Notre famille (article un peu MILK, mais j'ai le droit quand même)

Au dessus de notre lit, deux cadres, deux portraits, notre fils, notre fille. Ces deux cadres accrochés j’ai ressenti un certain accomplissement, ce sentiment d’avoir ma famille au complet.

Oui, même si mon fils me manque, d’autant plus en vivant aujourd’hui avec S. tout ce que nous aurions du vivre d’abord avec lui, comme si je me rendais d’autant plus compte de tout ce qui nous a été arraché par sa mort. Mais c’est un fait, c’est comme ça, sa place dans la famille est celle-ci, celle de l’aîné qui n’est pas né vivant, et sa place est importante.

Et même si parfois je me dis « ce qu’on vit aujourd’hui est merveilleux, pourquoi ne pas le vivre une seconde fois ? », la demi-seconde qui suit je me dis « ce qu’on vit aujourd’hui est tellement merveilleux, pourquoi risquer de briser tout ça ?! »

Bref, notre famille au complet, une famille atypique, une famille dont je suis fière. Sur ce mur, au dessus de notre lit, deux portraits résument à eux seuls à quel point notre combat a été grand pour devenir parents.

Aujourd’hui, chaque jour, je pose un regard émerveillé sur ma fille, mon incroyable fille qui se reconstruit une vie en composant avec l’ancienne. Et même si je sais que notre présence n’y est pas pour rien, je vous assure que nous sommes surtout spectateurs de cette force qu’elle déploie et de ses réussites. Nous sommes là en soutien (bon soutien quand même, envoyons nous des fleurs un peu), mais c’est elle qui fait le gros du boulot !

Aujourd’hui on nage dans le bonheur d’une vie de famille où chacun sait combien elle est précieuse, une vie de famille tellement normale mais tellement extraordinaire à nos yeux. Voir MonChéri faire du toboggan au parc dans n’importe quel sens juste pour faire marrer sa fille, la voir « l’escalader » (MonChéri aurait-il pris un peu de ventre ? Hum hum..) le matin dans le lit pour lui faire un câlin, se serrer tous les trois dans le canapé… me procurent une joie immense. Intérieurement je suis la pire des « MILK », chaque petites choses faites ou dites par ma fille mériteraient la une d’un journal, ou une publication fb, ou au moins que j’appelle l’intégralité de ma famille et de mes amis, toutes discussions ne pourraient tourner qu’autour d’elle sans problème… mais bon… je me contiens… je sais…

Mais quand même, que notre fille depuis quelques temps nous dise plusieurs fois par jour : « maman, ‘t’aime » et « papa, ‘t’aime », je n’allais pas le garder pour moi !

Anniversaire

Voilà une situation particulière qui peut se résumer en une phrase surprenante : ma fille de quelques mois va avoir trois ans.
Si si. Elle est ma fille. Depuis quelques mois. Et dans quelques jours elle aura trois ans.

Nous préparons fièrement son anniversaire, nous lui avons expliqué cette journée particulière et elle l’attend ( « S. quel âge vas-tu avoir ? » « T’ois » dit-elle… avec ses dix doigts en l’air !)… mais lorsque j’ai accouché de mon fils, j’ai réalisé que la personne pour qui un anniversaire a le plus de signification n’est pas celle qui le fête mais celle qui a enfanté. Elle sait ce qui s’est passé ce jour là, en détail, tout est imprimé, heure par heure, le temps, les odeurs, les visages, la douleur… Cette journée elle en a un réel souvenir.

Il y a trois ans une autre femme a mis au monde ma fille. J’aurais aimé être là, savoir, heure par heure, être au premier rang de la découverte de cette enfant, de son premier regard… mais l’histoire ne devait pas être celle là, elle seule connaît les secrets de cette journée. Il y a trois ans elle a mis au monde sa fille, la mienne, et la prise contre elle.
Aujourd’hui, je pense à elle, elle qui a accompagné, porté, soigné sa/ma fille durant ses premiers mois et qui a du se résigner à l’abandonner. Elle n’a pas été que génitrice, elle a été sa maman comme je le suis aujourd’hui. La douleur de la décision, la douleur de la séparation, la douleur du vide… je l’ai vécu d’une autre manière, mais comment vit-on de savoir son enfant encore vivant quelque part mais pas auprès de soi ? Que vit-elle aujourd’hui ?

Il y a quelques temps nous discutions avec MonChéri de tous ces « fantômes » qui composent notre famille. Il y a « papa, maman et S. », trio bien vivant et inséparable, et puis il y a un fils/frère aîné quelque part dans les étoiles et une première maman quelque part dans ce monde. Il faut composer avec, construire autour, donner une juste place à chacun…

En attendant, dans quelques jours, notre fille va fêter ses trois ans… et elle, comment va -telle le vivre ?

6 ans

6 ans hier. Il y a six ans c’était un lundi aussi. Il y a six ans je mettais au monde, dans l’autre monde, mon premier enfant.

On ne va pas se mentir, avec S. aujourd’hui dans nos vies c’est plus facile, ou moins lourd. Oubliée l’angoisse de « Et s’il était le seul enfant qui nous était destiné ? Si notre parentalité ne devait être que celle là, un deuil ? ».
Mais un enfant n’efface pas l’autre.

Il y a peu je réalisais que mes deux grossesses (l’une d’elle est un peu particulière, mais cette période entre l’appel et notre retour à la maison avec S., je l’ai vraiment vécu comme une grossesse), et donc les souvenirs qui vont avec, se complétaient (du moins auraient du) parfaitement sur une année. Enceinte de L. mi juin, je devais l’être jusqu’à mars, pour S. nous avons été appelé fin mars et sommes revenu mi-juin.
Sauf que dans tout ça il manque trois mois. Il manque trois mois de L. dans mon ventre.

Je sais que nous avons pris la bonne décision. Je me souviens parfaitement que, le jour où nous avons compris que notre fils ne vivrait pas, il nous était impossible de continuer cette grossesse, comment vivre encore des semaines et des mois « comme si de rien n’était » alors que notre décision était prise de lui épargner cette vie trop douloureuse ?
Et pourtant aujourd’hui ces trois mois de ma vie et de la sienne manquent cruellement. Il y a comme un goût amer d’inachevé. La vie en dehors de moi n’était pas pensable, mais après tout, pourquoi ne pas nous avoir laissé le temps de terminer cette petite vie là…

On m’a fait comprendre il y a quelques temps qu’il fallait que je retravaille sur mon deuil. Bon bah voilà, j’en suis là, à ces trois mois manquant.

Enfin cette journée est passée, entre le triste anniversaire de notre fils, MonChéri à l’hôpital pour son retrait de plaque, et notre fille qui a décidé que là tout de suite maintenant c’était le moment de se passer des couches sans avoir le plein pouvoir sur ses sphincters… drôle d’ambiance.

15 octobre, journée de sensibilisation au deuil périnatal

« Bébé dodo, chut ! »

Ce sont les mots de S. , il y a quelques jours, devant le portrait de L.

Perdre un de ses enfants c’est aussi devoir l’expliquer aux autres/à l’autre (quand on a la chance d’en avoir).
Explication encore trop abstraite pour elle, mais entrainement salutaire pour moi, en attendant les questions plus précises…

Perdre un enfant c’est aussi s’entendre dire par des médecins « on peut traiter les symptômes mais tant qu’on ne traite pas la cause ça ne partira pas, le choc que vous avez vécu a créé un déséquilibre blablabla… » (depuis mon accouchement, des soucis gynéco, bénins mais gênants, me gâchent la vie tous les mois) et ne pas savoir ce qu’ils attendent de moi.
J’estime aller bien, j’estime avoir fait tout ce qu’il était possible de faire pour aller aussi bien que possible, pour avancer, pour ne pas rester engluée dans la douleur. Expliquez-moi ce que je peux faire de plus. Je ne peux pas effacer mon fils, je ne peux pas effacer l’atrocité de ce que j’ai vécu.
Je ne sais pas. Ai-je encore effectivement des choses à « lâcher »? Ou est-ce qu’ils me parlent juste d’une douleur enkystée dans mon corps et non dans ma tête ? Soyez clairs, aidez-moi si vous estimez que j’en ai besoin, mais ne me dites pas ça comme ça…

Grrrrrr

« Et vous n’allez pas repasser un agrément pour avoir un autre enfant ? »

Ma mère, avant même l’appel des milliards de fois, après l’appel alors que nous n’étions même pas encore partis, et encore maintenant évidemment…

Je lui ai dis, x fois, que, non, nous n’aurons pas d’autres enfants et que le « mais elle va être toute seule » n’est pas un argument valable à mes yeux, ni assez grand en face de tout ce qui pèse pour nous dans la balance du « non », dont je lui ai fait l’exposé en long en large et en travers. Mais, y’a pas, faut qu’elle y revienne.

La projection sur plusieurs enfants voilà bien longtemps qu’elle est enterrée, et même si j’ai eu de très rares moments de nostalgie sur la « famille nut*lla » (vous savez, les blonds qui sourient au petit déj), croyez moi je ne me vois pas avec plusieurs enfants (et puis de toute façon on n’est pas blonds).

Laissez moi profiter de notre fille tant attendue, vivre tout ce que nous avions rêvé de vivre, quitter enfin les années d’attente et d’incertitude. 10 ans, c’est bon, j’ai eu mon compte, rêver d’un enfant qui ne sera peut être jamais, pareil, je ne l’ai que trop vécu.

Et puis il faut bien rappeler que S. est notre deuxième et que le seul enfant qu’on regrettera c’est le premier. Ce n’est pas le petit frère qui manquera mais le grand. C’est ce que je me disais l’autre jour dans la voiture, que ça aurait été chouette d’avoir notre L. à l’arrière à côté de sa sœur. Ca l’a fait grandir d’un coup dans mon esprit, moi qui ne me l’imaginait que comme il a été, je le voyais d’un coup « grand » garçon comme il aurait du être aujourd’hui.

Il y a des choses que le bonheur n’efface pas…

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A part ça on n’a pas eu de réflexions pénibles ou de curiosité malsaine jusqu’à maintenant, si ce n’est une voisine qui demandait avec insistance si tout se passait bien en donnant l’impression de vouloir entendre que ce n’était pas le cas (mais peut être que c’est moi qui l’ai interprété comme ça connaissant l’avis de la personne sur « les enfants adoptés qui posent toujours problème »). Bon, on ne passe plus inaperçu ça c’est certain, mais les regards que l’on croise sont bienveillants, enfin, pour tout dire, la plupart du temps on ne fait pas vraiment attention.

Où l’on se demande ce qui passe par la tête des gens…

Sondage : qui serait prêt à envisager de donner à son enfant le prénom d’un enfant mort dans son entourage quelques années auparavant ?

Avec toutes les naissances cette année autour de nous, une de mes angoisses étaient qu’on nous « pique » un prénom de notre liste. Mon regard était tourné notamment vers le cousin de MonChéri, car vu le prénom du premier je savais que nous avions les mêmes goûts. J’avais même imaginé pire, sans pour autant m’attarder sur cette idée, non, ils n’oseraient quand même pas donner à leur enfant le prénom de notre tout-petit…

« Il s’appelle L. »

Personne n’a voulu nous l’annoncer d’ailleurs, il a fallu qu’on aille chercher l’information, parce que quand même, il était prévu pour décembre, on était en droit de penser que le 10 janvier cet enfant était né !
Parait que quelqu’un a même tenté de les faire changer d’avis.

« Il s’appelle L. » et je n’arrive même pas à leur en vouloir d’avoir tant aimé ce prénom, moi qui regrette de ne pas pouvoir le prononcer à voix haute à longueur de journée, moi qui n’arrive pas à vibrer, pour aucun prénom (de garçon) de notre liste, autant que pour celui-ci.

Mais quand même. On ne se voit pas si souvent, mais on se voit. Comment pourrais-je supporter maintenant ces réunions de famille où le petit L. , bien vivant, qui sera là, ne sera pas le mien et viendra souligner plus encore l’absence de mon fils. Son prénom est l’un des rares signes « visibles » de son existence, il y a quelques photos, deux-trois objets souvenirs, mais surtout il y a son prénom, dans notre livret de famille, et dans l’esprit de tous, ou au moins de certains… Et maintenant, que va évoquer ce prénom pour eux ? A qui vont-ils penser ? Quand on sait combien il est difficile de faire exister un enfant décédé aux yeux des autres.

« Il s’appelle L. » , j’ai déjà trop souvent l’impression qu’on nie l’existence de mon enfant, mais là c’est pire que tout…

5 ans, douleur et espoir

Hier soir, tard, yeux grands ouverts dans mon lit, je me suis dit qu’il fallait que je me fasse une raison : les nuits du 8 au 9 décembre ne seront jamais bonnes. Comme cinq ans plus tôt j’ai donc peu dormi.
Je me suis levée avant le réveil, quand je suis sortie de la douche il était 08h08, alors j’ai souri, puis j’ai pleuré.
Je n’ai pas avalé grand chose au petit dej, on s’est préparé (j’ai enfilé cette robe-pull noire que je portais en début de grossesse et que j’aime tant, juste pour les bons souvenirs) et on est parti. Il fallait que le Noël de notre OAA tombe ce jour-là…

Et quelle bénédiction ! Je n’ai pas eu le temps de penser à ma douleur tant cette journée a été intense et riche en informations. Les derniers adoptants (adorables) étaient là, avec leur merveilleuse petite fille, et ils ont répondu à toutes nos questions et nous ont donné un milliard de conseils.
« Alors c’est vous les prochains ?! » Si seulement, si seulement, on espère, on espère tant…
« Tenez-vous prêts » rien n’est sûr : troubles politiques et élections à venir, mais peut être que les adoptions ne seront pas impactées, d’ailleurs un autre couple vient de partir, pour un enfant plus grand, mais malgré tout « Tenez vous prêts, il ne faudrait pas que vous soyez surpris, voire paniqués si on vous appelle, comme certains pour qui l’attente rend tout tellement abstrait qu’ils sont pris de cours quand ça arrive ! ».
On est prêts, tout est prêt. Alors prions pour un gouvernement sympa tout là-bas, pour que tout ça ne soit pas faux espoir, pour ne pas avoir rendez-vous avec la petite cuillère qui ramasse, trouvons le juste équilibre entre espoir et raison, voire protection…

5 ans sans notre fils et une « drôle » de journée, entre douleur diffuse et espoir qui infuse.

Mon tout petit, mon petit L., j’aime à croire que tu nous aides. Je t’aime. Tu me manques… 

La douleur

Elle aura mis du temps à arriver, je ne m’en plains pas. Chaque année elle me laisse un peu plus respirer. Mais chaque année elle reviendra.

Hier soir chape de plombs sur mes épaules, aujourd’hui ça va un peu mieux, mais quoiqu’il en soit le 9 décembre approche.
Il y a cinq ans j’y croyais encore, je me disais qu’ils ne trouveraient rien à l’amniocentèse, que toutes ces petites choses que nous voyions aux échographies ne seraient que de simples particularités, qu’après tout si nous faisions passer des IRM du cerveau à tout le monde on trouverait chez certains de telles petites particularités sans conséquences. Mais ils ont trouvé.
Il y a cinq ans nous allions vivre les pires instants de notre vie.

Quelles conséquences aujourd’hui ? Qu’est ce qui a changé ? Je crois que ce serait trop long à énumérer, tout mon être a été remanié. Je le disais d’ailleurs à l’époque, quand il a fallu se reconstruire : « quitte à être détruite, autant aller au bout des choses, finir de tout casser, pour pouvoir se reconstruire entièrement sur des bases saines ». J’y suis allée à la masse, dans mes angoisses les plus lourdes et les plus secrètes, j’ai jeté des pavés dans les mares, soulevé des secrets de famille…

Aujourd’hui j’ai cette sensation paradoxale, celle d’être invincible autour d’une faille terrible. Achille et son talon, Superman et sa kryptonite, au choix.

Invincible, j’ai survécu, je me suis relevée, je me suis reconstruite, je suis solide… après ça je n’ai plus peur de grand chose, je me sais capable d’affronter des épreuves terribles (bon soyons honnête j’aimerai quand même éviter de revivre l’horreur quelle qu’en soit la forme et en écrivant ça je touche frénétiquement du bois), après ça les petit tracas de la vie n’ont plus la même emprise. Oui invincible, les pieds bien ancrés au sol contre vents et marées, je ne dis pas que tout va bien toujours mais je m’accroche et je rebondis, je sais que j’ai les ressources pour affronter les difficultés, je me connais, je connais aussi mes limites et les moments où j’ai besoin d’aide et, ça peut paraître étrange, mais savoir demander de l’aide c’est aussi une force. Je sais que je suis capable.

Fragile parce que mon fils est mort, pour le restant de mes jours il y aura ce manque, pour le restant de mes jours je serai une maman endeuillée, parce que ce pan de ma vie ne disparaîtra jamais, il a existé, je l’ai vécu.
Fragile parce que je vois bien que cette épreuve m’a marqué au fer rouge, qu’aujourd’hui je sais la fragilité de la vie, qu’aujourd’hui me projeter, anticiper, reste parfois difficile. J’ai regagné pas mal de notion du temps (sans réfléchir j’arrive à me situer dans le temps, à dire à quelle saison et généralement quel mois nous sommes, oui oui, c’est quelque chose que j’avais perdu) mais demandez moi ce que j’ai de prévu aux prochaines vacances voire le weekend prochain je vous répondrais « houla mais c’est loin ça ». Qui sait où il sera demain ?
Oui tout ça peut avoir des côtés positifs, connaître la fragilité de la vie c’est mieux en profiter, ne pas anticiper c’est vivre au jour le jour, souvent c’est une force, parfois c’est un handicap ou tout du moins une différence, et c’est dans ces moments de la vie de tous les jours qu’on se souvient pourquoi, pourquoi on ne sait plus, pourquoi on se sent en décalage.

Mon fils est là, tous les jours, et sa mort aussi. Ma souffrance s’envole avec le temps, mais les souvenirs restent…

4 ans

Et dire qu’il aurait du y avoir un petit bonhomme de 4 ans auprès de nous.

Quel genre de petit garçon aurais-tu été ? La bouille de ta mère, ça oui, et le caractère de ton père à n’en pas douter. Vous auriez ri ensemble des mêmes bêtises, même dans mon ventre tu faisais des blagues…

La Vie peut être si cruelle.

Hier un grand oncle t’a rejoint, j’espère que tu l’as bien accueilli. Vu comme il aimait les gosses, j’aime penser que vous vous êtes déjà trouvé tous les deux et que tu as pris place dans ses bras.

4 ans sans toi. Tu me manques tellement.

Souvent je me demande si toi, de là-haut, tu sais si ton frère ou ta soeur est né(e), si tu le/la vois, si tu veilles déjà…
Tu veilles sur nous en tout cas, je te sais, je te devine derrière des petits signes du quotidiens.
Mon petit soleil ❤ 4 ans aujourd’hui…

Pas peu fière

Pendant notre premier parcours PMA, j’avais commencé un récit de nos aventures. C’était ma façon d’extérioriser tout ce par quoi nous étions obligés de passer, une sorte de journal intime sur PC. Après la mort de notre bébé je n’ai plus réussi à écrire de cette façon, mais j’avais encore besoin de poser mes mots/maux. Il m’a fallu trouver un autre support et c’est ainsi que ce blog a été créé.

Voulant écrire pour notre second enfant le récit de notre attente jusqu’à lui, il me fallait d’abord clôturer l’histoire de L. Alors j’ai repris et retravaillé mon texte, raconté la terrible issue de ma grossesse et tout ce que notre tout petit avait malgré tout changé dans nos vies. C’est un texte sans prétention aucune, dont le seul objectif est d’être là, pour nous, pourquoi pas pour notre futur enfant, pour faire exister un peu plus notre petit L. Il fallait que cette histoire soit posée quelque part. Il fallait que ce soit achevé avant notre déménagement, avant le nouveau départ qu’il nous offre.

Cet après-midi, un mois pile avant les 4 ans de la naissance de L. , à 14h14 (c’est l’heure affichée de la dernière modification), j’ai fini mon « travail ». Et je ne suis pas peu fière d’en avoir été capable.
L’heure je ne l’ai vu qu’après, mais elle est loin d’être anodine à mes yeux. Un signe évidemment (voir cet article ) 😉

J’avais à peine cliqué sur « enregistrer » que mon téléphone a sonné. C’était la nouvelle assistante sociale du service adoption qui rencontre chaque postulant du département depuis son arrivée parce qu’elle ne veut pas se contenter de lire des dossiers, nous avons donc rendez-vous avec elle à la fin du mois, le jour de l’anniversaire de MonChéri.

Et, parce qu’il y a des journées qui sont bonnes jusqu’au bout, notre super banquière nous a appelé ce soir pour nous dire que nous allions recevoir notre offre de prêt la semaine prochaine. Autrement dit, si le vendeur est ok, nous pourrions emménager dans notre nouveau chez nous bien avant la date prévue !

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