Lu / vu

Je ne vous fais pas part de toutes mes lectures ou de tout les films ou reportages que je vois sur l’adoption, mais ce weekend j’ai lu un bouquin et vu un film aussi marquant l’un que l’autre, l’un en bien… l’autre en nettement moins bien.

On va commencer par le moins bien (mon côté optimiste, faut toujours finir les choses sur une note positive) : j’ai lu « Le jour où j’ai rencontré ma fille » d’Olivier Poivre d’Arvor. Livre autobiographique sur le parcours qu’il a du traverser pour adopter sa fille, en célibataire, faute d’avoir trouvé la femme de sa vie.
Je me suis dit « chouette, une adoption par un homme célibataire, ça donnera de l’espoir à tous ceux qui se lancent » même si au fond de moi je me doutais bien que porter son nom et avoir ses relations, ça aide… (Je ne jette pas la pierre (tant que ça n’aide pas à outrepasser les lois…), n’importe qui avec de bonnes relations s’en servirait, c’est juste que forcément, tous les « Monsieur Dupont » qui liront ça ne pourront pas espérer la même chance).

Donc, pour commencer je n’aime pas le style d’écriture de ce monsieur, mais ça, c’est personnel. Ensuite toute la (grosse) première moitié du livre, Monsieur parle de sa b*te (excusez moi d’être vulgaire c’est comme ça que je le ressens, de ce que l’on comprend, un jour il aurait voulu sortir un bouquin sur le sexe et il ne l’a jamais fait… il aurait du, ça lui aurait éviter d’en parler dans un livre sur l’adoption). Il raconte sa première éjaculation, il raconte ses (très) nombreuses conquêtes, il raconte en détail (et pas forcément ceux qu’on voudrait avoir sur le côté psychologique de la chose, non non, les détails « physiques » aussi) son premier recueil pour un spermogramme…

Aaah le passage du spermogramme… magique ! Vous allez comprendre : comme vous le savez toutes sur la blogo, un spermo demande une certaine durée d’abstinence, ni trop ni trop peu, avant l’examen.
Pour commencer Monsieur ne peut pas à telle ou telle date parce que la veille ou deux jours avant il doit voir telle nana, aller à telle soirée, et que ça le ferai suer grave de devoir s’abstenir (il est célibataire… même si je ne suis pas sûre que pour lui ça change grand chose), donc il choisit la date qui l’arrange le mieux. Mais pour tout dire, ça ne l’arrange pas tout à fait, parce qu’il n’a pas de soirée ou de nana prévue entre 3 et 5 jours avant le spermo ! Alors il tente l’improvisation en draguant à tout va et en s’invitant à des soirées, mais ça ne marche pas. Du coup il se replie sur la solution « allons dans un bordel ». Si si. Non à priori l’option « branlette » n’était pas envisageable.

Bref passons à la deuxième partie du livre : lors d’un de ses voyages de boulot, au Togo, il croise un ami à qui il avait raconté qu’il aimerait bien avoir un enfant mais que tout seul c’est pas facile. Cet ami connait une famille dans une situation difficile : une petite fille de 7 ans élevée par ses oncles très pauvres parce que sa mère est décédée. Il décide donc de lui donner la fille. Il l’emmène dans la famille, la petite, à qui on a certainement demandé d’être gentille avec le monsieur très riche et de l’appeler papa, se jette dans ses bras en l’appelant effectivement « papa » alors il décide de l’adopter.

Comment ça, ça ne se passe pas comme ça une adoption ?

Non ça ne se passe pas comme ça, Monsieur le découvre avec étonnement. Rendez vous compte : il va falloir que la petite ait des papiers, qu’elle soit déclarée abandonnée puis adoptable, passer un agrément en France etc. etc. pour qu’il puisse l’adopter (et encore en passant outre la convention de La Haye, déjà signée par le Togo à l’époque) ! Avec en plus un gros méchant (dont je ne me rappelle plus la fonction mais un bonhomme important) qui lui met des bâtons dans les roues parce qu’il trouve que la façon de faire n’est pas très régulière ! Bon d’après ce qui est écrit l’autre est vraiment un abruti, mais la façon de faire n’est pas très régulière ! C’est peut être un peu facile d’aller créer l’attachement avec un enfant pour ensuite mettre tout le monde devant le fait accompli et dire « ce serait cruel pour l’enfant de refuser cette adoption » (et encore, il entame les démarches le lendemain de sa rencontre avec la petite, on ne peut pas parler d’attachement à ce moment là, deux ans plus tard à la fin des démarches, ok, d’ailleurs ça tombe bien : c’est le seul moment, des dires même de l’auteur, où on demande son avis à la gamine). C’est ce qu’il fait, et il mettra deux ans à obtenir tous les papiers pour ramener sa fille en France.

Il y aurait encore des milliards de choses à dire sur les raisons pour lesquelles une adoption ça ne doit pas (plus) se passer ainsi, sur pourquoi une adoption ça se prépare, pourquoi on ne va pas « choisir sur place », pourquoi… et les conséquences que ça peut avoir, il y a plein de professionnels de l’adoption qui expliquent ça mieux que moi. Je suis d’ailleurs étonnée que ce livre ait été publié sans que ça fasse débat dans le monde de l’adoption (enfin c’était en 2013, peut être suis-je passée à travers).

Pour ne pas rester sur des médisances, ce n’est pas mon genre, je dirais malgré tout que j’ai été touchée, à la fin, de lire son bonheur à être père. Tout ce que je peux souhaiter c’est qu’ils soient heureux tous les deux et que cette petite fille grandisse au mieux, devienne une personne bien dans ses baskets…

Le film maintenant !
Nous sommes allés voir « Ma vie de courgette » au cinéma avant hier, tiré du livre « autobiographie d’une courgette » que j’ai lu je crois il y a quelques années mais dont je n’avais aucun souvenir.
Ce film d’animation raconte le vécu d’un garçon de 8-9 ans qui se retrouve en foyer suite au décès accidentel de sa mère (alcoolique et à priori maltraitante) avec qui il vivait seul. Sans « pathos » mais très juste, il décrit très bien le ressenti de l’enfant. Il nous a beaucoup touché, tous les deux.
Cette fois je ne vais pas tout vous raconter pour ne pas vous spoiler le film au cas où vous auriez envie de le voir mais je le conseille vivement à tout le monde, d’autant plus si vous êtes dans une démarche d’adoption, ou alors pour les enseignants et leurs classes (de primaire, le film a beau être court et sans violence « visuelle », il n’est abordable à mon avis qu’à partir de 7-8 ans) s’ils ont à parler de la maltraitance (même si le film ne tourne pas qu’autour de ça).

 

26 réflexions sur “Lu / vu

  1. je n’ai pas lu le livre de Poivre d’Avord, peut etre un jour….

    par contre j’ai vu ma vie de courgette et j’ai adoré. J’ai aimé l’émotion, les silences, les personnages. En bonne mère indigne, j’y suis allée avec mes 2 filles de 7 et 4 ans sachant que c’était un film dur. Elles ont beaucoup aimé, et oui elles ont questionnés sur la violence, sur les enfants dans les orphelinats, sur l’alcoolisme. Je crois que ma « 4 ans » a justement besoin d’entendre que la vie n’est pas toujours rose pour les petits, elle qui aura vécu 15 mois en orphelinat apres son abandon. Ma grande connait une maman battue parce qu’elle entend de sa fille dans la cours de récré, elle a compris que certains enfants ont des difficultés dans leurs familles à type de violence ou de maladies. Je crois justement que ce type de film ou il n’y a pas de violence physique permet d’ouvrir cette discussion et je la prefere 1000 fois à la violence imposée des 3/4 des dessins animés qui passent sur le petit poste. Du coup mes grandes ne regardent que des DVDs, et le plus souvent des dessins animés (quelques films comme cendrillon fait par disney). Si tu regardes beaucoup de disney sont durs, la maman de bambi qui elle aussi meurt d’une mort violente, le papa du roi lion sans parler du personnage principal qui hormis merida est toujours orphelins de père et/ou de mère. Je ne pense pas que les enfants doivent tout entendre ou voir que des trucs tristes mais je ne crois pas non plus qu’en les surprotegeant on les aide dans leurs vies. je ne trouve plus l’article mais j’avais lu une belle expertise d’un pédo psychiatre justement sur ce propos, disant qu’il ne fallait pas tout leur montrer ou tout leur cacher.

    bonne fin de dimanche!

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    1. Comme toi je trouve qu’il est très bien fait car il parle de violence sans l’être (violent), ce qui est idéal justement pour aborder la chose avec les enfants. Je dis simplement qu’il est plutôt destiné aux plus grands parce que les plus petits ne comprendront pas forcément tout les tenants et les aboutissants de ce film, ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas le regarder, juste… qu’il faudra leur remontrer plus tard ! 😉

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  2. Florence

    Tu as raison de partager tes lectures, tes coups de coeur etc…et de rappeler des évidences sur les procédures. Même si certaines adoptions en France doivent être aidées (je pense à quelques peoples). C’est un peu comme aux États Unis où on a l’impression d’une grande facilité pour adopter. D’où le « tu n’as qu’à adopter » qui paraît si simple…

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  3. annmy

    Le livre me fait halluciner ! J’avais lu un article sur ce monsieur il y a un an ou deux et je ne me souviens pas que ça allait dans ce sens là… comme quoi…
    Pour le filme, la prof de français avec qui je travaille en a parlé et il me semble qu’elle emmène bientôt les 6è le voir. Merci pour le partage.

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    1. Oui je pense qu’il y a matière à travailler sur ce film, il est vraiment bien ! Quant au bouquin, j’ai vu que je n’étais pas la seule à lui avoir reproché toute la partie sur sa vie sexuelle, mais je n’ai pas lu énormément d’avis, je ne sais pas ce qu’il a été dit d’autre.

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  4. c’est dingue ce livre… je me dis souvent que c’est aussi incroyable qu’un type comme Johnny Halliday ait eu l’agrément (alcoolo, soupçonné de viol…), sans ses accointances avec des personnes haut placées, il n’avait aucune chance.
    Quant à la vie de courgette, j’ai entendu l’autre jour une émission à la radio, c’est très tentant. grosses bises

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  5. Même impression que toi à la lecture du bouquin, il m’a pas mal dérangé … Je trouve qu’il y a pas mal de livres comme ça, où tu finis sur WTF !! Récemment une bd L’adoption m’a fait le même effet !

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    1. Je crois que je vois de quelle bd tu parles (avec la petit Qinaya ?), et effectivement ça finit bizarrement, mais la différence que je vois c’est que la bd est une fiction (du moins je crois) alors que le livre raconte une histoire réelle… et là ça dérange…

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