Atteeeeendre + edit

Voilà, j’ai atteint le stade où même les annonces d’adoption me plombe un peu. Un an en arrière, quand une amie m’a dit « j’espère qu’on aura nos enfants en même temps sinon, il faut bien être honnête, y’en aura une qui aura les boules » j’ai pensé « maiiiiiis non, moi jamaiiiiis ! ».

Je ne suis pas meilleure qu’une autre donc.

Parce qu’une fois que toute ta famille et que (presque) tous tes amis ont procréé, t’es bien content d’avoir tes potes de galère à qui tu peux proposer n’importe quoi n’importe quand parce qu’ils n’ont personne d’autre qu’eux à coucher le soir même et à lever le lendemain matin (et aucune parentalité avec laquelle te « narguer » ), et face à qui tu ne te sens pas en décalage. Alors quand tes potes de galère quittent la galère t’es heureux pour eux, mais, à nouveau, toi, tu te retrouves seeeeeeuuuuul.

Si t’ajoutes à ça des rumeurs d’adoptions qui ralentissent ici, d’un gouvernement changeant qui bloque tout là…
Ambiance.

Si, il y a le délai pour un pupille qui a l’air d’avoir réduit depuis le début de nos démarches, il ne nous resterait « que »… trois ans à attendre. Youhou… Quand je vois à quel point je subis déjà cette attente, trois ans de plus me paraissent être la promesse de l’enfer. MonChéri reste égal à lui même, je crois que lui s’était déjà mis en tête un délai très très long quand, moi, je nous espère encore chanceux.

Ce temps et cette énergie passé(e)s à attendre me paraissent un gâchis monumental, on les perd au moment où il faudrait à l’inverse en stocker, parce qu’on sait bien que nous ne sommes qu’en salle d’attente, que l’aventure ce n’est pas ça, c’est l’après…

Rassurez-vous, « demain » l’espoir reviendra, comme il revient toujours. Aujourd’hui le temps, mes règles, la période (on en parle de novembre, de décembre, des fêtes de fin d’années ?) …

Edit : parfois l’espoir n’attend pas demain et les articles ont des effets magiques… des nouvelles de notre OAA, encore une place de gagnée, l’espérée deuxième adoption de l’année dans le pays A a eu lieu. Là, ça frétille carrément du cerveau !!

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Rêve, encore

Notre OAA nous avait convoqués, nous, et tous les autres couples en attente. Après divers entretiens et épreuves incongrues il n’en resta plus que deux, nous et un autre, à qui on annonça le Graal.
Pour eux je ne sais pas, pour nous un petit garçon de trois ans dans le pays A.
Ivres de bonheur, entre deux rivières de larmes d’émotion, on parla organisation du voyage, date de départ, consignes diverses… Puis l’OAA nous libéra et vint le moment de rendre tout cela encore plus concret en le clamant haut et fort et, alors que je me demandais comment nous allions annoncer la bonne nouvelle à nos proches, je me suis réveillée.

Mange toi ça.

J’ai bien essayé de replonger dans ce rêve si doux mais je n’ai pas réussi, emportée par des milliers de questions et de projections :
Comment l’annonce va t-elle se passer ? Vont-ils d’abord envoyer un mail ? Vont-ils appeler directement ? Qui ? La secrétaire avec le numéro enregistré sur mon téléphone ou le président, la médecin, avec un numéro inconnu ?
Comment l’annoncera-t-on ? Appellera-t-on dans la foulée toute la famille ? Saurons-nous le garder pour nous le temps de faire une annonce de vive voix ? Avec quels mots ? Et si on se la jouait plus « sournois » (ouais carrément ouais), envoyer une photo, juste une photo, et attendre de voir qui osera penser, y croire, et demander tremblant la confirmation… (j’ai tellement adoré annoncer ma grossesse avec des mises en scènes diverses et variées, j’ai hâte de revivre ces moments d’intensité, d’autant qu’ils le seront au centuple je crois)

A ceux qui l’ont vécu, comment l’avez-vous annoncé à vos proches ?

Comment ne pas se projeter quand, autour de nous, cette année, cinq couples que nous connaissons ont été appelés, majoritairement pour des pupilles, et un autre se tient prêt, tout prêt, parce qu’ils se savent près, tout près, du but ?

Bien sûr ils avaient de l’avance sur nous, il faut plus de cinq ans d’attente pour un pupille et, nous, nous avançons doucement vers le troisième anniversaire de notre agrément. Mais moi c’est le bout du monde que j’espère, et je mise sans doute un peu trop sur 2019…
Vivement des nouvelles fraîches, encore un bon mois à attendre avant le repas de Noël de notre OAA.

La peau de l’ours avant les bœufs

Sont-ce toutes les grossesses qui m’entourent ? Les souvenirs qui reviennent en surface en cette période de « il y a cinq ans » ? La saison 8 de FRIENDS qu’on est en train de re-re-regarder ?
Toujours est-il que, parfois, ces temps ci, je me dis « ah c’était bien… si je pouvais être enceinte là, me caresser le ventre, sentir mon bébé bouger… »

Et puis je me souviens de ce par quoi il faudrait en passer pour l’être. Hors de question.

Puis je vais plus loin et je me rappelle de ce que peut être une grossesse. L’angoisse.

Et surtout je sais qu’un enfant biologique maintenant nous demanderait de repousser, au risque surtout de devoir renoncer, [à] l’arrivée de cet enfant d’ailleurs qu’on attend de toutes nos tripes, qui habite notre esprit à chaque seconde et qui fait déjà partie de notre quotidien.
Impossible.
Inimaginable.

Alors je me demande si j’en aurais envie après. Pas sûr. Tout emportés par ce tourbillon de vie, après des années à deux rien qu’à deux, aura-t-on envie d’un tourbillon supplémentaire ? Et si notre aîné le vivait mal ? Et si, et si… ?
Le fait d’avoir déjà un enfant me rendrait-il moins horrible un retour en PMA ? Pas sûr. Sous quelles conditions ? Mon corps lui a déjà tant subi, tant ingéré… ne serai-ce pas risqué ? Serais-je prête à prendre le risque d’une grossesse ?
Et une seconde adoption ? Aura-t-on l’envie, l’énergie… la possibilité ?

C’est étrange ces questions qui resurgissent alors que j’étais certaine, depuis des années, qu’après un tel parcours notre enfant serait unique. D’autant que je sais que seul le temps et le vécu pourra répondre à mes questions. Et puis je parle de moi mais MonChéri, lui, qu’en pensera-t-il ?

Le problème, au fond, n’est-il pas d’être à la veille de mes trente ans (je trouve ça presque indécent de vous dire que je n’ai que, bientôt, trente ans, même si ça n’en fait pas moins de dix ans, bientôt, qu’on attend) et de me dire que quand cet enfant arrivera je serai encore jeune et qu’il me faudrait alors, jeune, laisser la maternité (dans le sens de l’agrandissement de la famille, de l’attente d’un enfant) derrière moi ?

Ou bien est-ce de l’envie, de la jalousie, envers ceux qui ont le choix ou la possibilité de tout ? Ceux qui n’ont pas toutes ces questions à se poser, toutes ces épreuves à traverser pour avoir un enfant. Maintenant, plus tard, peu importe, pour eux tout est possible, et entre l’envie et la réalisation il ne se passe que quelques mois… Oh oui parfois j’envie tellement cette simplicité.

Un condensé de ça dans une nouvelle réminiscence de la famille n*tella ?

Ou juste le manque de mon fils dans mon ventre ?

Ou un peu de tout…

Alors il ne me reste qu’à attendre. Attendre notre enfant et les réponses à mes questions. Attendre et combler, pour arrêter de me triturer l’esprit avec des questions épuisantes. Combler et se dire que si on change d’avis, il y a trois chambres dans cette maison et un grand sous-sol aménageable.

 

Le point écolo

Pour se donner du courage quand le monde ne tourne plus rond, pour se dire qu’on aura fait ce qu’il faut, notre part, pour que nos prochains objectifs soient notés, pour les rendre plus concrets…

Se nourrir :

  • La majorité de ce que nous mangeons maintenant est bio, nous avons chaque semaine notre panier de légumes de l’amap, nous faisons attention à la provenance du reste, nous faisons attention aux étiquettes : on élimine au maximum les additifs, nous cuisinons beaucoup pour éviter les produits industriels.
  • Nous n’achetons plus de viande (ou très très occasionnellement pour des plats précis ou repas de famille) mais on ne s’en prive pas forcément en dehors de chez nous, nous consommons très peu de produits laitiers (bon j’ai été forcée au départ pour des raisons de santé, je pleure encore parfois intérieurement devant du fromage, mais j’y arrive).
  • Un jour peut être on aura un petit potager, et des poules.

Consommer :

  • Nous tendons de plus en plus vers le minimalisme, nous n’avons cessé de nous désencombrer depuis le déménagement, ces dernières semaines nous avons atteint un pic. On s’allège et on essaie de consommer de façon raisonnée.
  • Ce que nous n’arrivons pas à faire, et ça m’énerve, c’est à acheter éco-responsable quand il s’agit de mobilier, de vêtements, chaussures, ou même bricolage, rénovation, peintures… Parce que le budget n’est pas le même, parce que MonChéri « craint » l’occasion si ça vient d’inconnus (il a été élevé par une mère trèèèèèèèèèèèèèèèèès maniaque). Il n’y a que pour mes vêtements que j’arrive à faire de la récup.
  • Par contre pour notre enfant tout est déjà de la récup, nous avons déjà tout ou presque et je compte bien continuer sur la voie de l’occasion et de la qualité (je suis en train d’essayer de faire comprendre à ma mère que nous ne voulons pas que la chambre de notre enfant se transforme en immense bazar de plastiques bruyants mais c’est pas gagné).
  • Gros point noir : notre chaudière est au fioul et malheureusement nous n’aurons pas tout de suite le budget pour la changer… En attendant on se sert pas mal du poêle à bois, on a changé les fenêtres pour une meilleure isolation et on devrait refaire l’isolation des combles assez rapidement.

Les déchets :

  • Notre biocoop a considérablement agrandi son rayon vrac cet été, l’étape en cours c’est donc le passage au vrac pour le plus de choses possible (aliments secs, pastilles pour lave-vaisselle…).
  • Pour les rares choses que nous achetons en supermarché, nous évitons au maximum les produits sur-emballés.
  • Autre étape en cours : diminuer notre consommation de papier toilette en confectionnant, à partir de vieilles serviettes éponges, des lingettes lavables « petite commission ». Et remplacer nos éponges par des lavettes lavables.
  • Nous faisons le ménage avec des carrés en microfibres.
  • A table nous avons des serviettes en tissus.
  • Notre point noir : nous n’arrivons pas à nous passer d’essuie-tout jetable pour une raison précise : quand il faut nettoyer le vomi du chat (du moins MonChéri n’y arrive pas, et comme en cas de salissures ou de réveils nocturnes c’est SON chat et MES chiennes…) (il est perdant ^^ )
  • Je suis passé à la cup il y a des années.
  • Prochaine étape : essayer le shampoing solide pour ne plus avoir de bouteille à jeter (nous sommes déjà passé au savon pour nous laver).
  • Autre prochaine étape : refaire un compost. Nous en avions un dans l’ancienne maison mais n’avons toujours pas pris le temps d’en fabriquer un ici, quand je vois la quantité d’épluchures et autres que nous jetons, ça me fait vraiment râler.

Hygiène :

  • Douches rapides la très grande majorité du temps, d’ailleurs nous récupérons l’eau « de réglage » dans un seau qui nous sert ensuite pour la chasse d’eau, arroser les plantes…
  • Je ne me maquille jamais et je ne l’ai jamais fait, je ne mets pas de vernis à ongles, je ne me teins pas les cheveux (que je coupe moi même d’ailleurs) etc. C’est autant de produits chimiques, de bazar, de dépenses et de déchets en moins… (je ne mets plus de soutifs depuis des années aussi, et ça croyez moi c’est la liberté ^^ ).
  • Mon déo c’est du bicarbonate, et c’est tout.
  • La liste de mes produits ménagers est simple : vinaigre blanc, bicarbonate, savon noir et, occasionnellement, cristaux de soude.
  • Je fabrique ma lessive, moitié lessive à la cendre, moitié lessive au savon de Marseille.
  • Seuls pastilles pour lave vaisselle et liquide vaisselle ne sont pas fait maison, mais ils sont de marques « vertes » et en vrac pour au moins l’un des deux (sachant qu’un flacon de liquide vaisselle me fait plusieurs années j’ai pas encore eu vraiment l’occasion de me pencher dessus, le dernier que j’ai acheté c’était en plein déménagement, c’était pas le moment de chercher autre chose).
  • Ah si, un point noir quand même : notre dentifrice et nos brosses à dents sont de marque « lambda » de supermarché. Prochaine étape donc, quand on aura fini notre incroyable stock, changer tout ça !
  • Et puis un jour peut être on passera aux mouchoirs en tissus (on en a en plus, des vieux à Monchéri), mais c’est pas encore fait…

Se déplacer :

  • MonChéri depuis le déménagement peut aller à la gare à pied. Il ne prend la voiture pour aller bosser que le samedi (aussi adorerais-je que nous nous débarrassions de l’une des deux, mais il n’y est pas encore prêt).
  • Depuis le déménagement toujours, nous pouvons tout faire à pied ou à vélo (c’était aussi le but du déménagement) (bon dans la pratique quand je fais des petites courses c’est souvent en rentrant du boulot donc pas à pied, mais je ne prend pas la voiture exprès pour).
  • Un jour, c’est décidé, soit je trouve du boulot à côté de la maison, soit je bosse chez moi. Quand je vois l’essence que je consomme et le prix que ça coûte… (mais pour le moment il est peut être question que je reste plus longtemps là où je suis actuellement, ma responsable me l’ayant proposé en connaissance de cause « je ne cherche que du provisoire, le jour où mon téléphone sonne je décolle et je ne reviens pas » alors que demander de plus !)

Voilà je crois que j’ai fait le tour. Nous sommes loin d’être parfaits mais petit à petit on fait tout pour réduire notre impact sur l’environnement…

Et vous alors, un petit bilan ? Des idées à partager ?

Un apéro

Ils ont la soixantaine, une fille de mon âge qui habite loin qu’ils vont voir de temps en temps et dont ils parlent beaucoup. Après échange de bonjours, de légumes du jardin, apéro chez nous, nous sommes allés chez eux.
Nos voisins d’en face.

Ils auront tenu jusque là, et même jusqu’à la fin de la soirée, avant de poser la question qui brûle les lèvres de toute personne qui fait connaissance avec nous. Pensez donc, un couple marié depuis plusieurs années, 30 et 40 ans (bientôt), propriétaires, madame qui bosse dans la petite enfance…

D’ailleurs sans doute n’ont-ils pas osé poser la question avant parce que, finalement, cette description de nous suffit à mettre la puce à l’oreille…

… autant que d’être un couple de retraités avec un enfant unique centre de toute leur attention et de toutes leurs discussions.

Des années de souffrance, de doute, de découragement, quatre fausses-couches tardives – « des garçons » – avant le miracle, leur fille.

On n’oublie pas. On n’oublie pas qu’on a accouché et séjourné à l’hôpital au milieu des mères « normales » avec leurs enfants vivants, on n’oublie pas la souffrance de voir les autres fonder famille autour de soi et de rester soi sur le quai, on n’oublie pas les années de désespoir. Mais un jour ils ont pu se retourner sur tout ça et se dire « ça y est ».

« Après il y a les soucis : les nuits, l’école, l’adolescence, payer les études… » mais les soucis ils les racontaient avec le sourire, parce que finalement, avoir ces soucis, ça veut dire qu’on l’a eu cet enfant.

Et les enfants ?

Nous sommes tonton et tata de 8 enfants (bientôt 9).
Souvent je me demande quelle image ils ont de nous, quel genre de tonton/tata sommes nous pour eux, quel degré de conscience ont-ils de notre situation, d’infertiles, de par’anges, en seront-ils marqués ? Et l’adoption, qu’est ce qu’ils en savent, qu’est ce qu’ils en pensent ?

Les plus grands (et je compte un peu parmi eux ma petite sœur qui a dix ans de moins que moi et qui était donc très jeune quand tout ça a commencé) ont grandi avec notre infertilité, avec « Choco et MonChéri » qui faisaient des examens, des FIV, des inséminations… Ils ont grandi en sachant ce qu’était un don de sperme, ils ont vécu ma grossesse et la perte de leur cousin/neveu.
Les « moyens » ne nous aurons même connu que comme ça (j’ai pleuré sur le dernier de ma soeur à un jour de vie à la maternité, c’était juste avant notre 3ème FIV, vous comprenez pourquoi je ne fais plus de visite à la mater depuis…) mais en auront peut être moins de souvenirs. Ils garderont peut être de tout ça surtout le côté « adoption », comme les plus petits, nés après L. , qui n’ont pas encore conscience de tout ça.

Quelle influence tout cela aura-t-il sur leur vie future ? Quelle vision de la maternité, de la parentalité ?

La situation n’a jamais été tabou, grands comme petits ont entendu, entendent, les discussions. Jusqu’à présent tous devaient sentir combien la situation était douloureuse et ils ne nous posaient pas de questions à nous (aux parents la charge de répondre ensuite) mais avec l’adoption, l’espoir et la projection qu’elle apporte, le sujet se fait moins pesant et les langues commencent à se délier. C’est encore timide, j’attends la suite avec impatience (même si, vous le verrez, ce n’est pas toujours très heureux) !

Pour les grands de ma soeur, ça sera tout simplement « trop cool » quand le cousin ou la cousine sera là, ils ont déjà bien pris conscience que cet enfant arrivera avec son histoire, que s’il arrive jusqu’à nous c’est qu’il y aura eu une rupture en amont. Le troisième de six ans a fait un peu de « géographie » cet été avec ma mère et est fasciné par l’idée que notre enfant pourrait arriver du bout du monde. La notion de temps (et surtout l’incertitude du « quand » ) est difficile à appréhender.

Difficile aussi cette notion de temps pour la nièce de MonChéri qui a le même âge, mais de son côté, sa grande inquiétude, c’est surtout la couleur (les autres s’en tapent complètement que leur cousin soit noir, vert ou bleu) :
« Mais elle va avoir la peau marron ? Moi je n’aime pas, je préfère la peau beige ! Pourquoi vous prenez un enfant avec la peau marron ? » (notez que pour elle ce sera une fille).
Oh je ne m’inquiète pas, les mots qui sortent de sa bouche ne sont que ceux de sa grand-mère (dont on connaît déjà bien les idées sur ce point), quand la demoiselle aura un cousin ou une cousine avec qui jouer elle oubliera bien vite la couleur. Mais en attendant on en discute et on montre des photos (tant à la petite qu’à la grand mère d’ailleurs).


Sinon j’ai eu des nouvelles de l’OAA, rien de neuf, ni en bien ni en mal (ce qui est déjà en soi une bonne nouvelle). Le deuxième adoption de l’année (habituelle mais qui ne peut pas être considérée comme systématique) n’a donc pas (encore) eu lieu (essaie de bien vivre la fin d’année avec ça).

Nous avons été tenté par l’appel à dossiers de l’AFA pour le Togo (si ça vous intéresse dépêchez-vous, il faut envoyer le courrier demain) mais, après réflexion, on s’est dit qu’on était déjà bien chanceux avec nos trois dossiers en attente et que s’éparpiller de la sorte ne serait pas forcément une bonne idée. Notre soucis principal maintenant c’est l’attente, pas de trouver des pistes…

Encore une rentrée

J’ai repris le boulot depuis deux semaines, et tout va bien.

C’est peut être même la rentrée la plus sereine que j’ai jamais vécue.

Je me prends à apprécier cette fin d’été, ce moment où les journées ensoleillées et chaudes permettent encore un verre en terrasse mais qu’une fraîcheur vivifiante vous cueille le matin et vous pousse le soir à rejoindre la couverture du canapé, tout contre l’homme.

Quand je repense à toutes mes rentrées d’écolière, à la boule au ventre, à l’impression d’aller l’abattoir… et que je compare avec cette rentrée, je remercie la Vie d’être devenue adulte et libre de mes choix (l’enfant que j’étais et qui a longtemps attendu ce moment pousse un soupir d’aise). Et je remercie ma psy aussi, parce qu’il m’a fallu cette thérapie l’année dernière pour finir de poser les armes.

Poser les armes et quitter l’immobilisme. Vivre autrement que figée. Prendre du temps (vous ne ferez jamais de moi une hyperactive non plus) mais être aussi en action. Faire. Vivre.

Revers de la médaille : quand on quitte l’immobilisme alors qu’on est aussi « en attente de… » c’est légèrement frustrant. Je crois que MonChéri aimerait bien qu’on ait un enfant avant que je m’attaque malencontreusement à un mur porteur (et moi j’aimerais qu’on en ait un avant qu’il dilapide notre compte en banque dans l’achat de doudous).

Je crois que c’est ce qu’aurait pu contenir, entre autre, le mail que j’ai écrit à notre OAA dimanche dernier si je n’avais pas choisi d’en faire une version non déespérée zen.
Depuis j’ai une légère crispation du doigt sur le bouton d’actualisation de ma boite mail, mais pas (encore) de réponse…

Fin des vacances

Nos 15 jours d’escapade sont terminés, MonChéri a repris le boulot, moi il me reste encore quelques jours.
Le retour n’a pas été si difficile, sans doute l’effet nouvelle maison, maison que j’ai eu plaisir à retrouver. Nous peaufinons l’aménagement intérieur et commençons l’extérieur, c’est dire si on a bien avancé !

Durant toutes les vacances, notre futur enfant a été plus que présent dans notre esprit : « Il faudra revenir ici quand il ou elle(*) sera là, refaire ça et ça… on ira dans un camping avec piscine… on fera des châteaux de sable ! « .
J’ai « perdu » plus d’une fois MonChéri dans les rayons enfants des magasins, je dois même le raisonner : doudous, coffres à jouets, décorations de chambre (…) lui font de l’œil, rassurez-vous je ne le brime pas non plus, nous sommes revenus avec des jeux !

Oui ces vacances ressemblaient à des « dernières vacances sans enfants » , et pourtant… et pourtant… loin de nous les certitudes.

A la rentrée j’enverrais un mail à notre OAA, savoir si ça a bougé.

Autour de nous les accouchements ont commencé. Un garçon hier, une fille aujourd’hui, personne ne nous a « piqué » de prénom, tout va bien (juste un peu ri jaune face au message qui dit que « mes parents m’ont attendu très très longtemps » quand je sais que ce n’est absolument pas le cas, mais je crois que là ça évoque plutôt la longueur de l’accouchement).
Du côté de mon frère ce sera un garçon. J’ai eu un peu de mal à encaisser au départ – de nous deux, à la base, c’est moi qui devait avoir le garçon – mais c’est passé.

(*) Avec MonChéri on se taquine, l’un disant que ça sera une fille, l’autre un garçon. En vrai on s’en fout, mais ça fait du bien aussi de jouer à ce jeu là…
Même que parfois on en parle en le/la nommant par un prénom potentiel…
Et j’ai aussi une terrible tendance à calculer ma « dpa » (ou devrais-je dire « dpd » date prévue de départ et « dpr » : date prévue de retour) : « si on nous appelle maintenant ou à tel moment, on partirait vers telle date et on reviendrait vers telle date ».

Une « grossesse » comme les autres… à quelques détails près.

La loi des séries

8.

C’est le nombre de bébés à naître dans notre entourage entre maintenant et février prochain. Nous avons eu deux annonces supplémentaires depuis mon frère. Des cousins, des cousines, qui viennent s’ajouter aux autres cousins et aux collègues…

Tout le monde nous annonce ces grossesses avec une tête d’enterrement, tout le monde appréhende notre réaction, mais il se trouve que les annonces ne me font plus grand chose. Pas rien. Mais plus grand chose, et à chaque fois je me dis surtout que ça fera un cousin ou une cousine de plus pour jouer avec notre enfant, et ça c’est cool.

Ce qui passe moins ce sont les discussions autour de la grossesse. Je ne veux que les réponses à mes questions, si j’en pose, surtout pas plus, surtout pas les discussions entre femmes enceintes, surtout pas la fierté de l’entourage, surtout pas les longues plaintes sur les petits maux de la grossesse, surtout pas les récits des moments merveilleux avec les yeux qui pétillent…

Parce que ça me ramène trop à celle que j’ai vécu.

Et parce que ma frustration est énorme de ne pas avoir moi aussi mille choses à raconter sur notre « grossesse adoptive ». Nous n’avons pas d’échographie tous les mois et autres « symptômes » ou bébé qui bouge nous, au mieux avons nous une ou deux informations « croustillantes » tous les six mois que l’on rabâche jusqu’à la suivante, et les quelques préparatifs et projections qu’on s’accorde à faire nous cause autant d’angoisse (peur que ce soit vain) que de plaisir.
Oui c’est en ça que je les envie. La projection sereine, l’enthousiasme général, le partage…

J’ai bien essayé le « si ça se trouve ce sont nos dernières vacances d’été à deux » mais j’avais trop peur d’y croire alors j’ai laissé tombé.
Je continue juste à faire des appels du pied à MonChéri pour qu’il comprenne que quand je dis que je veux partir pour les fêtes c’est qu’il FAUT que l’on parte pour les fêtes, rapport au deuxième paragraphe de cet article…

A me relire je trouve cet article bien morose, rassurez vous ce n’est pas du tout mon état d’esprit du moment, je profite des vacances, je profite du soleil, de la famille, de MonChéri, et de savoir que côté boulot je suis tranquille pour quelques temps. Pour le reste « on avance un peu plus chaque jour » comme dit si bien MonChéri !

J’avais raison

Mon intuition était bonne, mon frère et ma belle-soeur sont bien venus annoncer une grossesse.
Et on a mieux réagi que ce que je craignais.
En espérant que ça n’arrive pas à retardement…
Je crois que l’espoir qu’on soit appelé avant la naissance me porte.
Mais si ce n’est pas le cas d’ici Noël je pense qu’on s’éclipsera pour les fêtes… Plus facile pour tout le monde.

Pour le moment le plus dur va être de tenir ma langue jusqu’à l’annonce officielle (parce que ma BS sait que dans ces cas là je préfère savoir avant l’annonce « en fanfare » ) alors que j’avais dit mes doutes à ma soeur et à mes amies (qui connaissent mon frère et ma BS) qui ne manquent pas déjà de me poser la question…