Ecole et travail + edit

Bientôt la première rentrée de S.
Dans des conditions encore inconnues.
Nous devions avoir en juin une réunion pour les parents, suivie d’une demi-journée de découverte de l’école avec les parents… mais comme vous pouvez vous en douter, ça n’est plus d’actualité.

Ah…

Qu’on se le dise, il est hors de question que nous catapultions S. à la rentrée, dans un lieu inconnu, avec des inconnus, sans qu’elle ait pu d’abord y faire une adaptation avec au moins l’un d’entre nous (et probablement sur plusieurs jours).
Ca ne les réjouira peut être pas, mais je ne leur laisserai pas le choix.

Je me pose tellement de questions au sujet de l’école…
Va t-elle aimer ? Va t-elle réussir à s’y sentir bien ? Va t-elle savoir se protéger, s’exprimer, chercher de l’aide en cas de besoin ? Va t-on se prendre des méga-régressions, colères terribles, angoisses monstrueuses, dans les dents ?
Mon plus grand souhait est qu’elle s’y épanouisse, qu’elle y trouve des copains-copines, qu’elle y mène sa petite vie d’enfant en dehors du regard de ses parents.
Mais si elle n’était pas prête ? Encore trop insécure ? Si ce n’était que larmes, angoisses, enfermement sur soi ? A quel moment on décide de battre en retrait ? Ou comment sait-on que ça vaut la peine d’insister ?

Longtemps j’ai rêvé d’IEF (« instruction en famille », école à la maison quoi). Pouvoir suivre le rythme de mon enfant, ses envies, ses intérêts… Ne pas l’exposer à une école pleine de lacunes, inadaptée, en sureffectif… Avoir une certaine liberté d’horaire, un rythme plus lent… Rien que d’en parler ça me fait encore rêver, je sens que sur bien des points je vais autant détester l’école en tant que parent qu’en tant qu’enfant.
Pourtant aujourd’hui je ne le vois pas comme une solution à long terme. Pas avec un enfant unique. J’aurais peur que le peu de moments où je puisse lui proposer des activités avec d’autres enfants ne soit pas suffisant, je veux qu’elle puisse avoir d’autres interactions que les nôtres, autres qu’avec des adultes, qu’elle puisse être un enfant dans une communauté d’enfants… (Bon c’est pas comme si j’étais en train de passer mon agrément d’ass mat hein, mais bon, au bout d’un moment, les bébés même un peu grands… ça ne suffira plus).

En revanche l’idée que cette solution existe et que, de par mon travail à la maison, elle est possible, me rassure. S’il fallait, trois mois, six mois, une année de plus à ma fille avant de passer cette étape, je serai en mesure de lui donner.

Transition parfaite sur le boulot, et, attention, annonce officielle :

Ca y est, enfin, je retrouve l’envie et l’enthousiasme à l’idée de reprendre mon travail prochainement (ou pas) !!!!!!

C’est un soulagement, j’ai vraiment eu peur que ça ne revienne jamais.

Vous aurez noté le « ou pas » à la suite du prochainement. C’est simplement parce qu’à cause du covid (toujours lui) les délais pour l’obtention d’un agrément d’assistante maternelle sont rallongés. Moi ça me va, j’ai, à priori, la garantie, de pouvoir aborder tranquillement la rentrée de S. avant de travailler.

Du coup je suis en pleine ébullition, je repense l’aménagement du salon, me suis ré-appropriée le placard du couloir pour mon matériel (jouets pour différents âges, travaux manuels…) et j’ai fait la liste du matériel de puériculture manquant à la maison.

A suivre donc…

Edit : j’oubliais… vous aurez constaté que les « performances scolaires » sont bien loin d’être ma priorité, je pense que si ma fille se sent bien à l’école ça devrait rouler, et quand bien même ce serait plus difficile pour elle que pour d’autres, ce n’est pas quelque chose qui me tracasse.
Fait très intéressant : ces temps ci on voit une évolution sur sa curiosité et son intérêt pour le monde, la nature… Comme si, après un an à s’appliquer à comprendre le fonctionnement de la maison, la langue, et à rattraper beaucoup d’autres choses, elle était enfin prête à s’intéresser au reste du monde (en ce moment se passionne pour les castors après qu’on lui ai raconté qu’ils se font des cabanes sur l’eau avec des troncs d’arbres qu’ils ont rongé).

1 an bis et ter et plus, 1 an de maman

J’aime bien moi ces dates anniversaires multiples et heureuses. Un an de l’appel, de la rencontre, du jugement et, prochainement, de notre arrivée à la maison, à trois.

Et constater l’évolution, encore et toujours, de notre fille… et de nous même.
Se retourner sur l’année passée, se souvenir de chaque étape, de ces étapes « mais on ne s’en sortira jamaaaaiiiiis »… qui ont duré trois semaines tout à plus (l’occasion de relativiser, ou pas, quand on nouveau « mais on ne s’en sortira jamaaaiiiis » pointe le bout de son nez… soit dit en passant, si vous en êtes à ce stade : si si, un jour, votre enfant se passera de couche, moi non plus j’y croyais plus).
Se dire qu’avec le recul il y a des choses j’aurai du faire autrement, que parfois oui j’ai été/je suis nulle, à côté de la plaque… comme toute mère (me tourner vers de bonnes copines dans les moins bons moments et s’entendre dire « oulala mais moi aussi des fois je pète les plombs et j’ai l’impression d’être une sorcière » ça fait tellement de bien). Mais « parfois », c’est pas « tout le temps », Filliozat dit qu’il n’y a pas de parents parfaits, et Winnicott dit qu’il faut être « suffisamment bonne ». Alors ça va, je gère. J’apprends des moins bons moments et je me donne des coups de pieds aux fesses pour revenir à du mieux.
Au fil du temps je suis quand même devenue bien plus confiante. Longtemps j’ai envié ce rôle de maman, celui de personne principale dans la vie d’un enfant, aujourd’hui j’ai enfin décroché ce rôle. La nuit, dans ses cauchemars, c’est moi qui suis appelée pour la sauver.
Et je suis toujours impressionnée par ce sentiment animal qui nous lie à notre enfant, pour L. c’était dans la perte, j’avais perdu mon petit et je ressentais que l’animal en moi ne le comprenait pas et le cherchait encore, pour S. c’est dans la protection. Je me sens littéralement montrer les crocs et hérisser les poils quand quelqu’un la « menace ». Intérieurement bien sûr… mais je le sens. Mère louve…

Le confinement m’aura fait du bien, me retirer du monde, réfléchir et puis, oui, reprendre cette thérapie (finalement pas) terminée il y a trois ans. Je savais depuis l’arrivée de S. que ça serait nécessaire. Oh pas grand chose, se débarrasser des sentiments parasites, faire le tri entre ce qui m’appartient et ce qui est à ma fille, répondre à certaines interrogations… ça ça a été facile.
Ce qui l’est moins, c’est cette redistribution des cartes : j’avais appris à gérer ma mère, ses abus, les conséquences, en tant que fille, mais j’ai découvert que gérer ma mère, ses abus, les conséquences, en tant que mère moi-même, d’une fille qui plus est… c’est une autre paire de manche.

1 an de maman. Une année de découverte d’elle, de moi et de MonChéri.

Déconfinement

Voilà, à partir de demain nous serons un peu plus libres.
Quoique la prudence fait qu’on ne fréquentera pas tout de suite les lieux de rencontre et d’activités où nous avions l’habitude d’aller, donc bon… balades… maison…
Et puis cette semaine MonChéri va reprendre le boulot… moins de temps à trois, à profiter…
Retour à une vie pas tout à fait normale mais un peu plus terre à terre, il va falloir prendre les rdv que l’on a pas pu prendre ces deux derniers mois, dentiste, ophtalmo, véto… comme des milliers d’autres personnes, ça va être l’orgie…

Donc en fait, pour tout vous dire, on a juste super les boules.

Bon ok, cette situation, c’était pour des raisons dramatiques, et puis on ne peut pas rester indéfiniment sans bosser, mais en gros privilégiés que nous sommes, j’en ai bien bien conscience, on se satisfaisait pas mal de tout ça.

Cette expérience va -telle nous amener à changer quelque chose dans notre vie ?
Ici je ne sais pas, notre conscience écologique est déjà bien développé, on consomme déjà peu, et en très grande partie local, bio, d’occasion… Je suis déjà convaincu de la nécessité d’une décroissance, d’un changement radical de nos modes de vie et de consommation, cette pandémie n’a pas été une surprise, c’était attendu, ça fait bien longtemps que certains tirent la sonnette d’alarme… Y aura -il une prise de conscience globale ? J’espère mais j’en doute quand même…

Au moins on a eu le temps de faire un potager, l’entretien de la maison, du jardin, plein de petits bricolages qui auraient pu attendre encore des mois voir des années… et puis, moi qui espérais voir revenir certains de mes projets, étouffés par dix années d’infertilités, je ne suis pas déçue, très surprise par la tournure que ça a pris, mais infiniment heureuse !
(Pour les curieux, je vais publier un article privé, mais je vous préviens, ça n’a aucun lien avec les thèmes de ce blog ! Ca parle juste de ma passion, de mon parcours pro, et de la drôle de tournure que ça prend ! Mot de passe par mail : jaimepaslechocolat@yahoo.fr )

1 an, la rencontre

Il y a un bientôt an, après beaucoup d’heures d’avion, et encore plus d’heures sans sommeil, nous rencontrions notre fille.

C’est passé tellement vite.
Ca me semble être hier, mais aussi loin, bien loin.

Parfois une odeur, une image, une sensation me ramène à cet incroyable voyage. Il me parait presque irréel, rêvé, tant tout ce qui le compose est exceptionnel.

Parfois une situation me ramène à celle que j’étais avant, à cette souffrance de l’attente et de l’incertitude. Alors je regarde ma fille en remerciant l’univers, je mesure mon bonheur immense de l’avoir auprès de moi. Dans ces moments je pense aussi au nombre de fois où l’on a entendu « après on oublie tout » et à ce nombre égal de fois où j’ai pensé « ça m’étonnerait ».

Ce n’est pourtant pas si faux. Je ne suis pas sûre qu' »oublier » soit le mot juste. Je n’ai pas oublié, c’est juste que je n’y pense plus. Du moins rarement. Je n’ai pas oublié les années et les épreuves, mais la sensation de souffrance et le poids de l’incertitude je n’arrive même plus à me les représenter dans leur exacte intensité, et le quotidien longtemps rêvé prend le pas sur tout le reste, ne laissant que bien peu de temps pour se retourner sur l’avant (soit dit en passant on ne regarde pas beaucoup l’après non plus, on vit au jour le jour, ça c’est ce que notre petit L. nous a appris).

Je peine aussi à mettre des mots sur ce paradoxe : j’ai toujours en tête que ma fille peut avoir des comportements, réactions, angoisses spécifiques du(e)s à son vécu… mais j’oublie son adoption, quand je vois ma fille je vois ma fille, pas ma « fille adoptée », je ne la vois pas différente de moi, de ses cousins-cousines, j’en oublie presque qu’elle n’a pas toujours été là, que nous n’avons pas de gènes en commun et donc qu’il est inutile de s’inquiéter des « tares » génétiques que son père ou moi aurions pu lui transmettre^^.
Elle est ma fille, je suis sa mère, point.

Et 1 an, qu’est ce que ça représente pour ma fille ?
Ce qu’on peut déjà dire, c’est qu’elle a maintenant passé plus de temps avec nous qu’à l’orphelinat, et ça ce n’est pas rien.
S. connait bien son histoire, elle sait où elle est née et quelles étapes ont jalonné sa vie de bébé et de toute petite fille jusqu’à nous. Elle aime entendre le récit de son adoption, elle accepte tout à fait d’entendre parler de l’orphelinat (dernièrement elle semble s’inquiéter du sort de ses « copains » restés là-bas, et a voulu voir une photo des nounous), mais entendre qu’elle n’a ni été dans mon ventre, ni été avec nous bébé alors là ça ne lui plait pas du tout ! Elle continue donc ses phases de régression histoire de bien tout revivre avec nous (on avance, on en est aux premiers pas maintenant) et m’explique qu’elle était dans mon ventre ! Rien d’inquiétant là dedans, tout cela est tout à fait normal.

Il y a bientôt un an une petite fille rencontrait des parents. Aujourd’hui notre fille a son papa et sa maman. Entre ces deux phrases tout un monde.

Bilan d’une année, confinement sécurisant et regard vers l’avenir

Il y a quelques jours nous avons fêté les un an de l’appel !

Quelle année !
Je dois vous avouer que je suis déjà nostalgique, non pas parce que « c’était mieux », chaque jour passé avec notre fille est formidable (si si, même les mauvais jours, même les jours lambda) et je serai probablement nostalgique de chacun d’entre eux, mais parce que ces moments d’une intensité incomparable sont uniques et ne reviendront jamais.
L’euphorie de l’annonce, les préparations avant le départ, LA rencontre, la découverte, les découvertes, l’évolution du lien, de la confiance, de l’amour…
Nous avons eu le privilège immense de vivre un événement, une aventure, que seule une poignée de personnes connaît.

Quelle année, que de changements et quelle évolution de notre fille ! S. ne ressemble plus à la petite fille effrayée que nous avons vu pour la première fois sur une vidéo (quel choc lorsque j’ai revisionné cette vidéo l’autre jour… sa terreur, sa solitude…). S. est une petite fille joyeuse et câline, elle court, saute, danse, bavarde… Elle a poussé comme un champignon (et c’est un plaisir à chaque fois renouvelé, et maintenant partagé par la demoiselle qui est coquette, d’ouvrir un nouveau carton de vêtements).
La peur fait toujours partie de sa vie, évidemment, parce qu’elle est un être humain, parce qu’elle est un enfant, parce que son vécu a imprégné en elle de nombreuses peurs, que nous ne comprenons pas toujours d’ailleurs, mais elle l’affronte avec nous.

Cette période de confinement est toujours très bien vécue ici. Et c’est tellement sécurisant pour notre fille d’avoir ses deux parents avec elle et un quotidien tranquille qu’elle est particulièrement sereine (et nous aussi, deux adultes pour un enfant c’est un luxe, il n’y a pas mieux pour rester zen) et que les acquisitions vont bon train. Le langage évolue, on n’en est pas encore à une phrase construite mais les mots s’assemblent et nos discussions s’étoffent. La demoiselle a de l’humour, elle a passé tout un repas à se marrer parce que : « Croque monsieur ! Papa monsieur… croque papa ! Ahahaha ! Mais noooooon ! »
Autre grande avancée : le pot est de nouveau sorti. La précédente tentative (pourtant de son initiative) avait débouché sur une angoisse terrible et un blocage total, cette fois elle semble convaincue de l’utilité de la chose pour faire caca, mais c’est tout (et c’est déjà pas mal). Il reste quelques semaines de confinement, on ne perd pas espoir.
Par contre dormir pour elle c’est perdre du temps de jeu, la sieste est de nouveau une lutte alors que, après test, croyez moi elle en a besoin. La nuit s’était raccourcie aussi, elle se levait très tôt, mais on remercie le changement d’heure pour l’heure manquante de sommeil retrouvée.

L’école se profile, S. en est très curieuse, parait plutôt contente à l’idée d’y aller (c’est déjà ça). Nous avons fait son inscription juste avant le confinement, j’ai eu le temps de voir le directeur qui m’a semblé plutôt ouvert. Il doit y avoir une réunion pour les parents, puis une demi-journée à l’école accompagnée d’un parent, en fin d’année mais pour le moment…
Moi j’essaie de ne pas imaginer ça comme « jeter ma fille dans la fosse aux lions ».
Je suis persuadée que s’amuser avec d’autres enfants, découvrir un nouveau lieu d’apprentissages, faire ses expériences hors de ma présence etc. ferait du bien à ma fille et qu’elle en serait ravie… mais je sais aussi que l’école telle qu’elle est aujourd’hui n’est pas forcément épanouissante ni adaptée aux enfants (quels qu’ils soient) et à un apprentissage heureux. Et je sais que dans ma commune les classes sont surchargées. (Je précise que je ne « crache » pas sur les instits, loin de là, elles sont aussi victimes de ce système…).
Dans une telle situation ma peur est que ma fille ne se mette en mode survie (parce qu’elle maîtrise bien le mode survie) plutôt qu’elle ne s’adapte. Ce serait catastrophique.
Mais on n’en est pas là hein ?!

Confinement

Ca manque un peu d’originalité dans le thème mais, que voulez vous, c’est l’actualité.

Confinés nous sommes. Je dois vous dire un truc : ça ne change pas beaucoup mon quotidien. Certes nous n’avons plus accès à la médiathèque, à la ludothèque, au parc… toutes ces petites sorties qui agrémentaient nos vies à S. et moi, mais en échange on a MonChéri à la maison, et ça c’est cool (soit dit en passant, pour MonChéri, entre le congé adoption, les vacances, son arrêt pour opération et maintenant le confinement… y’a pas à dire, on a accueilli notre fille dans des conditions optimales avec beaucoup de temps à trois pour cette première année). Et puis on a un jardin, alors on ne va pas virer claustrophobes.

Bref, le gros changement, c’est pour les autres et ça me fait tout drôle de savoir que, pour une fois, je ne vis pas à l’envers du monde. Contraints et forcés, les gens se mettent au rythme qui est le mien et, même si j’ai bien conscience que tout cela arrive dans des circonstances terribles, qu’économiquement certains vont en souffrir et que ceux qui sont contraints de travailler vont trimer trois fois plus alors que ce sont déjà ceux qui sont usés par un système défaillant, je pense aussi qu’il y a beaucoup de monde à qui ça va faire du bien.
Arrêter de courir pour le boulot, de s’y surinvestir pour pas grand chose, arrêter de consommer à outrance.
Rester chez soi, prendre le temps, retrouver ses enfants, son conjoint, se contenter de choses simples, voir vraiment ce qui nous entoure…
Qui sait ? Peut être qu’à la fin ils seront nombreux à décider d’opérer un gros changement dans leur vie. J’ai l’espoir que cette « guerre » amènera les gens à se questionner, à remettre certaines choses en question, pour eux, pour l’humanité et pour la planète.

Bref, à ceux que ça concerne : bienvenue dans mon monde, profitez, ralentissez.

Pour ceux qui sont au front : le monde vous soutien, courage à vous.

A tous, prenez soin de vous et des autres, même si ça nécessite de rester chez soi à se regarder le nombril.

Neuf mois

Il y a neuf mois (et quelques jours) S. est devenue officiellement notre fille.

Faut-il y voir un hasard si, dans une nouvelle phase de régression, S. nous fait des simulacres d’accouchement ?

Je ne sais pas. Je sais juste qu’après avoir porté et nourrit des dizaines de fois un bébé de douze kilo le mois dernier, ces jours ci il faut la hisser de dessous les couvertures, ou de l’intérieur d’un tunnel… et la sécher. Surprenant non ?!

Et moi ? Règles douloureuses, grosse fatigue et à fleur de peau… je crois que je suis en post-partum.

Un weekend « mamies » dont je me serai bien passé

Ma mère :

Tu devrais ci.

Tu ne devrais pas ça.

Ah bon tu fais ça ?

Et pourquoi tu ne fais pas ça ?

La mère de MonChéri :

Mais elle ne sait pas faire ça ?

Et ça alors, quand est-ce qu’elle va s’y mettre !

Et ça, toujours pas mieux ?

Pourquoi elle ne fait pas ça ?

Mais allez vous faire… !!!!!!!!!!! BORDEL !!!!!!!!!!!!

(Hum désolée, fallait que ça sorte…)

(Besoin de soutien moral là, vraiment)

(Vous pouvez vous lâcher)

Les gens

J’avais commencé à écrire cet article il y a un moment et finalement j’avais décidé de juste ravaler ma haine.

Et puis en fait non.

J’en peux plus des gens (c’est vaste vous me direz, je ne vise pas tout le monde, juste les gens) (je crois que « les gens » dans mon esprit c’est une insulte polie).

Avant de revenir avec S. on avait prévenu : attention elle sera probablement très intimidée mais de toute façon, même si ce n’était pas le cas, il n’est pas souhaitable qu’au départ elle aille vers tout le monde et que tout le monde s’en occupe. Encore une fois merci J. Lemieux et les mots que nous lui avons emprunté.
Au début tout le monde a plutôt bien respecté la consigne pour ceux qui l’avaient eu, quand aux autres, aux inconnus etc. de toute façon S. était agrippé à nous et se cachait si quelqu’un approchait.

Et puis, au bout d’un certain temps, elle a fini par se détendre et sympathiser avec le monde. Au départ on s’est dit « chouette, c’est plutôt bon signe ! ». C’était sans compter les gens, les gens qui ont pris ça comme le feu vert pour faire n’importe quoi, et nous qui, bêtement, encore dans notre idée de « c’est bien elle s’ouvre au monde » n’avons pas réagi tout de suite (et croyez moi je m’en veux à mort).

Les gens sont devenus c*ns, à faire n’importe quoi pour être celui qui aurait le plus d’interactions, de bisous ou de câlins, pour être celui qui aura la cote auprès de S.
Je sais que certains se comportent comme ça d’office devant un gamin, je sais aussi que le statut « adopté » de ma fille accentue le phénomène, on était prévenus mais de le vivre ça demande un temps d’adaptation quand même… Bref, les gens n’en peuvent plus, même les professionnels sortent de leur rôle (genre les secrétaires médicales qui sortent de derrière leur bureau pour demander un bisou parce qu’ « elle est tellement mignonne, c’est une histoire tellement incroyable », ou pire, et là ça m’a fait sortir de mes gonds, les animatrices du lieu d’accueil parent-enfant qui gardaient une attitude tout à fait professionnelle avec les autres enfants mais monopolisaient ma fille « qu’est ce qu’elle est attachaaaante » ). Le pire du pire ? Une collègue de MonChéri qui prend ma fille dans ses bras et lui dit « voilà, maintenant t’es mon bébé ! », croyez moi la collègue s’en est pris plein la poire.

Ca a été le déclencheur. On s’est rendu compte qu’il allait falloir faire un retour en arrière immédiatement parce que notre fille était en train de trouver là une solution à son angoisse du rejet : se faire aimer de tout le monde et de n’importe qui.

Alors j’ai fui les gens, et l’arrêt de MonChéri est arrivé peu de temps après donc on s’est refait un petit cocon à trois. Plus de visites à son boulot (je vous jure, ses collègues, j’avais envie de les empaler), plus de visites au lieu d’accueil…

Aujourd’hui MonChéri a repris le boulot et je recommence à sortir. C’est peut être pour ça que cet article m’est revenu d’ailleurs, parce qu’à nouveau je me heurte à des gens qui perdent leurs neurones en présence de S. Sauf qu’aujourd’hui nous ré-apprenons à notre fille qu’elle a le droit de dire « non » si elle ne veut pas de bisous, et qu’on ne montre pas le même degré d’intimité envers la famille ou les amis qu’envers quelqu’un qu’on croise occasionnellement ou qu’on rencontre pour la première fois.

C’est pas évident quand on est du genre à ne pas faire de vagues, mais maintenant on sort les dents…