’attachement envers tous les deux soit en bonne voie avant de pouvoir laisser approcher quelqu’un d’autre.

Elle a déjà pris nos mimiques.

Elle fait des milliards de câlins, demande des milliards de bisous. C’est le bonheur ! ❤

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De la suite dans les idées…

Hier, visite de ma soeur et de toute sa smala. On est très proches alors c’est la troisième fois, S. est désormais à l’aise avec eux et joue beaucoup avec ses grands cousins adolescents, moins avec le plus jeune de sept ans, elle se méfie beaucoup des enfants de son âge et un peu plus grands, avec les plus petits qu’elle ça a l’air d’aller.

Le pauvre petit dernier de ma soeur faisait déjà doublement la tête : sa cousine ne joue qu’avec les grands et en plus tout le monde a le regard tourné vers elle et non plus vers lui qui était jusqu’à présent le « petit-mignon », mais la coquine en a rajouté une couche… alors que son cousin s’amusait à se faire chronométrer en train de faire un puzzle simple le plus rapidement possible, S. qui n’aime pas trop qu’on touche à ses jouets a décidé de se réapproprier son bien, mais face à la réticence de son cousin elle a trouvé un stratagème, elle lui a tendu un livre et une fois qu’il avait les mains prises elle s’est dépêchée d’attraper des pièces du puzzle et de se barrer en courant (et en se bidonnant parce que nous même étions morts de rire).

Je crois qu’on ne va pas s’ennuyer…

Sinon, aujourd’hui, rdv en consultation adoption. Le médecin n’a pas pu la toucher. Vu sa peur des docteurs et le fait qu’elle soit globalement en bonne santé, inutile de la traumatiser maintenant, le bilan complet attendra qu’elle soit moins farouche. On a apprécié son approche.
(Et à peine sortis du bureau du médecin, la demoiselle fanfaronnait dans le couloir^^)

Evolution

Bientôt trois semaines depuis notre retour en France, déjà/seulement !

Notre petite S. est comme un poisson dans l’eau dans sa maison. Nous avons maintenant notre petites routines, nos habitudes, c’est important pour elle.

Nous avons commencé à voir, par de brèves visites, nos proches et ça se passe plutôt bien. Timide aux premiers abords, elle finit généralement par proposer d’elle même des jeux, sourire, puis lâcher mes bras et descendre de mes genoux pour rapporter tout le contenu de sa chambre, tout en faisant bien attention à notre présence et sans non plus être à son maximum de détente (nos invités entendent peu le son de sa voix alors qu’elle est bavarde !).
Nous avons aussi fait quelques sorties « en public ». Si pas trop de monde elle est à l’aise (jardinerie animalerie, elle courait dans les rayons, on lui a montré les animaux, elle adooore les lapins), s’il y a plus de monde elle reste dans nos bras et observe mais plus ça va, plus elle semble confiante.
On alterne journée avec nouveauté et journées tranquilles pour ne pas la surcharger.
(On a vu le médecin aussi, elle n’a pas du tout aimé…)
Elle aime beaucoup la voiture, dans son siège auto elle voit bien le paysage.

Elle a fini par s’habituer aux animaux, elle a même la fâcheuse tendance à vouloir poursuivre le chat. Alors on explique qu’il n’aime pas ça… Malgré tout le chat reste confiant et patient, plus que je ne l’aurais pensé.

Les terreurs nocturnes diminuent, voilà plusieurs nuits que nous n’avons pas eu besoin de nous lever, on ne prend pas ça pour acquis mais c’est une bonne chose. S. est une très bonne dormeuse, 10-11h de sommeil la nuit, 2-3h de sieste.

Elle accepte désormais de goûter la plupart des aliments qu’on lui propose et on peut dire qu’elle s’intègre bien à la culture française : elle aime le fromage, même assez fort ! Elle adore les olives et les carottes rappées, les haricots verts et les petits pois (et ça c’est cool) et voue un culte aux frites, évidemment.
Elle se débrouille plutôt bien avec la cuillère, sachant qu’elle ne connaissait pas ça avant.

Elle aime jouer au sable, à la pâte à modeler (son père aussi^^), à la dînette et à la poupée (avec laquelle elle est extrêmement douce, pourtant pas vraiment ce que nous avons vu à l’orphelinat dans les comportements des nounous), et aussi à éparpiller ses jouets de partout. Elle adore regarder encore et encore ses imagiers pour nous faire répéter encore et encore des mots.

Elle est lancée sur le langage, nous avons chaque jour de nouveaux mots : tiens, donne, met(-là), boire, banane, ballon, bouée, lapin, grenouille, gâteau, oiseau, crème, lunettes, fini, bulle… plus de nombreux bruits d’animaux ou autres (broum, pimpon, miam…). Ce qui est rigolo c’est que nous avons vu certains « mots » (impossible de vous dire si c’était de vrais mots ou des mots de bébé) qu’elle utilisait là-bas se ré-attribuer à des choses d’ici et donc à une nouvelle définition, c’est le cas par exemple de « grenouille » qu’elle prononce en un mot proche en sonorité que nous l’entendons dire depuis longtemps.
On a aussi « papa » (il est content !) et… « caca » (ouais, elle est glamour notre fille), parce que S. nous prévient quand elle fait dans sa couche (peu importe quoi, ça reste « caca » mais avec la main devant ou derrière c’est selon…). On a donc commencé à expliquer le concept du pot, l’objet trône en double exemplaire dans le salon (à la base c’était pour en avoir un à chaque bout de la maison mais elle les rassemble), elle a très bien saisi le lien mais pour le moment ça s’arrête là et on ne va pas trop l’embêter avec, elle a déjà beaucoup à gérer.

Elle avait l’habitude depuis le début de voir papa s’absenter, là bas pour les papiers, ici pour les papiers aussi. La plupart du temps on essaie de viser le temps de la sieste pour que l’un de nous s’absente mais il faut aussi qu’elle s’habitue à nous voir partir, surtout pour bien se rendre compte que nous revenons toujours. Alors j’ai fait mes premières sorties moi aussi, d’abord courtes (bien passées même si ensuite elle me regardait un peu de travers quand j’allais chercher quelque chose dans la placard de l’entrée) puis une plus longue aujourd’hui où je n’étais pas là pour le repas du midi et l’endormissement de la sieste. J’avais pris bien soin de lui expliquer avant et elle m’a très bien compris : du moment où je lui ai dit elle s’est tourné vers son père et n’a plus voulu que je m’occupe d’elle (en me souriant quand même) jusqu’à mon départ !

Elle est pourtant très maman, c’est même une vraie glu avec moi à certains moments de la journée (alors qu’à d’autres moments je peux tout à fait vaquer à mes occupations, enfin quand j’ai des occupations autres que la regarder^^, sans soucis même s’il faut que j’aille dans le garage ou dans le jardin alors qu’elle reste dans la maison avec son père), surtout aux réveils, comme si il fallait se remettre d’un long sommeil « loin » de nous (ça a commencé avant que je m’absente donc pas de lien), et elle le prend très mal si je dois la faire patienter parce que j’ai des choses dans les mains, ou pire, si je dois la poser parce qu’il faut bien que j’aille aux toilettes !
La technique trouvée pour répondre à son besoin sans que ça ne devienne « trop » (parce que ça devenait compliqué) est de lui dire « ok tu as besoin d’un câlin je te prends mais je ne te sers pas « d’âne de bât », si tu veux jouer et te déplacer tu descends de mes genoux ».
Elle a bien compris et ça fonctionne plutôt pas mal, les temps « glu » tendent à se raccourcir, mais il y a toujours des moments où elle panique malgré tout si je dois la poser. Nous nous sommes donc posés un moment pour lui expliquer qu’effectivement, sa première maman (nous avons utilisé le mot dans sa langue maternelle) un jour l’avait laissée et était partie sans jamais revenir et que ça avait du être très dur pour elle, mais que papa et maman avaient décidé d’avoir S. que nous sommes heureux d’être ses parents et de nous occuper d’elle, que nous ne la laisserons pas et que nous reviendrons toujours. Réaction impressionnante de la demoiselle qui, lorsqu’on a évoqué sa première maman, était au bord du sanglot, et qui une fois la discussion terminée a tendu les bras vers on papa pour lui faire un câlin, acceptant enfin de quitter mes bras.
Après, vu tout ce qu’elle vit comme chamboulements et nouveautés, on ne peut que comprendre qu’elle ait parfois besoin de faire le koala !

Son degré de compréhension est, vous l’aurez compris, très impressionnant, sa mémoire aussi.
C’est assez déroutant de voir cette petite fille à la fois si grande et si petite. D’un côté la maturité d’un enfant qui a du ne compter que sur lui même bien trop tôt et trop longtemps, de l’autre l’immaturité d’un enfant qui a été mis sur « pause » à un certain stade de développement et qui doit rattraper certaines étapes, avec par dessus les angoisses d’abandon qui la rendent très vulnérable.
(Et là on réalise encore mieux la nécessité d’un agrément et d’une bonne préparation. Non ce ne sont pas des enfants « lambda », il faut vraiment des parents qui tiennent la route en face d’eux.)

Nous avons d’ailleurs eu, et avons encore, des passages par les fameuses phases de régressions. A l’hôtel, quand nous étions là bas, pendant quelques jours elle s’est mise à babiller comme un bébé et à marcher à quatre pattes. Ici elle a sucé son pouce quelques jours… sauf que comme elle a horreur d’avoir les mains sales elle nous demandait vite de lui essuyer la bave (elle a une sensibilité particulière au « sale », un point de feutre sur sa peau la perturbe énormément, une saleté dans son bain la fait sortir, c’est très surprenant, mais on connaît déjà ce profil d’enfant, le dernier de ma soeur était exactement pareil, elle lui ressemble beaucoup, même physiquement, c’est rigolo).

De notre côté, nous sommes tous les deux déjà très attachés à notre fille. MonChéri est tout attendri et fier, et moi qui craignait de ne pas réussir à aller au contact de mon enfant (voir mon article quelques jours avant l’appel) je dévore ma fille de bisous.
Pour MonChéri le côté « très maman » et surtout les moments où elle le repousse sont un peu difficiles à vivre même s’il sait que c’est normal. Il a aussi pleinement réalisé combien l’enfance qu’on a vécu et l’éducation qu’on a reçu remontent face à son propre enfant et dit lui même qu’heureusement toutes ces années d’attente et de préparation lui ont permis d’y réfléchir et de travailler dessus, qu’il n’aurait pas été le même père si nous n’étions pas passé par tout ça, il s’en sort merveilleusement bien.
Quant à moi j’ai envie de mordre toutes les mains qui s’approchent de ma fille (autres que celles de son père évidemment, je fond quand je les vois ensemble), et j’angoisse à l’idée qu’elle tende les bras à quelqu’un d’autre que nous. Je me laisse l’été pour continuer à mordre, après on verra.

Ce qui nous a été utile

Parce que ça pourrait servir à d’autres, voici une petite liste de ce qui nous a été particulièrement utile (ou nous aurait été utile) pendant le voyage :

Pour nous :
– Le « sac à jambon« , certains verrons de quoi je parle, d’autres pas du tout, le « sac à jambon » pour faire simple c’est le concept du duvet, on se fourre dedans, mais en drap léger. Quand on arrive dans un logement dont l’état de propreté n’est pas optimal, on est bien content d’avoir un drap et des taies d’oreillers propres. (Je dis « pour nous » parce que l’hôtel dans lequel nous étions avec la petit était très propre mais nous lui avions prévu aussi son sac à jambon au cas où).
– partant du même principe : des lingettes nettoyantes. C’était pas mal de pouvoir donner un coup aux endroits stratégiques. On a manqué d’une éponge et d’un torchon mais on s’est débrouillé. Nous avions pris (et utilisés) des sacs poubelles et deux rouleaux de PQ. utiles aussi des sachets refermables et/ou pinces pour fermer les sachets ouverts, parce que vive les fourmis !
– Nous avions apporté aussi des lingettes pour le corps et en dehors des changes de la petite ça nous a servi à nous à l’aéroport pour une toilette rapide (prévoir des vêtements de rechange pour le voyage en avion c’est bien aussi).
– le savon de Marseille, incontournable, pour le corps, pour les lessives à la main… ça fait du deux en un et ça évite les flacons qui explosent dans la valise.
– Si vous partez du principe que vous allez faire votre lessive à la main justement, vous n’avez besoin que de peu de vêtements, j’ai tourné avec deux bas, trois hauts et trois culottes ! Préférer les matières qui sèchent vite et bien se renseigner sur le pays et les habitudes vestimentaires (épaules et genoux couverts étaient conseillés pour nous).
– bien sûr nous sommes partis avec une pharmacie bien fournie (pour nous et pour elle), les pastilles pour purifier l’eau nous ont été très utiles, l‘HE de tea tree aussi (pour ceux qui ont l’habitude d’en utiliser) et le sérum physiologique.
– un bouquin de Johanne Lemieux pour se rafraîchir la mémoire en direct et selon les difficultés rencontrées.

Pour elle :
– L’album photo de la maison et de la famille. On voit nettement la différence dans sa réaction quand elle rencontre des gens qu’elle a vu en photo par rapport à des inconnus. Nous l’avions aussi préparé au siège auto et à l’avion de cette manière et ça nous a semblé plutôt efficace.
– un imagier photo très complet, nous a aussi aidé à communiquer (nous avions oublié les pictogrammes prévus), à la préparer au retour, à commencer à dire des mots… Nous avons manqué en revanche de petits livres qui racontent le quotidien style petit ours brun ou tchoupi, on pense que ça l’aurait encore plus aidé à comprendre certaines choses.
– des jeux, plein de jeux, là aussi on a manqué (mais acheté sur place), parce qu’il faut trouver à s’occuper tous les jours à l’orphelinat quand on n’a pas beaucoup de liberté (et pas de piscine^^), il y a des choses simples et légères : gommettes, crayons, cahier pour dessiner, ballons de baudruche, petite voitures, personnages, marionnettes, balle en mousse… Les cubes qui s’emboîtent les uns dans les autres ont eu un énorme succès, le brumisateur aussi. Nous aurions du aussi échelonner plus, ne pas apporter trop de jeux à la fois et faire tourner pour ne pas qu’elle se lasse.
– un petit sac à dos, pour y mettre les jeux justement, et la tasse à bec (ou gourde) très utile aussi.
– des biscuits, toujours sur nous quand nous allions dans les administrations avec elle ou lors du voyage. Parce que nous ne savions jamais combien de temps ça allait durer, et qu’il n’y a rien de mieux pour faire patienter tranquillement aux moments délicats. Ca on les a acheté sur place évidemment.

Je compléterais si je pense à autre chose.

Le voyage

(Je sais que les témoignages sont importants quand on est soi même dans le parcours, plein de questionnements et avide de connaître l’expérience des autres pour se préparer, voici donc mon court témoignage, si d’autres questions vous viennent, pour approfondir certaines choses ou sur des sujets que j’aurais peut être oublié d’aborder n’hésitez pas, je pourrais y répondre, ou non, en public, ou non, mais n’hésitez pas 😉 )

Nous sommes partis le 5 mai, tôt, pour arriver le 6 là bas, tôt également (décalage horaire, longue correspondance…).
A peine posés les pieds sur le sol du pays, le correspondant local nous emmène au service adoption pour signer des papiers pour le début de la procédure, puis chez l’avocate pour signer des papiers encore. On est complètement décalqués après beaucoup d’heures sans sommeil (on a quasi pas dormi dans l’avion, on a peu dormi la nuit d’avant…), les gens nous parlent mais on a du mal à réagir, bon tout le monde est compréhensif.
La bonne nouvelle c’est que comme nous avons réussi à voir tout ce monde rapidement nous pouvons rejoindre dès aujourd’hui la ville où se trouve l’orphelinat. 4 à 6h de route en temps normal, pas parce qu’il y a beaucoup de km, juste à cause de la circulation, 3h30 avec notre super chauffeur. Il faudrait trois articles au moins pour vous décrire la conduite là bas, mais on s’y est plutôt bien fait, depuis notre retour on trouve les trajets en voiture vachement monotones quand même.
Et puis les paysages, les trucs improbables sur le bord de la route, la végétation et la faune (« euuuuh c’est des chauves souris les trucs énorme là ? » « Oui oui ») (et encore je vous dis pas tout)… on est décalqué mais c’est impossible de fermer les yeux, ou alors pas longtemps, il y a trop à voir !
C’est la toute fin d’après midi, notre correspondant nous emmène… à l’orphelinat. Je n’imaginais pas faire une rencontre dans ces conditions, nous déphasés, elle (toute belle dans une robe bleue) qu’on nous met dans les bras sans prendre le temps de s’apprivoiser (d’autant qu’on le saura après mais à cette heure là les enfants sont couchés). Elle hurle, forcément, et on semble attendre de moi que j’arpente la pièce pour la calmer (il y a beaucoup de monde autour de nous), moi je préfère qu’une nounou la reprenne pour faire connaissance tranquillement alors qu’elle est calme dans ses bras, le fait est que nous arrivons de cette manière à lui parler et échanger quelques regards sans pleurs. Nous ne restons pas longtemps, il est tard, nous allons prendre possession de notre chambre dans une chambre d’hôtes à 2 minutes à pied de l’orphelinat.

Le lendemain est à nos yeux la vraie rencontre, celle dans de bonnes conditions pour tout le monde. S. pleure quand on me la met dans les bras mais peu de temps. Nous sommes installés dans une pièce à l’écart (un dortoir pour les adultes), nous avons un petit accès à l’extérieur. S. est assez figée (on ne s’attendait pas à autre chose, à vrai dire on imaginait même pire) mais elle observe beaucoup, manipule les jouets que nous avons apportés et cherche même le contact… avec ses pieds.
On nous avait dit 8h-12h mais on se rendra vite compte qu’en fait à 11h les enfants sont couchés, le fait est que le premier jour à 11h S. s’endort dans les bras de papa, épuisée. Aussi, rapidement, nous accorderons nos heures de visites à ses heures à elle, nous faisons 8h-11h et 14h-17h. Au bout de quelques jours nous demandons aussi à pouvoir lui faire les soins et lui donner ses repas.
Le deuxième jour déjà il y a un gros changement, son visage s’ouvre, elle participe, joue activement et nous avons même des sourires ! Elle ne quitte pas nos bras, refuse de poser le pied par terre, même changer de bras est angoissant pour elle.

A partir de là, chaque jour il y aura des évolutions. Des câlins, des rires, plus de pleurs quand elle nous voit arriver mais quand elle nous voit repartir, des bras tendus, des mots qui sortent de sa bouche, les pieds enfin posés par terre, marcher d’abord, puis courir et se précipiter dans nos bras quand passent des inconnus (ou juste pour le plaisir)…
Notre petite S. est curieuse de tout, elle aime rire, et croyez moi, elle est très loin d’être bête, on sent qu’elle analyse et réfléchit beaucoup et on est souvent bluffé.
Elle nous a vite montré son caractère aussi, quand on dit non elle se fâche, lève parfois la main et/ou se met à pleurer à chaudes larmes. C’est devenu aujourd’hui beaucoup plus rare, pour nous c’étaient des réactions de peur et de défense (à l’orphelinat ils sont très bien nourris et soignés, mais côté bienveillance du personnel ce n’est pas toujours ça…), aujourd’hui elle fait toujours la gueule quand on dit non (forcément, on ne va pas s’attendre à l’inverse) mais ça ne dure jamais longtemps.
Il y a pas mal de phase maman où papa est tout juste toléré, il y a eu aussi quelques phases papa, et des phases d’équilibre.
Au début nous l’appelions par ses deux prénoms, prénom d’origine (gardé en deuxième prénom) et prénom que nous avons choisi, au bout de huit-dix jours nous n’utilisions plus que S.

Beaucoup plus rapidement que prévu (même pas trois semaines), pour notre plus grand bonheur, une date de jugement nous est annoncée. Il faut retourner à la capitale, S. nous rejoindra là bas avec la directrice de l’orphelinat et une nounou.
On ne fait pas les fiers le jour du jugement, tout est très cérémonieux, mais le juge nous donne le graal, à partir de ce jour S. reste avec nous, elle est officiellement notre fille !!!
Nous allons maintenant vivre à l’hôtel (avec piscine) jusqu’à ce que nous ayons obtenu le passeport de S. puis son visa pour qu’elle puisse rentrer en France. Mais avant de pouvoir faire tout ça il faut attendre que le jugement soit édité, signé, tamponné… ça mettra plus d’une semaine, sans ça nous aurions battu le record du séjour le plus court depuis longtemps dans le pays.
En attendant que nous ayons les papiers du jugement nous ne pouvons pas sortir de l’hôtel car rien ne prouve que S. est notre fille et la population locale a parfois peur des vols d’enfants et font des signalements à la police (à l’hôtel ils sont habitués, je crois qu’ils voient passer les adoptants de tous les pays) mais de toute façon vu que le climat actuel est un peu tendu nous ne sommes quasi jamais sortis de nos « lieux de vie », si ce n’est pour faire les courses et les papiers. C’est un peu dommage, nous aurions aimé en voir plus, mais sécurité avant tout.

S. s’adapte très vite à sa nouvelle vie à l’hôtel. Les premiers jours il y aura deux ou trois coups de blues mais ça ne dure pas. Généralement elle dort bien la nuit et nous fait de grosses siestes, il arrive parfois qu’elle fasse des terreurs nocturnes. On découvre très vite aussi qu’elle a besoin d’être contenue dans son sommeil, sinon elle roule énormément et chouine en dormant, nous réduisons donc son espace dans le lit grâce à un savant système d’empilage de coussins !
A l’heure du coucher elle nous fait des cabrioles sur le lit, elle chante, nous fait des mimiques incroyables, impossible de rester sérieux les premiers soirs, l’endormissement prend « des heures », on finit par prendre un air plus ferme (en se cachant derrière nos mots fléchés pour ne pas qu’elle nous voit rire), ça marche, elle s’endort plus vite. Et pour faire les fous sur le lit, on se donne un autre horaire en journée !
Nous avions peur qu’elle soit effrayée par la piscine mais pas du tout, elle y est à l’aise tout de suite. Nous y allons matin et soir et elle s’en donne à coeur joie ! Avant notre départ elle en était à se laisser flotter sur le dos avec ses brassards en battant des pieds, à l’aise je vous dis !
Tout le long du séjour, alors qu’elle voit le même personnel chaque jour, elle fera « la tronche » aux gens, se précipitant dans nos bras à leur approche et ne leur souriant que lorsqu’ils sont au loin, trop loin pour venir la prendre. Très bien.

Enfin jeudi dernier en début d’après midi l’ambassade nous appelle pour nous dire que le visa est arrivé. MonChéri y court puis va faire changer nos billets et acheter celui de la petite pour un retour le lendemain ! Dans l’avion (partis le matin arrivés le soir) la demoiselle joue tranquillement et dort !

Encore une fois les capacités d’adaptation de notre fille nous bluffent. Elle nous a fait une nuit de terreurs nocturnes (faut bien que ça sorte d’une façon ou d’une autre quand même) mais sinon elle a repris son rythme, ses nuits, ses siestes, son appétit… Elle traverse la maison en semant des jouets, elle essaie de sympathiser avec le chat mais se tient à distance de la chienne (l’une de nos chiennes est morte pendant que nous étions là-bas, pas facile comme situation pour moi qui n’ait pas pu accompagner ma chienne et pour ma mère qui a du prendre la décision…) pourtant au vue des caractères de l’un et de l’autre elle ferait mieux de faire l’inverse !
Les mots français arrivent. Nous elle nous appelle tous les deux par le mot « maman » de sa langue d’origine (quoiqu’elle fait maintenant une légère variante pour MonChéri) !
Elle nous comprend très bien et elle a toujours su très bien communiquer avec nous même sans un mot de français.

Nous étions bien préparés, nous avons beaucoup lu et participé à des réunions, soirées débat… tout ça nous a beaucoup aidé, nous a probablement évité des erreurs, nous a donné des clés, que faire, que ne pas faire dans telle ou telle situation… mais il faut dire aussi que nous sommes tombés sur une perle, notre fille est pleine de ressources et son début de vie auprès de sa mère biologique (quelques indices nous font dire qu’elle était aimante malgré la situation) lui a probablement donné les armes pour affronter les ruptures, l’orphelinat, et recréer des liens ensuite.

Une dernière chose : je l’avais déjà dit, ce voyage était pour nous deux le premier gros voyage hors frontières, en avion… (hormis pour moi qui l’avais pris à 8ans… il y a longtemps donc, et pour un temps très court). Gros défi !
Eh bien tout s’est très bien passé. Pour être très honnête, la première semaine on n’était pas très très sereins, plutôt dans le « plus jamais on ne voyagera »… et puis quand on s’est rendu compte qu’on savait très bien se débrouiller et que tout allait bien on s’est détendu et aujourd’hui d’une part on est assez nostalgique du pays mais en plus croyez moi on est prêts à repartir voyager et découvrir d’autres endroits sur la planète !

Rentrés

Finalement il n’aura même pas fallu six semaines, nous sommes rentrés hier, à trois, heureux, comblés.
Nous avons eu le jugement très rapidement, la paperasse ensuite a été un peu longuette (on se tapait toujours les weekends au milieu, ça repoussait chaque étape de deux jours) mais elle était alors avec nous, nous étions à l’hôtel, dans la piscine, au resto… cool quoi !

Notre petite fille a continué son évolution de manière fulgurante. Elle est très vive d’esprit, curieuse de tout et très joyeuse. Elle est plutôt cool, la journée d’avion s’est très bien passée entre jeux et siestes, et là, alors que nous avons chamboulé tous ses repères, elle joue, rit, chantonne… et a fait sa nuit complète d’une traite alors que nous nous attendions à une nuit chaotique (elle fait parfois des terreurs nocturnes).
Elle nous est déjà très attachée, en présence d’inconnus elle vient tout de suite se rassurer dans nos bras. Elle est très câline, elle aime les bisous et nous prendre par le cou pour nous serrer très fort entre ses bras.
Elle ne nous parle pas encore français mais nous comprend déjà très bien et sait très bien se faire comprendre.
Elle a son caractère, elle n’aime pas qu’on lui dise non, mais ne boude jamais longtemps. Elle a aussi eu des réactions de peur et de défense lorsque nous lui disions « non » mais nous avons à priori réussi à la rassurer, elle ne réagit plus aussi fortement.

Ce que nous vivons est merveilleux, cette petite fille, notre petite fille, est incroyable, une vraie force de la nature.

Il est tard… je repasserai 😉

Message rapide

Juste pour « rassurer » tout le monde, notre voyage aller s’est bien passé, nous avons vu rapidement notre fille le 6 au soir et depuis nous y allons tous les jours.
C’est impressionnant comme les choses vont vite (et bien), mardi, première vraie journée avec elle, elle était toute figée mais depuis hier (jour 3 déjà entamé ici) son visage change, elle se détend, s’ouvre, joue, sourit…
J’ai déjà de gros câlins (de toute façon elle refuse qu’on la pose) et des bras tendus vers moi, elle est un peu moins à l’aise avec MonChéri mais ils s’amusent bien quand même tous les deux. Que d’émotions ! Et quelle petite fille incroyable !

Nous n’avons pas le temps de faire grand chose d’autre, le midi on rentre pour manger (le temps de sa sieste) puis le soir on est crevés, on rentre, on raconte la journée aux proches, on mange et dodo. De toute façon il y a un climat particulièrement tendu dans le pays en ce moment, alors déjà qu’on n’y allait pas pour le tourisme, là il vaut mieux rester tranquille.

Vous risquez de devoir attendre mon retour pour avoir un récit plus détaillé, on espère que les démarches iront vite (autour de 6 à 8 semaines pour les dernières adoptions, on espère être du côté des 6…)

A bientôt !

J-6

J-6, c’était mon dernier jour de boulot.
J’ai laissé les petits (et les collègues), non sans un léger pincements au cœur, ma mission là bas est terminée mais c’est l’aventure de ma vie qui commence, ce dernier jour de boulot c’était aussi une grande étape vers notre départ !

Nous sommes prêts, depuis une semaine déjà : paperasse, vêtements, affaires pour la petite, anti-moustiques et autres trucs en « anti » (antibio, anti-diarrhéique, antiseptique…), alors on trépigne un peu, mais ça va, on gère.

Nous avons eu le correspondant local au téléphone le weekend dernier, en entendant sa voix, son accent, j’ai eu envie de sauter là tout de suite maintenant dans l’avion, envie de voir enfin ce pays, ces gens, qui nous offrent le plus beau des cadeaux. Il s’est montré rassurant et optimiste, pour lui nous ne devrions pas avoir de retard dans les procédures.

Ces derniers jours, on a souligné nos « dernières fois avant longtemps », dernier samedi seule à la maison pour moi, dernier ciné, dernier ci, dernier ça…

Cette semaine la famille se succède à la maison, là ma mère qui vient chercher nos animaux, puis mon frère, puis mon père pour le départ. Ca va passer vite… peut être, le temps a toujours tendance à s’étendre quand on est impatient !

Vivement, vivement, vivement !!!

Préparatifs

Que dire ? Je n’ai plus le temps de passer ici, on ne touche plus terre, dans tous les sens du terme, des listes de choses à faire ont envahi la maison et dès qu’on pense être arrivée à bout d’une, une nouvelle apparaît.
C’est grisant.
Chaque jour tout ça devient un peu plus réel, chaque jour nous rapproche d’elle.

Rdv avec notre OAA, revoir le protocole, le déroulé du voyage, leur dire combien on plane !

Rdvs médicaux… Des vaccins tiens, un dans chaque bras l’autre jour, hépatite A et rage. Ca fera des anecdotes rigolotes à raconter à notre fille, vous auriez vu la tête de MonChéri quand le médecin a sorti les piqûres (et en plus il va s’en prendre encore quelques doses car pas à jour de certains vaccins) !

Achats surréalistes : « Chéri… y’a des couches dans notre caddie… », rentrer dans des magasins dans lesquels on n’a plus mis les pieds depuis des années, avoir encore un peu de mal à s’y sentir légitime, mais regarder les ventres ronds qui le peuplent sans aucun pincement au coeur.

Des cadeaux… je crois qu’on a de quoi l’habiller avec une tenue différente chaque jour jusqu’à ses cinq ans sans jamais faire de lessive. Et la générosité incroyable des collègues de MonChéri qui nous offrent le plus beau des cadeaux : du temps.

Fêter la nouvelle : ça fait 15 jours qu’on ne mange plus chez nous les soirs, ou alors avec des invités.

Se préparer pour elle, reconstituer son histoire, construire le récit de ce qui l’aura menée jusqu’à nous, préparer les souvenirs…

Mesurer notre chance.

Le jour de sa naissance

L’une des premières choses que j’ai cherché après l’Appel, c’est à savoir ce que nous faisions le jour de sa naissance. Merci le blog, j’ai eu ma réponse.
Ce jour là j’avais rdv chez l’acupunctrice. Je me souviens de cette séance. A cette période je n’allais pas très bien, nous venions de laisser nos dossiers à notre OAA pour qu’ils soient envoyés et nous nous retrouvions soudain avec plus rien d’autre que l’attente devant nous. Après des mois de mouvements, entre l’agrément, les courriers, les montages de dossiers… plus rien si ce n’est des questionnements sur mon avenir professionnel, sur moi-même, une maison qui me déprimait toujours plus… Mais ce jour là j’avais rdv chez l’acupunctrice et décidé de changer les choses. J’ai décidé d’entamer une thérapie, qui a changé ma vie, MonChéri avait fini par admettre l’idée d’un déménagement, qui a changé notre vie aussi.
C’est dingue de se dire qu’à des milliers de km de distance, le jour de la naissance de notre fille a été le déclic du début d’une nouvelle vie pour nous, et nous ne savions pas encore à quel point !

MonChéri aime dire autour de nous que notre fille a attendu, attendu que les travaux soient finis, que nous ayons la nouvelle voiture, une nouvelle carte bancaire pour voyager, et les conditions idéales côté boulot. En effet MonChéri n’ayant pris aucune vacances depuis l’été dernier il se retrouve avec ses cinq semaines + deux mises de côté lors de son arrêt pour son poignet + une semaine en heures supp… soit huit semaines en tout, soit la durée prévue du voyage. Initialement nous imaginions devoir faire une partie en « sans solde », et bah même pas ! Ensuite monsieur prendra les dix semaines de congé adoption, le pied ! Et moi ? Mon CDD prend fin, je pourrais prendre le temps d’accueillir ma poupette ❤
Un autre truc absolument merveilleux c’est qu’étant de janvier, elle ne rentrera à l’école qu’en 2020 (avec sa cousine !). Pas besoin de se battre ou de se justifier pour retarder son entrée à l’école, elle va bénéficier de plus d’un an pour pouvoir se poser tranquillement, s’attacher, s’enraciner… un vrai luxe au regard de certaines situations, une vraie nécessité pourtant pour pouvoir entrer dans l’apprentissage sereinement.
Non nous n’imaginions pas avoir une poupette si petite. Nous nous préparions à accueillir un enfant de trois-quatre ans, nous pensions école mais pas couches ou lit à barreaux. Nous sommes ravis, ravis de savoir que notre fille n’aura vécu «  » »que » » » deux années en orphelinat avant son arrivée chez nous, ravis de ces étapes inattendues que nous pourrons vivre avec elle.
Heureux, tellement heureux !
MonChéri s’est détendu à mesure que les papiers officiels de proposition puis de « démarrage » de la procédure sont arrivés, il a fini par prononcer lui aussi ces deux mots magiques : « ma fille », il est en train de devenir papa, c’est tellement beau à voir, et il n’arrive plus à travailler, c’est rigolo !
C’est notre tour, notre tour, on commence doucement à réaliser. La peur du voyage a fait place à l’impatience de vivre cette extraordinaire aventure. Et désormais j’arrive à dormir une nuit sur deux, il y a du mieux !
Nous avons rdv là bas le 6 mai et rencontrerons probablement notre fille le 7… là, ça devient concret !
Alors on prépare, on prépare, c’est du temps presque plein (j’ai mis plusieurs jours à pouvoir écrire cet article), et on se prend des coups de speed : il faut tel et tel papier, c’est nouveau (et ça te rappelle que tu ne soufflera vraiment que le jour où tu rentrera avec elle dans les bras). Va, courre les administrations, ce n’est que le début, parait qu’au retour, on s’amusera avec la CAF et la sécu ! Problèmes de riches 😉