Anniversaire

Voilà une situation particulière qui peut se résumer en une phrase surprenante : ma fille de quelques mois va avoir trois ans.
Si si. Elle est ma fille. Depuis quelques mois. Et dans quelques jours elle aura trois ans.

Nous préparons fièrement son anniversaire, nous lui avons expliqué cette journée particulière et elle l’attend ( « S. quel âge vas-tu avoir ? » « T’ois » dit-elle… avec ses dix doigts en l’air !)… mais lorsque j’ai accouché de mon fils, j’ai réalisé que la personne pour qui un anniversaire a le plus de signification n’est pas celle qui le fête mais celle qui a enfanté. Elle sait ce qui s’est passé ce jour là, en détail, tout est imprimé, heure par heure, le temps, les odeurs, les visages, la douleur… Cette journée elle en a un réel souvenir.

Il y a trois ans une autre femme a mis au monde ma fille. J’aurais aimé être là, savoir, heure par heure, être au premier rang de la découverte de cette enfant, de son premier regard… mais l’histoire ne devait pas être celle là, elle seule connaît les secrets de cette journée. Il y a trois ans elle a mis au monde sa fille, la mienne, et la prise contre elle.
Aujourd’hui, je pense à elle, elle qui a accompagné, porté, soigné sa/ma fille durant ses premiers mois et qui a du se résigner à l’abandonner. Elle n’a pas été que génitrice, elle a été sa maman comme je le suis aujourd’hui. La douleur de la décision, la douleur de la séparation, la douleur du vide… je l’ai vécu d’une autre manière, mais comment vit-on de savoir son enfant encore vivant quelque part mais pas auprès de soi ? Que vit-elle aujourd’hui ?

Il y a quelques temps nous discutions avec MonChéri de tous ces « fantômes » qui composent notre famille. Il y a « papa, maman et S. », trio bien vivant et inséparable, et puis il y a un fils/frère aîné quelque part dans les étoiles et une première maman quelque part dans ce monde. Il faut composer avec, construire autour, donner une juste place à chacun…

En attendant, dans quelques jours, notre fille va fêter ses trois ans… et elle, comment va -telle le vivre ?

Merci 2019 !

Me voilà avec un peu de temps pour moi, comme d’habitude à cette période je suis allée lire l’article de l’année dernière, voir de quelle façon je portais mon espoir. Quelle émotion de se retrouver un an après avec notre vœux le plus cher exaucé ! Oui cette année nous avons été chanceux.

Noël est passé, tellement plus léger, tellement plus heureux… tellement étrange pour nous qui l’avons fui si longtemps. Mille fois j’ai pensé à toutes celles et ceux pour qui cette période est devenue un supplice. Je n’oublierai jamais.

Notre petite S., elle, n’aura pas été très chanceuse pour Noël puisque le 24 au soir elle était au lit à 19h avec 40 de fièvre (et nous de vivre nos premières nuits de parents d’enfant malade), ça n’a pas empêché les étoiles dans les yeux le lendemain matin heureusement.
Notre souhait de ne pas la voir crouler sous les cadeaux-babioles a été relativement bien respecté jusque là, elle a eu de beaux jouets et elle en est ravie.

Pour le reste, notre demoiselle traverse de nouveau une période d’angoisses pour une raison que nous n’avions absolument pas anticipée : sa tentative de propreté. Eh oui, ça aussi ça demande du lâcher prise, et le lâcher prise est encore difficile malgré tout… Retour en arrière, on attend que ça se tasse.
En revanche elle a passé avec succès et sans stress ses premières heures sans nous, à la maison, de jour, avec une baby-sitter qu’elle connaît bien. La possibilité d’un resto en amoureux se profile.
Quant au sommeil est une affaire qui roule.

Voilà, nous terminons 2019 avec, à nos côté, notre fille merveilleuse. S. est un soleil vivant, elle ne laisse personne indifférent avec sa joie de vivre et son regard intense. Elle est une petite fille à la fois sensible et forte, plusieurs personnes m’ont déjà dit : « elle s’en sortira toujours dans la vie, ça se sent » et je le crois volontiers.

Que nous souhaiter pour l’année à venir ? Encore et toujours du bonheur, une vie paisible avec ses plaisirs simples. Et puis une reprise du boulot en douceur pour moi, une entrée à l’école tranquille pour elle.
L’aboutissement de notre quête laisse place à d’autres projets, peut-être pourrais-je renouer avec d’anciennes envies ?

A tous je vous souhaite une année aussi chanceuse que celle que nous venons de vivre, et rdv dans un an pour le bilan !

6 ans

6 ans hier. Il y a six ans c’était un lundi aussi. Il y a six ans je mettais au monde, dans l’autre monde, mon premier enfant.

On ne va pas se mentir, avec S. aujourd’hui dans nos vies c’est plus facile, ou moins lourd. Oubliée l’angoisse de « Et s’il était le seul enfant qui nous était destiné ? Si notre parentalité ne devait être que celle là, un deuil ? ».
Mais un enfant n’efface pas l’autre.

Il y a peu je réalisais que mes deux grossesses (l’une d’elle est un peu particulière, mais cette période entre l’appel et notre retour à la maison avec S., je l’ai vraiment vécu comme une grossesse), et donc les souvenirs qui vont avec, se complétaient (du moins auraient du) parfaitement sur une année. Enceinte de L. mi juin, je devais l’être jusqu’à mars, pour S. nous avons été appelé fin mars et sommes revenu mi-juin.
Sauf que dans tout ça il manque trois mois. Il manque trois mois de L. dans mon ventre.

Je sais que nous avons pris la bonne décision. Je me souviens parfaitement que, le jour où nous avons compris que notre fils ne vivrait pas, il nous était impossible de continuer cette grossesse, comment vivre encore des semaines et des mois « comme si de rien n’était » alors que notre décision était prise de lui épargner cette vie trop douloureuse ?
Et pourtant aujourd’hui ces trois mois de ma vie et de la sienne manquent cruellement. Il y a comme un goût amer d’inachevé. La vie en dehors de moi n’était pas pensable, mais après tout, pourquoi ne pas nous avoir laissé le temps de terminer cette petite vie là…

On m’a fait comprendre il y a quelques temps qu’il fallait que je retravaille sur mon deuil. Bon bah voilà, j’en suis là, à ces trois mois manquant.

Enfin cette journée est passée, entre le triste anniversaire de notre fils, MonChéri à l’hôpital pour son retrait de plaque, et notre fille qui a décidé que là tout de suite maintenant c’était le moment de se passer des couches sans avoir le plein pouvoir sur ses sphincters… drôle d’ambiance.

Poser les valises

Il y a une grosse semaine avec MonChéri on se faisait la réflexion que, ça y est, notre petite S. semblait avoir posé ses valises. Beaucoup plus sereine, beaucoup plus ouverte, beaucoup plus spontanée… comme si elle était enfin redevenue une petite fille insouciante.

Quand elle voit un autre enfant elle n’a plus peur, au contraire. Elle n’est plus dans l’auto-contrôle, elle ose faire de potentielles bêtises, mettre le bazar, exprimer ses désirs, se rouler par terre de mécontentement comme tout enfant de son âge… Elle papillonne autour de nous, vient chercher un bisou et repart à ses explorations, à ses jeux, vers ses copains…
Ses peurs ne sont plus envahissantes et plus vite rassurées, un simple regard suffit parfois.

Le sommeil est plus serein, il semblerait (*touche frénétiquement du bois*) que nous ayons trouvé une bonne recette : un sieste très tôt (endormissement en ma présence), qui permet d’être suffisamment reposée pour le reste de la journée mais suffisamment fatiguée le soir pour s’endormir, seule, tranquillement. Espérons que ça dure. Les nuits ça dépend, mais globalement les terreurs nocturnes sont plus rares et on se lève moins.

De façon très surprenante c’est arrivé d’un coup, alors que juste avant nous traversions une phase de grosses angoisses, de tests et de sommeil terrible, mais je crois que cette période a été le déclencheur chez moi d’une attitude plus sereine et d’une plus grande confiance en moi : « je suis sa mère, je connais ma fille, on va se sortir de là ».

Nous savons qu’une difficulté pourra faire réapparaître son insécurité, alors on croise les doigts pour que la tentative prochaine de la faire garder ne sera pas trop angoissante pour elle, on espère que les vacances prévues en début d’année ne la chambouleront pas trop, que la reprise du boulot de MonChéri après ces congés ne la feront pas « replonger »… mais il faut y aller et y aller confiants, tout ça ce sont des apprentissages et des étapes nécessaires pour encore mieux se construire. En attendant on se réjouit de voir notre petite fille aussi épanouie !

Le sommeil (2)

Aaaaah, le sommeil, un bon sujet « problème de riche » (j’en suis consciente et j’en remercie la vie chaque jour) qui ne se tarit jamais !

S. a finalement trouvé toute seule la solution pour s’endormir tôt et très rapidement le soir… faire la grève de la sieste.

Sauf que, d’évidence, elle a encore besoin de la sieste. Rapport au fait qu’elle se transforme en gremlins plus ou moins tôt dans l’après-midi (edit : et aux monstrueuses terreurs nocturnes la nuit venue). Faute de mieux on maintien un (long) temps calme dans son lit et on renonce à toute vie sociale.

Phase normale, c’est de son âge, me direz vous…

… vous avez des techniques de survie en attendant que ça se stabilise?

Première neige

Ce matin, manteau blanc autour de la maison…

« – Regarde S. , il y a de la neige dehors !
– Manège !!!
– Non, de la neige, tu vois, c’est bl…
– Manège !!!
– Non, c’est pas pareil, là c’est de la neige…
– Manège, tou’ne, tou’ne, hiiiiiii !!! » (= tourne, le cheval)

Wonder mum ? Ahahaha…

Tout est-il rose ? Non évidemment.
Les blogs de parents ne donnent souvent à voir que les moments parfaits, ou du moins ceux qui finissent quand même bien.
Je me suis dit qu’il serait malhonnête de ne dire que ça, de passer pour la « wonder-mum » d’un enfant parfait.

S. est une enfant de son âge. Elle dit (ou hurle) « non », se roule par-terre, fait des colères, emm*rde le chat, désobéit…
S. est une enfant adoptée et nous fait passer des tests, plein de tests. Oh ce n’est pas « si pire » et ce n’est pas l’essentiel de la relation et des échanges qu’on a avec elle, loin de là, mais il faut tenir le cap, garder en tête le pourquoi, tenir bon dans le comment, se souvenir que ce n’est qu’une étape et que ça passe (souvent très vite du moment où on a la bonne réponse). Ca passe et on oublie, pourtant ça aide de se retourner parfois et de voir tout le chemin accompli. Le plus dur pour mon petit coeur jusqu’à présent ? Devoir expliquer à ma fille qu’elle n’a pas besoin de chercher une autre maman dans notre entourage, que je suis sa maman et que je le resterai, et comprendre à ses réponses, ses attitudes, que c’est encore trop dur à croire pour elle. Mais ça aussi c’est passé, c’était il y a quelques mois, et ça n’a pas duré longtemps.
Encore une fois c’est en le vivant qu’on se rend compte combien l’agrément n’est pas juste une intrusion dans notre vie privé (heureusement on ne l’a pas vécu ainsi) et combien se préparer et se nourrir de témoignages est nécessaire.

Moi. Moi je suis un être humain, avec mes bons et mes mauvais jours, ma sensibilité, ma patience (pourtant bien exercée) et ses limites (quand même). Des idéaux et des principes (pourtant peu nombreux mais que je découvre bel et bien existants) à faire tomber. Il n’y a pas de parents parfaits… ah… oui… c’est vrai. Parfois je réagis mal, souvent en sachant que je vais droit dans le mur, que ça va ne faire qu’empirer la situation, que peut être il vaudrait mieux user de tel stratagème, commencer par souffler un bon coup… mais quand le souffle n’est plus là on reste bloqué dans sa mauvaise direction. Alors je me déteste, je me trouve horrible et me promet de ne plus me laisser avoir par mon emportement, de rester zen et… ah m*rde.
Heureusement ces moments là ne sont pas non plus l’essentiel de ma relation avec elle et de nos échanges, loin de là, mais « on ne parle pas des trains qui sont à l’heure », le mauvais à tendance à trop rester à l’esprit.

Je sais qu’il faudrait que je prenne un peu plus de temps pour moi, je sais que c’est même capital et que ma patience est directement due à ça. C’est mon prochain objectif, dans un mois MonChéri sera en arrêt (opération du poignet) puis en congé, pour deux mois en tout, ça permettra de souffler.

La violence éducative ordinaire expliquée… par ma fille

S. a très naturellement pris sa place au milieu de tous ses papys-mamies, tatas-tontons, cousins-cousines… Elle a été accueillie comme une princesse et tous sont devenus très importants pour elle.
Les angoissés ont été rassurés, les méfiants sont conquis (traduire : ma BM, qui nous demandait sans arrêt si on ne pouvait pas se contenter d’un petit blanc, est raide dingue de S. , qui le lui rend bien) et même les plus jeunes, d’abord déçus par cette cousine qui ne se laissait pas approcher, sont maintenant ravis de compter ce petit bout-en-train dans leur rang !

De toute la famille que nous voyons régulièrement, une seule personne n’a toujours pas les faveurs de notre demoiselle. S. se contente de dire poliment bonjour et au revoir mais refuse absolument plus de contact avec… ma belle-soeur, qui essaie de le cacher mais que je sens très vexée.
Nous n’avons pas (encore) osé lui expliquer pourquoi, mais nous, nous le savons très bien. Notre fille, depuis son arrivée, observe beaucoup le comportement des adultes envers les enfants, et ma BS, j’en ai déjà parlé, est adepte de la fessée et autres VEO. Pas une visite ne se passe sans qu’un geste ou une parole de ma BS envers ses filles ne fige notre demoiselle qui, une fois à la maison, verbalise beaucoup (heureusement).

« Tatie… colère Tatie ! … peur ! »

Ça vaut tous les discours…

Le sommeil

Ahahaha…

(Précision : loin de moi l’idée de me plaindre, on a tellement détesté et envié tout ceux qui nous disaient « pfff j’en peux plus des nuits pourries, t’as de la chance toi tu dors la nuit blablabla » que je ne ferai pas l’affront de tenir de tels propos).

Je l’avais déjà dit ici, c’est un fait, les enfants adoptés ont plus souvent des problèmes de sommeil que les autres (qui déjà, à en entendre beaucoup, ne sont pas toujours simples^^), nous étions donc prévenus. Je pense d’ailleurs qu’on ne s’en sort pas si mal, dans le sens où ça pourrait être bien pire.
Autre chose, dans les premiers temps l’attachement de l’enfant envers ses parents peut donner deux résultats parfaitement opposés mais parfaitement logiques : soit ça le sécurise et les nuits, d’abord difficiles, deviennent plus sereines, soit il a d’autant plus peur de perdre ses parents et les nuits d’abord plutôt calmes deviennent compliquées.

Bon bah, on fait partie du deuxième cas de figure.

Pour le sommeil en lui même on est abonnés aux terreurs nocturnes (plus rarement aux vrais réveils et cauchemars), au début ça allait, et puis c’était de plus en plus et ça arrivait même pendant les siestes (avec une intensité décuplée, impressionnant). Beaucoup de personnes nous ayant conseillés l’homéopathie nous avons fini par prendre rdv avec une généraliste homéopathe à côté de chez nous.
Ô miracle (n°1), S. a accepté d’être auscultée, dans mes bras, une femme ça change tout, nous voilà soulagés.
Ô miracle (n°2), il semblerait (toujours être prudent) qu’effectivement les terreurs nocturnes diminuent en nombre et en intensité. Reste quelques exceptions : pleine lune, sieste sautée ou journée particulièrement chargée, mais globalement on se lève moins la nuit.

Moins facile : les endormissements. Un éternel recommencement. On trouve LA façon de faire, ça roule pendant dix jours, et d’un coup c’est fini.
S. a toujours eu du mal à lâcher prise…
D’abord on restait dans sa chambre, puis devant sa porte (assis sur des coussins avec une série^^), puis la porte de plus en plus fermée, puis elle s’endormait parfaitement seule… puis MonChéri a repris le boulot.
Une discussion a réussi à apaiser les choses un moment, et puis… Alors, on a été tenté de revenir en arrière, se disant qu’on était peut être allé trop vite ou qu’elle avait peut être besoin de faire un pas en arrière pour mieux sauter… mais le problème c’est que tout ce qu’on pourrait penser être des gestes/paroles/présence/regards apaisants aidant à s’endormir ne font que l’empêcher de lâcher prise et la relancent dans sa lutte contre le sommeil, et notre présence dans sa chambre, à laquelle elle n’était plus habituée, rendait l’endormissement encore plus long.
(L’autre problème, il faut bien l’avouer, c’est que l’endormissement c’est LE moment où j’ai le moins de patience, où, arrivée au bout de ma journée, même si les journées se passent très bien, j’ai vraiment besoin d’une pause. Me lever la nuit est même moins difficile pour moi. MonChéri jusqu’à présent était plus patient mais le voilà en pleine grosse période de boulot et ça devient moins facile).
Alors, quelques temps, y aller deux ou trois fois quand elle appelait suffisait… Et puis elle s’est mise à appeler en boucle (mais vraiment : « maman-maman-maman-maman-maman-maman… »), y aller ne faisait que la relancer. Alors pendant un temps lui dire en la couchant « on t’entend mais on ne vient qu’en cas de réel souci » a fonctionné, elle appelait parfois « pour de vrai » (la façon d’appeler était très différente de la boucle « maman-maman-maman ») mais plus rarement, et elle s’endormait rapidement.

Voilà qui nous amène à dimanche soir dernier où, à peine sortis de la chambre, elle s’est mise à hurler façon cochon qu’on égorge. Nous revoilà donc au stade tâtonnement.
Pour la millième fois j’envisage de « camper » de nouveau dans sa chambre pour l’endormir sans savoir si c’est réellement une bonne idée.
Hier soir elle a tenu absolument à dormir dans le lit « de grand », où elle fait la sieste depuis quelques temps déjà, mais ça n’a rien changé (enfin une fois endormie elle y a quand même bien dormi – moi pas du tout de peur que la nuit se passe mal – et elle était très très fière ce matin !).

Je suis tout à fait intéressée par vos expériences sur le sujet alors… lâchez vous en commentaires !

(Je précise pour finir qu’on a un rituel avant dodo qui lui ne change pas : temps calme et histoires dans le salon, maintenant granules sur le chemin de la chambre, boire un coup et faire des câlins avant d’aller dans le lit, paroles apaisantes une fois dans le lit, et dodo… en théorie).

15 octobre, journée de sensibilisation au deuil périnatal

« Bébé dodo, chut ! »

Ce sont les mots de S. , il y a quelques jours, devant le portrait de L.

Perdre un de ses enfants c’est aussi devoir l’expliquer aux autres/à l’autre (quand on a la chance d’en avoir).
Explication encore trop abstraite pour elle, mais entrainement salutaire pour moi, en attendant les questions plus précises…

Perdre un enfant c’est aussi s’entendre dire par des médecins « on peut traiter les symptômes mais tant qu’on ne traite pas la cause ça ne partira pas, le choc que vous avez vécu a créé un déséquilibre blablabla… » (depuis mon accouchement, des soucis gynéco, bénins mais gênants, me gâchent la vie tous les mois) et ne pas savoir ce qu’ils attendent de moi.
J’estime aller bien, j’estime avoir fait tout ce qu’il était possible de faire pour aller aussi bien que possible, pour avancer, pour ne pas rester engluée dans la douleur. Expliquez-moi ce que je peux faire de plus. Je ne peux pas effacer mon fils, je ne peux pas effacer l’atrocité de ce que j’ai vécu.
Je ne sais pas. Ai-je encore effectivement des choses à « lâcher »? Ou est-ce qu’ils me parlent juste d’une douleur enkystée dans mon corps et non dans ma tête ? Soyez clairs, aidez-moi si vous estimez que j’en ai besoin, mais ne me dites pas ça comme ça…