Rituel de fin d’année

C’est l’heure du bilan et comme d’hab je suis allée voir celui de l’année dernière.
Un démarrage tranquille de l’école, une reprise toute douce du travail, une reconnexion avec de vieux projets… on a coché toutes les cases.

Il y a eu le bonus mondial mais ça… je ne vais pas m’éterniser dessus hein !

Aujourd’hui que nous souhaiter pour les années à venir ? Une longue vie tranquille, tous les trois, une vie d’amour, une bonne santé… je ne demande rien de plus je crois.

Et du bonheur pour vous aussi !

Je vous souhaite une fin d’année aussi douce que possible.

La lessive des petits vêtements *bis* (où l’on se pose aussi la question du racisme ordinaire)

Quand nous avons été appelé, quand S. est entrée dans nos vies, l’un des moments les plus savoureux de la préparation de son arrivée a été la lessive des petits vêtements. Tout ça rendait les choses si concrètes, je pouvais enfin imaginer mon enfant, ma fille, porter ces vêtements qui attendaient depuis si longtemps.

Nous avons la chance d’avoir une amie qui nous fait passer les vêtements trop petits de sa fille qui a quelques années de plus que S. (pour tout dire elle a l’âge exact que L. aurait du avoir, nous étions enceinte en même temps, bref…) et à chaque fois que j’ouvre une caisse de vêtements pour trouver la taille au dessus, c’est un émerveillement. Sortir de nouveaux vêtements pour ma fille reste un moment de grande émotion. Ma fille va porter ces beaux habits, ma fille est là, ma fille grandit.

La seule chose qui pourrait sembler être un inconvénient c’est que nous ne choisissons rien, coupe, couleurs… mais ça m’importe peu, il y a de tout, ce sont de beaux vêtements, et vu la quantité je peux me permettre de faire le tri si quelque chose ne me plait pas, et les économies réalisées ne sont pas négligeables on est d’accord.

Il y a du rose (beaucoup), et puis du violet, du blanc, du jaune, du gris, du bleu marine, du noir…

Du bleu marine et du noir ?! Et là, c’est le drame (attention, entendu plusieurs fois) :

« Ah mais avec sa couleur de peau il ne faut pas lui mettre de vêtements si foncés ! Il faut lui mettre des couleurs flashy ! »

Vous voulez donc que je dise à ma fille qu’elle n’a pas le droit de mettre ce pull noir qu’elle adore parce que ça ne flatte pas son teint ? Parce que ma fille est chocolat au lait il faudrait que je l’habille constamment comme un « lampadaire »( à prononcer « avè l’accent du sud ») (mais si voyons : « le lampadaire, c’était moiiiiiii » vous voyez ?) ?

Hum… c’est pas un peu limite ça ?

Chape de plomb

Chaque année me laisse un peu plus de répit, je crois que ce n’est pas la première fois que je le dis, et il est assez exceptionnel de voir que cette année mon moral aura tenu bon jusqu’au 6 décembre quand, il y a encore deux ans je pouvais ressentir les premiers signes à la rentrée septembre (je crois que mon homéopathe a plutôt bien fait son boulot).

Il fallait bien que ça arrive, la chape de plomb sur les épaules, le poids dans le ventre, les nerfs à fleur de peau, les larmes à ravaler toute la journée… dans deux jours ça fera 7 ans (7 ans bordel !) que notre fils est sorti de mon ventre, mort.

Que dire ? Bien sûr le temps fait son œuvre, bien sûr ce n’est plus aussi dur que ça l’a été, mais mon fils est toujours là, toujours, partout avec moi, ange gardien derrière mon épaule ou d’un peu plus loin. Il me manque, le grand frère de S. me manque, comme ça aurait été chouette de les voir tous les deux auprès de nous (même si c’est là une utopie, s’il avait été là, S. n’aurait pas été notre fille, mais passons, puisque de toute façon c’est de l’imaginaire alors oui, j’aime les imaginer grandir ensemble).

Alors on verra bien, mercredi, quelle tête je ferai. Je me dis qu’au moins, si j’ai une trop mauvaise mine, la maman des garçons que je garde ne pourra que se montrer compréhensive, puisqu’elle a vécu la même chose (hum, je vous ai dit que je gardais les enfants de ceux qui ont racheté notre ancienne maison qui ont fait l’objet de deux ou trois articles déjà ? On était vraiment destinés à se rencontrer eux et nous).

Mon fils, mon tout petit…

Anonymat

Parfois je me demande si un jour, en réunion EFA ou autre, quelqu’un viendra me voir en me disant « Eh, c’est toi qui écris le blog « c’est quand qu’on va où » ! »… et cette perspective me terrifie. Oui, oui.

Le monde est petit, le monde de l’adoption encore plus. Il n’y a pas un milliard de blog sur l’adoption et j’ai beau ne rien dire de mon identité, de mon adresse, ni même du pays où nous avons adopté, je raconte ici notre histoire, et lorsque que je parle de notre histoire dans la réalité, un lecteur assidu ne peut que faire le parallèle.

C’est idiot je partage volontiers ici, je partage volontiers de façon moins anonyme en messages privés ou sur fb, je partage volontiers en réel donc absolument pas anonymement. Mais l’idée que tout ça se mélange…

Bref, cher lecteur qui peut être me connait, surtout ne me le dis pas, ou au moins pas devant une assemblée (pour tout vous dire, même MonChéri ne connait officiellement pas l’existence de ce blog), je crois que je ne pourrai plus écrire si quelqu’un enlevait mon masque. Merci.

Et j’avais peur…

Je me souviens de ces doutes et de ces peurs en lisant tous ces livres, en écoutant ces témoignages : les problèmes rencontrés, les tests de « solidité parentale », les tempêtes, l’insécurité…

Est-ce vraiment ça la vie avec un enfant adopté ? Allait-on être assez solide ?

Je n’aurais jamais imaginé que ma réponse à la première question serait celle-ci :

Oui… Mais en fait ça ne fait pas peur.
Parce que ce n’est pas l’essentiel de ce qu’on vit avec notre enfant.

Parce qu’avant tout c’est une enfant, et nous sommes une famille, avec une vie de famille normale, le train-train quotidien et les tracasseries habituelles d’une famille normale, et les rires, et l’amour… ah l’amour ! (l’autre jour, pas chez nous, tentative de sieste avec ma fille… son visage collé au mien, me caressant la joue : « maman d’amouuuuuur !!! Longs cheveux ! Oh… noeuds, noeuds, (tire dessus évidemment)… maman d’amouuuuuur !!! Ffff ! Ffff (me souffle dans le nez)… maman d’amouuuuuuuuuuuuuuuur !!! » bref, on n’a pas dormi).
Notre quotidien n’est pas qu’adoption, notre fille n’est pas qu’adoptée. Elle a aussi trois ans, aime faire du manège et de la balançoire, ramasser des cailloux, s’en mettre plein les poches ou les lancer dans l’eau, elle aime les pâtes au gruyère, n’aime pas les légumes, elle hurle à la mort à la moindre microscopique égratignure au genou et a peur du loup… normale j’ai dit.

Oui, au milieu de ça, il y a aussi l’adoption. Notre fille vérifie régulièrement la solidité du pont parental, elle secoue très fort, balance des parpaings… Non ce n’est pas facile, oui il faut être solide, mais ça ne fait pas peur.
Parce que ça a un sens, une raison, et qu’on sait qu’après un épisode « parpaings » il y aura l’apaisement et de grands bonds de fait (à ma surprise quand, récemment, après quelques bonnes secousses et régressions, S. m’a parlé de sa mère biologique… fin instantanée de l’épisode difficile, c’était donc ça, des angoisses, des questions…).
Parce qu’on y était préparé, parce qu’on est « outillé ».
Et parce qu’il y a le reste, l’essentiel, les cailloux, les pâtes au gruyère, le loup, tout ça…

1 an bis et ter et plus, 1 an de maman

J’aime bien moi ces dates anniversaires multiples et heureuses. Un an de l’appel, de la rencontre, du jugement et, prochainement, de notre arrivée à la maison, à trois.

Et constater l’évolution, encore et toujours, de notre fille… et de nous même.
Se retourner sur l’année passée, se souvenir de chaque étape, de ces étapes « mais on ne s’en sortira jamaaaaiiiiis »… qui ont duré trois semaines tout à plus (l’occasion de relativiser, ou pas, quand on nouveau « mais on ne s’en sortira jamaaaiiiis » pointe le bout de son nez… soit dit en passant, si vous en êtes à ce stade : si si, un jour, votre enfant se passera de couche, moi non plus j’y croyais plus).
Se dire qu’avec le recul il y a des choses j’aurai du faire autrement, que parfois oui j’ai été/je suis nulle, à côté de la plaque… comme toute mère (me tourner vers de bonnes copines dans les moins bons moments et s’entendre dire « oulala mais moi aussi des fois je pète les plombs et j’ai l’impression d’être une sorcière » ça fait tellement de bien). Mais « parfois », c’est pas « tout le temps », Filliozat dit qu’il n’y a pas de parents parfaits, et Winnicott dit qu’il faut être « suffisamment bonne ». Alors ça va, je gère. J’apprends des moins bons moments et je me donne des coups de pieds aux fesses pour revenir à du mieux.
Au fil du temps je suis quand même devenue bien plus confiante. Longtemps j’ai envié ce rôle de maman, celui de personne principale dans la vie d’un enfant, aujourd’hui j’ai enfin décroché ce rôle. La nuit, dans ses cauchemars, c’est moi qui suis appelée pour la sauver.
Et je suis toujours impressionnée par ce sentiment animal qui nous lie à notre enfant, pour L. c’était dans la perte, j’avais perdu mon petit et je ressentais que l’animal en moi ne le comprenait pas et le cherchait encore, pour S. c’est dans la protection. Je me sens littéralement montrer les crocs et hérisser les poils quand quelqu’un la « menace ». Intérieurement bien sûr… mais je le sens. Mère louve…

Le confinement m’aura fait du bien, me retirer du monde, réfléchir et puis, oui, reprendre cette thérapie (finalement pas) terminée il y a trois ans. Je savais depuis l’arrivée de S. que ça serait nécessaire. Oh pas grand chose, se débarrasser des sentiments parasites, faire le tri entre ce qui m’appartient et ce qui est à ma fille, répondre à certaines interrogations… ça ça a été facile.
Ce qui l’est moins, c’est cette redistribution des cartes : j’avais appris à gérer ma mère, ses abus, les conséquences, en tant que fille, mais j’ai découvert que gérer ma mère, ses abus, les conséquences, en tant que mère moi-même, d’une fille qui plus est… c’est une autre paire de manche.

1 an de maman. Une année de découverte d’elle, de moi et de MonChéri.

1 an, la rencontre

Il y a un bientôt an, après beaucoup d’heures d’avion, et encore plus d’heures sans sommeil, nous rencontrions notre fille.

C’est passé tellement vite.
Ca me semble être hier, mais aussi loin, bien loin.

Parfois une odeur, une image, une sensation me ramène à cet incroyable voyage. Il me parait presque irréel, rêvé, tant tout ce qui le compose est exceptionnel.

Parfois une situation me ramène à celle que j’étais avant, à cette souffrance de l’attente et de l’incertitude. Alors je regarde ma fille en remerciant l’univers, je mesure mon bonheur immense de l’avoir auprès de moi. Dans ces moments je pense aussi au nombre de fois où l’on a entendu « après on oublie tout » et à ce nombre égal de fois où j’ai pensé « ça m’étonnerait ».

Ce n’est pourtant pas si faux. Je ne suis pas sûre qu' »oublier » soit le mot juste. Je n’ai pas oublié, c’est juste que je n’y pense plus. Du moins rarement. Je n’ai pas oublié les années et les épreuves, mais la sensation de souffrance et le poids de l’incertitude je n’arrive même plus à me les représenter dans leur exacte intensité, et le quotidien longtemps rêvé prend le pas sur tout le reste, ne laissant que bien peu de temps pour se retourner sur l’avant (soit dit en passant on ne regarde pas beaucoup l’après non plus, on vit au jour le jour, ça c’est ce que notre petit L. nous a appris).

Je peine aussi à mettre des mots sur ce paradoxe : j’ai toujours en tête que ma fille peut avoir des comportements, réactions, angoisses spécifiques du(e)s à son vécu… mais j’oublie son adoption, quand je vois ma fille je vois ma fille, pas ma « fille adoptée », je ne la vois pas différente de moi, de ses cousins-cousines, j’en oublie presque qu’elle n’a pas toujours été là, que nous n’avons pas de gènes en commun et donc qu’il est inutile de s’inquiéter des « tares » génétiques que son père ou moi aurions pu lui transmettre^^.
Elle est ma fille, je suis sa mère, point.

Et 1 an, qu’est ce que ça représente pour ma fille ?
Ce qu’on peut déjà dire, c’est qu’elle a maintenant passé plus de temps avec nous qu’à l’orphelinat, et ça ce n’est pas rien.
S. connait bien son histoire, elle sait où elle est née et quelles étapes ont jalonné sa vie de bébé et de toute petite fille jusqu’à nous. Elle aime entendre le récit de son adoption, elle accepte tout à fait d’entendre parler de l’orphelinat (dernièrement elle semble s’inquiéter du sort de ses « copains » restés là-bas, et a voulu voir une photo des nounous), mais entendre qu’elle n’a ni été dans mon ventre, ni été avec nous bébé alors là ça ne lui plait pas du tout ! Elle continue donc ses phases de régression histoire de bien tout revivre avec nous (on avance, on en est aux premiers pas maintenant) et m’explique qu’elle était dans mon ventre ! Rien d’inquiétant là dedans, tout cela est tout à fait normal.

Il y a bientôt un an une petite fille rencontrait des parents. Aujourd’hui notre fille a son papa et sa maman. Entre ces deux phrases tout un monde.

Neuf mois

Il y a neuf mois (et quelques jours) S. est devenue officiellement notre fille.

Faut-il y voir un hasard si, dans une nouvelle phase de régression, S. nous fait des simulacres d’accouchement ?

Je ne sais pas. Je sais juste qu’après avoir porté et nourrit des dizaines de fois un bébé de douze kilo le mois dernier, ces jours ci il faut la hisser de dessous les couvertures, ou de l’intérieur d’un tunnel… et la sécher. Surprenant non ?!

Et moi ? Règles douloureuses, grosse fatigue et à fleur de peau… je crois que je suis en post-partum.

Les gens

J’avais commencé à écrire cet article il y a un moment et finalement j’avais décidé de juste ravaler ma haine.

Et puis en fait non.

J’en peux plus des gens (c’est vaste vous me direz, je ne vise pas tout le monde, juste les gens) (je crois que « les gens » dans mon esprit c’est une insulte polie).

Avant de revenir avec S. on avait prévenu : attention elle sera probablement très intimidée mais de toute façon, même si ce n’était pas le cas, il n’est pas souhaitable qu’au départ elle aille vers tout le monde et que tout le monde s’en occupe. Encore une fois merci J. Lemieux et les mots que nous lui avons emprunté.
Au début tout le monde a plutôt bien respecté la consigne pour ceux qui l’avaient eu, quand aux autres, aux inconnus etc. de toute façon S. était agrippé à nous et se cachait si quelqu’un approchait.

Et puis, au bout d’un certain temps, elle a fini par se détendre et sympathiser avec le monde. Au départ on s’est dit « chouette, c’est plutôt bon signe ! ». C’était sans compter les gens, les gens qui ont pris ça comme le feu vert pour faire n’importe quoi, et nous qui, bêtement, encore dans notre idée de « c’est bien elle s’ouvre au monde » n’avons pas réagi tout de suite (et croyez moi je m’en veux à mort).

Les gens sont devenus c*ns, à faire n’importe quoi pour être celui qui aurait le plus d’interactions, de bisous ou de câlins, pour être celui qui aura la cote auprès de S.
Je sais que certains se comportent comme ça d’office devant un gamin, je sais aussi que le statut « adopté » de ma fille accentue le phénomène, on était prévenus mais de le vivre ça demande un temps d’adaptation quand même… Bref, les gens n’en peuvent plus, même les professionnels sortent de leur rôle (genre les secrétaires médicales qui sortent de derrière leur bureau pour demander un bisou parce qu’ « elle est tellement mignonne, c’est une histoire tellement incroyable », ou pire, et là ça m’a fait sortir de mes gonds, les animatrices du lieu d’accueil parent-enfant qui gardaient une attitude tout à fait professionnelle avec les autres enfants mais monopolisaient ma fille « qu’est ce qu’elle est attachaaaante » ). Le pire du pire ? Une collègue de MonChéri qui prend ma fille dans ses bras et lui dit « voilà, maintenant t’es mon bébé ! », croyez moi la collègue s’en est pris plein la poire.

Ca a été le déclencheur. On s’est rendu compte qu’il allait falloir faire un retour en arrière immédiatement parce que notre fille était en train de trouver là une solution à son angoisse du rejet : se faire aimer de tout le monde et de n’importe qui.

Alors j’ai fui les gens, et l’arrêt de MonChéri est arrivé peu de temps après donc on s’est refait un petit cocon à trois. Plus de visites à son boulot (je vous jure, ses collègues, j’avais envie de les empaler), plus de visites au lieu d’accueil…

Aujourd’hui MonChéri a repris le boulot et je recommence à sortir. C’est peut être pour ça que cet article m’est revenu d’ailleurs, parce qu’à nouveau je me heurte à des gens qui perdent leurs neurones en présence de S. Sauf qu’aujourd’hui nous ré-apprenons à notre fille qu’elle a le droit de dire « non » si elle ne veut pas de bisous, et qu’on ne montre pas le même degré d’intimité envers la famille ou les amis qu’envers quelqu’un qu’on croise occasionnellement ou qu’on rencontre pour la première fois.

C’est pas évident quand on est du genre à ne pas faire de vagues, mais maintenant on sort les dents…

Notre famille (article un peu MILK, mais j’ai le droit quand même)

Au dessus de notre lit, deux cadres, deux portraits, notre fils, notre fille. Ces deux cadres accrochés j’ai ressenti un certain accomplissement, ce sentiment d’avoir ma famille au complet.

Oui, même si mon fils me manque, d’autant plus en vivant aujourd’hui avec S. tout ce que nous aurions du vivre d’abord avec lui, comme si je me rendais d’autant plus compte de tout ce qui nous a été arraché par sa mort. Mais c’est un fait, c’est comme ça, sa place dans la famille est celle-ci, celle de l’aîné qui n’est pas né vivant, et sa place est importante.

Et même si parfois je me dis « ce qu’on vit aujourd’hui est merveilleux, pourquoi ne pas le vivre une seconde fois ? », la demi-seconde qui suit je me dis « ce qu’on vit aujourd’hui est tellement merveilleux, pourquoi risquer de briser tout ça ?! »

Bref, notre famille au complet, une famille atypique, une famille dont je suis fière. Sur ce mur, au dessus de notre lit, deux portraits résument à eux seuls à quel point notre combat a été grand pour devenir parents.

Aujourd’hui, chaque jour, je pose un regard émerveillé sur ma fille, mon incroyable fille qui se reconstruit une vie en composant avec l’ancienne. Et même si je sais que notre présence n’y est pas pour rien, je vous assure que nous sommes surtout spectateurs de cette force qu’elle déploie et de ses réussites. Nous sommes là en soutien (bon soutien quand même, envoyons nous des fleurs un peu), mais c’est elle qui fait le gros du boulot !

Aujourd’hui on nage dans le bonheur d’une vie de famille où chacun sait combien elle est précieuse, une vie de famille tellement normale mais tellement extraordinaire à nos yeux. Voir MonChéri faire du toboggan au parc dans n’importe quel sens juste pour faire marrer sa fille, la voir « l’escalader » (MonChéri aurait-il pris un peu de ventre ? Hum hum..) le matin dans le lit pour lui faire un câlin, se serrer tous les trois dans le canapé… me procurent une joie immense. Intérieurement je suis la pire des « MILK », chaque petites choses faites ou dites par ma fille mériteraient la une d’un journal, ou une publication fb, ou au moins que j’appelle l’intégralité de ma famille et de mes amis, toutes discussions ne pourraient tourner qu’autour d’elle sans problème… mais bon… je me contiens… je sais…

Mais quand même, que notre fille depuis quelques temps nous dise plusieurs fois par jour : « maman, ‘t’aime » et « papa, ‘t’aime », je n’allais pas le garder pour moi !