Maudites fins d’années

Boulot, cartons, paperasse, rdv de MonChéri… le quotidien est bien rempli, l’avancée des projets fait du bien.
Oui mais.
Mais il a fallu se rendre à l’évidence : un couvercle d’occupations nombreuses n’est pas étanche. Il y a quatre ans j’étais enceinte.
Cette année j’ai réussi à passer un été serein et j’étais contente de cette évolution mais les mois avancent et les émotions remontent et s’imposent à moi. Les montagnes russes, l’espoir, l’attente, l’horreur… quand je repense, quand je revis, je me demande encore comment j’ai pu survivre à une telle violence.
Un 3,5 tonnes lancé à pleine vitesse qui vous percute, c’est ça la perte d’un enfant. On meurt. Psychiquement on meurt.

Maintenant on ment. Je passe mon temps à mentir, à répondre « pas encore » quand je pense « pas vivant » quand on me demande si j’ai des enfants. Parce que je ne veux pas voir la réaction des gens, parce que l’horreur qui apparaît dans leurs yeux me ramène à chaque fois devant mon 3,5 tonnes. D’ailleurs quand je finis par confier la vérité à quelqu’un qui devient assez proche pour la connaître, je ne le/la regarde pas.

Il est pourtant tellement présent, notre fils.

Comme l’année dernière je fais de la rétention de larmes et je vis donc de nouveau avec une sensation quasi constante de boule dans la gorge. A chaque fois que c’est sur le point de venir je me bloque parce que « ce n’est pas le moment ». Avant je ne savais pas faire, me retenir, j’aurais mieux fait de ne pas apprendre.

Cette année, pour son anniversaire, nous ne serons plus dans cette maison qui a vu le miracle se produire et le pire arriver. Et ce n’est sans doute pas une étape si anodine que ça…

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Et voilà !

Après avoir fait le tour de toutes les maisons à vendre et avoir été tenté par une autre, nous sommes revenus à notre premier choix, véritable coup de coeur pour MonChéri. Nous avons négocié le prix et serré les mains des proprios… c’est parti pour une double dose de paperasse !

Me concernant, même si la maison me plaît, je ne parlerai pas d’un coup de coeur comme j’avais eu pour notre maison. Enfin vu ce que ça a donné je ne suis pas sûre d’être très fiable en coup de coeur de maison (à ce propos si elle pouvait nous être livré sans fantôme ça m’arrangerait, si si rappelez vous)…
MAIS ce midi nous avons été invités à la fête des voisins (puisque ma prof de yoga, grâce à qui on a trouvé la maison, habite dans ce lotissement) et on a été tellement bien accueillis que j’en suis reparti conquise ! Je suis dorénavant persuadée que nous avons trouvé la maison parfaite : à la campagne mais proche de tout, l’école est à deux pas, MonChéri pourra aller à la gare à pied (les voisins nous ayant indiqué les raccourcis). 3 chambres, un sous-sol aménageable (en salle de jeux !!), une terrasse couverte, un terrain ni trop petit ni trop grand… et juste assez de petits travaux pour bien nous occuper dans les mois et années à venir !

Alors là on serre encore les fesses en attendant la signature du compromis pour l’achat, et on fait des cartons et encore des cartons puisque de toute façon le compromis de vente a bien été signé lui. En novembre on décolle !

Bref, on est contents, on fait des cartons, et on est contents, et on fait des cartons, on croise les doigts, et… qu’est ce qu’on est doués pour l’immobilier !

Vacances ?

Voilà un moment que je ne suis pas passée ici, il faut dire que nous avons été sacrément occupés (d’ailleurs je n’arrive même pas à écrire cet article en une fois) !
Heureusement que ce sont les vacances, ou plutôt que je suis en vacances et MonChéri en repos forcé.

Visites de maison, paperasse, banque, infirmières et autres rendez-vous médicaux (ça ne nous manquait pas pourtant), vétérinaire aussi, sans oublier les amis et la famille (on a l’impression de ne faire que manger depuis trois semaines)…

Un point sur le mono-bras qu’est mon mari d’abord ?
Eh bien puisque la simplicité n’a pas sa place chez nous, les suites de sa fracture sont assez… « distrayantes ». Les broches ont transpercées la peau… paraît que ça arrive et que ce n’est pas grave. Il est sensé les garder malgré tout jusque fin septembre « sauf si vraiment ça vous gêne, ou si vous commencez à avoir de la fièvre et de fortes douleurs » (hum… comment dire…).
Nous avons vu le chirurgien (canon soit dit en passant) la semaine dernière, il nous a montré les radios du poignet de MonChéri à son arrivée aux urgences (vous aimez l’art abstrait ?) et a eu un commentaire très pertinent : « Quand j’ai vu ça je me suis dit : « oulala c’est un sacré bordel ! » « .
Sacré bordel en effet, la bonne nouvelle c’est que le radius a retrouvé sa tête (au revoir le plâtre) par contre « j’ai fait ce que j’ai pu pour les petits os là et là, mais je n’ai pas pu les remettre parfaitement à leur place, vous ne retrouverez peut être pas la force et la mobilité que vous aviez, il va falloir penser à devenir droitier monsieur ». Il doit commencer la rééducation. Son arrêt a été prolongé jusque fin novembre.
Et dire qu’on (amis et famille réunis) avait enfin réussi à calmer les angoisses de MonChéri…

Le point maison ?
Nous sommes à J-3 de la signature du compromis et MonChéri peine à se retenir de faire des cartons : précaution toujours. Il y en a quand même déjà une dizaine (il les remplit de la main droite, moi je scotche et déplace). « J’ai compté, il devrait y avoir environ 18 cartons de BD ! » Si si… et on ne parle là que des BD, il y a beaucoup beaucoup d’autres livres. Ce déménagement va être monstrueux !
Nous avons vu la banque, pouvons emprunter une somme tout à fait correcte pour s’offrir une jolie maison (mon père est rassuré) (oui mon père est un angoissé de la vie, il avait peur qu’on ne puisse pas retrouver de maison).
Nous avons visité quelques maisons et d’autres visites sont à venir. L’une d’elle sort du lot, elle ne paie pourtant pas de mine mais je crois qu’elle correspond bien à l’idée du nid qu’on se fait. Alors on hésite, on se tâte, on aimerait bien en voir un peu plus quand même avant de trancher, mais…

Le point adoption ?
Bah pas grand chose. C’est là que le déménagement remplit déjà une grande part de ses fonctions : il comble idéalement l’attente, et ça c’est merveilleux !
D’ailleurs nous n’avons toujours pas fini de re (re-re) remplir le questionnaire des particularités, « c’est pas pressé » qu’ils avaient dit. Heureusement. Le temps manque mais pas seulement… on a beau l’avoir rempli déjà plusieurs fois il est toujours aussi difficile de s’y coller (parce qu’on fait ça bien, on re-réfléchit plutôt que de remettre les croix telle-quelle…).
Tiens, puisque j’en parle et qu’on a quelques minutes devant nous, on va essayer de remplir les dernières cases vides…

Arrachage de coeur de bon matin

Nous étions heureux, une merveilleuse petite fille dans les bras, quand le réveil a sonné.

Moi qui, il y a peu, me félicitais de ne plus faire ces rêves, ces rêves merveilleux qui vous font tant de mal au réveil et pour au moins la journée à venir.

J’aurais du me douter pourtant que le conseil départemental ne confie pas un enfant en 5 petites minutes au coin d’un bureau, sans attendre le papa qui est en retard. D’ailleurs j’aurais du me douter… un papa n’est pas en retard ce jour là.
J’aurais du me douter en voyant cette si petite fille aux yeux étrangement clairs, au prénom tellement improbable. J’aurais du me douter qu’on ne laisse pas partir les parents avec l’enfant dans les bras faute d’avoir pu anticiper et amener une poussette, un porte bébé, un siège auto… et sans même leur avoir donné la date de naissance de l’enfant.
J’aurais du me douter quand elle s’est transformée en chaton dans mes bras, « par timidité sans doute ». Oui là quand même j’aurais du comprendre… un chaton…

Mais on nous avait confié un enfant, nous étions tellement heureux. Et puis certaines choses paraissaient incroyablement réelles…

Bref le réveil a sonné. J’ai tenté de me laver de mon rêve sous la douche mais comme attendu j’ai gardé la sensation de cette petite fille dans mes bras pour le restant de la journée.

10 jours

C’est le temps qu’il aura fallu entre la mise en ligne de l’annonce sur internet et une offre d’achat.

(Comme quoi y’a vraiment qu’en reproduction qu’on n’est pas doués !)

(Peut être qu’on devrait songer à une reconversion professionnelle, on a l’air plutôt bons en vente immobilière.)

Bref, on est contents, contents, contents, on serre malgré tout les fesses (oui c’est glamour) en espérant que tout se déroule parfaitement jusqu’à la vente définitive.

(Enfin quand même, on a trinqué à l’ice tea avec eux, c’est une marque d’engagement solide !)

Ce sont les petits jeunes de l’autre jour et il est franchement troublant de voir combien « eux c’est nous »… mais finalement pas forcément les « nous » d’il y a huit ans. Eux ils sont nous aujourd’hui, à chercher une maison pour un nouveau départ après avoir vécu une épreuve difficile.
Rien de plus n’a été dit. Eux ont peut être déjà compris de quelle épreuve nous parlions, puisqu’il y a chez nous une chambre d’enfant sans enfant. Nous, on ne peut que faire des suppositions… ils sont mariés depuis trois ans et n’ont pas d’enfant (mais ce pourrait bien être autre chose après tout).

Etrange la Vie parfois…

Baptême, racisme, hippies, flash back et avenir… entre autre

Rappelez vous, fin mars ma belle soeur (la soeur de MonChéri) a accouché. Hier nous étions conviés au baptême de la petite.

La veille encore je me disais avec soulagement « jusqu’ici tout va bien ». J’espérais traverser cette journée avec détachement, juste dans le plaisir de passer du bon temps en famille (même s’il faut avouer que la messe n’est pas notre tasse de thé et que la famille de mon beau-beau-frère on s’en passerait bien aussi, vous comprendrez après…), sans douleurs…

Et puis le matin même je me suis réveillée bien perturbée après avoir rêvé que nous avions encore le corps de notre fils dans un carton et que je me baladais partout avec, ne voyant pas l’intérêt de l’enterrer et surtout ne voyant pas où nous pourrions l’enterrer. (si si je vais bien je vous jure).
Puis, en conduisant, flash back : le jour du baptême de l’aînée, 5 ans plus tôt, nous entamions le traitement de notre dernière FIV « intra-couple » avant de passer au don.
Je me souviens des paroles de ma gynéco à qui ont avait dit qu’on ne risquerait pas d’oublier puisque le jour même nous étions de baptême, « ah oui forcément ce genre d’évènement n’aide pas à oublier… ça va aller quand même ? Courage… ».

Bref, la journée n’était pas super bien engagée. Je sentais ma gorge se serrer.

Heureusement le prêtre était sympa, l’ambiance joyeuse, la cérémonie assez brève. Les yeux m’ont parfois piqué mais les larmes n’ont pas coulé.

Puis le repas. Repas classique en présence de la famille du beau-beau-frère : on en était à peine à l’entrée qu’ils ont entamé leurs discussions racistes, sexistes, homophobes […] qui durent tout le long du repas.
Ca, avec MonChéri, on a du mal à comprendre. Ces gens là tous les dimanches ils vont écouter prôner l’amour le respect et la tolérance, disent « amen » , puis à peine sortis de l’église, ils profèrent des horreurs (attention je ne fais pas de généralités, je ne parle là que de cette famille). Nous on n’est pas (du tout) croyants mais on a l’impression d’être de bien meilleurs pratiquants qu’eux… sacré paradoxe !

Un jour on refusera peut être ces invitations, notre gamin n’aura pas à entendre de telles horreurs, à moins qu’on s’en serve comme support pédagogique : « Chéri(e) aujourd’hui on va s’entraîner à ignorer la c*nnerie des gens, ou à leur mettre le nez dedans, qu’est ce que tu préfères ? »

Heureusement on avait une super excuse pour ne pas trop faire durer le plaisir : en fin d’après midi nous avions une « contre-visite ». Un jeune couple venu dans la semaine souhaitait revenir, accompagné du fameux copain/frère/père/oncle (rayer les mentions inutiles) qui s’y connaît qu’on dégaine tous quand on achète une maison, pour mieux regarder, poser plus de question, faire des plans…

Lui avec sa tête de John Lennon, elle très « roots » en jeans et chaussures de rando, des envies d’arbres, de campagne, de verdure, des hippies encore plus hippies que nous… bref de bons « clients » pour cette maison.

Eux, c’est nous il y a huit ans.

Oui je les regardais tourner, projeter, imaginer, parler de ce qu’ils voudraient faire (c’est à dire exactement ce que nous avions pensé mais pas eu le temps de finir… on ne peut pas tout faire d’un coup n’est ce pas ?! D’ailleurs ils ne savent pas combien on leur a prémâché le travail…) et je nous ai revu il y a huit ans quand nous avons visité cette maison et que tout était encore possible.

Où en sont mes désirs, mes envies ? En aménageant ici ma vie personnelle et professionnelle était programmée pour les 20 ans à venir, aujourd’hui je ne vois pas au delà du lendemain et le seul désir qui m’anime encore c’est celui de fonder une famille.
Enfin, le seul non… déménager aussi, justement, pour repartir du bon pied, faire revenir les envies, les projets…

Vivement !

Ca y est !

Pssst… vous savez quoi ?!

La maison là… celle que MonChéri refusait de vendre, ou même d’y penser, il y a à peine plus de six mois… Si, si la maison dans laquelle on vit depuis 7 ans et demi, dans laquelle nous avons traversé beaucoup, beaucoup, beaucoup trop d’épreuves… Mais si voyons je vous saoule à propos de ça depuis… 3 ans ? (oui au passage, joyeux anniversaire mon blog !)

Bah elle est en vente. Depuis ce matin. Et même qu’il y a une visite demain. Et peut être une autre début de semaine prochaine.

On vient de passer notre soirée à ranger, épurer, « home-stager »… Mon beau-père et sa femme sont même venu nous prêter main forte avec deux jours d’avance (on devait faire ça dimanche), puisque MonChéri, bien que s’étant découvert plein de capacités avec une main unique, ne pouvait pas porter les meubles que nous voulions bouger.

[Petite parenthèse « MonChéri » en passant : il est rentré lundi, le moral est bien meilleur, il ne souffre pas trop et, comme je le disais au dessus, se débrouille plutôt bien avec son mono-bras. Par chance j’ai très peu travaillé cette semaine, mais à partir de mardi il va se retrouver beaucoup plus seul… quoique la famille a promis des visites et sorties régulières. Il est en arrêt au moins jusqu’à octobre, le temps va sûrement finir par lui sembler long…]

Allez allez, espérons que cette maison sera vite vendue !

Entre deux fractures…

Je profite d’une nouvelle éclaircie dans notre ciel de connexion pour vous raconter notre éprouvant week-end.

Ce week-end nous devions donner un bon coup de collier pour finir les petits travaux de « mise en beauté » et mettre la maison officiellement en vente, imaginez ma joie !
Mais ça c’était avant. Avant que je reçoive un coup de fil au boulot vendredi à 18h30 : « Bonjour Madame Choco, je suis votre voisine, j’ai votre mari à la maison, il a chuté d’un escabeau et a visiblement une belle fracture au poignet, j’appelle les pompiers. »

Une fracture du poignet c’est pas bien méchant, mais quand même, je me faisais du souci pour MonChéri.
Arrivée aux urgences, je n’ai pas pu le voir tout de suite, ça m’a laissé le temps de prévenir un bout de famille (la mienne, moins angoissée de nature, je ne voulais pas faire paniquer les siens avant de l’avoir vu et de pouvoir les rassurer d’office).
Une grosse demi-heure plus tard je n’étais toujours pas autorisée à le voir, mais là il ne fallait pas abuser, ça faisait deux heures que j’avais eu la voisine puis les pompiers au téléphone mais lui je n’avais pas pu lui parler, j’avais besoin de le voir… la dame de l’accueil a négocié avec le personnel soignant, j’ai pu retrouver MonChéri, en attente dans un couloir blindé d’autres brancards.
Il venait de passer à la radio, souffrait beaucoup, semait de l’herbe et des brindilles autour de lui (il taillait les arbustes quand il est tombé) et son poignet n’était plus du tout dans l’alignement du bras et de la main. C’est là qu’un esprit perturbé, par la douleur et la morphine, peut faire sortir des choses incroyables de sa bouche : « bah, dans une semaine ça sera bon ». Mais bien sûr…

J’ai attendu avec lui que l’interne donne le verdict : opération dans la nuit dès que les urgences plus urgentes seront passées, et je suis partie puisqu’à la base je ne devais pas rester plus de cinq minutes (et que ça faisait une heure), que j’avais faim, et que de toute façon je ne pouvais rien faire de plus pour MonChéri qui allait être shooté pour ne pas trop souffrir en attendant d’être opéré.

Je suis allée manger chez ma soeur, à minuit j’ai appelé l’hôpital pour des nouvelles, il n’était toujours pas au bloc, et je suis allée me coucher. Nuit pourrie, j’ai du dormir deux heures en toute fin de nuit, probablement au même moment où MonChéri se faisait opérer.
A 6h, bien réveillée, j’ai jugé inutile de rester au lit, j’ai appelé l’hôpital, il était remonté peu de temps avant, l’opération avait été plus longue et plus lourde que prévue, il a fallu ouvrir de chaque côté, les broches ne tenaient pas, il a fallu poser des plaques… Et puis comme j’étais bien réveillée et qu’il fallait que je trouve une bonne occupation. J’ai repeint le portail (bah oui, ils disent sur le pot qu’il ne faut pas peindre en plein soleil et qu’il fait trop chaud, à 6h du mat’ les conditions étaient parfaites).
A 9h j’ai voulu appeler pour l’avoir directement, impossible, les infirmières n’avaient pas le temps, le téléphone de sa chambre ne marchait pas… moi qui était restée relativement sereine jusque là, ne pas pouvoir lui parler m’est devenu très difficile (et les visites ne sont autorisées qu’à partir de midi). J’ai appelé une amie au secours pour me changer les idées, elle m’a emmené faire le marché avec sa mère.
A midi, arrivée au pied de l’hôpital, MonChéri m’appelle, sa voix transpirait l’angoisse, les effets secondaires de l’anesthésie l’effrayait énormément.

Il faut savoir que MonChéri est un peu hypocondriaque sur les bords, ce week-end je l’ai vu passer de peurs farfelues en angoisses irraisonnées, ce « simple » bras cassé est devenu une montagne. Quant à moi j’alterne entre hyper-empathie, son mal-être me brise le coeur, et une violente envie de le secouer parce que, quand même, on a vu pire, ça aurait pu être pire, il y a pire, et que si un jour il lui arrive un pépin encore plus important, avec une réaction pareille il ne s’en sortira pas.
J’ai décidé d’accuser l’anesthésie et l’hospitalisation pour le moment, si ça persiste une fois rentré à la maison je lui secouerai un peu les puces.

Mes patrons m’ont laissé ma journée de demain pour que je puisse récupérer l’homme à sa sortie. Je suis soulagée à l’idée de le voir rentrer, ce week-end a été éprouvant et il sera beaucoup mieux à la maison.

Alors pour les petits travaux, c’est sûr, ça va être compliqué (enfin le portail c’est fait) (on arrivera peut être à « embaucher » nos proches), mais au moins MonChéri sera ultra-dispo pour les visites !

Allez, maintenant, je vais aller dormir…

Entre deux coupures…

Je profite d’une miraculeuse connexion internet ( « Dieu sait » combien de temps ça durera – merci les intempéries) pour donner quelques nouvelles !

Le pique-nique annuel de notre OAA a eu lieu, nous avons vécu :

– Une belle journée, du soleil, de la bonne humeur et de l’amitié.
– Une bonne nouvelle : une autre adoption en cours dans le pays A, un enfant de 7 ans.
– Des soupçons sur une probable proposition faite à un couple (mais peut être qu’on se fait des films) (d’ailleurs les jours passent et pas de nouvelles, alors peut être qu’on se fait VRAIMENT des films).
– L’admiration devant les derniers enfants arrivés.
– L’émotion de savoir que notre dossier a été déposé dans le pays A par les adoptants de ce début d’année, une belle symbolique !
– Des souvenirs : l’année dernière nous venions de passer notre second entretien, celui qui a précédé le « oui » de cet OAA.
– La réception d’un nouveau questionnaire « besoins spécifiques » à remplir suite à des modifications attendues, l’occasion d’y réfléchir encore, d’affiner…
– De l’espoir.

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Petit point déménagement :

Nous avons enquêté sur cette maison, nous étions relativement conquis mais comme je me doutais il va certainement falloir faire le deuil d’un achat avant la vente : le prêt repéré par MonChéri s’apparentant au prêt relai que nous voulons absolument éviter.
MonChéri est tout dépité, il voulait vraiment se laisser le temps de trouver « la bonne » avant de mettre en vente pour s’épargner de la paperasse, une location et une multiplication de déménagements.
Je crois que j’ai réussi à dédramatiser la chose, des amis nous ont proposé une solution de logement intermédiaire tout à fait intéressante, d’autres l’ont encouragé, tant et si bien que MonChéri parle de mettre en vente « incessamment sous peu » (quand on pense qu’il y a quelques mois encore il me disait « dans 4-5 ans ») !


Pour finir, il y a 4 ans exactement aujourd’hui nous ouvrions de grands yeux devant un taux à trois chiffres. Quelques secondes plus tard je sautais de joie ( « arrête tu vas le décrocher ! » ) à travers toute la maison puis nous claquions la porte pour aller fêter ça au resto ( « sans alcool pour madame ! » ). Nous étions prudents mais fous de bonheur, bien décidés à profiter à fond de la moindre petite miette qui nous était donné.
Comme nous avons eu raison.
Qu’aurait-on pu garder sinon de ces six mois…