J’avais raison

Mon intuition était bonne, mon frère et ma belle-soeur sont bien venus annoncer une grossesse.
Et on a mieux réagi que ce que je craignais.
En espérant que ça n’arrive pas à retardement…
Je crois que l’espoir qu’on soit appelé avant la naissance me porte.
Mais si ce n’est pas le cas d’ici Noël je pense qu’on s’éclipsera pour les fêtes… Plus facile pour tout le monde.

Pour le moment le plus dur va être de tenir ma langue jusqu’à l’annonce officielle (parce que ma BS sait que dans ces cas là je préfère savoir avant l’annonce « en fanfare » ) alors que j’avais dit mes doutes à ma soeur et à mes amies (qui connaissent mon frère et ma BS) qui ne manquent pas déjà de me poser la question…

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Attendre

Il y a quelques temps avec MonChéri nous écoutions Michel Berger, et celle ci on ne la connaissait pas…

Attendre attendre / D’être enfin ensemble / Mais comme c’est difficile / Comme le temps paraît long

Je ne suis pas dans une phase d’attente très sereine.

Je soupçonne une annonce prochaine de grossesse dans notre entourage. Si j’ai raison je sais qu’ils vont avoir beaucoup de mal à nous l’annoncer (et c’est c*n mais je m’en veux toujours un peu de cette culpabilité qu’ils portent), par peur de notre réaction, de tout ce que ça va raviver de l’annonce précédente, parce que depuis le temps ce « moi aussi » est devenu plus amer et qu’à moins d’un coup de fil bientôt nous ne pourrons pas renouveler cet incroyable moment (je vais tenter de faire des incantations autour du téléphone)… Aujourd’hui je doute : peut être que je me trompe, que j’appréhende tellement une telle annonce que je me persuade qu’elle va arriver, peut être parce que c’est l’anniversaire de l’annonce précédente (et ça c’est pas facile non plus)… bref si annonce il doit y avoir il y aura, et on se réjouira comme on peut parce qu’un enfant reste une bonne nouvelle, même si ça ne sera pas évident. Enfin j’espère surtout qu’on ne sera pas les derniers à l’apprendre par la gaffe de quelqu’un…

J’ai dit au boulot que je ne resterai pas à la rentrée. Paradoxalement (ou pas) depuis que j’ai pris cette décision je gère « mieux », enfin… de façon « robotisée » comme les collègues, forcément. J’ai même réussi à gérer des demis journées seule (officiellement non, mais dans les faits je ne me sens pas vraiment « à deux » quand l’autre est dans le bureau ou en cuisine…) en rendant tous les enfants vivants à leurs parents à la fin (résultat j’ai fait des nuits en demi sommeil car en hyper-vigilance parce que mon cerveau surveillait toujours les enfants lui). Vous parlez d’une fierté…
Bref, plus que quelques semaines.
Le fait de devoir retrouver un autre boulot m’a beaucoup angoissé, ou plutôt l’idée de trouver du boulot en sachant que j’allais probablement devoir rompre le contrat assez brutalement et avant la fin pour m’envoler vers notre enfant, mais aujourd’hui j’ai décidé d’arrêter de stresser dans le vide, je vais chercher calmement le boulot et la solution adaptée (et continuer à faire des incantations autour de mon téléphone).

Et un truc tout bête : nous avons eu des échos assez effrayants au sujet de la nouvelle assistante sociale du service adoption qui semble se faire très vite une idée très arrêtée sur les gens qu’elle rencontre. Sauf qu’en se basant sur une rencontre d’une heure une fois par an… il me semble qu’on peut faire des erreurs… et quand je repense à notre rdv avec elle, j’ai peur… (c’est là qu’on se rend compte que notre OAA avec toutes ses rencontres nous connaît bien mieux que notre conseil départemental) (alors je vais persister à faire des incantations autour de mon téléphone).

Bon… après avoir tout posé ici ça va mieux, alors merci d’être là !

Et sinon ?

Quoi de neuf côté adoption ?
Bah pas grand chose.

Enfin si, nous avons enfin reçu la bonne version de notre mise à jour d’agrément post déménagement. Six mois après donc.

Nous avons pu donner le compte rendu en main propre à notre OAA à l’occasion du pique-nique annuel.

Le pique-nique ? J’en suis rentrée mi-figue mi-raisin. D’un côté le plaisir de voir les nouveaux arrivants, de discuter avec les parents… d’un autre le pincement au cœur, la sensation que le monde a avancé sans nous, se demander si un jour nous serons à la place de ceux que nous voyons changés par la parentalité, ceux qui ne sont plus dans l’attente, qui sont dans un autre monde… et quand ?

Quelle est dure cette attente…

Eteinte

Vous devez vous dire que le boulot m’occupe bien l’esprit pour que d’un coup j’arrête de vous pondre un article tous les trois jours sur les difficultés de l’attente.

C’est pas faux.

Mais plutôt que « bien occupée » j’ai bien envie de dire « éteinte ». Ce boulot me pèse.

Pour la première fois de ma vie je n’arrive pas à m’intégrer dans un boulot. Il y a un « truc » qui ne se fait pas, je n’adhère pas au fonctionnement.

Oh je veux bien partager les torts, j’ai pris ce boulot en sachant que ce n’est pas dans ce cadre là que je préfère exercer, pour plusieurs raisons, en me disant que pour six mois ça irait bien, parce que j’avais besoin de ce petit contrat. Mais mes expériences précédentes dans ce cadre là s’étaient quand même bien passées, et puis ça reste un travail que j’aime…
De l’autre côté, il y a dans le fonctionnement de cette structure beaucoup de choses qui me posent questions, une sensation de précipitation et un volume sonore que je ne me souviens pas avoir vécu ailleurs, et quand on me reproche de trop me préoccuper des pleurs des bébés, qu’il faut les laisser, que c’est « l’apprentissage de l’autonomie et de la collectivité »… bah je me dis que c’est peut être plutôt bon signe que je n’arrive pas à m’intégrer (ce reproche à lui seul me protège assez bien du gros sentiment d’échec qui pointe un peu quand même).

Je ne suis pas du tout sûre de rester, j’aime trop mon boulot pour mal le faire, ils ne sont pas sûrs de me garder (au moins on est d’accord sur le doute), réponse la semaine prochaine…

Mais après, qu’est ce que je fais ?

Et l’Appel, quand est ce qu’il arrive ? Parce que s’il y a bien un moment idéal c’est maintenant que j’ai deux ans de chômage devant moi donc du temps pour laisser notre enfant atterrir , et puis comme ça la question de « qu’est ce que je fais » ne se posera plus, après je sais ce que je veux faire, avant je ne veux pas m’engager…

Le jour où ils découvrent…

… que les couples homo sont discriminés en adoption.

Les médias découvrent, s’étonnent, s’insurgent, en font les gros titres, pointent du doigt la personne qui a tenu ces propos, comme si cette personne était « une exception ».

Mais là c’est moi qui m’étonne, le discours qu’a tenu cette personne est le même partout (ou presque), et tout le monde le sait. Enfin non, pas tout le monde visiblement, le monde de l’adoption.

La personne a été suspendue, pour « calmer les esprits » plus qu’autre chose probablement. Il n’empêche que beaucoup à travers la France doivent trembler dans leurs bureaux…

Ca peut faire bizarre dit comme ça mais je ne suis ni pour ni contre, parce que je crois qu’il n’y a pas à être pour ou contre l’adoption par des couples homo, parce que la distinction ne devrait pas être.
Je suis pour qu’un couple « mariés depuis deux ans ou ayant au moins 28 ans tous les deux » ait les mêmes chances qu’un autre couple « mariés depuis deux ans ou ayant au moins 28 ans tous les deux ». Pas un droit à l’enfant, non, il n’y a pas de droit à l’enfant, mais le droit de voir sa candidature étudiée de la même façon et placée dans la même « pile » que les autres.

J’entends que des parents homo sont considérés comme « à particularité » et que ça peut rendre l’adoption plus périlleuse (oui, il y a aussi des parents « à particularité » et pas que les homo). J’entends aussi que des parents bienveillants et solides valent mieux que des parents maltraitants ou absents, quelque soit leur orientation amoureuse. Et j’entends que le monde bouge et que ce qui est stigmatisé aujourd’hui le sera de moins en moins à mesure qu’on le fera « rentrer dans la normalité », et pour ça il faut parfois pousser au cuk (faute de frappe, mais j’ai trouvé ça joli alors j’ai laissé) de certains.

Je suis curieuse de voir ce que cette affaire va donner dans les jours/semaines/mois à venir. Si elle va être très vite étouffée ou si aux quatre coins de la France on va entendre des « nous aussi » qui vont grossir l’affaire, et surtout si, que ce soit bruyant ou non, ça va faire évoluer les pratiques des conseils départementaux.

Boulot, première semaine

Voilà je suis en week-end !
Oui déjà.
Je fais une période à temps partiel, ma copine n’est pas encore en congé mat, je suis là en renfort et pour bien intégrer le fonctionnement de la structure avant d’être lâchée dans la nature la rentrée où aucune « ancienne », hormis la responsable, ne sera là puisque l’autre collègue s’en va également (officiellement provisoirement mais en fait pas vraiment).

Comme d’hab’ , j’ai détesté mon premier jour : trop stressant, trop la sensation de faire potiche et de traîner dans les pieds des autres, trop d’informations à intégrer, trop de…
Heureusement je le sais maintenant et je sais que dès le deuxième jour ça roule, doucement, mais ça roule. Et puis je bosse dans un milieu bienveillant.

Je dois dire quand même que quand je vois qu’avec du renfort (moi) c’est déjà la course ( = je me souviens pourquoi je considère que la crèche n’est pas faite pour un enfant de moins de deux ans = j’ai l’impression de mal faire mon boulot = je suis d’autant plus motivée pour le concours de fin d’année ou l’agrément, encore un), j’appréhende un peu la rentrée, quand le poste « renfort » ne sera plus là (j’espère qu’on aura des stagiaires à exploiter). D’ailleurs, pour ce qui est de parler ou non de notre parcours d’adoption, la question ne s’est même pas posée : je n’ai absolument pas eu le temps d’avoir quelconque discussion personnelle.

Mais ma petite semaine s’est bien passée et pour mon plus grand plaisir me voilà à nouveau recouverte de bave, de lait (pour l’anecdote : c’est en léchant mon poignet, faute d’essuie-tout sous la mains, après avoir testé la température d’un biberon, que je me suis souvenue que cet enfant là était nourri au lait de sa mère), de banane/courgette/coquillettes (…) écrasées, de caca mais pas encore de vomi, avec « la famille tortue » ou « petit escargot » dans la tête du matin au soir et puis la nuit aussi, les tympans un brin douloureux, et une maîtrise absolue de la phrase sans négation.

Projection

« Et si c’était aujourd’hui ? »

Chaque jour la même question, jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour espérer que quelqu’un nous appelle. Alors je change de refrain… « Et si c’était demain ? ».

Dernière pensée du soir, première du matin.

Nous sommes passés à une vitesse supérieure, sereinement, sans pour autant s’arrêter de vivre. Tout un tas de nouvelles questions pratiques nous traversent l’esprit (vivement la prochaine rencontre avec notre OAA, on a quelques questions « paperasse » ).
De nouvelles expressions sont apparues dans nos discussions : « ça se trouve on ne sera même pas là » (Noël, anniversaires…), « ça se trouve il n’y aura pas besoin » (rdv annuel avec l’AS du service adoption, courrier anniversaire, renouvellement…), on conjugue un peu plus au futur plutôt qu’au conditionnel quand on parle du pays, du voyage…
MonChéri est rentré un soir avec un livre sur le « pays A » et trouve dorénavant urgent de se plonger dans les Johanne Lemieux. Il a aussi prévenu le boulot (et le reste de la population qui nous entoure) que maintenant ça pourrait être n’importe quand… et pour au moins 16 semaines (voyage et congé adoption).

Moi côté boulot je m’interroge : je commence lundi (eh oui !), j’y reste jusque fin décembre voire janvier… J’ai beau espérer chaque jour, je garde quand même la tête sur les épaules, je ne suis pas du tout convaincue qu’on soit appelés cette année… mais ça reste possible. Alors, je préviens ou pas ?

Connexion neuronale

« Mais, s’ils en sont a appeler des gens qui sont derrière nous… ça veut dire qu’ils peuvent nous appeler nous à tout moment ! »

Aujourd’hui, 12h15, l’information de la veille est arrivée au cerveau de MonChéri.

(Rho quoi j’ai le droit de me moquer un peu !)

J’attends avec impatience de voir ce que cette « découverte » va déclencher chez lui dans les prochains jours !

Alors…

Ca y est, j’ai eu des nouvelles !

Plutôt bonnes !

Il y a une adoption en cours dans le pays A (celui qui porte pour le moment tous nos espoirs). Un couple qui a posé son dossier en même temps que nous (bon, juste après en fait), avec qui on avait bien sympathisé lors des rencontres, parti cherché un petit bout, avec un petit +. Je suis super heureuse pour eux, et j’ai hâte de voir ce petit bout !

(Soit dit en passant, suite à mon dernier article j’ai fait ce qu’il y a de plus efficace pour me rassurer : j’ai relu notre questionnaire des « besoins spécifiques » et (rererere)constaté que nous sommes vraiment en accord avec ce que nous avions noté, et la secrétaire de l’OAA et l’adoption en cours a fini de me rassurer, jamais un enfant n’est proposé s’il est au delà des limites des postulants, le « petit + » de ce petit arrivant était au delà de nos ouvertures, pas beaucoup, mais au delà)

Il y a donc toujours des adoptions dans le pays A, même de petits, et c’est là tout ce que je voulais entendre !

… mais j’ai entendu autre chose aussi, et j’avoue me sentir honteuse d’en retirer un peu de joie… Un couple, avant nous sur la liste d’attente, a du laissé tomber pour des raisons personnelles que j’ignore mais qui n’avait pas l’air drôles (c’était mon angoisse d’hier soir d’ailleurs, pourvu que jamais une raison pas drôle nous oblige à nous retirer)…

Alors je vais me réjouir mais pas trop fort…

On a gagné une place !

(Même si bien sûr, je le rappelle et on en a eu la preuve encore aujourd’hui, ce n’est pas chronologique, donc ça ne présage rien du temps qui reste à attendre. Mais quand même.)

Suspens

Ce devait être plus tôt mais finalement, pour les nouvelles, ce sera en début de semaine prochaine (enfin j’espère).

Quelles sont donc ces nouvelles trop longues à exposer par mail ?
En espérant qu’elles ne soient pas mauvaises (pays fermé)…

Qui a été appelé ? Pour quel pays ? Pour quel enfant ?
Où est ce qu’on se situe nous dans tout ça ?

L’attente en adoption, c’est essayer vainement de faire des statistiques sur nos chances d’aboutir, et quand, en se basant sur les arrivées « toutes fraîches » : Y a t-il encore de jeunes enfants qui arrivent ? Combien ? A quelle fréquence ? Quel état de santé ?

(Souvent en écrivant mes articles je me demande si je dois écrire telle ou telle chose, parler du « moins glamour », des pensées peu glorieuses, de ce qu’on n’ose pas toujours exprimer en public, parce que le monde de l’adoption est petit, parce qu’on a peur d’être jugé… alors que ce qui nous traverse la tête traverse aussi celles des autres…
Et puis je me dis qu’après tout, ce blog est aussi là pour ça, pour informer, pour être vrai, parce que si personne n’en parle ça reste caché, que ce qui reste caché devient tabou et que les tabous n’ont jamais rien donné de bon.)

Oui, quel état de santé… Je sais que le jour (si un jour) où le téléphone sonnera je ne pourrai me réjouir qu’après avoir eu le dossier médical de l’enfant devant les yeux. Peut être même que ce sera ma première question avant même de savoir son sexe et son âge – « Comment va-t-il ? » – ou plutôt – « Qu’a t-il ? » – car nous savons que notre enfant (si adoption à l’international) « aura »…
Nous nous y préparons, là n’est pas le problème. Nous avons défini nos ouvertures, de façon honnête et objective, en étant accompagnés et en ayant beaucoup communiqué avec notre OAA… Mais l’angoisse c’est de se voir malgré tout proposer « accidentellement » un enfant au delà de nos limites et de devoir dire « non ».

Il n’y a pas besoin de chercher bien loin pour savoir pourquoi j’ai toujours peur que quelque chose nous tombe sur le coin du nez quand le ciel s’éclaircit…

Enfin, « la poisse n’est pas la norme » alors vivement la fin du suspens. De tous les suspens.