10 jours

C’est le temps qu’il aura fallu entre la mise en ligne de l’annonce sur internet et une offre d’achat.

(Comme quoi y’a vraiment qu’en reproduction qu’on n’est pas doués !)

(Peut être qu’on devrait songer à une reconversion professionnelle, on a l’air plutôt bons en vente immobilière.)

Bref, on est contents, contents, contents, on serre malgré tout les fesses (oui c’est glamour) en espérant que tout se déroule parfaitement jusqu’à la vente définitive.

(Enfin quand même, on a trinqué à l’ice tea avec eux, c’est une marque d’engagement solide !)

Ce sont les petits jeunes de l’autre jour et il est franchement troublant de voir combien « eux c’est nous »… mais finalement pas forcément les « nous » d’il y a huit ans. Eux ils sont nous aujourd’hui, à chercher une maison pour un nouveau départ après avoir vécu une épreuve difficile.
Rien de plus n’a été dit. Eux ont peut être déjà compris de quelle épreuve nous parlions, puisqu’il y a chez nous une chambre d’enfant sans enfant. Nous, on ne peut que faire des suppositions… ils sont mariés depuis trois ans et n’ont pas d’enfant (mais ce pourrait bien être autre chose après tout).

Etrange la Vie parfois…

Baptême, racisme, hippies, flash back et avenir… entre autre

Rappelez vous, fin mars ma belle soeur (la soeur de MonChéri) a accouché. Hier nous étions conviés au baptême de la petite.

La veille encore je me disais avec soulagement « jusqu’ici tout va bien ». J’espérais traverser cette journée avec détachement, juste dans le plaisir de passer du bon temps en famille (même s’il faut avouer que la messe n’est pas notre tasse de thé et que la famille de mon beau-beau-frère on s’en passerait bien aussi, vous comprendrez après…), sans douleurs…

Et puis le matin même je me suis réveillée bien perturbée après avoir rêvé que nous avions encore le corps de notre fils dans un carton et que je me baladais partout avec, ne voyant pas l’intérêt de l’enterrer et surtout ne voyant pas où nous pourrions l’enterrer. (si si je vais bien je vous jure).
Puis, en conduisant, flash back : le jour du baptême de l’aînée, 5 ans plus tôt, nous entamions le traitement de notre dernière FIV « intra-couple » avant de passer au don.
Je me souviens des paroles de ma gynéco à qui ont avait dit qu’on ne risquerait pas d’oublier puisque le jour même nous étions de baptême, « ah oui forcément ce genre d’évènement n’aide pas à oublier… ça va aller quand même ? Courage… ».

Bref, la journée n’était pas super bien engagée. Je sentais ma gorge se serrer.

Heureusement le prêtre était sympa, l’ambiance joyeuse, la cérémonie assez brève. Les yeux m’ont parfois piqué mais les larmes n’ont pas coulé.

Puis le repas. Repas classique en présence de la famille du beau-beau-frère : on en était à peine à l’entrée qu’ils ont entamé leurs discussions racistes, sexistes, homophobes […] qui durent tout le long du repas.
Ca, avec MonChéri, on a du mal à comprendre. Ces gens là tous les dimanches ils vont écouter prôner l’amour le respect et la tolérance, disent « amen » , puis à peine sortis de l’église, ils profèrent des horreurs (attention je ne fais pas de généralités, je ne parle là que de cette famille). Nous on n’est pas (du tout) croyants mais on a l’impression d’être de bien meilleurs pratiquants qu’eux… sacré paradoxe !

Un jour on refusera peut être ces invitations, notre gamin n’aura pas à entendre de telles horreurs, à moins qu’on s’en serve comme support pédagogique : « Chéri(e) aujourd’hui on va s’entraîner à ignorer la c*nnerie des gens, ou à leur mettre le nez dedans, qu’est ce que tu préfères ? »

Heureusement on avait une super excuse pour ne pas trop faire durer le plaisir : en fin d’après midi nous avions une « contre-visite ». Un jeune couple venu dans la semaine souhaitait revenir, accompagné du fameux copain/frère/père/oncle (rayer les mentions inutiles) qui s’y connaît qu’on dégaine tous quand on achète une maison, pour mieux regarder, poser plus de question, faire des plans…

Lui avec sa tête de John Lennon, elle très « roots » en jeans et chaussures de rando, des envies d’arbres, de campagne, de verdure, des hippies encore plus hippies que nous… bref de bons « clients » pour cette maison.

Eux, c’est nous il y a huit ans.

Oui je les regardais tourner, projeter, imaginer, parler de ce qu’ils voudraient faire (c’est à dire exactement ce que nous avions pensé mais pas eu le temps de finir… on ne peut pas tout faire d’un coup n’est ce pas ?! D’ailleurs ils ne savent pas combien on leur a prémâché le travail…) et je nous ai revu il y a huit ans quand nous avons visité cette maison et que tout était encore possible.

Où en sont mes désirs, mes envies ? En aménageant ici ma vie personnelle et professionnelle était programmée pour les 20 ans à venir, aujourd’hui je ne vois pas au delà du lendemain et le seul désir qui m’anime encore c’est celui de fonder une famille.
Enfin, le seul non… déménager aussi, justement, pour repartir du bon pied, faire revenir les envies, les projets…

Vivement !

Ca y est !

Pssst… vous savez quoi ?!

La maison là… celle que MonChéri refusait de vendre, ou même d’y penser, il y a à peine plus de six mois… Si, si la maison dans laquelle on vit depuis 7 ans et demi, dans laquelle nous avons traversé beaucoup, beaucoup, beaucoup trop d’épreuves… Mais si voyons je vous saoule à propos de ça depuis… 3 ans ? (oui au passage, joyeux anniversaire mon blog !)

Bah elle est en vente. Depuis ce matin. Et même qu’il y a une visite demain. Et peut être une autre début de semaine prochaine.

On vient de passer notre soirée à ranger, épurer, « home-stager »… Mon beau-père et sa femme sont même venu nous prêter main forte avec deux jours d’avance (on devait faire ça dimanche), puisque MonChéri, bien que s’étant découvert plein de capacités avec une main unique, ne pouvait pas porter les meubles que nous voulions bouger.

[Petite parenthèse « MonChéri » en passant : il est rentré lundi, le moral est bien meilleur, il ne souffre pas trop et, comme je le disais au dessus, se débrouille plutôt bien avec son mono-bras. Par chance j’ai très peu travaillé cette semaine, mais à partir de mardi il va se retrouver beaucoup plus seul… quoique la famille a promis des visites et sorties régulières. Il est en arrêt au moins jusqu’à octobre, le temps va sûrement finir par lui sembler long…]

Allez allez, espérons que cette maison sera vite vendue !

Entre deux fractures…

Je profite d’une nouvelle éclaircie dans notre ciel de connexion pour vous raconter notre éprouvant week-end.

Ce week-end nous devions donner un bon coup de collier pour finir les petits travaux de « mise en beauté » et mettre la maison officiellement en vente, imaginez ma joie !
Mais ça c’était avant. Avant que je reçoive un coup de fil au boulot vendredi à 18h30 : « Bonjour Madame Choco, je suis votre voisine, j’ai votre mari à la maison, il a chuté d’un escabeau et a visiblement une belle fracture au poignet, j’appelle les pompiers. »

Une fracture du poignet c’est pas bien méchant, mais quand même, je me faisais du souci pour MonChéri.
Arrivée aux urgences, je n’ai pas pu le voir tout de suite, ça m’a laissé le temps de prévenir un bout de famille (la mienne, moins angoissée de nature, je ne voulais pas faire paniquer les siens avant de l’avoir vu et de pouvoir les rassurer d’office).
Une grosse demi-heure plus tard je n’étais toujours pas autorisée à le voir, mais là il ne fallait pas abuser, ça faisait deux heures que j’avais eu la voisine puis les pompiers au téléphone mais lui je n’avais pas pu lui parler, j’avais besoin de le voir… la dame de l’accueil a négocié avec le personnel soignant, j’ai pu retrouver MonChéri, en attente dans un couloir blindé d’autres brancards.
Il venait de passer à la radio, souffrait beaucoup, semait de l’herbe et des brindilles autour de lui (il taillait les arbustes quand il est tombé) et son poignet n’était plus du tout dans l’alignement du bras et de la main. C’est là qu’un esprit perturbé, par la douleur et la morphine, peut faire sortir des choses incroyables de sa bouche : « bah, dans une semaine ça sera bon ». Mais bien sûr…

J’ai attendu avec lui que l’interne donne le verdict : opération dans la nuit dès que les urgences plus urgentes seront passées, et je suis partie puisqu’à la base je ne devais pas rester plus de cinq minutes (et que ça faisait une heure), que j’avais faim, et que de toute façon je ne pouvais rien faire de plus pour MonChéri qui allait être shooté pour ne pas trop souffrir en attendant d’être opéré.

Je suis allée manger chez ma soeur, à minuit j’ai appelé l’hôpital pour des nouvelles, il n’était toujours pas au bloc, et je suis allée me coucher. Nuit pourrie, j’ai du dormir deux heures en toute fin de nuit, probablement au même moment où MonChéri se faisait opérer.
A 6h, bien réveillée, j’ai jugé inutile de rester au lit, j’ai appelé l’hôpital, il était remonté peu de temps avant, l’opération avait été plus longue et plus lourde que prévue, il a fallu ouvrir de chaque côté, les broches ne tenaient pas, il a fallu poser des plaques… Et puis comme j’étais bien réveillée et qu’il fallait que je trouve une bonne occupation. J’ai repeint le portail (bah oui, ils disent sur le pot qu’il ne faut pas peindre en plein soleil et qu’il fait trop chaud, à 6h du mat’ les conditions étaient parfaites).
A 9h j’ai voulu appeler pour l’avoir directement, impossible, les infirmières n’avaient pas le temps, le téléphone de sa chambre ne marchait pas… moi qui était restée relativement sereine jusque là, ne pas pouvoir lui parler m’est devenu très difficile (et les visites ne sont autorisées qu’à partir de midi). J’ai appelé une amie au secours pour me changer les idées, elle m’a emmené faire le marché avec sa mère.
A midi, arrivée au pied de l’hôpital, MonChéri m’appelle, sa voix transpirait l’angoisse, les effets secondaires de l’anesthésie l’effrayait énormément.

Il faut savoir que MonChéri est un peu hypocondriaque sur les bords, ce week-end je l’ai vu passer de peurs farfelues en angoisses irraisonnées, ce « simple » bras cassé est devenu une montagne. Quant à moi j’alterne entre hyper-empathie, son mal-être me brise le coeur, et une violente envie de le secouer parce que, quand même, on a vu pire, ça aurait pu être pire, il y a pire, et que si un jour il lui arrive un pépin encore plus important, avec une réaction pareille il ne s’en sortira pas.
J’ai décidé d’accuser l’anesthésie et l’hospitalisation pour le moment, si ça persiste une fois rentré à la maison je lui secouerai un peu les puces.

Mes patrons m’ont laissé ma journée de demain pour que je puisse récupérer l’homme à sa sortie. Je suis soulagée à l’idée de le voir rentrer, ce week-end a été éprouvant et il sera beaucoup mieux à la maison.

Alors pour les petits travaux, c’est sûr, ça va être compliqué (enfin le portail c’est fait) (on arrivera peut être à « embaucher » nos proches), mais au moins MonChéri sera ultra-dispo pour les visites !

Allez, maintenant, je vais aller dormir…

Entre deux coupures…

Je profite d’une miraculeuse connexion internet ( « Dieu sait » combien de temps ça durera – merci les intempéries) pour donner quelques nouvelles !

Le pique-nique annuel de notre OAA a eu lieu, nous avons vécu :

– Une belle journée, du soleil, de la bonne humeur et de l’amitié.
– Une bonne nouvelle : une autre adoption en cours dans le pays A, un enfant de 7 ans.
– Des soupçons sur une probable proposition faite à un couple (mais peut être qu’on se fait des films) (d’ailleurs les jours passent et pas de nouvelles, alors peut être qu’on se fait VRAIMENT des films).
– L’admiration devant les derniers enfants arrivés.
– L’émotion de savoir que notre dossier a été déposé dans le pays A par les adoptants de ce début d’année, une belle symbolique !
– Des souvenirs : l’année dernière nous venions de passer notre second entretien, celui qui a précédé le « oui » de cet OAA.
– La réception d’un nouveau questionnaire « besoins spécifiques » à remplir suite à des modifications attendues, l’occasion d’y réfléchir encore, d’affiner…
– De l’espoir.

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Petit point déménagement :

Nous avons enquêté sur cette maison, nous étions relativement conquis mais comme je me doutais il va certainement falloir faire le deuil d’un achat avant la vente : le prêt repéré par MonChéri s’apparentant au prêt relai que nous voulons absolument éviter.
MonChéri est tout dépité, il voulait vraiment se laisser le temps de trouver « la bonne » avant de mettre en vente pour s’épargner de la paperasse, une location et une multiplication de déménagements.
Je crois que j’ai réussi à dédramatiser la chose, des amis nous ont proposé une solution de logement intermédiaire tout à fait intéressante, d’autres l’ont encouragé, tant et si bien que MonChéri parle de mettre en vente « incessamment sous peu » (quand on pense qu’il y a quelques mois encore il me disait « dans 4-5 ans ») !


Pour finir, il y a 4 ans exactement aujourd’hui nous ouvrions de grands yeux devant un taux à trois chiffres. Quelques secondes plus tard je sautais de joie ( « arrête tu vas le décrocher ! » ) à travers toute la maison puis nous claquions la porte pour aller fêter ça au resto ( « sans alcool pour madame ! » ). Nous étions prudents mais fous de bonheur, bien décidés à profiter à fond de la moindre petite miette qui nous était donné.
Comme nous avons eu raison.
Qu’aurait-on pu garder sinon de ces six mois…

Ou comment une glace nous a refroidi…

… mais pas au sens où on l’entend habituellement.

Hier, fête de la musique, MonChéri nous avait réservé une table dans ce nouveau petit resto qu’on aime tant et qui avait prévu une animation pour la fête de la musique. Nous adorons ce resto, le cadre, la gentillesse de la patronne qui nous accueille avec la bise maintenant (la bouffe aussi évidemment)…

Hier donc nous passions une soirée agréable, musique, douce chaleur… Pour faire simple, vu le monde attendu, le resto avait prévu tapas pour tout le monde. Une fois notre assiette terminée, alors que nous nous demandions si un dessert était prévu, des glaces sont arrivées à la (grande) table d’à côté.
Au bout d’un moment comme personne ne venait prendre notre commande de dessert (et aux autres tables non plus, on trouvait ça louche) MonChéri s’est levé. Puis il est revenu…

« Il n’y a pas de dessert de prévu, ils ont fait une exception pour la table d’à côté parce que la dame est enceinte ».

Où comment l’infertilité se révèle injuste même dans les détails.

La soirée n’avait plus la même saveur. MonChéri, sage ou pro du « refoulage » des sentiments »  , a tenté d’éteindre le feu (en moi) avec un « elle ne pouvait pas savoir » (tout en grommelant quand même que la nana était peut être enceinte mais les huit autres de la table non). Moi je disais que la patronne avait eu de la chance que seul MonChéri ait été en face d’elle quand elle a prononcé cette réponse car si en temps normal je n’ai jamais aucune répartie (enfin si, deux heures après), sur ce sujet précis j’ai quelques phrases assassines en stock (j’aurais voulu qu’une caméra filme le jour où j’ai répondu « mon mari est stérile » en entretien d’embauche face à une recruteuse qui sondait de manière tout à fait illégale mon désir de maternité, elle s’est liquéfié sur place).

Bref « elle ne pouvait pas savoir » évidemment. N’empêche qu’après ça nous n’avions plus le cœur à la fête, nous sommes vite partis…

Le point déménagement (2)

J’ai cru ne jamais arriver à une telle avancée dans notre projet tant MonChéri a usé du « un pas en avant – trois pas en arrière ». Il soufflait le chaud en s’attelant aux finitions « avant vente » , puis le froid en grommelant qu’après avoir fait tout ça il n’avait vraiment pas envie de recommencer dans une autre maison.
Et puis finalement ce weekend nous avons fait un énorme bond en avant.

MonChéri avait repéré une maison dans une agence, mais vu le prix annoncé il s’est dit que ce serait bien de s’épargner les frais d’agence… je ne sais pas si je dois vous raconter comment il a fait pour passer outre… vous êtes sûr de vouloir savoir ? … bon ok…

Je ne sais pas décrire cette partie là de MonChéri, si vous avez des propositions à me faire en commentaire je suis prenante ( « autiste » et « psychopathe » on déjà été prononcé).
Bref MonChéri a ouvert go*gle earth et à partir de deux trois détails (un balcon, un sapin, des voisins) il a cherché cette maison dans un bled très étendu avec plein de lieux-dit… et bien sûr il a trouvé (en une bonne demi heure seulement).
En début de semaine nous sommes allés en repérage et samedi nous sommes allés sonner (non la proprio n’a pas demandé comment on l’avait trouvé, oui j’en ai été très soulagée).

Elle a beaucoup de points positifs cette maison. Il y a peu de travaux à faire (en apparence du moins), une pièce à vivre magnifique, un terrain qui nous va bien. Elle est bien plus grande que ce que nous pensions acheter, pour le coup on pourrait la faire la famille nombreuse (on se contentera d’avoir une chambre pour nous, une pour notre enfant, une pour les invités, un bureau et une salle de jeu… rien que ça). Elle est dans ce village très dynamique que nous adorons, dans un quartier vert, à 15min de la grande ville, et proche de la voie rapide… mais proche de la voie rapide, séparée de celle ci par un énorme mur d’isolation en terre et béton (pas trop inesthétique c’est déjà ça).
Pour ce qu’on en a entendu ça ne paraissait pas catastrophique, dans la maison en tout cas on n’entend rien, dehors ça fait bruit de fond. Qu’en est-il aux heures de pointe ? Pourra t-on s’y faire, nous qui venons de vivre 7 années dans une maison en pleine campagne sans voisins ? Nous y retournerons encore pour écouter…

Bref rien n’est fait, il est fort probable que cette maison ne soit qu’un tremplin, qu’elle nous passe sous le nez avant qu’on ait pris une décision, mais au moins on arrive au cœur du projet. MonChéri doit reprendre contact avec la banque.
Notre maison n’est pas encore officiellement en vente mais il est possible que la proprio de celle que nous avons visité ce weekend nous envoie du monde… alors le pas est presque franchi.

Hier soir je nous imaginais en train de faire de la peinture, des aménagements, poser nos meubles… et ça fait du bien !

(PS HS : j’ai quelques soucis de connexion, d’ordinateur et de boite mail en ce moment, alors vous comprendrez je ne sois pas forcément très réactive 😉 )

Famille nombreuse / enfant unique

Il y a huit ans nous avons décidé, le cœur battant, de fonder une famille. Nous étions alors follement naïfs jeunes, l’esprit rempli de rêves, à élaborer des plans d’avenir, confiants.

Nous voulions « deux ou trois enfants, une fille en premier ça serait bien ! ». Parfois je rêvais même d’une famille plus grande encore, je me souviens bien m’être projetée « jusqu’à six enfants ».
Je me voyais bien à la tête d’une tribu, vivant à la campagne au milieu de la nature et des animaux, à gérer tout ça d’une main de maître dans la joie et la bonne humeur, embrasser tendrement mon petit mari le soir quand il rentrerait du travail (oui oui je sais c’est ultra cliché) (oui j’avoue j’ai une âme de femme au foyer) (mais avec le partage des tâches quand même, faut pas déc*nner).
Un enfant unique était inenvisageable à mes yeux. Je dois même dire que « seulement » deux enfants me paraissait parfois incomplet, voire triste. L’explication est simple : je suis issue d’une fratrie de quatre enfants, nous ne sommes pas très rapprochés en âge, mais très soudés, je ne peux imaginer ma vie sans mes frère et sœurs.

Par la force des choses, j’ai vite revu à la baisse mes espérances.

Enceinte de mon petit L. déjà je n’envisageais pas du tout de remettre un pied en PMA, donc de ne pas avoir d’autre(s) enfant(s) (puisque le gertrudage ne peut exister chez nous), bien que parfois je me projetais sur l’adoption d’un second enfant, mais plus tard, quand L. serait un peu grand et nous prêts pour un autre combat.
Mais L. nous a quitté, on est retourné galérer en PMA… pour rien. Finalement nous allons bel et bien adopter notre second.

Autant vous dire qu’après tout ça, notre adage c’est : « un, vivant, ça sera déjà bien ».

J’ai réussi à relativiser : je sais que certains enfants uniques le vivent très bien, je sais que certaines fratries se déchirent. Ayant des exemples divers autour de moi, j’ai compris que sur ce point il n’y avait pas de règles.
Je me suis dit également qu’après tant d’années passées à deux, juste à deux, rien qu’à deux, dans notre petit train train trèèèèès cool, un enfant sera déjà un énorme chamboulement. Nous aurons tout notre temps pour lui, et il en aura besoin, mais nous aurons aussi la possibilité de nous relayer. Oui j’y vois un sacré avantage !
Et puis il y a cette peur, de ne pas aimer autant, de faire des comparaisons, des différences, voire même de regretter l’arrivée d’un deuxième enfant (vivant… j’imagine que vous suivez mais psychologiquement je n’arrive pas à me passer de cette précision). Oui c’est un peu moche de telles pensées, mais je crois que ça fait partie des angoisses fréquentes.

Bref, ça fait un bon moment maintenant que c’est accepté, voire assumé, notre deuxième sera un enfant unique et ça sera merveilleux !

Pourtant, alors que ça ne m’arrive quasiment jamais (du moins pas depuis le coup de la famille n*tella, et je ne saurais dire de quand datait la précédente), avant-hier je me suis pris un instant « nostalgie » en tombant sur un blog de maman de 4 enfants (ouais je cherche aussi). Aaah mes vieux rêves de famille nombreuse…

Vous me direz, il est toujours possible d’adopter une fratrie, mais je ne suis pas sûre qu’on ait les épaules pour ça. Accueillir, chacun à la fois, des enfants du ventre c’est une chose, accueillir d’un coup une fratrie avec son vécu c’en est une autre.
Quant à adopter en plusieurs fois nous avons du mal à l’envisager. Nous ne savons pas encore combien de temps nous allons attendre pour le premier, je ne suis pas sûre que nous aurons l’énergie de recommencer, MonChéri se trouvera sans doute trop âgé et surtout il dit déjà qu’il se sentirait coupable de se remettre sur une liste d’attente au milieu de personnes sans enfants alors que nous nous aurons la chance d’en avoir déjà un.

Heureusement, hier, les loulous que je garde (ils sont frères) se sont dévoués.

Après avoir passé un après midi à jouer les arbitres entre deux hurlants, crachants, tapants, pleurants, incapables de se mettre d’accord pour quoique ce soit… bizarrement je me suis senti beaucoup beaucoup beaucoup moins nostalgique !

Nous aurons un enfant, et ça sera formidable !

La vie, le temps, le calme

Le temps en adoption n’est pas celui de la PMA. On s’y fait plutôt bien.

Quand il n’y a plus à courir chaque semaine de rendez-vous en rendez-vous, quand il n’y a plus à calculer comment lier PMA et boulot, PMA et vacances, PMA et fêtes de famille, quand il n’y a plus à vivre les montagnes russes émotionnelles, l’espoir suivi du désespoir… ça laisse de la place pour vivre. Vivre et faire d’autres projets. C’est reposant.

Je me souviens avoir dit à MonChéri à une certaine époque : « j’ai l’impression de ne pas vivre ».
Je n’ai plus cette sensation aujourd’hui. Bien sûr je me sens en décalage, j’ai parfois l’impression de vivre parallèlement au monde, à ces gens qui font famille simplement, qui n’imaginent même pas que ça puisse en être autrement. Mais je vis.
Bien sûr l’attente n’est pas toujours facile à vivre, bien que pour le moment nous n’ayons que rarement des phases « basses », mais l’incertitude s’est éloignée (est-ce un état d’optimisme provisoire ?), je m’accorde le droit de penser que oui, un jour le téléphone sonnera pour nous.

Aussi n’ai-je plus grand chose à vous raconter. Mille fois je commence un article, autant de fois, ou presque, il reste à l’état de brouillon. Le projet de déménagement avance à la vitesse de MonChéri (et ceux qui le connaissent savent combien il tient plus de la tortue que du lièvre), quant à moi j’ai fini par trouver une psy pour travailler sur ce que j’avais volontairement laissé de côté il y a trois ans après avoir « réparé » le reste.
Je n’avais pas l’énergie à l’époque pour m’attaquer à un si gros morceau sur fond de vieille phobie scolaire, gros manque de confiance en soi, peur de l’échec, sensation d’inadaptation sociale et soupçon de « haut potentiel » (si si ça va ensemble). Vous m’avez peut être déjà lu évoquer tout ça, mais ça reste trop intime pour en parler plus profondément « en public ». La première séance c’était la semaine dernière, il n’y a pas à dire ça secoue, mais ça fait du bien.

Bref tout ça pour dire que le blog est calme, que la vie aussi (ou presque) et c’est bien.

Et pour ne rien gâcher, demain soir nous serons en vacances !

A bientôt !