Programme intense, nuits blanches et évidence

Après la journée avec notre OAA dimanche, nous avons continué sur cet élan avec le rdv avec l’assistante sociale du service adoption du département.
J’appréhendais ce rdv depuis celui en demi-teinte de l’année passée, je m’en étais fait des montagnes… pour rien. Tout s’est merveilleusement bien passé.
Il faut dire qu’on était encore (qu’on est encore, j’ai pas hâte de retrouver le creux de la vague, en revanche je ne suis pas contre retrouver le sommeil, je ne dors plus !) dans l’euphorie du « tenez-vous prêts » de la veille. Nous en avons évidemment parlé et elle était ravie pour nous, la discussion a donc beaucoup, et joyeusement, tourné autour de l’intense attente à venir, du voyage, de la rencontre, de l’apprentissage de la parentalité… 

OAA… Conseil départemental… Il ne manquait que…
Eh oui, hier c’était aussi soirée EFA autour du film « Pupille ». Et ce film est incroyable ! D’une justesse, d’un réalisme, dingue. En pas tout à fait deux heures il aborde vraiment tout ce qui touche à l’adoption, sans fausse note.

J’étais là, dans cette salle, en train de regarder ce film incroyable, au côté de MonChéri, entourés de ces gens avec lesquels nous avons tissé des liens uniques, parce qu’ils sont, ou ont été, « nous » et que nous sommes, et seront, « eux », et, moi qui me suis souvent sentie et me sens si souvent en décalage, je me sentais juste… à ma place.

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5 ans, douleur et espoir

Hier soir, tard, yeux grands ouverts dans mon lit, je me suis dit qu’il fallait que je me fasse une raison : les nuits du 8 au 9 décembre ne seront jamais bonnes. Comme cinq ans plus tôt j’ai donc peu dormi.
Je me suis levée avant le réveil, quand je suis sortie de la douche il était 08h08, alors j’ai souri, puis j’ai pleuré.
Je n’ai pas avalé grand chose au petit dej, on s’est préparé (j’ai enfilé cette robe-pull noire que je portais en début de grossesse et que j’aime tant, juste pour les bons souvenirs) et on est parti. Il fallait que le Noël de notre OAA tombe ce jour-là…

Et quelle bénédiction ! Je n’ai pas eu le temps de penser à ma douleur tant cette journée a été intense et riche en informations. Les derniers adoptants (adorables) étaient là, avec leur merveilleuse petite fille, et ils ont répondu à toutes nos questions et nous ont donné un milliard de conseils.
« Alors c’est vous les prochains ?! » Si seulement, si seulement, on espère, on espère tant…
« Tenez-vous prêts » rien n’est sûr : troubles politiques et élections à venir, mais peut être que les adoptions ne seront pas impactées, d’ailleurs un autre couple vient de partir, pour un enfant plus grand, mais malgré tout « Tenez vous prêts, il ne faudrait pas que vous soyez surpris, voire paniqués si on vous appelle, comme certains pour qui l’attente rend tout tellement abstrait qu’ils sont pris de cours quand ça arrive ! ».
On est prêts, tout est prêt. Alors prions pour un gouvernement sympa tout là-bas, pour que tout ça ne soit pas faux espoir, pour ne pas avoir rendez-vous avec la petite cuillère qui ramasse, trouvons le juste équilibre entre espoir et raison, voire protection…

5 ans sans notre fils et une « drôle » de journée, entre douleur diffuse et espoir qui infuse.

Mon tout petit, mon petit L., j’aime à croire que tu nous aides. Je t’aime. Tu me manques… 

Fous

(Merci à toutes pour vos petits messages sous mon dernier article, j’en ai été très touchée)

Je dois vous faire une confession : nous n’avons jamais voyagé.

Enfin pas des voyages qui comptent vraiment.
A 8 ans j’ai pris l’avion pour aller en Grèce (zéro souvenirs, ou presque), puis j’ai fait quelques voyages scolaires au collège et au lycée, dans des pays frontalier uniquement. MonChéri pire encore, il a juste traversé des frontières quelques heures pour aller voir un match de foot, un concert, ou visiter une grande ville. Rien de bien palpitant, rien qui ressemble à l’aventure, rien de dépaysant.

Aussi quand MonChéri l’autre jour m’a dit « j’ai peur » je l’ai d’abord mal compris, avant de réaliser que ce « j’ai peur » était le même que le mien.
Pensez donc : prendre l’avion, partir 1 mois et demi – 2 mois, à l’autre bout du monde, plongés dans une culture très différente, et pas pour des vacances… quand on a jamais voyagé, ça fout les chocottes !

Oui mais des chocottes qui vous font aussi frémir d’excitation ! « The travel of our life » qu’il a dit MonChéri (avec un mauvais accent) (on regarde ardemment des séries en VO sous titrée pour se préparer, ça ne remplace pas des cours mais ça reste plutôt efficace). Après tout nous ne sommes pas les premiers à qui ça arrive, et l’avantage de passer par un OAA c’est qu’on sait qu’on sera accompagné de A à Z là bas.

Mille questions déjà traitées mille fois resurgissent : Vais je l’aimer ? Et si je le/la trouve moche (si si ça perturbe beaucoup l’homme) ? Va t-on s’en sortir financièrement ? Notre couple est-il assez solide ? Saurais-je prendre ma place de mère/père ? Et si il/elle nous rejette ? Saurais-je faire face aux difficultés dans un lieu à des milliers de km de notre chez nous, coupés de nos proches, de nos repères ?
Mille fois on dédramatise, on s’appuie sur les témoignages, les conseils, nos lectures (…) et on jette un œil à notre compte épargne (ça vaaaa on est laaaaaaarge).

Oui on se prépare et j’ai beau me répéter que les conflits politiques en cours pourraient fort bien bloquer les adoptions un bon moment, j’ai quand même envie de nous croire chanceux. Et tant pis si ce sont de faux espoirs, tant pis si l’année prochaine à la même date (ou dans deux semaines selon les nouvelles que nous récolterons) il faut me ramasser à la petite cuillère.

Après tout ce que nous avons vécu, l’espoir peut-il être autrement que fou ?

La douleur

Elle aura mis du temps à arriver, je ne m’en plains pas. Chaque année elle me laisse un peu plus respirer. Mais chaque année elle reviendra.

Hier soir chape de plombs sur mes épaules, aujourd’hui ça va un peu mieux, mais quoiqu’il en soit le 9 décembre approche.
Il y a cinq ans j’y croyais encore, je me disais qu’ils ne trouveraient rien à l’amniocentèse, que toutes ces petites choses que nous voyions aux échographies ne seraient que de simples particularités, qu’après tout si nous faisions passer des IRM du cerveau à tout le monde on trouverait chez certains de telles petites particularités sans conséquences. Mais ils ont trouvé.
Il y a cinq ans nous allions vivre les pires instants de notre vie.

Quelles conséquences aujourd’hui ? Qu’est ce qui a changé ? Je crois que ce serait trop long à énumérer, tout mon être a été remanié. Je le disais d’ailleurs à l’époque, quand il a fallu se reconstruire : « quitte à être détruite, autant aller au bout des choses, finir de tout casser, pour pouvoir se reconstruire entièrement sur des bases saines ». J’y suis allée à la masse, dans mes angoisses les plus lourdes et les plus secrètes, j’ai jeté des pavés dans les mares, soulevé des secrets de famille…

Aujourd’hui j’ai cette sensation paradoxale, celle d’être invincible autour d’une faille terrible. Achille et son talon, Superman et sa kryptonite, au choix.

Invincible, j’ai survécu, je me suis relevée, je me suis reconstruite, je suis solide… après ça je n’ai plus peur de grand chose, je me sais capable d’affronter des épreuves terribles (bon soyons honnête j’aimerai quand même éviter de revivre l’horreur quelle qu’en soit la forme et en écrivant ça je touche frénétiquement du bois), après ça les petit tracas de la vie n’ont plus la même emprise. Oui invincible, les pieds bien ancrés au sol contre vents et marées, je ne dis pas que tout va bien toujours mais je m’accroche et je rebondis, je sais que j’ai les ressources pour affronter les difficultés, je me connais, je connais aussi mes limites et les moments où j’ai besoin d’aide et, ça peut paraître étrange, mais savoir demander de l’aide c’est aussi une force. Je sais que je suis capable.

Fragile parce que mon fils est mort, pour le restant de mes jours il y aura ce manque, pour le restant de mes jours je serai une maman endeuillée, parce que ce pan de ma vie ne disparaîtra jamais, il a existé, je l’ai vécu.
Fragile parce que je vois bien que cette épreuve m’a marqué au fer rouge, qu’aujourd’hui je sais la fragilité de la vie, qu’aujourd’hui me projeter, anticiper, reste parfois difficile. J’ai regagné pas mal de notion du temps (sans réfléchir j’arrive à me situer dans le temps, à dire à quelle saison et généralement quel mois nous sommes, oui oui, c’est quelque chose que j’avais perdu) mais demandez moi ce que j’ai de prévu aux prochaines vacances voire le weekend prochain je vous répondrais « houla mais c’est loin ça ». Qui sait où il sera demain ?
Oui tout ça peut avoir des côtés positifs, connaître la fragilité de la vie c’est mieux en profiter, ne pas anticiper c’est vivre au jour le jour, souvent c’est une force, parfois c’est un handicap ou tout du moins une différence, et c’est dans ces moments de la vie de tous les jours qu’on se souvient pourquoi, pourquoi on ne sait plus, pourquoi on se sent en décalage.

Mon fils est là, tous les jours, et sa mort aussi. Ma souffrance s’envole avec le temps, mais les souvenirs restent…

Atteeeeendre + edit

Voilà, j’ai atteint le stade où même les annonces d’adoption me plombe un peu. Un an en arrière, quand une amie m’a dit « j’espère qu’on aura nos enfants en même temps sinon, il faut bien être honnête, y’en aura une qui aura les boules » j’ai pensé « maiiiiiis non, moi jamaiiiiis ! ».

Je ne suis pas meilleure qu’une autre donc.

Parce qu’une fois que toute ta famille et que (presque) tous tes amis ont procréé, t’es bien content d’avoir tes potes de galère à qui tu peux proposer n’importe quoi n’importe quand parce qu’ils n’ont personne d’autre qu’eux à coucher le soir même et à lever le lendemain matin (et aucune parentalité avec laquelle te « narguer » ), et face à qui tu ne te sens pas en décalage. Alors quand tes potes de galère quittent la galère t’es heureux pour eux, mais, à nouveau, toi, tu te retrouves seeeeeeuuuuul.

Si t’ajoutes à ça des rumeurs d’adoptions qui ralentissent ici, d’un gouvernement changeant qui bloque tout là…
Ambiance.

Si, il y a le délai pour un pupille qui a l’air d’avoir réduit depuis le début de nos démarches, il ne nous resterait « que »… trois ans à attendre. Youhou… Quand je vois à quel point je subis déjà cette attente, trois ans de plus me paraissent être la promesse de l’enfer. MonChéri reste égal à lui même, je crois que lui s’était déjà mis en tête un délai très très long quand, moi, je nous espère encore chanceux.

Ce temps et cette énergie passé(e)s à attendre me paraissent un gâchis monumental, on les perd au moment où il faudrait à l’inverse en stocker, parce qu’on sait bien que nous ne sommes qu’en salle d’attente, que l’aventure ce n’est pas ça, c’est l’après…

Rassurez-vous, « demain » l’espoir reviendra, comme il revient toujours. Aujourd’hui le temps, mes règles, la période (on en parle de novembre, de décembre, des fêtes de fin d’années ?) …

Edit : parfois l’espoir n’attend pas demain et les articles ont des effets magiques… des nouvelles de notre OAA, encore une place de gagnée, l’espérée deuxième adoption de l’année dans le pays A a eu lieu. Là, ça frétille carrément du cerveau !!

Rêve, encore

Notre OAA nous avait convoqués, nous, et tous les autres couples en attente. Après divers entretiens et épreuves incongrues il n’en resta plus que deux, nous et un autre, à qui on annonça le Graal.
Pour eux je ne sais pas, pour nous un petit garçon de trois ans dans le pays A.
Ivres de bonheur, entre deux rivières de larmes d’émotion, on parla organisation du voyage, date de départ, consignes diverses… Puis l’OAA nous libéra et vint le moment de rendre tout cela encore plus concret en le clamant haut et fort et, alors que je me demandais comment nous allions annoncer la bonne nouvelle à nos proches, je me suis réveillée.

Mange toi ça.

J’ai bien essayé de replonger dans ce rêve si doux mais je n’ai pas réussi, emportée par des milliers de questions et de projections :
Comment l’annonce va t-elle se passer ? Vont-ils d’abord envoyer un mail ? Vont-ils appeler directement ? Qui ? La secrétaire avec le numéro enregistré sur mon téléphone ou le président, la médecin, avec un numéro inconnu ?
Comment l’annoncera-t-on ? Appellera-t-on dans la foulée toute la famille ? Saurons-nous le garder pour nous le temps de faire une annonce de vive voix ? Avec quels mots ? Et si on se la jouait plus « sournois » (ouais carrément ouais), envoyer une photo, juste une photo, et attendre de voir qui osera penser, y croire, et demander tremblant la confirmation… (j’ai tellement adoré annoncer ma grossesse avec des mises en scènes diverses et variées, j’ai hâte de revivre ces moments d’intensité, d’autant qu’ils le seront au centuple je crois)

A ceux qui l’ont vécu, comment l’avez-vous annoncé à vos proches ?

Comment ne pas se projeter quand, autour de nous, cette année, cinq couples que nous connaissons ont été appelés, majoritairement pour des pupilles, et un autre se tient prêt, tout prêt, parce qu’ils se savent près, tout près, du but ?

Bien sûr ils avaient de l’avance sur nous, il faut plus de cinq ans d’attente pour un pupille et, nous, nous avançons doucement vers le troisième anniversaire de notre agrément. Mais moi c’est le bout du monde que j’espère, et je mise sans doute un peu trop sur 2019…
Vivement des nouvelles fraîches, encore un bon mois à attendre avant le repas de Noël de notre OAA.

La peau de l’ours avant les bœufs

Sont-ce toutes les grossesses qui m’entourent ? Les souvenirs qui reviennent en surface en cette période de « il y a cinq ans » ? La saison 8 de FRIENDS qu’on est en train de re-re-regarder ?
Toujours est-il que, parfois, ces temps ci, je me dis « ah c’était bien… si je pouvais être enceinte là, me caresser le ventre, sentir mon bébé bouger… »

Et puis je me souviens de ce par quoi il faudrait en passer pour l’être. Hors de question.

Puis je vais plus loin et je me rappelle de ce que peut être une grossesse. L’angoisse.

Et surtout je sais qu’un enfant biologique maintenant nous demanderait de repousser, au risque surtout de devoir renoncer, [à] l’arrivée de cet enfant d’ailleurs qu’on attend de toutes nos tripes, qui habite notre esprit à chaque seconde et qui fait déjà partie de notre quotidien.
Impossible.
Inimaginable.

Alors je me demande si j’en aurais envie après. Pas sûr. Tout emportés par ce tourbillon de vie, après des années à deux rien qu’à deux, aura-t-on envie d’un tourbillon supplémentaire ? Et si notre aîné le vivait mal ? Et si, et si… ?
Le fait d’avoir déjà un enfant me rendrait-il moins horrible un retour en PMA ? Pas sûr. Sous quelles conditions ? Mon corps lui a déjà tant subi, tant ingéré… ne serai-ce pas risqué ? Serais-je prête à prendre le risque d’une grossesse ?
Et une seconde adoption ? Aura-t-on l’envie, l’énergie… la possibilité ?

C’est étrange ces questions qui resurgissent alors que j’étais certaine, depuis des années, qu’après un tel parcours notre enfant serait unique. D’autant que je sais que seul le temps et le vécu pourra répondre à mes questions. Et puis je parle de moi mais MonChéri, lui, qu’en pensera-t-il ?

Le problème, au fond, n’est-il pas d’être à la veille de mes trente ans (je trouve ça presque indécent de vous dire que je n’ai que, bientôt, trente ans, même si ça n’en fait pas moins de dix ans, bientôt, qu’on attend) et de me dire que quand cet enfant arrivera je serai encore jeune et qu’il me faudrait alors, jeune, laisser la maternité (dans le sens de l’agrandissement de la famille, de l’attente d’un enfant) derrière moi ?

Ou bien est-ce de l’envie, de la jalousie, envers ceux qui ont le choix ou la possibilité de tout ? Ceux qui n’ont pas toutes ces questions à se poser, toutes ces épreuves à traverser pour avoir un enfant. Maintenant, plus tard, peu importe, pour eux tout est possible, et entre l’envie et la réalisation il ne se passe que quelques mois… Oh oui parfois j’envie tellement cette simplicité.

Un condensé de ça dans une nouvelle réminiscence de la famille n*tella ?

Ou juste le manque de mon fils dans mon ventre ?

Ou un peu de tout…

Alors il ne me reste qu’à attendre. Attendre notre enfant et les réponses à mes questions. Attendre et combler, pour arrêter de me triturer l’esprit avec des questions épuisantes. Combler et se dire que si on change d’avis, il y a trois chambres dans cette maison et un grand sous-sol aménageable.

 

Le point écolo

Pour se donner du courage quand le monde ne tourne plus rond, pour se dire qu’on aura fait ce qu’il faut, notre part, pour que nos prochains objectifs soient notés, pour les rendre plus concrets…

Se nourrir :

  • La majorité de ce que nous mangeons maintenant est bio, nous avons chaque semaine notre panier de légumes de l’amap, nous faisons attention à la provenance du reste, nous faisons attention aux étiquettes : on élimine au maximum les additifs, nous cuisinons beaucoup pour éviter les produits industriels.
  • Nous n’achetons plus de viande (ou très très occasionnellement pour des plats précis ou repas de famille) mais on ne s’en prive pas forcément en dehors de chez nous, nous consommons très peu de produits laitiers (bon j’ai été forcée au départ pour des raisons de santé, je pleure encore parfois intérieurement devant du fromage, mais j’y arrive).
  • Un jour peut être on aura un petit potager, et des poules.

Consommer :

  • Nous tendons de plus en plus vers le minimalisme, nous n’avons cessé de nous désencombrer depuis le déménagement, ces dernières semaines nous avons atteint un pic. On s’allège et on essaie de consommer de façon raisonnée.
  • Ce que nous n’arrivons pas à faire, et ça m’énerve, c’est à acheter éco-responsable quand il s’agit de mobilier, de vêtements, chaussures, ou même bricolage, rénovation, peintures… Parce que le budget n’est pas le même, parce que MonChéri « craint » l’occasion si ça vient d’inconnus (il a été élevé par une mère trèèèèèèèèèèèèèèèèès maniaque). Il n’y a que pour mes vêtements que j’arrive à faire de la récup.
  • Par contre pour notre enfant tout est déjà de la récup, nous avons déjà tout ou presque et je compte bien continuer sur la voie de l’occasion et de la qualité (je suis en train d’essayer de faire comprendre à ma mère que nous ne voulons pas que la chambre de notre enfant se transforme en immense bazar de plastiques bruyants mais c’est pas gagné).
  • Gros point noir : notre chaudière est au fioul et malheureusement nous n’aurons pas tout de suite le budget pour la changer… En attendant on se sert pas mal du poêle à bois, on a changé les fenêtres pour une meilleure isolation et on devrait refaire l’isolation des combles assez rapidement.

Les déchets :

  • Notre biocoop a considérablement agrandi son rayon vrac cet été, l’étape en cours c’est donc le passage au vrac pour le plus de choses possible (aliments secs, pastilles pour lave-vaisselle…).
  • Pour les rares choses que nous achetons en supermarché, nous évitons au maximum les produits sur-emballés.
  • Autre étape en cours : diminuer notre consommation de papier toilette en confectionnant, à partir de vieilles serviettes éponges, des lingettes lavables « petite commission ». Et remplacer nos éponges par des lavettes lavables.
  • Nous faisons le ménage avec des carrés en microfibres.
  • A table nous avons des serviettes en tissus.
  • Notre point noir : nous n’arrivons pas à nous passer d’essuie-tout jetable pour une raison précise : quand il faut nettoyer le vomi du chat (du moins MonChéri n’y arrive pas, et comme en cas de salissures ou de réveils nocturnes c’est SON chat et MES chiennes…) (il est perdant ^^ )
  • Je suis passé à la cup il y a des années.
  • Prochaine étape : essayer le shampoing solide pour ne plus avoir de bouteille à jeter (nous sommes déjà passé au savon pour nous laver).
  • Autre prochaine étape : refaire un compost. Nous en avions un dans l’ancienne maison mais n’avons toujours pas pris le temps d’en fabriquer un ici, quand je vois la quantité d’épluchures et autres que nous jetons, ça me fait vraiment râler.

Hygiène :

  • Douches rapides la très grande majorité du temps, d’ailleurs nous récupérons l’eau « de réglage » dans un seau qui nous sert ensuite pour la chasse d’eau, arroser les plantes…
  • Je ne me maquille jamais et je ne l’ai jamais fait, je ne mets pas de vernis à ongles, je ne me teins pas les cheveux (que je coupe moi même d’ailleurs) etc. C’est autant de produits chimiques, de bazar, de dépenses et de déchets en moins… (je ne mets plus de soutifs depuis des années aussi, et ça croyez moi c’est la liberté ^^ ).
  • Mon déo c’est du bicarbonate, et c’est tout.
  • La liste de mes produits ménagers est simple : vinaigre blanc, bicarbonate, savon noir et, occasionnellement, cristaux de soude.
  • Je fabrique ma lessive, moitié lessive à la cendre, moitié lessive au savon de Marseille.
  • Seuls pastilles pour lave vaisselle et liquide vaisselle ne sont pas fait maison, mais ils sont de marques « vertes » et en vrac pour au moins l’un des deux (sachant qu’un flacon de liquide vaisselle me fait plusieurs années j’ai pas encore eu vraiment l’occasion de me pencher dessus, le dernier que j’ai acheté c’était en plein déménagement, c’était pas le moment de chercher autre chose).
  • Ah si, un point noir quand même : notre dentifrice et nos brosses à dents sont de marque « lambda » de supermarché. Prochaine étape donc, quand on aura fini notre incroyable stock, changer tout ça !
  • Et puis un jour peut être on passera aux mouchoirs en tissus (on en a en plus, des vieux à Monchéri), mais c’est pas encore fait…

Se déplacer :

  • MonChéri depuis le déménagement peut aller à la gare à pied. Il ne prend la voiture pour aller bosser que le samedi (aussi adorerais-je que nous nous débarrassions de l’une des deux, mais il n’y est pas encore prêt).
  • Depuis le déménagement toujours, nous pouvons tout faire à pied ou à vélo (c’était aussi le but du déménagement) (bon dans la pratique quand je fais des petites courses c’est souvent en rentrant du boulot donc pas à pied, mais je ne prend pas la voiture exprès pour).
  • Un jour, c’est décidé, soit je trouve du boulot à côté de la maison, soit je bosse chez moi. Quand je vois l’essence que je consomme et le prix que ça coûte… (mais pour le moment il est peut être question que je reste plus longtemps là où je suis actuellement, ma responsable me l’ayant proposé en connaissance de cause « je ne cherche que du provisoire, le jour où mon téléphone sonne je décolle et je ne reviens pas » alors que demander de plus !)

Voilà je crois que j’ai fait le tour. Nous sommes loin d’être parfaits mais petit à petit on fait tout pour réduire notre impact sur l’environnement…

Et vous alors, un petit bilan ? Des idées à partager ?

Un apéro

Ils ont la soixantaine, une fille de mon âge qui habite loin qu’ils vont voir de temps en temps et dont ils parlent beaucoup. Après échange de bonjours, de légumes du jardin, apéro chez nous, nous sommes allés chez eux.
Nos voisins d’en face.

Ils auront tenu jusque là, et même jusqu’à la fin de la soirée, avant de poser la question qui brûle les lèvres de toute personne qui fait connaissance avec nous. Pensez donc, un couple marié depuis plusieurs années, 30 et 40 ans (bientôt), propriétaires, madame qui bosse dans la petite enfance…

D’ailleurs sans doute n’ont-ils pas osé poser la question avant parce que, finalement, cette description de nous suffit à mettre la puce à l’oreille…

… autant que d’être un couple de retraités avec un enfant unique centre de toute leur attention et de toutes leurs discussions.

Des années de souffrance, de doute, de découragement, quatre fausses-couches tardives – « des garçons » – avant le miracle, leur fille.

On n’oublie pas. On n’oublie pas qu’on a accouché et séjourné à l’hôpital au milieu des mères « normales » avec leurs enfants vivants, on n’oublie pas la souffrance de voir les autres fonder famille autour de soi et de rester soi sur le quai, on n’oublie pas les années de désespoir. Mais un jour ils ont pu se retourner sur tout ça et se dire « ça y est ».

« Après il y a les soucis : les nuits, l’école, l’adolescence, payer les études… » mais les soucis ils les racontaient avec le sourire, parce que finalement, avoir ces soucis, ça veut dire qu’on l’a eu cet enfant.

Et les enfants ?

Nous sommes tonton et tata de 8 enfants (bientôt 9).
Souvent je me demande quelle image ils ont de nous, quel genre de tonton/tata sommes nous pour eux, quel degré de conscience ont-ils de notre situation, d’infertiles, de par’anges, en seront-ils marqués ? Et l’adoption, qu’est ce qu’ils en savent, qu’est ce qu’ils en pensent ?

Les plus grands (et je compte un peu parmi eux ma petite sœur qui a dix ans de moins que moi et qui était donc très jeune quand tout ça a commencé) ont grandi avec notre infertilité, avec « Choco et MonChéri » qui faisaient des examens, des FIV, des inséminations… Ils ont grandi en sachant ce qu’était un don de sperme, ils ont vécu ma grossesse et la perte de leur cousin/neveu.
Les « moyens » ne nous aurons même connu que comme ça (j’ai pleuré sur le dernier de ma soeur à un jour de vie à la maternité, c’était juste avant notre 3ème FIV, vous comprenez pourquoi je ne fais plus de visite à la mater depuis…) mais en auront peut être moins de souvenirs. Ils garderont peut être de tout ça surtout le côté « adoption », comme les plus petits, nés après L. , qui n’ont pas encore conscience de tout ça.

Quelle influence tout cela aura-t-il sur leur vie future ? Quelle vision de la maternité, de la parentalité ?

La situation n’a jamais été tabou, grands comme petits ont entendu, entendent, les discussions. Jusqu’à présent tous devaient sentir combien la situation était douloureuse et ils ne nous posaient pas de questions à nous (aux parents la charge de répondre ensuite) mais avec l’adoption, l’espoir et la projection qu’elle apporte, le sujet se fait moins pesant et les langues commencent à se délier. C’est encore timide, j’attends la suite avec impatience (même si, vous le verrez, ce n’est pas toujours très heureux) !

Pour les grands de ma soeur, ça sera tout simplement « trop cool » quand le cousin ou la cousine sera là, ils ont déjà bien pris conscience que cet enfant arrivera avec son histoire, que s’il arrive jusqu’à nous c’est qu’il y aura eu une rupture en amont. Le troisième de six ans a fait un peu de « géographie » cet été avec ma mère et est fasciné par l’idée que notre enfant pourrait arriver du bout du monde. La notion de temps (et surtout l’incertitude du « quand » ) est difficile à appréhender.

Difficile aussi cette notion de temps pour la nièce de MonChéri qui a le même âge, mais de son côté, sa grande inquiétude, c’est surtout la couleur (les autres s’en tapent complètement que leur cousin soit noir, vert ou bleu) :
« Mais elle va avoir la peau marron ? Moi je n’aime pas, je préfère la peau beige ! Pourquoi vous prenez un enfant avec la peau marron ? » (notez que pour elle ce sera une fille).
Oh je ne m’inquiète pas, les mots qui sortent de sa bouche ne sont que ceux de sa grand-mère (dont on connaît déjà bien les idées sur ce point), quand la demoiselle aura un cousin ou une cousine avec qui jouer elle oubliera bien vite la couleur. Mais en attendant on en discute et on montre des photos (tant à la petite qu’à la grand mère d’ailleurs).


Sinon j’ai eu des nouvelles de l’OAA, rien de neuf, ni en bien ni en mal (ce qui est déjà en soi une bonne nouvelle). Le deuxième adoption de l’année (habituelle mais qui ne peut pas être considérée comme systématique) n’a donc pas (encore) eu lieu (essaie de bien vivre la fin d’année avec ça).

Nous avons été tenté par l’appel à dossiers de l’AFA pour le Togo (si ça vous intéresse dépêchez-vous, il faut envoyer le courrier demain) mais, après réflexion, on s’est dit qu’on était déjà bien chanceux avec nos trois dossiers en attente et que s’éparpiller de la sorte ne serait pas forcément une bonne idée. Notre soucis principal maintenant c’est l’attente, pas de trouver des pistes…